www.priere.orgPage précédente



(2èmeCOMMENTAIRE)
PRECISION : Vous pouvez lire le commentaire biblique de 2 manières : 1) vous lisez de façon linéaire, en lisant cette page, puis en bas vous cliquez sur le lien 'suivant', etc... 2) Vous allez à la page que vous désirez tout de suite avec les liens ci-dessous et naviguez grâce aux liens au début de chaque page.
TABLE DES MATIERES DES 3 PAGES DU COMMENTAIRE :
PAGE 1 :
  1. Introduction à l'Evangile de St Marc
    (ATTENTION ! Cliquez à droite sur ce lien, vous verrez le menu de l'introduction apparaître, il se peut que vous deviez remonter un peu dans la page pour voir le menu)
  2. Introduction du passage
  3. Le texte biblique
  4. Commentaire globale
         (=l'idée force)
PAGE 2 :



  1. Commentaire détaillé



  1. courts commentaires patristiques sur le passage

cliquez ici pour avoir une présentation de la règle de prière de ce site s'inspirant de la Liturgie des Heures
accueil




































Annuaire chrétien
( + services gratuits )






































Présentation
de
la Bible






































cliquez le lien désiré dans la banderole ci-dessous
Présentation d'un
livre biblique : LA GENESE : 1) (intro, Adam et Eve)      2) (de Caïn à Noé)      3) (les patriarches)


































appuyez sur 'stop' pour arrêter la musique

































Extraits de documents de la Tradition






























Extraits
de
'Dieu appelle'
(vol 1 et 2)




































