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adapté de ce site spécialisé dans les introductions bibliques, à voir :
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LIVRE DE JEREMIE :

(présentation détaillée)


puce Le contexte historique

 
Jr 1 1 Paroles de Jérémie, fils de Hilqiyyahu, l'un des prêtres résidant à Anatot, en territoire de Benjamin.  2 A lui fut adressée la parole de Yahvé, aux jours de Josias, fils d'Amon, roi de Juda, la treizième année de son règne;  3 puis aux jours de Joiaqim, fils de Josias, roi de Juda, jusqu'à la fin de la onzième année de Sédécias, fils de Josias, roi de Juda, jusqu'à la déportation de Jérusalem, au cinquième mois. 
Le ministère de Jérémie couvre toute la période de la fin de Jérusalem, de 627 (treizième année de Josias) à 587 (seconde déportation de Jérusalem). Jérémie est donc le dernier prophète pré-exilique et en même temps le premier prophète exilique.

    Avec le livre de Jérémie, nous avons une grande quantité de matériaux biographiques et autobiographiques qui permettent de reconstituer une grande part de la vie du prophète et de mieux cerner son histoire. Jérémie est originaire d'Anatoth, à quelques kilomètres au nord-est de Jérusalem. Il est membre d'une famille sacerdotale et son père est prêtre d'un sanctuaire périphérique. On pense que cette famille sacerdotale est de la lignée du prêtre Ebiathar, un favori de David qui est tombé en disgrâce du temps de Salomon. Cette lignée sacerdotale remonte en fait à Eli, le prêtre de Silo, ce qui pourrait expliquer l'intérêt de Jérémie pour cet ancien sanctuaire.
    La plupart des commentateurs reconnaissent que la date du début du ministère public de Jérémie est bien la treizième année de Josias, soit 627. Jérémie se dit alors encore "jeune", c’est à dire adolescent, vers 16 ans à peu près. Cela placerait sa naissance vers 642 à la fin du règne de Manassé.
    On ignore tout de l'enfance de Jérémie, mais étant de famille sacerdotale, il a sûrement été formé en tant que prêtre et nourri des traditions d’Israël. Cela peut expliquer le regard critique qu'il portera sur les prêtres infidèles à leur mission d'enseignants de la loi. C'est aussi probablement dans ce contexte qu'il a reçu la parole du prophète Osée qui le marquera profondément tant dans le style que dans les thèmes principaux. Contrairement à l'usage, Jérémie restera célibataire et son célibat aura valeur de signe prophétique (Jr 16,1-4).
    Jérémie commence sa prédication alors que la réforme de Josias est balbutiante et que l'influence de Manassé se fait encore sentir. Jérémie s'engage dans cette entreprise de réforme et dénonce avec vigueur le paganisme persistant. La réforme atteint son apogée avec la découverte du livre de la Loi en 622. Cependant, la réforme a probablement posé des problèmes au prophète en raison de la totale centralisation du culte à Jérusalem, au détriment des sanctuaires périphériques comme celui que tient sa famille. Cela peut expliquer quelques difficultés de Jérémie avec sa propre famille qui le considère comme pactisant avec le gouvernement qui leur retire leur subsistance.
    On ne possède pas d'oracles datés de la fin du règne de Josias et on retrouve ensuite Jérémie sous Joyaqim. Jérémie a alors 35 ans. C'est alors qu'il devient évident que la réforme est un échec. La violente attaque de Jérémie contre le Temple au ch. 26 date du début du règne de Joyaqim et montre le prophète en difficulté avec le peuple. Jérémie entre aussi en conflit avec le clergé du Temple et devient vite très impopulaire, rejeté même par sa propre famille (12,6). En 604, c'est la destruction de son premier livre par le roi. Jérémie s'évertue pendant ces année à dissuader le roi d'entrer dans l'alliance avec l'Egypte.
    Sous Sédécias, Jérémie dénonce toujours le projet de révolte du roi contre Babylone. Après la première déportation, le prophète écrit aux exilés à Babylone et s'oppose aux vues optimistes des prophètes de la cour. Ce sont des périodes de persécution pour le prophète qui est accusé de trahison et échappe de peu à la mort.
    A la chute de Jérusalem, Jérémie est âgé de 57 ans. Protégé par les Babyloniens, il échappe à la déportation. Après le meurtre de Godolias, il est emmené de force en Egypte par ceux qui fuient les probables représailles babyloniennes. On ignore comment il a fini ses jours en terre d'exil.
 
