Le Mur des Oubliés



L'inauguration de ce monument qui 45 ans après fait mémoire de tous les disparus de la guerre d'Algérie s'est faite comme prévu à Perpignan le 25 novembre 2007 et a soulevé quelques polémiques, comme d'habitude, puisque malgré le temps passé la paix des coeurs et la réconciliation semblent encore impossibles tant le conflit algérien soulève encore les passions.
Fidèle à ce que j'ai souhaité faire sur ce site, je tenterai de ne pas tomber dans les travers, me contentant de montrer les documents que j'ai pu recevoir.

Je remercie Marcel AURIERE, Josette BOUSSOMMIER, José BUENO, René MANCHO, Jean Paul ROBERT, Jacques TORRES auxquels j'ai emprunté les photos et articles de presse qu'ils ont fait transiter sur le forum des V.O. Que celui que j'aurai pu oublier me le pardonne.

Extrait de Valeurs actuelles:





Les faits:

Perpignan - Guerre de mémoires autour des disparus d'Algérie



L'inauguration du Mur des disparus, aujourd'hui à Perpignan, suscite la polémique. Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, le maire de Perpignan, le Cercle algérianiste et de nombreux rapatriés donneront solennité et émotion à cette cérémonie. Mais dès hier, partis de gauche, syndicats et associations ont manifesté contre l'existence même de ce mémorial. Les vieux clivages sont de sortie : les uns sont accusés d'être des nostalgiques de la colonisation quand les autres sont soupçonnés de couvrir les exactions du FLN. La guerre des mémoires fait rage.

D'abord, il y a la douleur. La souffrance de ceux dont des proches ont disparu en Algérie, entre 1954 et 1963, pour la plupart après le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Des anonymes enlevés en pleine rue comme à Oran le 5 juillet 1962, sur les grands axes routiers ou dans les exploitations agricoles par des groupes FLN et ALN. Alors que l'OAS multipliait les attentats, il fallait terroriser les Européens pour les faire déguerpir fissa : la valise ou le cercueil. Après, on s'occuperait des harkis abandonnés par la France. .
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Aujourd'hui, les historiens estiment qu'au moins 2 230 personnes enlevées n'ont jamais été retrouvées. Des victimes disparues aussi des livres d'Histoire au désespoir de leurs familles. Cet oubli cessera ce matin avec l'inauguration du Mur des disparus où sont gravés les noms de 2 619 personnes.

A l'origine de ce projet, le Cercle algérianiste de Perpignan, une association de rapatriés qui s'est donné pour objectif de " défendre une culture originale menacée de disparition ". Une souscription a permis de réunir les 50 000 Euro que coûte le monument. Sa présidente, Suzy Simon-Nicaise, confie : " Il était temps que la France reconnaisse le drame des disparus. Les noms gravés sur le Mur des disparus sont ceux de personnes de toutes confessions dont le corps n'a jamais été retrouvé ni rendu à leurs familles. Y figurent aussi ceux de 400 appelés du contingent. Pour les dizaines de milliers de harkis, c'est plus difficile parce que les identités ne sont pas connues. Une plaque leur sera consacrée ". .

Mais la douleur ne peut s'extraire de la politique. La mairie de Perpignan soutient l'édification du Mur des disparus au sein de l'ancien couvent Sainte-Claire en cours de réhabilitation. Un projet de Centre de documentation de la présence française en Algérie, où seront déposés les documents réunis par le Cercle algérianiste, devrait y ouvrir en 2008. .

Dès hier, 200 personnes réunies à l'appel du Collectif "Non au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation" ont manifesté à Perpignan. Le collectif estime que " tout ce que la France compte de nostalgiques de l'Algérie française et d'apologistes du colonialisme lève la tête ". Dans l'Appel de Perpignan publié le 7 novembre sont dénoncés le projet de Mémorial national de la France d'outre-mer à Marseille, celui du musée de l'histoire de la France en Algérie à Montpellier et ceux de Perpignan. .
Concernant le Mur de Perpignan, les signataires (partis de gauche, syndicats, associations) accusent : " Il instrumentalise les mémoires et les souffrances réelles et légitimes de certaines victimes européennes disparues et il en occulte d'autres ". .

