L'empereur Trajan (98-117) à travers les inscriptions latines d'Occident

Vous trouvez ici l'exposé que j'ai présenté devant les autres élèves de maîtrise pour introduire mon sujet auprès d'étudiants qui ne travaillaient pas forcément en histoire romaine...

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Introduction : présentation du sujet, limites, technique.

Il s'agit d'étudier toutes les inscriptions dédiées à Trajan dans l'Europe occidentale.

Limites :

L'étude s'attache surtout aux dédicaces, mais j'ai aussi pris en compte les autres inscriptions (diplômes militaires, bornes milliaires, inscriptions sénatoriales ou équestres…) pour l'étude des noms, titres et fonction de l'empereur.

Géographiquement, je n'ai pas pris en compte Rome et l'Italie. L'empereur y est présent lorsqu'il n'est pas en campagnes, donc beaucoup d'inscription. L'intérêt est de voir s présence hors d'Italie.
Régions = Bretagne, Germanie inférieure et supérieure, Belgique, Lyonnaise, Aquitaine, Narbonnaise, Alpes, Tarraconaise (ou "Espagne Citérieure"), Lusitanie et Bétique.
Élargi à l'Afrique : Maurétanie Tingitane, Maurétanie Césarienne, Afrique Proconsulaire.

la dernière limite en est une qui m'est imposée : il s'agit de la relative pauvreté du matériel épigraphique dont on dispose sur Trajan en Europe occidentale ; sans aucun doute, en élargissant l'étude à Rome et à L'Italie, il y aurait eu au contraire beaucoup trop de pierres à étudier, puisque les dédicaces sont beaucoup plus fréquentes là où réside l'empereur (et là où il passe). Cependant, le petit nombre d'inscription est un critère à étudier en lui-même, et j'en reparlerai dans ma conclusion.

Présentation générale de l'empereur Trajan (98-117).

Biblio : consulter C. de la Berge, Essai sur le règne de Trajan, 1877
E. Cizek, L'époque de Trajan, 1983 (BU : 937.03 CIZ)
Julian BENNETT, Trajan, Londres, éditions Routledge, 1996 ou 1997

trajan_tete1.gif (8389 bytes)Marcus Ulpius Traianus est né dans la province de Bétique, à Italica en 53.

Il naît dans une famille déjà installé en Espagne du Sud, et sera ainsi le premier empereur à n'être pas originaire de Rome. Son père avait été l'un des grands généraux de Vespasien et consul en 68-69. Trajan entre ainsi au Sénat vers 75, et après son consulat de 91, il devient légat de Germanie Supérieure.

Il est d'abord associé au pouvoir par l'empereur Nerva qui l'adopte en 97, empereur auquel il succède en janvier 98, alors qu'il est à Cologne. On voit toute l'importance que prend l'adoption dans le processus de transmission du pouvoir, notamment à travers le Panégyrique de Trajan.
Il ménage habilement le Sénat en se montrant respectueux envers les traditions, tout en consolidant son autorité par des mesures de centralisation du pouvoir.

Cherchant à rétablir les finances de l'Etat, il fait de nouvelles colonisations avec une armée peu nombreuse mais bien entraînée (je vais revenir sur chacune d'elles) : conquête de la Dacie de 101 à 107, de l'Arabie Nabatéenne (105), de l'Arménie (114), de l'Assyrie et de la Mésopotamie (en 116-117).

Germanie : ça n'est qu'au printemps 99 que Trajan entre à Rome à pieds, dans un enthousiasme que raconte Pline le Jeune. Jusqu'à cette date, il était resté en Germanie où il consolidait le limes, avait créé une nouvelle légion (XXX Ulpia Victrix) et fondé des colonies (Xanten, Nimègue).

Dacie : Daces, sur la rive gauche du Bas-Danube. Une paix avait eu lieu sous Domitien, mais la guerre reprend en 102 sous Trajan. La première guerre se conclut par la prise de la capitale Sarmizegethusa. Cependant en 105 la guerre reprend car le traité de paix n'est pas respecté : la Dacie est alors conquise et va devenir province romaine. Au niveau économique, cette conquête apportera une prospérité stable pour le règne des antonins, grâce à l'or récupéré aux Daces.