Contactez-moi




































Espace
partage



































Méthode
de
lecture
biblique


































RETOUR
VERS
LE HAUT


Introduction à l'Evangile de Marc :St Marc et son symbole : le lion

Evangéliaire de Cuixà XIIème siècle. Lettrine Evangile de St Marc
L'Evangile selon Marc fut probablement le premier à être écrit. Il semble avoir servi de base à ceux de Matthieu et de Luc. En effet, si l'on prend l'évangile de Matthieu, par exemple, il est clair que Matthieu 'adoucit' Marc, procédure bien compréhensible si l'on tient compte du fait que l'Evangile de Matthieu s'adressait à un public juif relativement bien éduqué. L'inverse eût été étrange, pourquoi donc Marc aurait-il durci un récit initialement plus équilibré chez Matthieu ?
A l'examen, tout donne à penser que Marc écrivit au début de l'histoire de l'Eglise, sans doute avant la chute de Jérusalem (70 ap.J.C). St Marc
L'identité de l'auteur fait l'objet de deux grandes hypothèses, mais quelle que soit l'hypothèse retenue un fait reste certain : l'origine romaine du livre après la persécution de Néron en 64. Elle est, en effet, communément admise. Quelques mots latins grécisés, ainsi que plusieurs tournures latines, peuvent servir d'indices.
Voici donc les deux hypothèses en question :
  • Pour la plus moderne, le livre se serait lentement formé au fil du temps. Il aurait été augmenté, modifié et revu pour l'actualiser en fonction des besoins de l'Eglise. Certains passages de cet évangile semblent effectivement avoir été retravaillés, ainsi, la finale (Mc 16, 9-20) est selon toute vraisemblance une addition plus tardive comparée au reste de l'évangile, en effet, elle n'apparaît pas dans des copies plus anciennes du texte et semble avoir été rajoutée par la suite pour rendre la fin de cette évangile moins abrupte. Mais, quoiqu'il en soit, il est difficile de penser que l'assemblée des croyants se soit permis de modifier la vie de Jésus au point d'éliminer presque tous les faits authentiques !
  • St Marc et son emblème : le lionA la lumière de ce qui vient d'être dit, il est donc préférable de s'en tenir à la théorie traditionnelle suivant laquelle Marc, le compagnon de Pierre, nota les souvenirs de Pierre puis en fit un récit suivi. Ce point de vue a de toute façon l'aval des auteurs de l'Eglise primitive. Il est en outre possible, mais non certain, que Marc l'évangéliste, que la Tradition représente sous l'emblème du lion, puisse être identifié au Jean-Marc des Actes des Apôtres ("Jean, surnommé Marc", Actes 12, 12.25 ; 15, 37), on y dit notamment qu'il fut un membre actif dès les premiers temps de l'Eglise de Jérusalem (Actes 12, 12). Sa mère, Marie, possédait en effet une maison à Jérusalem qui abritait une assemblée chrétienne. Cet exposé sur la personne de Marc ne serait pas complet si nous omettions de parler de la théorie suivante : en effet, certaines traditions font remarquer que seul l'Evangile de Marc note la présence, à l'arrestation de Jésus, d'un jeune homme habillé d'un drap blanc, il suivit Jésus alors que tous les autres disciples s'étaient enfuis. Mais, ce jeune homme choisit tout de même la fuite quand il fut pris à partie, il s'enfuit même nu (Marc 14, 50-52) ! Ces traditions suggèrent que ce jeune homme n'était autre que Marc lui-même. Si tel était le cas, Marc se serait modestement glissé dans son oeuvre, à la manière de ces artistes ou bienfaiteurs, qui apparaissaient discrètement dans les peintures de la Renaissance italienne, ou bien encore comme Alfred Hitchcock, qui procédait de façon identique dans ses films.
    Quoiqu'il en soit, Marc, compagnon de Pierre à Rome (1 Pierre 5, 13), mais aussi de Paul et de Barnabé (Actes 12, 25 ; 13, 5.13 ; 15, 37-39), est considéré traditionnellement comme l'auteur de cet Evangile, qui est également le plus court et le plus simple des quatre évangiles.
    Marc écrivant l'Evangile
    Evidemment, ce point de vue n'exclut pas que Marc ait utilisé, en plus de ses propres souvenirs des récits de Pierre, des matériaux issus des différentes traditions orales déjà existantes dans l'Eglise. Il ne semble effectivement pas impossible que la traduction grecque de Marc, qui comprend un grand nombre de sémitismes, trouve son origine dans l'utilisation par celui-ci de documents de langue araméenne ou de souvenirs qu'il recueillit de la bouche de Pierre, dont la langue maternelle était précisément l'araméen. Ici encore, tout semble confirmer les origines anciennes et donc fiables des récits sur Jésus.
    St Pierre
Cet évangile s'adressait probablement à des non-juifs (= les gentils). En effet, on y trouve de façon récurrente le souci de la part de l'auteur d'expliquer les coutumes juives (Mc 7, 3-4 ; 14, 12 ; 15, 42), ce qui aurait été bien sûr inutile pour un public juif, habitué à ces coutumes. Qui plus est, l'auteur n'hésite pas à traduire les mots araméens et à souligner la portée de l'Evangile pour les païens (Mc 7, 27 ; 10, 12 ; 11, 17 ; 13, 10).
LA ROME ANTIQUE
Il faut noter également la quasi absence de références à l'Ancien Testament. Voilà pourquoi, donc, on peut vraisemblablement supposer que le livre est bien destiné à des non-juifs, hors de Palestine.