 

Les confessions de Jérémie

Jérémie est un prophète qui livre dans plusieurs textes quelques chose de sa propre expérience spirituelle. Plusieurs de ces textes sont communément appelés (d'après la dénomination de Skinner) les "confessions de Jérémie", titre influencé bien évidemment par les fameuses confessions de St Augustin.
Dans ces textes, le prophète détaille sa souffrance et les difficultés qu'il rencontre dans l'exercice de son minsitère. Certains de ces passages sont un véritable cri de révolte contre Dieu.
Si le nombre et les limites des textes considérés comme "confessions" varient suivant les commentaires, on peut retenir la liste suivante:

  • Jr 12,1-6
  • Jr 15,10-21
  • Jr 17,12-18
  • Jr 18,18-23
  • Jr 20,7-18
  • puce Plan

    I- Oracles contre Juda
    II- Jérémie en conflit
    III- Promesses de restauration
    IV- Jérémie dans la tourmente
    V- Les oracles contre les nations

    puce Une histoire rédactionnelle complexe

        La Septante et le texte massorétique: deux livres différents

        On possède pour le livre de Jérémie de deux textes sensiblement différents. A coté du texte hébreu massorétique, la Septante propose en effet un texte autre:
    - par de nombreuses variantes
    - par un texte sensiblement plus court (1/8ème en moins)
    - par un arrangement différent des chapitres:
        En résumé, c'est la partie des oracles contre les nations qui se trouve au milieu du livre dans la Septante (à son emplacement normal après 25,13 qui les introduit) alors qu'ils sont reportés à la fin du livre dans le texte massorétique. Par ailleurs l'ordre des oracles contre les nations est différent.
        Les découvertes de Qumrân ont apporté un nouvel éclaircissement. On a trouvé en effet deux types de textes hébreu: l'un 4QJer b est conforme au texte de la Septante alors que l'autre 4QJer a est conforme au texte massorétique.
        Actuellement, l'opinion très largement majoritaire est de considérer que le texte de la Septante correspond à la traduction du plus ancien texte hébreu de Jérémie, alors que le texte massorétique est un texte plus tardif qui amplifie et réorganise le premier texte, au prix de diverses incohérences et doublets.
     

        Les trois classes de Mowinkel

        En 1914, l'exégète allemand S. Mowinckel propose une classification du matériel du livre de Jérémie en trois classes:

        Origine possible des trois classes

        La classe A ne pose pas de problème particulier à la critique qui s'accorde à y voir un exact écho de la prédication de Jérémie et fait donc remonter ces textes au prophète lui-même.

        La classe B pose plus de problèmes. L'hypothèse de Mowinckel selon laquelle cette biographie serait due à une école égyptienne environ un siècle après la mort de Jérémie est pratiquement abandonnée. On y voit plutôt le travail de Baruch, le secrétaire et l'intime de Jérémie. D'autres exégètes pensent qu'il est impossible d'identifier l'auteur de cette biographie à Baruch et préfèrent parler du "biographe" sans chercher à l'identifier.
        Une autre hypothèse conteste le caractère biographique de ces passages et propose d'y voir des récits édifiants circulants dans les cercles traditionalistes proches de la pensée de Jérémie. Le but ne serait pas de faire une histoire du prophète, mais d'interpréter des événements de sa vie à la lumière de ce qui est effectivement arrivé à Jérusalem (Nicholson).
        On peut retenir l'hypothèse la plus classique: un travail rédactionnel de base assuré par Baruch, avec probablement un travail rédactionnel secondaire plus tardif.

        La classe C pose encore plus de problèmes. Il faut rendre compte des analogies entre ces textes et le style caractéristique de l'histoire deutéronomique. Mais s'il existe des ressemblance, il existe aussi des divergences notables.  On trouve même plus de différences (33) que de ressemblances (23). Ces différences sont caractéristiques d'une littérature antérieure à la composition deutéronomique exilique.
    Il faut donc expliquer pourquoi certains passages de Jérémie ressemblent au style deutéronomiste sans toutefois lui être identique.