Guerres parthiques : expliquées plus en détail plus loin, aboutit à l'annexion de l'Arménie, de l'Assyrie et de la Mésopotamie comme provinces.

Autres expéditions : en Bretagne, il organise les zones déjà conquises et établit des camps fortifiés qui préfigurent les réalisations du mur d'Hadrien. En Afrique, il renforce également le limes par des forts. En Arabie, une expédition est menée vers 106 par le légat de Syrie : l'Arabie devient province romaine.

Son règne est également celui des grands travaux publics, à Rome (agrandissement du port d'Ostie, construction du forum de Trajan avec sa célèbre colonne trajane qui retrace les événements de la guerre contre les daces), mais aussi dans les provinces (Pont d'Alcantara ou constructions de Timgad). On voit dans ces réalisations l'ambition d'un chef autoritaire soucieux d'accroître la puissance romaine.

Enfin, le tableau serait incomplet si je ne citais pas la politique sociale de Trajan, qui se caractérise surtout à travaers la réalisation des Alimenta. Il s'agissait de prêts de l'État à faible taux accordés aux propriétaires, et dont les intérêts étaient reversés pour nourrir les enfants pauvres.

Trajan meurt d'épuisement au retour d'une expédition militaire d'Orient, en 117 en Cilicie.

Généralités sur les inscriptions (ici impériales)

Source : à l'origine, c'est la pierre. Pierre de monument, borne, statue, dédicace pour un événement, carrière, etc. Bien sur il existe des compilations de toutes ces pierres, où leurs lettres sont transcrites, parfois les abbréviations sont développées, et rarement la pierre est traduite.

Source principale :

Tout cela avec des Index permettant de s'y retrouver.
Les Années Épigraphiques les plus récentes sont parfois intégralement développées et traduites pour les pierres les plus importantes ; cela permet à n'importe qui de faire une recherche même sans connaître forcément le latin.

Rappel : depuis les premières pierres de la république jusqu'aux épitaphes chrétiennes, on a généralement utilisé des abréviations sur les pierres pour une simple question de place.

La technique de l'épigraphie impose certaines règles :

parenthèses pour développer une abréviation (xxxxxxx)
crochets pour proposer une restitution des lettres qui ont été effacées avec le temps sur une pierre [xxxxx]
double crochet pour restituer des caractères qui ont été martelés (aucun pour Trajan).
crochets obliques pour les restitutions des passages oubliés ou contenant une erreur <xxxxx>
[----] lacune indéterminée sur une même ligne
[--- / ---] lacune à cheval sur 2 lignes
arc de cercle pour les lettres ligaturées (AE, TR IB VA…)
oblique (/) pour indiquer un passage à la ligne

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La titulature impériale :

Dès 69, la titulature impériale présente toujours le même schéma : Imperator Caesar… nom de l'empereur… Titre d'Augustus… titres honorifiques… pouvoirs et magistratures.
On pourra voir cela à travers les inscriptions concernant Trajan.

Imperator Caesar

Imperator

Pour Trajan, on le trouve dans toutes les inscriptions, sans exceptions, sauf celles qui ont été abimées par le temps mais dont on peut faire la restitution sans hésiter.
Imperator était en fait le titre que les soldats donnaient aux généraux vistorieux. Or, depuis Auguste, l'Empereur est le seul chef de toutes les armées : c'est donc lui qui reçoit les triomphes et les titres après une victoire d'un de ses généraux.

Caesar

Trajan porte toujours le nom de César, généralement immédiatement après Imperator. Parfois, lorsque l'inscription est au génitif, le nom César est reporté juste avant le surnom d'Auguste.
César était le nom de la gens Iulia à l'origine. C'est Auguste qui a pris ce nom en -27, et par la suite, et définitivement dès l'année 69, tous les empereurs prendront un nom de règne qui commence par "Imperator Caesar". Cela forme en fait le praenomen (prénom) et le nomen (nom) de l'empereur régnant, ce qui permet de se rattacher à César et à Auguste.
Signalons que, comme tous les empereurs, Trajan abandonne son prénom Marcus et son nom Ulpius pour prendre "Imperator Caesar".

