5 novembre 1990, une soirée pas comme les autres...


5 novembre 1990, les preuves

Lumières dans la Nuit n° 360 - Avril 2001


Part. II

Au moins trente exemples flagrants

Combien faudrait-il exposer de témoignages en totale contradiction avec l'explication officielle, pour que s'impose enfin l'évidence, c'est-à-dire qu'il y eut ce soir-là, dans le ciel de France, très probablement une rentrée de fusée soviétique (puisqu'on nous l'assure), mais aussi, de façon certaine, autre chose ? Ce n'est sans doute pas une question de nombre: d'ores et déjà, les preuves que nous avons examinées sont largement surabondantes. Si l'on veut bien se donner la peine de considérer sérieusement les descriptions, lorsqu'elles sont précises, on s'aperçoit que ces preuves étaient déjà suffisantes dés le début, avec certains des récits publiés dans la grande presse (tel le cas de Vouziers), puis d'autres, dans LDLN 303 et les suivants. Une rentrée de troisième étage de fusée ne saurait expliquer l'observation de Vert-le-Grand, ni celle de l'autoroute A 63, et pas davantage celles de Neuilly-sur-Marne, de Villavard ou de Montreuil-Juigné. Si les témoignages ont quelque valeur, alors il faut en convenir, la situation était claire dés le mois de novembre 1990: une multitude de choses qui ne pouvaient pas être la rentrée de l'engin soviétique, se sont montrées, le soir du 5 novembre, au moment même où avait lieu cette rentrée. Si l'évidence ne s'est pas encore imposée, ce n'est certainement pas que les preuves soient insuffisantes. C'est seulement parce que les conditions n'étaient pas favorables à son acceptation. Or, dix ans après, ces conditions n'ont guère changé. Peut-être même se sont-elles aggravées. Il ne faut donc attendre aucun effet immédiat de l'exposé de la situation réelle. C'est vrai pour le 5 novembre comme pour le reste. La seule chose que nous puissions tenter consiste à exposer les faits, en attendant le jour (probablement lointain) où, par simple lassitude, par usure, on voudra bien cesser de les ignorer. Certains de ces témoignages sont clairement probants (et leur effet cumulé l'est plus encore !). Nous allons voir qu'en effectuant un tri sévère, on peut estimer leur nombre à trente, ce nombre étant plutôt à considérer comme un minimum. Combien en faudrait-il ?


Dans la première partie de cet article, nous avons évoqué une douzaine de témoignages simultanés, de la région de Cahors jusqu'à celle de Soissons. Poursuivons notre voyage quasi-instantané à travers la France. Beaucoup de témoins du 5 novembre ont insisté sur la lenteur avec laquelle le spectacle défilait devant eux. Cette vitesse angulaire faible, sur une trajectoire rectiligne, est un des éléments de ressemblance avec une rentrée atmosphérique. Mais nous avons vu qu'il existe des exemples flagrants de trajectoires brisées, comme à Gretz-Armainvilliers, à l'Isle-Adam, ou encore à Linas (1). On trouve également des exemples d'accélérations fulgurantes: L'lsle-Adam est l'un d'eux, mais nous avons vu dans notre dernier numéro le cas de M. Bal, sur le chalutier « Elvis » naviguant au sud-ouest de l'île de Groix. En voici un autre.

Entre Vouziers et Monthois (Ardennes): « une ascension fulgurante »

Dans l'article du journal l'Union du mercredi 7 novembre, nous trouvons le récit d'un journaliste travaillant pour ce journal, le photographe de presse Alain Hatat: « Il était 18 h 50. Je venais de quitter l'agence. Je me trouvais sur la route de Monthois. A gauche de la D 982, trois « phares » très lumineux se déplaçaient à une altitude relativement basse, pour autant qu'elle puisse être appréciée. Ils tenaient une position en V, la lumière la plus intense en occupant la pointe. Le faisceau projeté par ces « phares » était extrêmement concentré, mais ne touchait pas le sol. Pensant à un avion en approche d'atterrissage, je surveillais la descente de l'engin. Mais, fait étrange, « l'appareil » se dirigeait dans le sens inverse de la zone qu'il éclairait, un peu comme une voiture faisant marche arrière. Arrêtant le moteur de mon véhicule, je constatai que, bien que l'engin parût très proche, aucun bruit de moteur n'était audible. La formation lumineuse s'est éloignée en direction du nord-est. Au fur et à mesure qu'elle prenait de l'altitude, les lueurs diminuaient de taille et devenaient orangées. L'engin a disparu en l'espace de quelques secondes, dans une ascension fulgurante ».