On peut même deviner que les gentils visés par cet évangile pourraient bien être en premier lieu les chrétiens de Rome. En effet, Marc, dans son évangile, semble accorder une attention particulière au martyre et à la persécution, sujets qui concernaient au premier chef les croyants de la ville de Rome. Le fait que les destinataires de cet évangile se trouvaient d'abord à Rome expliquerait d'ailleurs l'accueil quasi immédiat de cet évangile et sa rapide diffusion.
Il est probable que Marc écrivit son évangile à Rome, quelque temps avant la guerre civile qui s'y déroula en 68-69 ap.J.C. Ce fut pour l'Eglise une période difficile. La persécution avait causé la mort de nombreux chrétiens de premier plan, dont les apôtres Pierre et Paul. Marc ressentit très certainement la nécessité de fixer désormais les éléments en sa possession. Le but était de fournir aux chrétiens une aide pour convaincre les autres de la vérité concernant Jésus. En fait, cet évangile fut probablement écrit comme une oeuvre missionnaire pour des gens qui ne connaissaient presque rien sur la nouvelle foi chrétienne. Jésus AGIT en guérissantLe style de Marc dans son évangile s'explique donc par la nécessité que celui-ci ressentit de fixer les enseignements du Christ. Il n'est par conséquent pas surprenant que le style de l'évangéliste apparaisse simple, voire précipité, peu littéraire, sans reprises stylistiques ; on sent, en fait, le document pris sur le vif. Ce livre, par ailleurs, foisonne de détails saisissants, l'action ne ralentit jamais. Par quarante fois, Marc utilise le mot 'aussitôt' pour faire ressentir la rapidité de l'action. Il n'est donc pas étonnant que des quatre évangiles, Marc soit celui dont le ton est le plus sec, pour ne pas dire brusque. Cela explique, d'ailleurs, pourquoi, dans l'Evangile de Marc, Jésus est davantage présenté comme un homme d'action que chez Matthieu, par exemple, où Jésus apparaît plus comme un maître distillant son enseignement. Voilà pourquoi cet évangile se compose de sections brèves, qui, la plupart du temps, rapportent ce que Jésus fait. Finalement, l'Evangile de Marc se lit comme le script d'un film d'action. C'est un peu comme si cet évangile était un court film documentaire. A l'inverse des autres évangiles, celui-ci n'accorde qu'une petite part au dialogue et à la réflexion intérieure. L'auteur écrit pour un public impatient et toujours en mouvement, le type de public qu'en définitive, il est plus fréquent de rencontrer au cinéma que devant un livre !
Il faut bien dire que dans l'usage de l'Eglise, on a souvent préféré à l'Evangile de Marc les synthèses postérieures et plus larges de Matthieu et Luc, précisément du fait du style et de la brièveté même de cet évangile, évangile au style rude, sans apprêt, truffé de sémitismes, dont la réflexion théologique est parfois élémentaire. Pourtant, malgré certaines apparences, cet évangile cache un sens du drame consommé, qui se révèle pleinement dans le récit du procès de Jésus et de sa crucifixion, ainsi que dans les récits du tombeau vide et des apparitions de Jésus à Marie-Madeleine et aux disciples, sans oublier la finale où Jésus charge ses disciples de continuer son oeuvre. C'est d'ailleurs dans ce but que Marc écrivit son La multiplication des painsévangile. Il faut, de plus, signaler que dans cet évangile, on trouve une grande place accordée aux détails. Marc mentionne souvent des détails que les autres évangélistes ont omis, détails qui ne manquent pas de rendre le récit plus vivant. Ainsi, Marc prête une attention toute particulière aux attitudes et aux gestes de Jésus. En outre, cet évangile est surtout l'évangile de l'image et du pittoresque. Par exemple, Marc décrit les 5000, lors de la multiplication de pains, comme étant assis en 'groupes' (littéralement : comme des "lits de fleurs"). En lisant l'Evangile de Marc, une question se pose. Si Marc en savait plus sur la vie de Jésus et son enseignement, comment se fait-il qu'il n'a pas inclus plus de détails dans son évangile ? Pourquoi Marc omet-il un grand nombre d'éléments pourtant présents dans les autres évangiles ?
La réponse se trouve peut-être justement dans la tradition orale sous-jacente à Marc. En effet, la répétition, si typique de la tradition orale, débouche paradoxalement non sur la diversité mais bien sur l'uniformité ; des histoires racontées dans le but précis d'enseigner une vérité se réduisent nécessairement à leur plus simple expression, c'est à dire au minimum. Sous cet éclairage, l'évangile de Marc n'apparaît donc pas comme 'primitif', mais, au contraire, il se présente comme le résultat abouti d'un travail de synthèse où le superflu a été radicalement élagué au profit des faits les plus significatifs. Nous avons en fait ici la fixation par écrit de formes d'enseignement qui avaient déjà résisté à l'épreuve du temps. L'Evangile de Marc fut un peu rédigé par son auteur comme le 'manuel du maître', c'est d'ailleurs ce que Papias affirmait en son temps.
L'Evangile de Luc, par opposition, fut d'abord un travail de littérature (cf. Luc 1, 1-4). Marc, quant à lui, n'était probablement pas aussi lettré, mais, comme, il a été dit plus haut, le public auquel s'adressait son évangile ne l'était pas non plus. Le but premier de Marc était de communiquer la vérité en toute simplicité. C'est bien pourquoi le principe d'agencement des événements racontés répond à une exigence de mémorisation ; en effet, ces événements semblent avoir été disposés de telle sorte qu'ils soient le plus facilement mémorisables possible. Ainsi, nous pouvons constater que les histoires et les paroles rapportées sont reliées entre elles plus par des mots de liaisons ou des similitudes thématiques que par des impératifs dictés par la précision chronologique.
