L' ASSEMBLEE LEGISLATIVE |
( 1er octobre 1791 - 20 juin 1792 ) |
| " La nouvelle assemblée est mille fois plus mauvaise
que l'ancienne " confiait à un proche Marie-Antoinette , évidemment partiale.
Réunie le 1er octobre 1791 en vertu de la Constitution votée en septembre, l'Assemblée
législative était composée d'hommes sans expérience politique. A droite,
s'installèrent les monarchistes constitutionnels, ou feuillants ; au
centre, une masse d'"indépendants" aux opinions flottantes ; à gauche, les
"brissotins" ( plus tard on les appellera "girondins"),
parmi lesquels Brissot et Vergniaud ; à l'extrême gauche, enfin,
quelques révolutionnaires plus avancés. La Législative entreprit ses travaux dans une atmosphère inquiète : le pays était troublé par des difficultés économiques, financières, sociales, religieuses. Les rassemblements tapageurs des émigrés sur le Rhin exaspéraient les patriotes. Le roi choisit au début ses ministres parmi les feuillants, mais très vite des heurts naquirent entre l'exécutif et le législatif. A l'automne, l'Assemblée vota plusieurs décrets. Pour deux d'entre eux ( ordre aux émigrés de rentrer et aux prêtres réfractaires de prêter le serment ) le roi opposa son veto, ce qui irrita les jacobins. A cette heure, les problèmes de politique extérieure devenaient brûlants. Les girondins voulaient déclarer la guerre à l'Autriche, jugeant qu'un conflit ferait avancer la Révolution en exaltant les passions. De son côté, la cour espérait que des succès permettraient au roi de rétablir son autorité et qu'en cas de revers la menace étrangère aiderait la monarchie. Le renvoi de Narbonne, ministre de la guerre et partisan du conflit, par le roi, déplut aux girondins, qui, d'autre part, mirent en accusation le minsitre des relations extérieures, Lessart, trop conciliant avec Vienne. Cédant aux pressions de l'Assemblée, le roi remplaça ses ministres par des amis de la Gironde et déclara la guerre à l'Autriche ( 20 avril 1792). Très vite les troupes françaises subirent des revers et les patriotes crièrent à la trahison. Les girondins firent alors voter trois nouveaux décrets concernant la déportation des prêtres réfractaires, la dissolution de la garde du roi et la constitution d'un camp de 20 000 fédérés près de Paris. Louis XVI ne sanctionna que le second décret. De plus, devant la protestation de Roland, il renvoya les ministres girondins. Pour intimider le souverain, une grande manifestation fut organisée. Le 20 juin 1792, le peuple des faubourgs envahit les Tuileries. Pendant trois heures, Louis XVI dut affronter les émeutiers, mais il demeura ferme sur ses positions. L'émeute du 20 juin, blâmée par les partisans de l'ordre, provoqua un retournement en faveur du roi. Retournement passager. Les maladroites diatribes de La Fayette, arrivé des armées, et le danger extérieur grandissant exaspérèrent l'opinion. L'Assemblée dut déclarer la patrie en danger ( 17 juillet 1792) . Entre-temps, par un nouveau décret, elle avait autorisé les gardes nationaux des départements à venir à Paris pour la Fête de la Fédération. C'était là une grave menace pour le roi qui, d'autre part, se voyait accuser de trahison avec la cour. Le 10 juillet, le ministère avait dû démissionner. Vergniaud, Guadet et Gensonné essayèrent en vain d'obtenir la nomination de ministres girondins, tandis que les clubs, avec Robespierre et Danton, excitaient les sections contre les Tuileries. A la fin de juillet, les fédérés de Brest et de Marseille arrivèrent à Paris, réclamant la déchéance du roi, refusée par l'Assemblée. Sur ces entrefaites, le manifeste de Brunswick, menaçant de détruire Paris s'il était fait quelque outrage à la famille royale fut connu dans la capitale, provoquant l'indignation générale. Les représentants des sections vinrent à l'Assemblée demander eux aussi la déchéance du roi. Mais la partie allait désormais se jouer en dehors de la Législative, dépassée par les événements. |