Ascension fulgurante, c'est écrit noir sur blanc, et dans un grand quotidien régional, paru environ trente-six heures après les événements. A lui seul, ce détail interdit, et interdit même doublement, de conclure à une rentrée atmosphérique. Qu'il ait été simplement négligé, par hasard, c'est inadmissible. Avec ce seul cas, même en faisant abstraction de tous les autres, nous tenons la preuve que l'explication officielle a été élaborée non pas à partir de l'ensemble des témoignages, mais pour ainsi dire sans eux, malgré eux, contre eux. Or, qu'on examine les témoignages dans les Ardennes, dans la région parisienne, sur la côte atlantique, dans le Périgord, dans l'Est ou ailleurs, on découvre partout la même situation: des faits qui contredisent l'interprétation des faits. Restons, un moment encore, dans les Ardennes. Vingt-cinq kilomètres plus loin, vers le nord-ouest, nous trouvons une autre observation tout aussi éloquente que celle de Vouziers.

Thugny-Trugny (Ardennes): « Ça a plongé dans la vallée, en accélérant... »

La rencontre s'est déroulée à moins de 5 km au sud-est de Rethel, sur la D 983. Les témoins sont M. Eric Zuccari, alors assistant technique au centre de la DDE de Rethel, maire d'Ecordal et pilote privé, son épouse Lucette et leur fils Erwan, âgé de 16 ans à l'époque. Juste après la sortie de Biermes, la route tourne légèrement à droite, puis reste à peu près rectiligne sur près de 2 km, jusqu'à l'entrée de Thugny-Trugny. Cette ligne presque droite est orientée ouest-est. La voiture conduite par M. Zuccari venait d'aborder cette ligne droite, lorsqu'Erwan attira l'attention de ses parents sur ce qu'il venait de découvrir à droite de la voiture (donc en direction du sud), au-dessus des champs: un ensemble de lumières se déplaçant à peu près parallèlement à la route et plongeant vers le sol sur une trajectoire inclinée à une trentaine de degrés sur l'horizon.

M. Zuccari arrêta sa voiture un peu plus loin, sur une petite aire de stationnement. Il arrêta son moteur, et les trois témoins descendirent. La chose venait de « se stabiliser », c'est-à-dire qu'elle se déplaçait maintenant sur une trajectoire horizontale, lentement, en direction de Thugny-Trugny. C'était une masse sombre, aux contours assez mal définis, « flous », dessinant comme un hexagone aplati. Elle portait un grand nombre de points lumineux, probablement blancs, et à l'arrière, on voyait comme une flamme, ou un faisceau lumineux, orange, qui sortait par un embout ayant la forme d'un phare de 2CV. Dans ce faisceau, on distinguait des volutes de fumée, comme de la condensation, comme de la fumée de cigarette dans un faisceau laser. Il était 19 h 03. On n'entendait aucun bruit.

(M. et Mme Zuccari nous ont raconté leur expérience, le samedi 30 décembre 2000, sur les lieux où elle s'est déroulée. Nous avons pu constater que pour exprimer la taille apparente du phénomène, M. Zuccari tend spontanément les bras, et écarte les mains d'un cinquantaine de centimètres. C'était grand « comme une cathédrale »). Les trois témoins remontèrent dans la voiture, et M. Zuccari s'arrêta de nouveau, 200 mètres plus loin, au sommet d'une petite côte. Là, la chose se trouvait « au-dessus d'eux ». (Je me suis fait préciser ce point: le phénomène n'était pas rigoureusement à la verticale des témoins, mais plutôt à environ 70° sur l'horizon. Les petits arbres qui bordent aujourd'hui la route, sur le côté droit, venaient alors d'être taillés, et ils ne gênaient nullement la vision.)

