Depuis une vingtaine d’années la photo s’est
considérablement démocratisée. Souvent au moment d’acheter un appareil photo se
pose la question de savoir quoi acheter, selon quels critères.
De
nos jours Les appareils argentiques sont désormais quasi introuvables car
nombre de constructeurs ont jeté l’éponge et il n’en subsiste au catalogue que de
quelques grands et encore on se demande pour combien de temps. Sauf si vous
êtes un puriste vous avez donc le choix entre numérique et numérique !
Nous trouvons sur le marché grand public trois types
d’Appareils Photo Numériques dits APN
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Le Pocket … photo 1
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Le bridge … photo 2
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Le réflex … photo 3
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Photo 1 |
Photo 2 |
Photo 3 |
La fourchette de prix des trois APN ci-dessus va de 1 à
20 ! Et ils affichent sur le papier à peu prés le même nombre de
pixels. ! Outre la taille de la « boite » il existe donc bien plus
d’une différence entre ces appareils même s’ils sont capables de photographier
le même sujet en cadrant la même photo.
Des pixels par millions :
Dans la préhistoire de la photographie les clichés se
faisaient sur une plaque de verre (plan film) et les dimensions étaient peu
standardisées.
Au début du siècle dernier Eastman Kodak Company commercialisait ses premières pellicules au format
120 présentées en bobine de longueur standardisée .Selon les appareils ce
format de pellicule permettait des clichés qui allaient de 6 X 4,5 cm jusqu’à 6
X 9 cm. Photo 4
Vers le milieu des années 30 apparut
commercialement en masse le format 135 (24 X 36) qui correspondait grosso-modo
1 X 1,5 pouces. Ce fut là la première
apparition de la cartouche. Photo 5
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Photo 1 |
Photo 2 |
Photo 3 |
Photo 4 |
L’amélioration des techniques de production des optiques et
aussi des émulsions verront apparaître le format APS de surface sensiblement
moitié moindre du format 135. Le principal argument commercial était qu’il
permettait les panoramiques. Ce fut le flop que l’on connaît. Photo 6
Il y eut bien entendu au passage quelques autres formats « exotiques »
qui ne durèrent qu’un temps Photo 7
Il faudra attendre prés d’un siècle après le format 120 pour
voir apparaître commercialement les premiers appareils numériques.
NB pour mémoire 1 pouce fait 25,4 mm
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Figure 1 |
Petit mais costaud ?
Selon la figure 1 qui représente à l’échelle les surfaces
sensibles des pellicules et des capteurs on est passé en un siècle de 232
mm² à 21 mm² soit une division par 11 de la surface sensible. Cette surface
reste théorique car l’image produite à travers la lentille de votre objectif
est elle une image ronde que l’on adapte selon la diagonale !
Pour faire un tirage papier au format A5 (15cm X 10 cm) vous
agrandissez donc au minimum l’image 26 fois si vous avez un capteur de 6,92 mm
de diagonale et ce quel que soit le nombre de pixels ! Nous verrons plus
loin les conséquences.
Des pixels qui valent de l’argent
Une pellicule argentique couleur est composée de cristaux
d'halogénure d’argent voir Figure 2. La taille de ces cristaux influe
considérablement sur la sensibilité du film. Plus les cristaux sont gros plus
ils sont sensibles à la lumière, plus la sensibilité ISO de la pellicule est
importante, moins vous verrez de détails fins sur vos photos. En raccourcis, le
détail le plus fin que vous verrez sur une photo est directement lié à la
taille des cristaux.
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Figure 2 |
Le capteur de votre APN n’utilise lui que des
« photosites » en silicium vulgairement appelés pixels. Comme dans le
cas de la pellicule argentique c’est la taille des photosites qui fixe le
niveau de détail perceptible sur une photo. L’image 3 faite au microscope donne
une idée de la taille de ces éléments sensibles.
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Image 3 |
Image 4 |
Un photosite est donc sensible à la lumière mais pas aux
couleurs qu’il ne sait différentier. Il faut donc lui adjoindre en amont un
filtre séparateur.
Comme chaque photosite
représente 1 seul élément d’information colorimétrique ; il faut quatre photosites
et une électronique spécialisée pour interpréter la couleur d’un seul pixel
représenté au final sur votre écran. Voir image 4
L'image 3 et et la Figure 4 nous montrent également qu’il existe un
espace entre les photosites. Aussi minime soit cet espace il ne peut être
utilisé pour percevoir une information colorimétrique. Nous trouvons là une
partie de l’explication de la différence de définition qui existe entre une
photographie argentique et une photographie numérique.
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Image 5 |
Image 6 |
L’acquisition / représentation colorimétrique d’une image ne
peut se faire que selon deux modes. Additif ou Soustractif. Dans un cas on fait
l’addition entre le bleu et le jaune pour obtenir le vert (Image 5) alors que
dans l’autre on soustrait du bleu la couleur verte pour obtenir le jaune.
(Image 6)
Dans le cas de la photo numérique selon les constructeurs
les deux solutions ont cours. Technologiquement les choses évoluent très vite
et si parfois on privilégie la performance de l’électronique il arrive très
souvent que les couts de fabrication prennent le dessus.
Dans
le dernier choix technologique en cours on multiplie par deux les photosites
sensibles au vert et on soustrait l’information de la couleur bleue. C’est donc
une technique soustractive. Voir Image 7.
Les
contreparties à l’augmentation du nombre de photosites et surtout de la
complexité du traitement des informations font qu’il faut investir dans la recherche pour améliorer la
rapidité et la qualité du traitement du signal. Nous en verront plus loin l’influence sur la
prise de photo avec un APN.