  1. L'Evangile
    Dès ses premiers mots, le livre déclare l'intérêt qu'il porte à l'Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu (Mc 1,1), bientôt appelé encore l'Evangile tout court (Mc 1, 14). En fait, pour Marc, l'Evangile est plus qu'un message venant de Dieu et touchant Jésus Christ, l'Evangile est action divine parmi les hommes.
  2. Le thème central : la Passion et la croix
    L'intention première de Marc est de définir l'Evangile : "c'est la vie, la mort et la résurrection de Jésus." L'Eglise prêchait une version abrégée du message du salut, et Marc a voulu montrer tout ce qu'annonçait ce message : "l'histoire de Jésus, le Fils de Dieu venu en chair, mort pour nos péchés, enseveli et ressuscité" ; c'est pourquoi Marc omet ce qui lui semble secondaire : la naissance de Jésus et son enfance. Le récit commence par la prédication de Jean-Baptiste, pour passer rapidement à l'affrontement entre Jésus et les pouvoirs en place. Le récit se concentre ensuite sur la dernière semaine de sa vie. Les trente premières années de la vie de Jésus tiennent en 10 chapitres ; sa dernière semaine en six ! La croix est donc centrale. Elle est à la fois la conséquence du péché des hommes (Mc 12, 12 ; 14, 1-2 ; 15, 10) et l'accomplissement de la volonté divine (Mc 8, 31 ; 9, 31 ; 10, 33)
  3. l'humanité de Jésus mise en relief
    Bien que Fils de Dieu, Jésus était également un homme. Plus qu'aucun autre, Marc a mis l'accent sur ses émotions. Jésus apparaît en tout point semblable à nous, sauf pour le péché : Jésus a connu la fatigue, la faim, le découragement. Tous peuvent se retrouver dans les expériences de Jésus, car les humains éprouvent les mêmes sentiments que lui.
  4. La persécution de l'Eglise primitive et l'opposition rencontrée par Jésus mises en parallèle
    Marc écrit pour les chrétiens persécutés. La fermeté de Jésus face à l'opposition rencontrée devait leur donner la force de l'imiter. Par son évangile, Marc pouvaient fort bien écrire dans le but de préparer ses lecteurs à la souffrance que les persécutions ne manqueraient pas de provoquer. Pour ce faire, l'évangile était un excellent moyen, il plaçait, en quelque sorte, la vie de notre Seigneur devant les yeux des jeunes communautés chrétiennes. Il y a effectivement, tout au long de l'Evangile, de nombreuses références, qu'elles soient explicites ou voilées, à la souffrance et à la condition de disciple (Marc 1, 12-13 ; 3, 22.30 ; 8, 34-38 ; 10, 30.33-34.45 ; 13, 8.11-13).
  5. Jésus, Fils de l'homme
    Jésus, sous les traits mystérieux du 'Fils de l'homme'L'Evangile de Marc insiste fréquemment sur les difficultés des Apôtres à comprendre qui était Jésus (caractéristique qui pourrait bien être le signe de l'influence que Pierre exerça sur Marc). La leçon de l'Evangile de Marc à cet égard est donc bien celle-ci : l'intelligence du mystère de Jésus est inséparable d'une lente et difficile initiation à la condition de disciple.
    Autre caractéristique de cet Evangile : Jésus est très attaché à garder secret son rôle de messie, de peur que les gens ne comprennent mal la signification profonde de ce mot, c'est pourquoi, quand il parle de lui-même, il préfère utiliser le titre mystérieux de 'Fils de l'homme', que l'on trouve dans les visions du livre de Daniel.
    En résumé, on peut dire que la puissance de l'enseignement et des actes de Jésus contre les forces du mal est reconnue par un large public (Mc 1, 21-45 ; 3, 7-10, etc...). Mais que Jésus soit le Fils de Dieu, cela doit rester secret (Mc 1, 25 ; 3, 12). En effet, puisque le secret porte précisément sur les titres derrière lesquels la foi chrétienne s'exprime (Mc 1, 1 ; 3, 11 ; 8, 29), Marc semble vouloir indiquer que ces titres étaient prématurés et qu'ils restent équivoques pour les Juifs et pour les païens, tant que leur vérité n'est pas reconnue dans l'humiliation du Crucifié, d'où la préférence de Jésus pour le titre mystérieux de 'Fils de l'homme', plutôt que des titres tels que 'Fils de Dieu' ou 'messie'. Ce dernier titre était d'ailleurs miné par la confusion que le peuple avait faite entre un messie-libérateur politique, censé libérer Israël de l'occupant romain, et le messie auquel Jésus s'identifiait, messie, qui devait être le libérateur spirituel de son peuple, prisonnier du péché. La première annonce de la Passion (Mc 8, 31-32) laisse d'ailleurs entrevoir en quoi Jésus est messie, comme l'a proclamé Pierre (cf. Mc 8, 27-30) : le Fils de l'Homme aura beaucoup à souffrir, mais il ressuscitera.
  6. Jésus, Fils de Dieu
    Jésus est puissant. Tout cet évangile permet de voir Jésus vaincre les puissances démoniaques, la maladie, l'ignorance, les adversaires et, enfin, la mort. Mais, ce n'est qu'au cours de la Passion (Mc 14 et 15), qui constitue précisément le sommet du livre, que le secret de Jésus est dévoilé. Sa déclaration devant le Sanhédrin qui le condamne à mort (Mc 4, 61-62), et la parole du centurion à sa mort (Mc 15, 39), rejoignent les révélations de Dieu lors du baptême et de la Transfiguration (Mc 1, 11 + 9, 7) et justifient le titre du livre : Jésus est le Christ, le Fils de Dieu (Mc 1, 1). Le but de cet Evangile est finalement de nous montrer que le Père était auprès de Jésus ; celui-ci accomplissait l'oeuvre que Dieu lui avait confiée.