        Une voie médiane consiste à reconnaître que ces passages en prose sont bien l'écho de la pensée du prophète, mais à travers un processus de relecture qui cherche à actualiser le prophète pour de nouveaux lecteurs au temps de l'exil. Les refrains stéréotypés en prose ont en quelque sorte des prototypes dans les sections en vers. Le travail de relecture dans les cercles "jérémiens" ne serait alors pas une trahison mais un développement de la pensée du prophète, même si parfois ils contribuent plus à l'obscurcir qu'à l'éclairer. Il n'est pas impossible que ce soient les mêmes cercles qui soient à l'origine de l'histoire deutéronomique, ce qui expliquerait alors les ressemblances. Les différences viendraient de ce que ces cercles se fondent d'abord sur les oracles de Jérémie et pas sur leur propre pensée.

    On retiendra donc une histoire rédactionnelle complexe:

    puce Grands axes de la prophétie

      Une théologie de la Parole

        Le principal acteur, dans le livre de Jérémie, est la parole de Dieu. Cette parole possède une force qui lui permet de triompher de tous les obstacles. Elle s'impose aussi bien aux auditeurs qu'au prophète.
    Comme chez les autres prophètes, cette parole énoncée par le prophète est une parole de jugement. Mais, dès la vocation de Jérémie, on voit que la parole n'aura pas uniquement pour but la dénonciation du mal, mais aussi l'édification et la restauration de quelque chose de neuf.
        C'est une parole efficace car Dieu veille à son accomplissement. C'est bien le sens de la vision inaugurale de l'amandier (1,11-12). Cette parole est donnée au prophète, littéralement "mise dans sa bouche" (1,9).
        C'est une parole qui s'impose aux hommes, même si ceux-ci ne désirent pas la recevoir. L'écrit est vulnérable, on peut s'en emparer et le détruire comme le fera effectivement le roi. Mais si le livre est brûlé, la parole demeure et on pourra toujours réécrire un nouveau livre. La parole s'impose également aux hommes par son accomplissement. Ce qu'elle annonce advient. Les manoeuvres des hommes n'y peuvent rien. Mais cet accomplissement inéluctable de la parole devient aussi facteur d'espérance lorsqu'elle annonce un futur rétablissement.
        La parole s'impose également au prophète. Jérémie est le prophète le plus expressif pour parler de cet élément de contrainte qu'impose la parole au prophète. Jr 23 29 Ma parole n'est-elle pas comme un feu? -- oracle de Yahvé -- N'est-elle pas comme un marteau qui fracasse le roc?
        Rien d'étonnant donc à ce que le livre de Jérémie contienne essentiellement des oracles mais peu de visions. Et comme la parole n'est pas qu'un simple énoncé verbal, mais bien un événement qui s'accomplit, on trouvera chez Jérémie divers actes symboliques, comme les cruches brisées (19) ou la ceinture pourrie (13).
     

        Un regard original sur le ministère prophétique

    Le livre de Jérémie permet d'aborder avec plus de détails divers aspects de ce ministère. Peut-être dans le cadre de la théologie deutéronomique, Jérémie est volontiers présenté comme un prophète à l'image de Moïse.
        Le livre est très marqué par la polémique avec les faux prophète et pose donc la question du discernement de l'authentique prophète. Le vrai prophète, c'est d'abord celui que Dieu a envoyé. Le ch. 23 donne l'essentiel de ce qui distingue le vrai du faux prophète: Jr 23 21 Je n'ai pas envoyé ces prophètes, et ils courent! Je ne leur ai rien dit, et ils prophétisent!  22 S'ils avaient assisté à mon conseil, ils auraient fait entendre mes paroles à mon peuple, ils les auraient fait revenir de leur voie mauvaise et de la perversité de leurs actions!
        Le vrai prophète est celui qui "assiste" au conseil divin, qui garde fidèlement la parole qu'il a reçu du Seigneur. Le point capital est la docilité du prophète. Contrairement à Amos par ex., Jérémie revendique ouvertement le titre de prophète. Car il ne s'est pas désigné en tant que tel, mais a été institué prophète par le Seigneur.
        Cette institution confère au prophète un pouvoir. Ce pouvoir est même qualifié d'universel: il concerne toutes les nations et pas seulement Israël. Cette autorité vient du pouvoir de Dieu qui s'exerce également sur toutes les nations. En ce sens, le livre de Jérémie développe l'idée déjà ébauchée depuis Amos: un seul Dieu pour toute la terre, et donc agissant sur toutes les nations. C'est aussi pour cela que l'écrit commence à prendre une plus grande place dans l'univers prophètique. En ordonnant à Jérémie de mettre les oracles par écrit, le Seigneur entend donner à sa parole une diffusion universelle, dans l'espace (le prophète écrit à des correspondants lointains) et dans le temps.
        Toujours à la suite de Moïse, Jérémie est présenté comme un médiateur. Il porte au peuple la parole de Dieu et à Dieu la parole du peuple. Ce rôle de médiateur n'a pas été facile dans un sens comme dans l'autre, au point de susciter le désespoir du prophète. Comme Moïse, Jérémie est en proie aux difficultés soulevées par son ministère. On se moque de lui, on le met à l'écart, on veut le mettre à mort. Jérémie révèle avec force que la souffrance n'est pas un élément annexe dans la vie du prophète, mais qu'il en est partie intégrale.
        Enfin, le livre de Jérémie rappelle que Dieu garde toujours souvenir de son prophète. Même si Jérémie se sent abandonné, même si son désespoir l'amène à deux doigts de la révolte ouverte contre Dieu, le Seigneur ne l'abandonne pas, quoi qu'il en pense. Le Seigneur affirmait dans le récit de vocation qu'il serait là pour délivrer Jérémie de ses ennemis, et de fait, Jérémie va échapper à ses ennemis. Même dans la phase la plus critique, le Seigneur trouvera moyen d'intervenir, non par une intervention spectaculaire assurant la destruction des ennemis de Jérémie (comme le souhaitait le prophète), mais par d'humbles médiations humaines qui n'en seront pas moins efficaces.
     

