Titre : Mythes & Histoire
 
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Traduction : Lorsque Pythagore eut trouvé la démonstration de son théorème (550 avant J.C.), de joie, il sacrifia un boeuf aux "Dieux". Depuis lors, tous les boeufs tremblent quand on découvre une nouvelle vérité

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La plus grande originalité de l'ouvrage de Boidin réside dans l'intérêt qu'il accorde à l'étain, indispensable à la fabrication de bronze, alliage au point de fusion assez bas et facile à couler, qui continua à être largement utilisé à Rome, même après l'introduction du fer. Boidin pense que la mission confiée à César fut surtout de sécuriser la route de l'étain en provenance des Cassitérides (Cornouailles). La carte ci-dessus reproduit les anciens itinéraires de l'étain, de Cornouailles à la Méditerranée. Ayant franchi la Manche, l'étain était transporté le long du Renus, ou, par la Seine et par la Loire, parfois par la Garonne, auquel cas il arrivait à Narbonne. Via la Suisse, il gagnait l'Italie, ou, le long de la Saône et du Rhône, il parvenait à Marseille.

On constate du reste que l'empire carolingien, création de mercenaires germains qui se substituèrent à leurs maîtres romains, accorda également un grand intérêt à cet itinéraire appelé par la suite Via Francigena.

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Germanie, Belgique et Celtique telles que les reconstitue Marinus Boidin. Notez l'emplacement de la Germanie et du R(h)enus qui correspondent à ce que prouve Albert Delahaye.

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C'est ainsi que l'histoire traditionnelle étire l'empire carolingien et les partitions décidées au traité de Verdun (843) ! Les régions dupliquées à l'est sont en effet considérées à tort comme étant celles des textes : ainsi la région de Bavai se mue en Bavière, le Tournaisis devient la Thuringe, etc.

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L'empire carolingien tel que le reconstitue Marinus Boidin, qui visualise ainsi le redimensionnement de la Germanie et dudit empire par Albert Delahaye.

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Royaumes francs tels que les reconstitue Marinus Boidin. On constate qu'ils sont loin d'avoir l'ampleur que leur donne l'histoire traditionnelle dans la carte ci-dessus. Les flèches indiquent l'expansion vers le nord-est du royaume oriental qui conduiront peu à peu à l'Allemagne actuelle, laquelle finira par basculer presqu'en totalité au-delà du Rhin. Ce glissement progressif sera à l'origine des déplacements historiques dénoncés par Delahaye.

L'histoire est une matière trop importante pour qu'on l'abandonne aux historiens. Aussi est-ce un génial archiviste doublé d'un bourreau de travail, Albert Delahaye, qui a repris tous les textes et  a reconstitué l'histoire véritable.

Il était du reste très conscient de la spécificité de son approche de l'histoire : "Il n’y a que quelques années que j’ai pris conscience, après avoir été confronté au cours de conférences et de débats à une réalité que je n’aurais jamais pu imaginer ni supposer, du fait que la plupart des gens dotés d’une formation académique et même des historiens professionnels ignorent cet énorme matériel toponymique. Comme mes opposants les plus fanatiques n’en soufflent mot et ne l’évoquent jamais dans les discussions, il faut admettre qu’eux aussi l’ignorent. On ne peut en effet supposer qu’ils le passent intentionnellement sous silence, sauf à les considérer comme d’impudents menteurs. Ces faits tendant à prouver que je suis le seul aux Pays-Bas à connaître ce matériau, je me sens tenu en conscience de partager mes connaissances avec les autres. Après coup, on comprend parfaitement pourquoi ce matériau est si totalement inconnu. On ne le trouve pas dans la bibliographie courante. Vu qu’un archiviste, c’est son métier qui l’exige, ne travaille qu’à partir de sources primaires et classe toute la bibliographie rencontrée dans les archives sous la rubrique « Varia », il était fatal que ce fût un archiviste qui découvrît ce matériau. Qu’on ne voie pas là de mépris pour les historiens, mais simplement la mise en évidence d’une méthode de travail tout à fait différente, laquelle, à en juger par les résultats, se révèle être la seule bonne. Le fait qu’en dépit de tout cela on me traite encore de « pseudo-scientifique » et de personnage « pas au niveau », démontre seulement tragiquement quel abîme sépare les deux systèmes : l’un de recherche autonome, l’autre d’éternel copiage."

Des « histoires » à l’Histoire, Tome II, page 251

L'anesthésiste Marinus Boidin continue dans son sillage.