Ce qui frappe de prime abord dans cet Evangile, c'est l'absence de plan clair. L'ordonnance interne du livre semble plutôt commandée par le développement de quelques thèmes précis (cf. 7) ci-dessus). C'est ainsi que l'Evangile de Marc se présente, à première vue, comme une suite de récits généralement courts et sans liens très définis. Quelqu'un fit une fois remarquer que chez Marc, Jésus disséminait ses miracles comme le riz que l'on lance à un mariage. Ainsi, Matthieu et Luc consacrent chacun 4 chapitres à la présentation historique de leurs récits évangéliques, avant même qu'un seul miracle ne soit raconté ; Marc, quant à lui, nous donne à voir 3 miracles et un 'épisode de groupe' rien que dans le premier chapitre ! En revanche, cet évangile ne contient que quelques paraboles de Jésus. Il y a, à l'évidence, chez Marc, plus d'intérêt pour l'action que pour le discours ou les commentaires narratifs. Ainsi, seul un long discours de Jésus figure dans l'évangile, le discours en Marc 13. En fait, l'action est omniprésente dans l'oeuvre de Marc, 18 miracles de Jésus y sont rapportés, à peu près le même nombre qu'en Matthieu ou Luc, qui pourtant, rappelons-le, sont des évangiles sensiblement plus longs.
Cette absence apparente de plan précis vient vraisemblablement de la composition de l'Evangile de Marc, qui, comme il a déjà été dit, laisse deviner une étape antérieure de la Tradition, où actes et paroles de Jésus étaient transmis hors de toute présentation d'ensemble de sa vie ou de son enseignement.
Très grossièrement, on peut toutefois dégager de l'Evangile de Marc les plans suivants :
I) Plan général :
  • Commencement de l'Evangile avec un bref récit de la prédication de Jean le Baptiste, puis nous avons le baptême de Jésus par Jean le Baptiste, et enfin la tentation de Jésus par Satan.
  • Après cette préface, le récit évangélique se divise en 2 parties de longueurs inégales :
    - La première s'intéresse à Jésus en tant que maître à penser. A noter qu'à mi-chemin de son parcours de prédication se trouve la Transfiguration, événement central aux yeux de Marc.
    - La seconde se concentre sur l'arrestation de Jésus, son procès, sa Crucifixion et sa Résurrection.
REM : Alors que la seconde partie (c'est à dire la seconde partie après la préface) est un récit chronologique, la première (c'est à dire la première partie après la préface) est, au contraire, une section narrative dont les récits ont été sélectionnés en fonction d'un but précis, et non dans une optique biographique. Voilà pourquoi, par exemple, l'Evangile de Marc ne contient aucun des passages généalogiques que l'on trouve pourtant chez Matthieu et Luc. De même, chez Marc, il n'y a pas l'intérêt que Matthieu et Luc portent pour l'enfance de Jésus.
II) Plan détaillé :
1. Prologue (1, 1-13)
2. Débuts du ministère de Jésus → Qui est Jésus ? Son mystère. (1, 14 à 9, 1)
- 1, 14-3, 6 : 1resection : Quelle autorité !
- 3, 7-6, 6a : 2esection : Qui est-il ?
- 6, 6b-9, 1 : 3esection : Jésus, le Christ !
3. Transfiguration et voyage à Jérusalem → Qui est Jésus ? La révélation du messie. (9, 2 à 10, 53)
- 9, 2-10, 31 : 1resection : Jésus, le Fils de l'Homme
- 10, 32-10, 53 : 2esection : Jésus n'est pas le 'Fils de David'
4. Dernière semaine de Jésus → Qui est Jésus ? La révélation du messie (suite). (11, 1 à 15, 47)
- 11, 1-13, 37 : 1resection : Jésus n'est pas le 'Fils de David' (suite)
- 14, 1-15, 47 : 2esection : Jésus, Fils de Dieu !
5. Résurrection de Jésus (16, 1-20)
L'Evangile de Marc propose ainsi une réflexion profonde sur Jésus qui reste une énigme pour tout croyant. Celle-ci est mise en relief par le mystère que l'évangéliste laisse planer sur la personne de Jésus durant toute la première partie de son oeuvre. Lorsqu'il lève le voile lors de la confession de Pierre à Césarée de Philippe, c'est pour préciser comment il perçoit Jésus : il est bien le Messie ; certes comme le Fils de l'Homme du livre de Daniel, il sera glorifié, mais avant il doit rejeter tout messianisme politique et mourir sur la croix ainsi qu'il était écrit de lui.
Cependant, comme Pierre et les autres qui ont reconnu en Jésus le messie, il faut, pour le nouveau disciple, comprendre le sens de sa mission, il reste lui aussi lent à croire. Il doit être formé et recevoir les enseignements du maître qui l'invite à tout quitter pour participer à sa mission, porter sa croix, voire même risquer sa vie pour lui. Marc l'exhorte à croire sans douter, comme les gens simples qui, à cause de leur foi, ont obtenu de Jésus une guérison. Ainsi le disciple obtiendra le salut.
les disciples prêchantCette insistance faite par Marc sur le rôle et sur le mystère de Jésus, sur la formation des disciples qui doivent poursuivre l'oeuvre du maître, ne peut s'expliquer que si l'évangéliste s'adresse à une église missionnaire. Elle avait à faire connaître aux hommes Jésus, le Fils de l'homme mort mais ressuscité, afin que ceux-ci deviennent à leur tour disciples de ce maître à l'autorité sans égale. Certes, pas loin de 90 pour-cent de l'Evangile de Marc se trouve également dans les 3 autres évangiles, mais cet évangile constitue néanmoins un point de départ idéal pour quiconque ne connaît pas grand chose sur Jésus. Le style de Marc, qui, comme nous l'avons vu, se caractérise par des phrases simples, sans transitions compliquées ni longs discours, facilite indéniablement la compréhension. En outre, le style enlevé du livre le rend aussi facile à lire qu'un journal.