        Les grands thèmes du livre

        Pour une grande part, Jérémie se situe dans la continuation d'Osée. On va retrouver de même la grande alternance entre annonce de destruction et promesses de restauration.
        Le bilan que dresse le livre de Jérémie est très sombre: l'alliance mosaïque a échoué pratiquement dans tous les domaines. On retrouve les critiques concernant l'abandon de la justice sociale, la confiance placée à tord dans les idoles ou dans le jeu des alliances politiques... Tout cela provient de la faillite des institutions chargées de veiller sur l'alliance mosaïque: le roi, les prêtres, les prophètes. A cause de cette faillite humaine, plus rien ne peut assurer le salut, pas même le culte, pas même le Temple.
    Jérémie porte un regard très pessimiste sur la nature humaine en tant que telle. Le mal est profondément inscrit dans l'homme, et il est plus facile de changer de couleur de peau que de renoncer au mal. Le péché est gravé au coeur de l'homme et rien d'extérieur à lui ne pourra le guérir tant les racines du mal sont profondes. Cela explique l'échec de la Loi qui reste extérieure à l'homme, cantonnée dans le domaine des rites, mais impropre à gouverner la volonté de l'homme.

        L'heure est venue de détruire, d'arracher ce mal. Cette catastrophe est rendue inéluctable par l'endurcissement du coeur. Mais cette destruction n'est pas considérée comme la fin de tout. C'est plutôt une seconde chance, l'occasion d'une nouvelle création sur des bases plus saines. Les oracles de restauration prennent plus d'importance et surtout changent de cap. Il ne s'agit pas seulement d'échapper ponctuellement à un envahisseur étranger. Il s'agit de faire table rase de l'ancien (y compris le Temple) pour bâtir du nouveau, à commencer par une nouvelle alliance. Jérémie annonce une nouvelle ère de la connaissance de Dieu. Une connaissance qui ne sera pas extérieure à l'homme mais intérieure. Tout cela procédera bien sûr de l'action de Dieu et de lui seul.
        Cette nouvelle alliance va s'instaurer dans le cadre du retour des exilés, ceux du Nord comme ceux de Juda. Il s'agira bien d'un nouvel exode avec le don de sa Loi gravée dans les coeurs, là où autrefois était gravé le péché. Cette nouvelle alliance va permettre un renouvellement des institutions et du culte.

    puce Un texte représentatif: L'oracle contre le Temple (Jr 26,1-24)