Reconstitution, évidemment approximative, et sans simulation du ciel nocturne, de l'aspect du phénomène. Au premier plan, le parking où la voiture s'est arrêtée une première fois et, au fond, la petite côte au sommet de laquelle elle s'est de nouveau arrêtée.

La chose traversa la route. Les témoins remontèrent en voiture, et M. Zuccari parcourut 300 mètres avant de s'arrêter une troisième fois, à l'entrée de l'agglomération de Thugny-Trugny. Le phénomène était maintenant visible (en direction du nord-est) très bas, au-dessus de la vallée de l'Aisne. Il avait l'apparence de trois gros points orange disposés aux sommets d'un triangle isocèle, pointe en bas. M. Zuccari explique que dans cette phase de l'observation, il avait l'impression de presque surplomber le phénomène, qui avait « plongé » dans la vallée. En fait, le relief n'est pas très accidenté, et on peut probablement considérer que le phénomène se trouvait très près de la ligne d'horizon, sans qu'il soit possible (surtout dix ans après) de préciser davantage. M. Zuccari insiste sur un point: il a eu l'impression que le phénomène, à ce moment-là, accélérait.

Ce qui est certain, c'est que de nombreux éléments, dans ce témoignage, montrent que ce qui a été vu n'est pas la rentrée atmosphérique d'un étage de fusée soviétique censé avoir traversé l'hexagone de Royan (à 110 km d'altitude) jusqu'à Bitche (83 km d'altitude). On pourrait citer les éléments que voici:

1°) la brisure de la trajectoire, au début de l'observation: la chose pique vers le sol, puis subitement (comme à Gretz-Armainvilliers) se met à « voler » horizontalement.

2°) Thugny-Trugny se trouve à environ 170 km de la projection au sol de la trajectoire supposée de l'engin soviétique. Si c'était cette rentrée qui avait été observée, elle aurait dû être vue à quelque 27° au-dessus de l'horizon, alors que les témoins indiquent une hauteur angulaire de l'ordre de 70°. Quel phénomène, vu à 190 km de distance réelle (170 km au sol) et 27 ° sur l'horizon aurait pu faire dire aux témoins: « C'était juste au-dessus de nous »?

3°) De même, l'indication de taille apparente qu'ils donnent correspond à une taille réelle (sur la trajectoire de rentrée) de près de... 200 km ! Mais ces éléments ne sont pas les plus décisifs: la direction dans laquelle la chose s'est éloignée l'est bien davantage, car elle a été notée de façon précise, en relation avec des repères au sol. Si c'était la rentrée de l'engin soviétique qui avait été vue, tout, jusqu'à la disparition finale, aurait été vue du côté droit de la route. La prétendue trajectoire de rentrée de la fusée soviétique ne coupe pas la D 983: elle est toute entière située du côté droit de cette route. Un dernier point, mais capital: étant donné la direction dans laquelle les témoins de Thugny-Trugny ont vu le phénomène disparaître, le journaliste de l'Union, au sud de Vouziers, ne pouvait que lui tourner le dos. Il n'y avait donc pas un phénomène unique dans le ciel, mais plusieurs. Même en n'examinant les témoignages que localement, dans une région donnée, on parvient facilement à cette conclusion: nous l'avons vu dans notre dernier numéro, p. 9, avec deux phénomènes distincts au large de Quiberon, et plus encore p.11, avec la situation dans la région de Brétigny-sur-Orge.

Dernière vision du phénomène à l'entrée de Thugny-Trugny: il plonge dans la vallée de l'Aisne, vers le nord-est, à hauteur de l'horizon, et se présente sous la forme de trois feux orange (figurés ici par trois points noirs, dans l'espace compris entre les arbres). La trajectoire de l'engin soviétique se situe entièrement en dehors du champ de cette photo, nettement à droite du bord droit !

Ecartons-nous encore de la trajectoire « théorique » de rentrée, et remontons carrément de 180 km vers le nord-ouest.

