GIRONDINS   ET  MONTAGNARDS

L'antagonisme entre Girondins et Montagnards avait commencé bien avant la chute de la monarchie. Sous la Législative, quelques députés élus par le département de la Gironde ( Vergniaud, Guadet, etc...) s'étaient liés d'amitié avec Brissot et ses amis ( Buzot, Louvet, Pétion, Roland et sa femme, etc...)

Ceux qu'on appelait alors les "Brissotins" ( le nom de Girondins leur fut donné plus tard) poussaient de toutes leurs forces à la déclaration de guerre, s'opposant sur ce point à Robespierre. La monarchie tombée, ils formèrent à la Convention un groupe nombreux. Ils venaient pour la plupart de la province , tandis que les chefs montagnards étaient les élus de Paris.

Dès les premières séances, la lutte s'engagea. Effrayés par les troubles qu'ils avaient contribué à susciter, les Girondins s'élevèrent contre l'action de la toute-puissante commune de Paris: ils s'opposaient à la prédominance politique de la capitale et à la centralisation souhaitée par la Montagne, qui, en revanche, les accusait de fédéralisme.

En avril 1793, la création du Comité de Salut public, d'où ils furent exclus, diminua encore leur influence. Peu favorables aux mesures de rigueur préconisées par la Montagne en matière économique et sociale, ils furent accusés de paralyser le gouvernement à l'heure du danger. Les défaites militaires et la trahison de Dumouriez, leur ami, augmentèrent leur discrédit.

Pour se défendre, les Girondins créèrent une commission de douze membres chargée d'enquêter sur les actes de la Commune ( 18 mai 1793). La Commission fit arrêter Hébert, substitut du procureur. La Commune ayant protesté, le Girondin Isnard prononça un terrible réquisitoire contre Paris. En réponse, le 31 mai, les sections de sans-culottes, soutenues par les Montagnards, vinrent exiger la mise en accusation des principaux Girondins et la suppression de la commission. La majorité n'ayant cédé que sur le second point, elles revinrent à la charge le 2 juin, tandis que la Garde nationale cernait la Convention : 29 députés girondins furent mis hors la loi.

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