GEORGES-JACQUES DANTON ( 1759-1794) |
| " Sanson, tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine", lança Danton au bourreau au moment de se laisser lier sur l'échafaud. La figure énergique du tribun, sa stature athlétique, sa voix tonnante, tout révélait en lui un tempérament de lutteur. Né le 28 octobre 1759, à Arcis-sur-Aube, Georges-Jacques Danton est encore un avocat besogneux lorsque éclate la révolution : il en adopte les principes avec fougue et fonde le club des Cordeliers. Sa popularité grandit quand, après l'affaire de Varennes, il réclame la déchéance du roi. En 1792, substitut du procureur de la Commune de Paris, il joue un rôle important dans la préparation de l'assaut contre les Tuileries. |
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La monarchie tombée, il est nommé
ministre de la Justice avec place prépondérante dans le conseil exécutif provisoire. Ce
patriote fervent galvanise le pays lors de l'invasion étrangère, mais il tolère - sinon
autorise - les massacres de septembre. Elu député de Paris à la Convention , il siège avec la Montagne, mais souhaite établir l'union entre les partis et tend la main aux Girondins. L' accord est repoussé: le tribun débraillé et jouisseur est, en effet, exécré par Madame Roland. A L'Assemblée, les Girondins demandent à l'ancien ministre ses comptes de dépenses. La question est indiscrète : Danton serait bien incapable de dire où passe l'argent qui lui coule entre les doigts ! Sa vénalité, jadis soupçonnée, semble aujourd'hui prouvée. |
| En cette fin d'année 1792, le tribun désire sans doute sauver le roi,mais, le procès commencé, il vote la mort. A cette heure tragique pour la nation, toutes ses préoccupations vont aux frontières : il est d'ailleurs chargé d'aller "révolutionner" la Belgique. Pour défendre le pays, il contribue à la création du Comité de salut public - dont il fait aussitôt partie - , à la levée des troupes, à l'établissement du tribunal révolutionnaire. Cependant, Robespierre juge que le Comité fait preuve de mollesse révolutionnaire et en exclut Danton. Celui-ci commet alors l'erreur de quitter Paris avec sa jeune femme. En son absence, sa popularité baisse. |
| A son retour, il ne cache pas combien il est las de la
Terreur et engage Camille Desmoulins à prêcher l'indulgence dans son
journal Le vieux Cordelier , ce qui accroît l'hostilité de
Robespierre. Il travaille pourtant, avec ce dernier, à éliminer les hébertistes, mais,
peu après, il est accusé de conjuration et refuse de fuir : " On
n'emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers." Arrêté le 31 mars 1794, il est jugé avec Camille Desmoulins et d'autres prétendus "complices". Le tribunal, craignant son éloquence, l'empêche de se défendre et il est guillotiné avec ses amis le 5 avril 1794. |