Les déportations de France



Les rafles ne sont qu’une étape. Elles visent, non pas à interner pour une durée indéterminée, mais à mettre en oeuvre la « solution finale », c’est-à-dire l’extermination. Elles ont pour but de remplir les convois de déportation.
Le 1er quitte la France le 27 mars 1942, le dernier le 17 août 1944, deux mois et demi après le débarquement de Normandie.

Dans le réseau des camps de transit, Drancy occupe une place primordiale, au centre du martyrologe de la déportation.
Pour 67.000 des 76.000 déportés, il fut le lieu de départ pour les camps « de l’Est ».

En 1942, sur les 43 convois qui ont quitté la France, 6 sont partis de Pithiviers, 2 de Beaune-la-Rolande, 2 de Compiègne, 1 d’Angers, tous les autres de Drancy.

Et pourtant, ce n’est pas le seul camp d’internement de la zone Nord !
Tout comme la zone libre, la zone occupée est couverte de lieux qu’entourent les fils barbelés, que gardent les gendarmes.

Les deux camps jumeaux du Loiret : PITHIVIERS et BEAUNE-LA-ROLANDE. L’un et l’autre destinés aux juifs dès mai 1941, lorsque est effectuée la 1ère rafle à Paris. Les deux camps sont gérés par Vichy avec la bénédiction allemande.
BEAUNE-LA-ROLANDE est à 100 Km au sud de Paris, non loin d’Orléans. C’est un ancien camp de prisonniers de guerre français, situé à 3 km de la gare, dont les Allemands se sont servis en 1940.
14 barques pour les détenus sont alignées, isolées par des barbelés, surveillées par des miradors et des projecteurs.
Jusqu’en juillet 42 c’est un camp d’hommes.

Pithiviers
Le 28 juin 42 un convoi de 1038 détenus le quittent pour AUSCHWITZ où il arrive le 30. Il n'y a que 35 survivants.
En juillet une bonne partie des internés du Vel’d’Hiv’ y sont transférés.
Au mois d’août les femmes et les enfants de plus de 12 ans sont rassemblés. Ils sont 1014 à être déportés, le 5 et laissent derrière eux les enfants de moins de 12 ans que les Allemands déportent dans des convois postérieurs, pour Drancy d’abord, pour AUSCHWITZ ensuite.
De fait Beaune-la-Rolande devient à partir de 1942 une sorte d’annexe de Drancy. Lorsque ce camp est trop plein, il reçoit l’excédent.
Le camp est fermé le 4 août 1943. Les internés qui s’y trouvaient partent vers Drancy s’ils sont déportables, pour Cherbourg et les camps de l’Organisation Todt s’ils ne sont pas déportables.

PITHIVIERS possède les mêmes caractéristiques. L’atmosphère y est identique jusqu’en juillet 1942. Puis les mêmes scènes marquent le mois d’août.

Le Camp de COMPIEGNE est particulièrement important. De juin 1941 à août 1944 les Allemands y ont internés prés de 54.000 personnes dont 50.000 ont été déportées. Il rassemble des politiques et des juifs.
Le 27 mars 1942 le 1er convoi de déportation parti de France quitte Compiègne. Il atteint AUSCHWITZ le 30 mars. Le 2ème et dernier convoi qui part de Compiègne date du 5 juin et arrive à AUSCHWITZ le 7.
A la différence de Drancy, il relève de la Wehrmacht et de la Gestapo, mais c’est la Wehrmacht seule qui en assure la garde.

D’autres camps sont nettement moins connus.


DRANCY

De septembre 1939 à juin 1940 des communistes y sont enfermés. Puis les Allemands y internent des prisonniers de guerre qui ne tardent pas à partir pour l’Allemagne.
Au plus fort des rafles, le camp compte aux environs de 7000 détenus, bien au-delà des capacités matérielles.
Drancy fonctionne jusqu’à la mi-août 44. Le dernier convoi de déportés en part le 17 août.
Le camp sert avant tout d’antichambre à AUSCHWITZ.
Du 16 juillet au 1er octobre 1942, chaque déportation compte un millier de personnes. Elle a lieu le dimanche, le mardi et le jeudi. Au cours de l’hiver 42-43, les déportations sont interrompues, faute de matériel ferroviaire. Elles reprennent en février 1943, une fois par semaine.

Drancy
Les déportations d’enfants datent de l’été 1942.


On sait aujourd’hui, par la publication des listes de déportation combien de juifs ont été déportés de France vers les camps nazis.

Au total : 75 721, dont :

42 655 en 1942
17 041 en 1943
16 025 en 1944
Parmi eux, 6 012 avaient moins de 12 ans
13 104 de 13 à 29 ans
8 687 plus de 60 ans

On estime à 24 000 au moins les Juifs de nationalité française, soit 1/3 des déportés :

26 300 les Juifs polonais
7 000 les Juifs allemands
4 500 les Juifs russes
3 300 les juifs roumains
2 500 les juifs autrichiens

A peine 2 500 d’entre eux ont survécu.



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