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Retraité du secondaire (j'enseignais le français, le latin et le néerlandais), j'ai toujours eu un vif intérêt pour l'histoire, notamment de l'Europe du Nord-Ouest. C'est ainsi que la lecture de l'opuscule d'Albert Delahaye, De mythe van de Noormannen in Nederland (Le mythe des Normands aux Pays-Bas - Archivariaat "Nassau-Brabant" - 1977) me fit découvrir son œuvre novatrice et capitale pour l'histoire du Nord de la France, de la Flandre et des Pays-Bas.

En 1980, Albert Delahaye fit paraître Holle Boomstammen, version grand public de son opus magnum Vraagstukken in de historische geografie van Nederland (Questions sur la géographie historique des Pays-Bas). Il me parut indispensable de faire connaître cette œuvre révolutionnaire au public francophone. Aussi décidai-je de la traduire en français. C'est cette traduction que je présente ici en premier.

J'avais décidé en 2008 de me remettre à l'ouvrage. J'ai traduit, sous le titre Quand l'histoire déraille..., un ouvrage posthume publié à l'occasion d'une commémoration de Saint Willibrord à Utrecht, où il n'a jamais mis les pieds. Cet ouvrage offre un bon résumé des thèses de Delahaye ainsi qu'une histoire très novatrice de la christianisation de nos régions.

J'ai surtout traduit l'opus magnum, l'œuvre majeure, de Delahaye, De Ware Kijk op..., sous le titre Des "histoires" à l'Histoire et le sous-titre "Retour aux sources et réécriture du premier millénaire d'histoire de l'Europe du nord-ouest". Riche de plus de mille textes des sources, ce volumineux ouvrage en trois tomes révolutionne complètement les idées qu'on se faisait du premier millénaire.

J'ai traduit et publié trois ouvrages posthumes en un seul fort volume intitulé La Germania des Anciens n'était pas l'Allemagne et mis la dernière main au dernier ouvrage posthume de Delahaye portant sur La Table de Peutinger et l'Itinéraire d'Antonin de Flandre française (Delahaye entend par là l'ancienne Flandre historique englobant l'Artois et le Boulonnais).

L'œuvre du plus grand historien du XXe siècle est désormais intégralement disponible en français. Pour l'historiographie du premier millénaire de l'Europe du Nord-Ouest elle représente une inéluctable révolution copernicienne historique qui condamne au pilon bien des ouvrages et des thèses.

Pour une présentation plus complète, se reporter aux pages dédiées à ces ouvrages.

J'avais espéré que l'œuvre capitale de Delahaye fût rapidement admise aux Pays-Bas et gagnât ainsi la France. J'ai fini par comprendre que c'était irréaliste : un peuple ne renonce pas si facilement à un millénaire d'histoire (fausse) dont les images d'Epinal ont profondément imprégné la mémoire collective. J'avais toutefois sous-estimé la réactivité néerlandaise : l'éclatant succès de l'ouvrage de M.P. Boidin, DE MYTHE, Een alternatieve benadering van de middeleeuwse geschiedenis van West-Europa (2009 - ISBN 978-90-78071-84-6), épuisé en une semaine et s'inscrivant dans le droit fil de l'oeuvre de Delahaye semble bien prouver que les Pays-Bas brûleront la politesse à une France frileuse et attentiste. J'ai également traduit cet ouvrage : voir ci-dessous.

Après ce premier succès, M.P. Boidin vient de sortir Bonifacius of de Schone Schijn van Dokkum (2011 - ISBN 978-94-90608-27-9). Par ailleurs, on a pu constater, au symposium organisé le 5 novembre 2011 à Bavel sur la localisation des Frisones au cours du premier millénaire - où ne manquaient ni les professeurs d'université ni les archéologues en vue - que les idées de Delahaye s'imposaient de plus en plus face aux thèses en vigueur jusqu'à maintenant.

J'ai également réalisé la première traduction française intégrale de l’Oera Linda Boek, œuvre frisonne injustement controversée : le remarquable Survivors of the Great Tsunami d'Alewyn J. Raubenheimer  vient en effet d'en prouver la parfaite exactitude et de la qualifier de "Pierre de Rosette de l'Europe". J'en donne aussi un aperçu.

Feu mon vieil ami Jef De Prince avait écrit une étude très novatrice sur l'origine flamande de la Chanson de Roland, qui avait convaincu le grand spécialiste Le Gentil, mais n'était parvenu à la publier que sous forme confidentielle et ronéotée. Ce remarquable travail risquant de sombrer dans l'oubli, je le publie ici en entier.

Enfin, j'apprécie fort Bierne, mon village d'adoption. Je viens de traduire son Terrier de 1567. Comme il ne disposait pas jusqu'à tout récemment de site propre, je lui consacre une cinquantaine de pages qui présentent sans doute encore un intérêt, mon approche étant différente du site officiel de la commune.