La filiation : il est de tradition dans les inscriptions impériales de mentionner ses ancêtres uniquement lorsqu'elle est glorieuse (rien chez Nerva, bcp chez Septime Sévère qui se proclame frère de Commode et donc fils de Marc Aurèle).

Pour Trajan, il y a donc très fréquemment mention de sa filiation avec Nerva toujours sous la forme "diui Nervae filius" (fils du divin Nerva). Cette filiation est d'autant plus glorieuse que Nerva est "divus", c'est-à-dire qu'il a été placé au rang des dieux par l'apothéose. Il faut signaler que c'est Trajan qui l'a fait diviniser (avec l'accord du Sénat qui déclare l'apothéose), et qu'il a également fait diviniser son père naturel et sa sœur, Marciana.

Nerva Traianus : il s'agit du nom de son père adoptif et de son surnom d'origine (Marcus Ulpius Traianus), qui complètent ainsi la titulature de l'empereur. Son surnom Traianus restera dans la prospérité, puisqu'après sa mort on l'appelle toujours "divus Traianus Parthicus", et qu'aujourd'hui on l'appelle Trajan…

Auguste :

Trajan porte le surnom d'Auguste aussi fréquemment que les noms d'Imperator Caesar, et lorsque ce surnom est absent, il s'agit vraisemblablement d'une erreur du lapicide. En effet, ce surnom était réservé à l'empereur régnant, et Trajan l'avait pris dès son association au pouvoir en octobre 97.
Là aussi, c'est Auguste qui avait pris ce surnom pour remplacer celui d'Octave en -27. Ce mot vient du verbe augere (accroître) : celui qui le porte a une valeur supérieure.

Titres des victoires : ils rappellent les batailles remportées par l'empereur ou ses généraux en donnant le titre formé à partir du non du peuple vaincu.

Germanique : il reçoit ce titre le 27 ou le 28 octobre 97, quand Nerva, son père adoptif, l'associe au pouvoir. En effet, Trajan était alors légat de Nerva, et ils venaient de vaincre les Suèves en Pannonie. Nerva reçoit alors sa deuxième salutation impériale, devient "germanicus", et annonce qu'il adopte Trajan : ce dernier reçoit le titre de César, la puissance tribunicienne, l'imperium proconsulaire, le surnom d'Augustus, et celui de Germanicus, surnom qu'il conservera par la suite.

Dacique : lors de la paix de 102, à la fin de la première guerre dacique, le roi dace Décébale doit démanteler ses fortifications et céder des terres aux romains. Cette victoire provisoire est couronnée en décembre 102 par un triomphe où il reçoit le surnom de "Dacicus".

Parthique : ce surnom lui est accordé le 20 février 116 par le Sénat, suite aux campagnes en Asie ; elles étaient destinées à affaiblir les parthes qui pouvaient être redoutables lorsqu'ils s'unissaient. On ne sait pas si Trajan a vraiment voulu cette guerre, mais pourtant il quitte Rome dès 113, pénètre au cœur de l'Arménie en 114, s'avance en Mésopotamie en 115 (ces terres conquises deviennent la province de Mésopotamie), et descend jusqu'au golfe persique en 116 (rêve d'Alexandre…). Cependant, toutes ces expéditions sont des demi-échec, car les peuples et armées parthes se révoltent devant la domination romaine, et Trajan ne doit garder que ce qui est défendable, avant de retourner sur Rome. A cela s'ajoute une révolte des Juifs de tous l'Orient qui met en péril les arrières des armées de Trajan. Il meurt sur la route du retour à Cilicie le 11 août 117.

Il faut signaler qu'il fut le premier empereur "Parthicus", et que la postérité a "oublié" le demi-échec final, puisqu'après sa mort, on le nomme toujours "Divus Traianus Parthicus" (alors que tous les autres empereurs perdent leur(s) surnom(s) de victoire après l'apothéose).