    Jr 26:1 Au début du règne de Joiaqim, fils de Josias, roi de Juda, cette parole fut adressée à Jérémie de la part de Yahvé
    2 Ainsi parle Yahvé. Tiens-toi dans la cour du Temple de Yahvé. Contre tous ceux des villes qui viennent se prosterner dans le Temple de Yahvé tu diras toutes les paroles que je t'ai ordonné de leur dire; ne retranche pas un mot. 3 Peut-être écouteront-ils et se détourneront-ils chacun de sa voie perverse : alors je me repentirai du malheur que je suis en train de méditer contre eux pour la perversité de leurs actes.
    4 Tu leur diras : Ainsi parle Yahvé. Si vous ne m'écoutez pas pour suivre ma Loi que j'ai placée devant vous, 5 pour être attentifs aux paroles de mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie sans me lasser mais que vous n'avez pas écoutés, 6 je traiterai ce Temple comme Silo et je ferai de cette ville une malédiction pour toutes les nations de la terre.

    7 Prêtres, prophètes et peuple entier entendirent Jérémie prononcer ces paroles dans le Temple de Yahvé. 8 Et quand Jérémie eut fini de prononcer tout ce que Yahvé lui avait ordonné de dire à tout le peuple, prêtres, prophètes et peuple entier se saisirent de lui en disant : "Tu vas mourir! 9 Pourquoi as-tu fait au nom de Yahvé cette prophétie : Ce Temple deviendra comme Silo et cette ville sera une ruine, inhabitée?" Et tout le peuple s'attroupa autour de Jérémie au Temple de Yahvé.

    10 Apprenant ces événements, les princes de Juda montèrent du palais royal au Temple de Yahvé et siégèrent à l'entrée de la porte Neuve du Temple de Yahvé. 11 Alors prêtres et prophètes dirent aux princes et à tout le peuple : "C'est la mort que mérite cet homme, car il a prophétisé contre cette ville, ainsi que vous l'avez entendu de vos oreilles!" 12 Mais Jérémie répondit à tous les princes et à "tout le peuple C'est Yahvé qui m'a envoyé prophétiser contre le Temple et contre cette ville en prononçant toutes les paroles que vous avez entendues. 13 Maintenant donc, améliorez vos voies et vos œuvres, soyez attentifs à l'appel de Yahvé votre Dieu; alors ils se repentira du malheur qu'il a prononcé contre vous. 14 Pour moi, me voici entre vos mains. Faites de moi ce qui vous semble bon et juste. 15 Mais sachez bien que si vous me faites mourir, c'est du sang innocent que vous mettrez sur vous, sur cette ville et sur ses habitants. Car Yahvé m'a bel et bien envoyé vers vous, pour prononcer à vos oreilles toutes ces paroles."

    16 Alors les princes et le peuple entier dirent aux prêtres et aux prophètes : "Cet homme ne mérite pas la mort puisqu'il nous a parlé au nom de Yahvé notre Dieu." 17 Et quelques-uns des anciens du pays se levèrent pour dire à tout le peuple assemblé 18 "Michée de Moréshèt, qui prophétisait aux jours d'Ezéchias, roi de Juda, a bien dit à tout le peuple de Juda : Ainsi parle Yahvé Sabaot Sion sera une terre de labour, Jérusalem un amoncellement de pierres et la montagne du Temple une hauteur boisée! 19 Est-ce que pour cela Ezéchias, roi de Juda, et tout Juda l'ont fait mourir? N'ont-ils pas plutôt ressenti la crainte de Yahvé et ne l'ont-ils pas imploré, de telle sorte que Yahvé se repentit du malheur qu'il avait prononcé contre eux? Et nous, nous nous chargerions d'un si grand crime!"

    20 Il y eut encore un homme qui prophétisait au nom de Yahvé; c'était Uriyyahu, fils de Shemayahu, originaire de Qiryat-Yéarim. Il prophétisa contre cette ville et ce pays dans les mêmes termes que Jérémie. 21 Alors le roi Joiaqim, avec tous ses officiers et ses princes, ayant entendu ses paroles, chercha à le faire mourir. À cette nouvelle Uriyyahu eut peur, il prit la fuite et parvint en Épypte. 22 Mais le roi Joiaqim envoya en Épypte Elnatân fils de Akbor, accompagné de quelques gens. 23 Ils firent sortir Uriyyahu d'Épypte et le conduisirent au roi Joiaqim qui le fit frapper de l'épée et fit jeter son cadavre parmi les sépultures des gens du peuple. 24 Jérémie, lui, fut protégé par Ahiqam, fils de Shaphân, si bien qu'il ne tomba pas aux mains du peuple pour être mis à mort.

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