Cuhem (Pas-de-Calais): « L'engin est parti comme une flèche, à une vitesse incroyable, comme un éclair... »

Dans la région d'Aire-sur-la-Lys, nous sommes à environ 325 km de la projection au sol de cette trajectoire, soit 340 km de distance réelle (pour une altitude de 90 km). L'engin soviétique, de là-bas, devait apparaître à 15° sur l'horizon. La lumière qu'il émettait, traversant sous une incidence presque « rasante » les basses couches de l'atmosphère, avec la pollution, devait être bien atténuée, et les restes de la fusée, en admettant qu'ils fussent visibles, devaient être bien discrets... Jean-Pierre d'Hondt, du GNEOVNI (242, rue du faubourg de Roubaix, 59800 Lille) a trouvé dans un journal local, l'Indicateur, l'un des témoignages les plus éloquents sur les évènements du 5 novembre.

Voici quelques extraites du récit que M. Daniel-Dominique Guérin, boucher-charcutier à Hazebrouck, a fait au journaliste Eric Belin. « ...Entre Aire-sur-la-Lys et Fruges, à la sortie du village de Cuhem, en prenant la direction de Laires, une lumière très forte a attiré mon attention, sur ma droite. Il était aux environs de 18 h 45. J'ai interpellé mon fils (...). Il m'a dit « Papa, arrête-toi, c'est formidable ! » (...) Des voitures débouchaient de tous les chemins pour essayer de mieux voir. (...) Un gigantesque triangle isocèle qui se promenait dans le ciel, presque bleu, éclairé par un 3/4 de pleine lune. A chaque pointe du triangle, trois faisceaux d'une intensité extraordinaire éclairaient tous les alentours, comme en plein jour. La « chose » nous semblait immense. Je n'ai jamais rien vu de pareil. Les faisceaux semblaient scruter le sol, et au bout de dix minutes, l'« engin » est parti comme une flèche en altitude, à une vitesse incroyable, comme un éclair. »

L'article de l'Indicateur. La manière dont le phénomène a pris congé des témoins en dit long sur le caractère « scientifique » de l'explication officielle. Or les récits de ce genre se comptent par dizaines, le soir du 5 novembre 1990...

Vieux-Condé (Nord): trajectoire orientée nord-sud !

Près de Condé-sur-l'Escaut (tout près de la frontière belge), Jocelyn Morel a recueilli le témoignage de cinq personnes qui, vers 19 h, discutaient sur le pas de leur porte. Leur regard fut soudain attiré vers l'est par un groupe de lumières circulant dans le ciel, du nord vers le sud (donc en sens inverse du déplacement de l'engin soviétique). Le phénomène se composait d'une masse sombre, de forme ovoïde, comportant une rangée horizontale de lumières jaunes, non aveuglantes, à mi-hauteur. Il était visible sous un diamètre apparent plus que respectable (estimé à environ 5 cm à bout de bras), et sa trajectoire apparente se situait à environ 30 cm (à bout de bras) au-dessus de l'horizon. La structure de sa partie arrière se fondait graduellement avec l'obscurité ambiante. Il s'éloigna lentement vers la droite de la direction initiale d'observation, et cessa d'être visible au bout d'une minute environ.

Redescendons maintenant dans la région de Melun, où nous trouvons deux observations qui appellent une comparaison avec le cas de Vert-Saint-Denis (exposé dans LDLN 303, p.33). Certes, elles ne sont pas à compter parmi les plus probantes, parmi celles qui établissent indiscutablement la présence dans le ciel d'autre chose que la rentrée atmosphérique. Mais on aurait tort de les ignorer pour autant: elles nous remettent en mémoire la complexité de la situation globale, caractérisée par des centaines d'observations simultanées ou quasi-simultanées, dont certaines se rapportent probablement à la rentrée de la fusée soviétique (2), et dont beaucoup, surtout, ne permettent de tirer aucune conclusion. Tout cela constitue un fatras dans lequel il n'est pas toujours facile de distinguer ce qui est explicable par une rentrée atmosphérique, ce qui l'est moins, et ce qui ne l'est pas du tout...

Cesson-la-Forêt (Seine-et-Marne): comme un Boeing 747 qui larguerait son carburant à 50 m d'altitude...