Introduction
au
passage commenté :

Par rapport au tableau du plan détaillé de l'INTRODUCTION A L'EVANGILE DE MARC (cf. ci-dessus), le passage qui va être commenté se trouve dans la 2ème partie de l'Evangile de Marc, que l'on a intitulée : Débuts du ministère de Jésus → Qui est Jésus ? Son mystère., dans la section 3 : Jésus, le Christ !.
Comme il a déjà été dit dans l'introduction à l'Evangile de Marc, un des cadres les plus visibles de cet évangile est constitué par les indications géographiques. Si l'on veut donc situer ce passage à l'intérieur de ce cadre géographique, il est intéressant de constater que cette guérison intervient pendant la période où Jésus s'est retiré de la Galilée pour aller en territoires païens. Après la Phénicie (Mc 7, 24-30), Jésus se rend donc ici en territoire de la Décapole. A noter également que dans l'évangile de Marc, c'est la première fois que Jésus exerce son ministère hors de la Galilée. Ensuite, après un dernier retour en Galilée, Jésus se rendra en Judée et en Pérée, avant d'aller à Jérusalem où il subira sa Passion.
Ce passage se situe, comme une parenthèse (avec le récit de la guérison de la fille de la syro-phénicienne, Mc 7, 24-30), à l'intérieur de récits retraçant les enseignements de Jésus, récits relatant également les 2 multiplications des pains. Les enseignements de Jésus encadrant ce récit de guérison sont en fait des polémiques entre celui-ci et les pharisiens ou bien encore des reproches qu'il fait à ses disciples pour leur lenteur de compréhension. Ici, nous touchons à un point central du ministère de Jésus : l'accueil favorable, voire enthousiaste, des foules et l'hostilité des autorités religieuses par rapport à l'enseignement de Jésus. En effet, nous avons d'une part les foules, qui sont comme aimantées par la personne de Jésus, notamment par ses paroles prophétiques et ses miracles, dont nous avons ici un exemple, et d'autre part le conflit lancinant avec les pharisiens, bornés et intolérants, qui ne cessèrent d'entraver la liberté d'action et de mouvements de Jésus. Ils s'efforcèrent toujours de piéger Jésus dans ses paroles (cf. les polémiques qui encadrent le récit de cette guérison) et réussirent finalement à le précipiter dans une fin tragique.
C'est dans ce contexte qu'intervient cette guérison. C'est précisément dans ce contexte que ce passage prendra toute sa signification : à l'incompréhension des disciples dans les passages précédents (Mc 6, 51-52 ; 7, 18) qui sera de nouveau développée en Marc 8, 14-21, on oppose la foi de la syrophénicienne (Mc 7, 24-30) et celle, ici, du sourd-bègue.