Je viens enfin de traduire l'ouvrage de M.P. Boidin évoqué ci-dessus (De Mythe) sous le titre français L'HISTOIRE MEDIEVALE, UN ECHEVEAU DE MYTHES. On peut se le procurer au prix de 20 euros plus 5 euros de port à mon adresse, 13, rue de l'Eglise, 59380 Bierne.

Souvent avec une croissante stupeur, Boidin a étudié les divergences historiographiques entre les différentes aires linguistiques (néerlandaise, anglaise, allemande et française). Frappé par ces dissemblances, l'auteur s'est pris de passion pour cette histoire au point de vouloir démêler le vrai du faux. Il en ressort une tout autre image de la Germanie antique, de la christianisation, des royaumes mérovingiens et de l'empire carolingien, enfin réduits à leurs véritables proportions qui excluent pratiquement l'Allemagne actuelle.

C'est ainsi qu'à la fin de sa vie, la seconde capitale de Charlemagne n'était pas Aix-La-Chapelle, où l'archéologie est singulièrement muette à son époque (voir NOTE) et qui se situe hors de son empire tel que le reconstitue Boidin, mais Asq qu'on trouve sous la forme Aques sur quantité de cartes anciennes. La localité jouxte la villa Asnapio, bien documentée dans les textes et faisant probablement partie avec Ascq d'une nébuleuse de résidences comme on en trouve autour de Noyon.

De même la bataille de 1345 qui opposa aux Fresones révoltés contre leur sujétion à l'impôt, le comte de Flandre, Louis de Nevers (1322-1346), le comte de Hainaut et de Hollande, Guillaume IV d'Avesnes (1307-1345), et Jeanne II comtesse d'Artois (1330-1347) ne se déroula pas, comme on le prétend, dans la lointaine localité frisonne de Warns, où l'on cherche en vain "les ondoyantes collines" évoquées par le chroniqueur anonyme de Valenciennes, lequel aurait été bien en peine de relater une bataille située si loin de chez lui !!!. Il est en effet inimaginable que tous ces comtes et chevaliers de Flandre, de Hainaut et d'Artois aient pu se rendre, franchissant énormes cours d'eau, lacs et marécages dans la lointaine Frise néerlandaise. Elle fut fort logiquement livrée au point de rencontre de la Flandre, du Hainaut et de l'Artois, à Waesten/Wa(e)rneston/Warneton, localité située stratégiquement sur un franchissement de la Lys, où des fouilles archéologiques récentes viennent d'exhumer un fort qu'il serait intéressant d'étudier à la lumière de cette donnée historique.

Submergés par le nombre, les Fresones furent battus, et, fidèles à leur devise "plutôt mort qu'esclave", ils quittèrent la région pour ne plus y revenir...

NOTE : La datation du prétendu trône de Charlemagne est typique de certains comportements ! Le dendrochronologue Ernst Holstein (1918-1988) établit qu'il a été fabriqué à partir d'un arbre abattu en 936, ce que confirme le Professeur Docteur Bernd Becker. Or un arbre abattu en 936 ne peut pas être utilisé immédiatement : il faut le laisser sécher pendant une dizaine d'années voire plus avant mise en oeuvre. En 1976, l'architecte Leo Hugot publie la datation d' Holstein.

Gros problème pour ceux qui font d'Aquis Aix-la-Chapelle ! Comme chacun sait, Charlemagne est décédé le 28 janvier 814 à Aquis ! On comprend pourquoi Sven Schütte, l'archéologue de la ville de Cologne (laquelle a également raflé à Coulogne - près de Calais - une bonne partie de son histoire), éprouve en 1999 le besoin de charger les laboratoires de Trèves, Hohenheim, Cologne, Hambourg et Göttingen d'une nouvelle étude.

Miracle ! A l'exposition Krönungen d'Aix-la-Chapelle en 2000, on affirme que la date d'abattage de l'arbre n'est pas 936 mais se situe entre 760 et 824. Dans le catalogue rédigé par Sven Schütte, on apprend qu'une datation effectuée par un laboratoire de Kiel n'ayant pas eu l'heur de plaire audit Schütte, on a chargé des laboratoires d'une nouvelle étude dont les résultats feront l'objet d'une publication ultérieure, publication qu'on attend toujours, ce qui n'empêche pas Sven Schütte d'affirmer en 2001 dans un ouvrage grand public qu'on a procédé à une étude plus large qui a établi que le trône date (vous aviez deviné !) des environs de l'an 800 !

Si l'archéologie "carolingienne" d'Aix-la-Chapelle est du même acabit, ce dont on ne serait pas autrement étonné, il y aurait tout lieu de l'aborder avec une certaine circonspection voire avec une circonspection certaine.

Le proverbe néerlandais "De wens is de vader van de gedachte" (= le souhait est le père de la pensée) trouve ici une éclatante démonstration !

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