C'est à M. Edmond Kergoat que nous devons de connaître ce cas, qui ressemble beaucoup à l'observation faite dans la commune voisine, Vert-Saint-Denis, par M. Santerre (voir LDLN 303). Les deux témoins, d'ailleurs, utilisent la même comparaison (avec un Boeing 747) pour exprimer leur vision de la chose. Pourtant, les descriptions qu'ils donnent diffèrent sur bien des points. Cesson jouxte Vert-Saint-Denis, et ces deux communes se trouvent à quelques kilomètres à l'ouest de Melun. A Cesson, il y a deux témoins: M. Gérard L. (ingénieur à la Snecma, officier de surveillance aérienne pendant son service national), et M. Henri Rio. Vers 19 h, M. L. observe, comme il le fait souvent, les mouvements des avions en approche d'Orly. Soudain, alors qu'il regarde vers le sud-est, son attention est attirée par des lumières qui se déplacent « à très basse altitude ».

Le témoin croit d'abord avoir affaire à un Boeing 747 en difficulté, qui larguerait son carburant. Ce qui lui suggère ce détail inquiétant, c'est une sorte de jet orienté vers l'arrière et incliné d'une quinzaine de degrés vers le bas. Mais ce jet est rectiligne, et de section constante. Son aspect est plutôt celui d'un faisceau lumineux. La silhouette de l'ovni reste indéfinissable, mais suggère toujours un 747. M. L. distingue pourtant la forme de l'avant de « l'objet », plus sombre que la nuit. (Rappelons qu'à moins de deux kilomètres de là, à Vert-Saint-Denis, M. Santerre observe, sans doute au même moment, ce qu'il compare à l'avant d'un 747, l'autre extrémité se découpant moins nettement - dans les deux cas, comme d'ailleurs à Vieux-Condé ! - sur le fond du ciel. En revanche, le témoignage de Cesson ne mentionne pas les faisceaux multiples observés à Vert-Saint-Denis). La chose portait « des feux non clignotants, des feux de navigation non conformes à ceux des avions traditionnels ». Elle se déplaçait sur une trajectoire rectiligne, à vitesse constante, et disparut en s'éloignant vers l'est. Des sortes de « paillettes scintillantes » étaient alors visibles dans la lumière du faisceau. La durée de l'observation a été estimée à trois minutes. Les témoins n'ont perçu aucun bruit émis par le phénomène.

Cette observation n'est évidemment pas l'une des plus remarquables de cette soirée. Elle n'a d'importance que dans la mesure où elle complète celle, toute proche, de Vert-Saint-Denis, et parce que le cas qui va suivre ne saurait être considéré indépendamment de ces observations de Cesson et de Vert. Tout cela semble former un tout, et on peut supposer (au moins à première vue), que c'est la même chose qui a été vue à Cesson, à Vert, puis à Melun. Pourtant, dans ce dernier cas, l'impression produite sur les témoins est autrement plus forte qu'à Cesson et à Vert, comme si la chose avait été vue de beaucoup plus près...

Melun (Seine-et-Marne): « C'était gigantesque, plus grand qu'un porte-avions »

Sur un plan de Melun, il est facile de distinguer ce qu'on peut appeler le coin nord-ouest de l'agglomération, enserré dans un virage du périphérique qui la contourne par l'ouest. C'est là que se trouve la rue G. Tunc. Dans un immeuble de cette rue, quatre personnes firent vers 19 h uneobservation qui les bouleversa. Il s'agit de M. Paul Morel, de ses fils Jean-Paul (policier) et Daniel, et de Mme Françoise Broutin. Les fenêtres de l'appartement donnent les unes à l'ouest, les autres à l'est. Regardant vers l'ouest, en direction de Seine-Port, M. Morel découvrit, « au-dessus des antennes de Sainte-Assise » un groupe de lumières qui approchait lentement...