Optimus :

Optimus est un surnom particulier, signifiant littéralement "le meilleur", traduit souvent par "excellent". On ne trouve ce surnom qu'à partir de 114. Cela explique qu'on le trouve sur assez peu d'inscriptions
En fait, le surnom d'"optimus princeps" était venu assez spontanément, donnant à Trajan un aspect un peu divin puisque ce surnom était attribué habituellement à Jupiter du Capitole.
Le Sénat avait même voulu lui attribuer Optimus comme Cognomen (comme Augustus pour Octave en -27), mais trajan refusa. Ce mot apparaît pourtant des 103 sur les monnaies, puis en 114 sur les inscriptions.
Aux empereurs du Bas-Empire, on souhaitait d'être "plus heureux qu'Auguste et meilleur que Trajan".

Charges :

Grand Pontife : cela signifie que l'empereur est chef de la religion romaine, puisqu'il dirige le collège des pontifes chargés des cultes, des temples et du calendrier religieux.

Puissance tribunicienne : c'est l'ancien pouvoir des tribuns de la plèbe, dont le droit de proposer des lois et celui de s'opposer à toute décision du sénat ou d'un magistrat. Cette puissance tribunicienne est renouvelée chaque année et donne à l'empereur un caractère inviolable et sacré.
C'est sous Trajan justement qu'a lieu le changement de date pour le renouvellement : auparavant, cette puissance tribunicienne était renouvelée à la date anniversaire de prise de pouvoir de l'empereur ; or, dès 98, la puissance tribunicienne est désormais renouvelée chaque 10 décembre. La première application de cette mesure a lieu le 10 décembre 98, qui correspond à la troisième puissance tribunicienne de Trajan qui avait pris sa première à son association au pouvoir le 27 octobre 97 et la deuxième le 27/10/98.
L'indication de ces puissances tribuniciennes permet dans la plupart des cas de dater à l'année près l'inscription.

Les salutations impériales : on donne toujours à l'empereur une première salutation impériale à l'avènement. A chaque victoire remportée par lui-même ou l'un de ses généraux et de ses armées, il en reçoit une nouvelle qui vient s'ajouter aux autres.

Le consulat : il s'agit de l'échelon supérieur du Sénat (2 consuls) ; la plupart du temps, un empereur est nommé consul au premier janvier pour honorer l'autre consul qui l'accompagne. Puis des consuls suffects le remplacent après.

Titre de Proconsul : pris par l'empereur quand il est en dehors de Rome. Aucune des inscriptions que j'ai étudiées ne portaient cette mention, sauf un diplôme militaire trouvé à Wiesbaden en Germanie Supérieure (CIL XIII, 7573).

Père de la Patrie : montre que l'empereur est le père de tous les citoyens. Auguste l'avait pris en premier en -2, et tous les empereurs le feront par la suite, parfois avec un certain retard pour pouvoir le "mériter".

Datation : voir fin du poly.

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Etudes des dédicants et des motifs de dédicaces :

Une inscription n'est jamais anodine ; lorsqu'il s'agit d'une dédicace à l'empereur, il est essentiel pour celui qui donne l'inscription d'indiquer son nom (que ce soit une ville, une légion ou un particulier). Ainsi la gloire de l'empereur rejailli sur celui qui a fait faire l'inscription.
Bien sûr , les pierres étaient faites par des ouvriers "lapicides" qui n'indiquaient jamais leurs noms, mais le commanditaire n'y manquait pas.

Plusieurs possibilités :

- une légion : l'armée, à la fin du Ier siècle, est en effet à son apogée pour l'organisation, mais il y a des problèmes de recrutements… L'armée sera donc pour Trajan une préoccupation importante, et c'est ainsi qu'il crée deux légions : la II Traiana en Égypte en 105, et surtout la XXX Ulpia Traiana en Germanie inférieure en 100, qui est installée à Xanten).
Il faut rappeler que Trajan a une formation avant tout militaire (on dit qu'il est un "homo militaris", et qu'une bonne organisation de son armée est indispensable pour mener à bien ses expéditions en Dacie (où il emmène pas moins de 12 légions) puis en Orient à la fin du règne.
Exemples : en Bretagne, en Germanie
Plus généralement, il peut s'agir d'un corps de troupe, comme une cohorte (quelques unes en Germanie inférieure).

