LE DIRECTOIRE ( 26 octobre 1795 - 9 novembre 1799) |
| En l'automne de 1795, les Français sont las de la politique : ils aspirent à la stabilité. Aussi accueillent-ils sans joie un nouveau changement de régime. Selon la Constitution de l'an III, le corps législatif ( conseildes Cinq-Cents et des Anciens) commence ses fonctions en nommant les premiers directeurs : Barras, Rewbell, Carnot, Letourneur, La Revellière-Lépeaux, sont tous les cinq des thermidoriens régicides. Ils n'auront pas la tâche facile : très vite, en effet, les partis extrémistes relèvent la tête, les conflits naissent entre l'exécutif et le législatif. Le Directoire gouverne sans programme précis, pratiquant entre la droite et la gauche une politique de bascule. |
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Ils doivent d'abord faire face à une crise
monétaire. L'assignat de 100 francs vaut 7 sous en janvier 1796 ( on l'abandonnera en
février); un emprunt forcé déçoit et l'institution des mandats territoriaux obtient
peu de succès. La misère des classes populaires et le luxe étalé par les spéculateurs
provoquent la colère. Gracchus Babeuf réclame le partage des terres,
mais le complot qu'il fomente avec ses amis Buonarroti, Darthé et Drouet
est découvert et durement réprimé. Dans l'Ouest, les royalistes continuent la lutte, mais Stofflet et Charette sont pris et fusillés. A l'extérieur, la guerre se poursuit contre les Anglais et les Autrichiens. Une expédition de Hoche en Irlande échoue. Sur le continent, Carnot imagine un plan d'action contre Vienne: Moreau et Jourdan suivront la vallée du Danube avec les armées du Rhin et de Sambre-et-Meuse tandis que Bonaparte débouchera dans la plaine du Pô avec l'armée des Alpes. |
| Après quelques succès, les deux premiers
sont refoulés par l'archiduc Charles. En revanche, Bonaparte se couvre de gloire en
Italie. Il signe l'armistice de Leoben sans l'avis des directeurs, mais ceux-ci ne veulent
pas sévir car des millions vont affluer dans leurs caisses. A cette époque, le
Directoire s'inquiète d'une offensive réactionnaire : on voit renaître le culte
catholique, le comte de Provence, frère de Louis XVI, lance de Vérone
une proclamation, la propagande monarchiste s'accroît, le club de Clichy ( aux opinions
républicaines modérées) prend de l'importance. |
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| Par le coup d'Etat de Fructidor ( 4
septembre 1797), le Directoire s'était débarrassé des opposants de droite : les
Assemblées sont épuisées, les directeurs Barthélemy et Carnot, jugés réactionnaires,
remplacés par deux hommes plus sûrs : François de Neufchâteau et Merlin
de Douai. Une nouvelle Terreur commence : le gouvernement fait fusiller les
émigrés rentrés et expédie les prêtres à la Guyane. Pour résoudre les problèmes financiers toujours brûlants, le ministre Ramel fait admettre la banqueroute des deux tiers ( 30 septembre 1797), fort mal vue des rentiers. Le Directoire retrouve pourtant un peu de popularité lorsque le traité de Campoformio, signé par Bonaparte, donne à la France la rive gauche du Rhin. A son retour à Paris, le vainqueur des Autrichiens est acclamé, mais ce héros un peu encombrant est envoyé conquérir l'Egypte. |
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| En printemps de 1798, un grand nombre de jacobins sont élus aux Conseils. Du coup, les directeurs s'inquiètent et annulent tout simplement les élections qui leur déplaisent ( loi du 22 floréal an VI, 11 mai 1798). Un an de répit est donné au gouvernement. François de Neufchâteau, directeur sortant, est remplacé par Treilhard. Mais de nouvelles difficultés surgissent. Les annexions du Directoire, la fondation des républiques soeurs amènent la formation d'une coalition contre la France ( Russie, Angleterre, Autriche, etc...). Malgré la loi sur la conscription ( 5 septembre 1798), la guerre commence mal. Jourdan se fait battre à Stockach, et Championnet, après avoir pris Naples, subit des défaites en Italie. | |
| A l'intérieur, la politique de bascule
continue. En mai 1799, Rewbell est remplacé par Sieyès, mais la gauche,
qui ne cesse de vilipender les "pourris", va mener l'attaque. Les Conseils
éliminent du Directoire Treilhard, puis Merlin et La Revellière ( remplacés par
Gohier, Roger Ducos et le général Moulin) : cette fois, c'est
une victoire des parlementaires sur l'exécutif. L'ancienne Montagne resurgit de ses
cendres, les jacobins reconstituent leur club, des lois "terroristes" ( emprunt
forcé, loi des otages) sont votées. Ces mesures inquiètent d'autant plus l'opinion que
la chouannerie se réveille et que les "chauffeurs" terrorisent les paysans. Une fois de plus, un coup de balai s'impose, mais le Directoire, mené par Sieyès, veut s'appuyer sur la force armée : Joubert, sur lequel il compte, est tué à Novi. Les victoires de Masséna à Zurich et de Brune en Hollande vont heureusement changer la situation. Sur ces entrefaits,Bonaparte arrive d'Egypte : le sabre recherché par Sieyès est enfin trouvé et le coup d'Etat de Brumaire met fin au Directoire ( 9 novembre 1799). |
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