(Cette direction initiale d'observation a son importance car, correspondant à l'azimut 260°, à quelques degrés près, elle n'est pas compatible avec l'hypothèse de la rentrée atmosphérique: il est impossible, que des témoins situés du côté gauche de la trajectoire aient pu l'observer en direction de l'ouest ! Si l'on tient absolument à considérer que c'est la rentrée atmosphérique qui a été vue dans le cas présent, il faut admettre que les témoins commettent une erreur d'au moins une cinquantaine de degrés sur la direction initiale d'observation, et cela en supposant qu'ils aient détecté la présence du phénomène alors qu'il survolait l'estuaire de la Gironde, ce qui semble peu probable. Si l'on suppose, plus sagement, que la chose n'a pas été détectée à moins de 200 km (alors que la rentrée survolait la région de Saint-Amand-Montrond), l'erreur sur la direction d'observation initiale atteint 80 °. Pour des personnes qui se trouvent à leur domicile, et qui connaissent parfaitement, depuis longtemps, l'environnement, c'est carrément inimaginable.) En quelques instants, c'est une énorme chose « en forme de sous-marin » qui apparaît. Les bords de la « masse noire » sont indistincts, et repérables seulement grâce à des lumières régulièrement espacées, sur les bords de cette « masse noire ». Les trois premières de ces lumières sont celles qui ont été vues initialement.

La taille est qualifiée de « gigantesque »: la longueur est estimée à 300 ou 350 m, l'altitude à environ 200 m. Le diamètre du « sous-marin » correspond... à la hauteur d'une tour de 20 étages ! A l'arrière, trois faisceaux lumineux d'un blanc argenté éclairent en sens inverse du mouvement. Ils sont au moins aussi longs que le « sous-marin ». Ce ne sont pas des faisceaux tronqués, comme à Brétigny, à Gretz-Armainvilliers ou dans le sud de la Dordogne: ils se terminent « comme des projecteurs normaux ». Au fur et à mesure que l'énorme chose se déplace vers l'est, parallèlement à son axe, la direction d'observation évolue vers le sud, et l'avant de l'objet se rapproche du plan de la façade de l'immeuble. Comprenant qu'ils vont alors perdre de vue l'objet, les témoins bondissent dans la cuisine, dont la fenêtre donne vers l'est. Et là, ils voient (mais cette fois, de derrière) la monstrueuse chose qui paraît survoler le centre de Melun, et s'éloigne vers l'est. A l'arrière, on distingue comme une ouverture béante, mais les trois faisceaux, bien que non éblouissants, empêchent de distinguer les contours de la « masse noire », La vitesse est qualifiée de « très lente », et l'observation dure « nettement plus d'une minute ». Lorsqu'elle a été vue au plus près (juste avant ou juste après que les témoins soient passés d'un côté de l'appartement à l'autre), la masse noire seule (sans compter les trois faisceaux) était visible sous un angle de 30 à 40°. C'est 60 ou 80 fois le diamètre de la pleine lune, et cela couvre une bonne partie de la largeur du champ visuel. La hauteur angulaire maximale a été estimée à une trentaine de degrés.

Pendant que les témoins voyaient cela, sur le périphérique qui contourne Melun, les voitures roulaient normalement. Les lampadaires étaient allumés. Il est difficile (pour ne pas dire impossible) de comprendre comment un tel spectacle n'a pas été vu par des centaines, des milliers de personnes. Pourquoi les témoins de la rue Tunc voient-ils distinctement trois faisceaux fixes éclairant vers l'arrière, alors qu'à Cesson (à 4 km de là), les témoins en voient un seul, et qu'entre ces deux sites, à Vert-Saint-Denis, M. Santerre en voit plusieurs, mais orientés différemment, dont un qui balaie vers le bas ?


1 : Observations décrites respectivement dans LDLN 306, 318 et 359

2 : Parmi toutes les observations du 5 novembre 1990 que nous avons publiées, il en est qui ne permettent pas d'exclure l'explication par la rentrée atmosphérique de la fusée soviétique. C'est le cas, par exemple, de celle de Maison-Alfort (LDLN 303, p.29), et de plusieurs autres exposées dans nos numéros 304 et 305. Beaucoup d'autres ne permettent de les ranger ni dans une catégorie, ni dans l'autre. Le cas de la gare de Saint-Cloud (LDLN 306, p.15) a peu de chances d'être de nature ufologique...


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