GUERISON D'UN SOURD-MUET



LE TEXTE









Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : "Effata !", c'est à dire : "Ouvre-toi". Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets.

Evangile du 23ème dimanche du temps ordinaire, année B
Marc 7, 31-37

Commentaire global
(l'idée force) :

En premier lieu, il convient de spécifier ici que le commentaire qui va suivre (le commentaire global comme le commentaire détaillé) s'inspire de la méthode de lecture biblique présentée dans le cadre de la règle de prière exposée sur ce site (voir 'Accueil' pour la règle de prière). Si vous désirez plus de renseignements sur cette méthode de lecture biblique, rendez-vous, ci-contre dans la colonne de gauche, au lien vers le document Word 97 : 'Méthode de lecture biblique'.
Nous avons donc ici une guérison, où Jésus s'investit corps (il met les doigts dans les oreilles et met de la salive sur la langue du sourd-muet) et âme (il soupire avant de dire 'effata'). Ainsi, Jésus, par son passage dans la Décapole, montre d'abord l'universalité de l'Amour de Dieu dans ce texte (= la portée de l'Evangile est aussi pour les païens), ensuite, ce texte souligne la profondeur de l'Amour divin par l'investissement corps et âme de Jésus pour un malade qu'il prend à l'écart, symbole, ici, d'intimité.
Ce passage montre aussi le désintéressement et la discrétion de l'action de Dieu à travers la vive recommandation de Jésus de ne pas ébruiter cette guérison. Ce désir de discrétion de la part de Jésus se retrouve d'ailleurs dans bien d'autres passages de l'Evangile, soit que Jésus s'adresse à ses disciples soit qu'il s'adresse aux bénéficiaires de ses miracles.

Pour savoir comment chercher un passage dans la Bible → cliquez ici lien vers le commentaire détaillé

(si vous avez netscape et internet explorer, visualisez cette page, ainsi que les autres pages du site, avec internet explorer pour une présentation optimale)