LE COMITE  DE   SALUT  PUBLIC  (1793-1795)

Au printemps de 1793, la situation était grave : une coalition s'était formée contre la France, la Vendée se soulevait. Pour conjurer le péril intérieur et extérieur, la Convention créa un Comité de salut public (6 avril 1793), qui apparut vite comme une puissance. Déjà, en octobre 1792, un Comité de sûreté générale avait été institué avec mission de rechercher les suspects. Le Comité de salut public comprit 9 membres  (parmi lesquels Danton, Barère, Cambon, Lindet) élus pour un mois et rééligibles. Quelques personnalités leur furent adjointes après la chute de la Gironde ( Hérault de Séchelles, Saint-Just, Couthon). En juillet, l'élimination de Danton, jugé trop mou, amena de nouveaux remaniements. Robespierre entra au Comité le 27 juillet et en devint le véritable chef.

Le "Grand Comité" était né, qui allait, par son énergie, sauver le pays de l'invasion. Composé presque entièrement de Montagnards, ce collège dictatorial centralisa toutes les affaires, les ministres jouant le rôle de simples agents d'exécution (ils seront supprimés le 1er avril 1794).

Au nombre de 10 ou 12 (le chiffre varia), les membres du Comité étaient animés d'une grande ardeur patriotique et fournissaient un travail intensif.
Sévères pour eux-mêmes, leur intransigeance se manifestait également à l'égard des tièdes ou des suspects, qu'ils n'hésitaient pas à envoyer à l'échafaud.
Divisés en sections, ils se répartissaient les tâches : Robespierre dirigeait avec Saint-Just et Couthon toutes les grandes affaires, Carnot menait la guerre, Prieur ( de la Côte-d'Or) s'occupait de l'armement, Lindet des subsistances, Jean Bon Saint-André et Prieur (de la Marne) de la marine, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne de la politique intérieure ; Barère était le porte-parole de ses collègues à l'Assemblée.
Le Comité avait des pouvoirs illimités, sauf en matière financière. Pendant un an, il gouverna dictatorialement le pays, envoyant en province et aux armées des représentants en mission. Dans chaque commune, ceux-ci pouvaient s'appuyer sur des comités de surveillance.
Les membres du Comité de salut public n'étaient pourtant pas toujours d'accord entre eux. Les divergences s'accrurent au printemps de 1794. A Robespierre et ses amis s'opposaient , d'une part, Carnot, Prieur (de la Côte-d'Or), Lindet, inquiets de la politique sociale de l'Incorruptible, de l'autre Collot et Billaud-Varenne, anciens hébertistes hostiles au culte de l'Etre suprême. En outre, le Comité de sûreté générale était irrité de voir le Comité de salut public empiéter sur ses fonctions en instituant un bureau de police. La tension grandit jusqu'au 9-Thermidor. Les deux comités disparurent avec la Convention.

Retour Révolution