- dédicaces d'officier ou de notables : par exemple un gouverneur légat ou un officier d'armée peut laisser une dédicace. Toute la gloire est pour lui puisque son nom est la plupart du temps indiqué.
Il peut s'agir de notables de cités aussi, comme la dernière inscription que je n'ai pas donné entièrement, mais qui vient d'un duumvir qui a fait construire un portique orné de peintures dans sa cité, en apportant un supplément au don qu'il devait faire à la cité.

- dédicaces de cités : elles sont effectuées soit lors de la création d'une cité, soit lors d'un événement important.
On sait que Trajan a reconstruit ou créé certains camps comme Strasbourg (reconstruit après un incendie) ou l'édification en Bretagne de camps fortifiés à Chester, Caerlon (n°3) et York.
De même en Afrique se constitue une ligne fortifiée avec des camps comme celui de Gemellae, ou plus parlant la fondation de Timgâd en 100, construite par la légion III Augusta pour faire un camp.
Il a également fait construire des villes pour faire progresser la romanisation : certaines ont le titre de colonie romaine, comme Xanten (à laquelle il donne ses noms Colonia Ulpia Traiana), Nimègue (Ulpia Noviogamus).
Parfois l'honneur rejailli sur un ordre en particulier, comme la n°9 où l'ordre des décurions apparaît comme le commanditaire au nom de la cité.
Pour Trajan, ces dédicaces de cités sont les plus nombreuses, surtout en Espagne où il est né, mais aussi dans ses fondations dans les provinces à la périphérie de l'empire.

- il peut aussi s'agir d'une dédicace de particulier, mais la personne qui offre l'inscription n'est pas toujurs facile à reconnaître.
Question technique : pour trouver les noms bien souvent abîmés, il existe la Pauli Wissova qui renseigne au moins pour les personnages les plus importants (cf ex 12). C'est grâce à d'autres inscriptions qu'on arrive à compléter les parties manquantes.

Les motifs : en étudiant les dédicants, on se penche obligatoirement sur les motifs, qui peuvent être multiples.

Le premier motif est parfois simplement la gloire de celui qui fait l'inscription : les pierres étaient placées en évidence sur des monuments, stèles ou bases de statues, et c'était donc un honneur d'avoir son nom indiqué sur une inscription.
La pierre peut aussi être offerte à une grande occasion, (par exemple la n° 5 qui est une dédicace réalisée à la suite de la construction et de l'inauguration d'un portique.)
Pour les fondations de cités, il est logique qu'une pierre soit posée (cf n°12)
En fait, s'il est possible de classer, on pourrait dire que chaque inscription étant uniques, elle possède son motif propre d'existence. Ainsi la n°4 par exemple est le résultat d'un testament.

Quelques idées pour conclure :

peu de matériel, et pourtant beaucoup de bornes miliaires : aspect non essentiel pour l'empereur lui même, mais important pour étudier l'époque de Trajan, et l'importance accordée aux voies romaines pour faciliter les communications dans l'empire, et la centralisation du pouvoir.

Il me reste à étudier plus précisément l'étalement chronologique des pierres ; d'après celles qui sont datées, on peut déjà remarquer des périodes où il y a plus d'inscription, comme l'année 98 après l'avènement, ou encore la fin du règne après les guerres en orient : ce sera l'occasion d'étudier peut-être un certain rôle joué par la propagande impériale.

!!! à remarquer, et je finirai sur cette problématique : Trajan a été très marquant pour les mémoires des romains jusqu'au Bas-empire (et surtout au Bas-Empire), et le panégyrique de Trajan écrit par Pline contribue à idéaliser l'image du prince à travers Trajan. Et dans toute l'historiographie, presque sans exception, Trajan est considéré comme un bon empereur. On peut se demander ce qu'il en était vis à vis de ses contemporains d'occident, vu le nombre peu élevé de dédicaces qui lui furent élevées.

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Jean-Roch Masson - jrmasson@nordnet.fr
Dernière mise à jour le 04 mars 2004.