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Image 7 |
Nous avons donc à présent un capteur de technologie CMOS ou
CCD et au moins un processeur spécialisé pour aboutir à une image là ou nous avions auparavant
un film et la chimie du laboratoire photo.
Des pixels excédentaires
Si vous déclarez acheteur potentiel d'un APN le vendeur ne manquera pas de vous
faire l’article en vous vendant par exemple un 10 million de pixels. Une fois arrivé
chez vous, les premières photos faites vous êtes impressionné par les
dimensions du cliché qui s’affiche à l’écran.
Vous avez pat exemple acheté un appareil 10 millions de pixels et vos
photos font 3456 X 2592 Ce qui nous donne 8,95 millions ! Il manque donc environ
plus de 10 % des pixels à l’appel ! On ne vous à pas trompé !
L’explication vous est donnée avec pour illustration les images 8, 9 10
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Image 8 |
Image 9 |
Image 10 |
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Le capteur
comporte réellement 10 Millions de photosites Image 8.
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L’objectif
projette sur le capteur une image circulaire plus grande que la taille du
capteur Image 9.
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Le calculateur va
limiter au rectangle jaune la taille de l’information réellement exploitable en
tant que photographie C’est là le sens de la diagonale vue au paragraphe précédent
Image 10
Derrière le miroir
Nous avons vu que un APN se vends de nos jours en mettant en
avant la performance quantitative du capteur CCD ou CMOS. Hélas c’est là une stratégie
commerciale de la part des constructeurs / vendeurs qui se battent pour exister en termes
de part de marché.
Un appareil photo numérique ce n’est pas qu’un capteur.
C’est aussi une optique, une électronique et des performances réelles et mesurables et pas uniquement une information commerciale!.
Exemple : Qui achètera
une rutilante voiture de 5 Litres de cylindrée qui consomme 25 l au 100 et ne dépasse pas
90 Km/h ?
L’optique :
Nous avons vu précédemment que dans une chambre noire plus l’ouverture qui
donne sur l’extérieur est grande, plus il y rentre de lumière.
Si vous vous arrêtez au rayon des « pokets » de
votre enseigne favorite prenez le temps d’apprécier la taille de la lentille
frontale de ces appareils. Elle fait très rarement plus de 2,5 cm de
diamètre !
Partant du principe que peu ou prou le capteur des appareils de différentes marques d'APN vient du même petit nombre de fabricants de capteurs. Evolution technologique oblige, la taille et les performances sont sensiblement identiques d'un fabricant à l'autre, la différence ne se situe pas que dans le nombre de pixels.
Les lois de l'optique restant immuables, vous comprendrez facilement que la
taille et la qualité des lentilles optiques sont primordiales. Mettre un optique cul de
bouteille devant la Rolls des capteurs reste un choix marketing mais n’as pas photographiquement
de sens !
Esthétiquement dans une photo
il vaut mieux avoir une photo nette et des couleurs fidèles qu’un grand nombre
de pixels !
L’électronique : C’est là le second point sensible des APN. Il faut être bien naïf
pour imaginer qu’une électronique performante et rapide ne se paye pas quelque
part d’espèces sonnantes et trébuchantes.
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Vous pouvez
apprécier la performance de l’électronique dés la mise en service de l’appareil.
Très souvent il s’écoule entre 1 et 4 secondes entre la mise sous tension le
passage à l’état opérationnel de votre APN Ce qui fait que si votre appareil n’est
pas déjà en service vous ne pourrez en conséquence jamais prendre de photo
réflexe !
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Le second point
est que quand vous appuyez sur le déclencheur il se passe souvent entre 1 et 2
secondes (le temps de la mise au point) avant que la photo soit effectivement prise.
Avec un tel appareil 4 +2 = 6 secondes ...Conséquence vous arriverez toujours après la bataille pour
photographier l’action !
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Autre point important,
avec une électronique bon marché le processeur d’image prendra son temps pour
traiter la photo prise ; vous mettant dans l’incapacité de prendre deux
photos à la suite... Pour indication: les appareils haut de gamme prennent jusqu'à 110 clichés d'affilé à raison de 10/12 photos par seconde !.
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Sur un autre
appareil, ce processus sera rapide mais c’est l’enregistrement de la photo sur
la carte mémoire vous paraitra laborieux
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Le dernier point concerne autant le capteur
que l’électronique associée. Les électroniciens le savent depuis longtemps,
tout traitement d’un signal électronique génère un bruit de fond qui vient se
surajouter à ce signal. L’électronique des APN n’y échappe pas. La conséquence
sera ici que la photo sera parasitée et que sa qualité s’en ressentira. Sur les
appareils haut de gamme la prise en compte du bruit se fait dés la conception.
Sur les appareils bas de gamme elle est ignorée. Dans l’entre deux, on traite la
chose avec plus ou moins d’efficacité.
Donc l’électronique fait trop
souvent elle aussi parti des parents pauvres de votre appareil photo numérique.
Conclusion :
Avant
d’acheter votre prochain appareil photo posez-vous la question de savoir
quelles photos vous voulez faire et surtout à quelle destination. Si c’est pour
conserver des souvenirs ou si c’est pour en faire des agrandissements…. Parlez
en autour de vous, faites une enquête de satisfaction auprès de vos amis, lisez
quelques revues spécialisées. Le net regorge de comparatifs plus ou moins pertinents
Par le biais des méandres de l’importation en masse, le dernier appareil présenté par la marque « X » ou « Y » sur les linéaires de l’hexagone n’est pas forcément le meilleur de sa catégorie
Donc Photos ou Images à vous de choisir !!