Présent hier à Perpignan, Mouloud Aounit, du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), a jugé que " ce mur de la honte est dangereux parce qu'il participe aux logiques de la revanche ". Michel Toubiana, pour la Ligue des droits de l'Homme (LDH), a considéré comme un acte citoyen " la riposte à ce coup contre le vivre ensemble qui est une réhabilitation de la colonisation et une instrumentalisation des morts. Les souffrances des victimes se valent toutes ". .

Au Cercle algérianiste, Suzy Simon-Nicaise rejette les arguments de ce genre : " C'est eux qui livrent la guerre des mémoires en nous refusant de seulement évoquer le souvenir de nos disparus ! Quant au regard apaisé sur le passé, est-ce qu'ils l'ont quand le maire de Paris dévoile des plaques à la gloire des complices des terroristes du FLN ? " .

Gérard DURAND. (dans la presse perpignanaise)


La Provence du 22 Novembre:




Un participant écrit:

Bonjour la liste, J'ai assisté ce matin à l'inauguration du mur ou mémorial des disparus en Algérie,grand moment d'émotion !
La Légion Étrangère était là et en final nous avons eu le Chant des Africains et j'ai vu pleurer tous les gens autour de moi .
Il y avait plus de 7.000 personnes. C'était poignant et j'en suis encore toute retournée.J'avais envie de vous faire partager ce moment.
Bien sûr il y a une manifestation anti-mur mais il y avait un service d'ordre formidable et n'ont pu rentrer que les gens munis d'un badge.
Le mur à été dévoilé par trois enfants de disparu , une de pied-noir,un de militaire et un de harki. Pour le pied-noir c'était Josette Martinez de Misserghin ( Oran ) son père à disparu le 6 juillet 1962 entre Misserghin et Oran.
Hier ,toute la journée c'était au Palais des Congrès avec film sur l'Algérie et colloque avec des réalisateurs et journalistes.
Jany V-S

Reportage photo:










































L'indépendant catalan-Page Perpignan le 26 novembre:












Notre ami Jean Louis Granier -webmaster du site "Bab el Oued Story"- a mis à disposition un diaporama de l'évènement.

http://www.babelouedstory.com/thema_les/disparus/perpignan_mur/disparus.html



Paru dans La Provence du 27 novembre:




La Contestation:

Non au musée de la Mairie de Perpignan, à la gloire de la colonisation



Le MRAP national soutient inconditionnellement le Collectif " Non an musée de la Mairie de Perpignan, à la gloire de la colonisation " et manifestera sur place sa solidarité le samedi 24 novembre 2007 Le 25 novembre, à l'occasion du congrès national des cercles algérianistes, sera inauguré un mur érigé en faveur des disparus morts sans sépultures en Algérie (1954-1963).

La réalisation de ce " Mur-musée " a suscité la forte mobilisation d'un collectif " Non au musée de la Mairie de Perpignan, à la gloire de la colonisation ".
Le MRAP, qui soutient de manière inconditionnelle ce collectif, appelle à la mobilisation contre l'instrumentalisation des mémoires et des souffrances réelles et légitimes de certaines victimes européennes disparues lors de l'indépendance de l'Algérie. Mais il entend également dénoncer l'occultation d'autres victimes. Oeuvrer efficacement à l'éradication du racisme, c'est aussi se mobiliser contre les logiques de sous citoyenneté, de sous-hommes qu'a charriées le colonialisme et qui se prolonge aujourd'hui notamment par les discriminations dont sont victimes les enfants français nés de cette immigration.

La mobilisation contre ce " Mur des disparus " de Perpignan est d'autant plus importante que les nostalgiques de cette conception de l'Algérie française, tenants aujourd'hui de son apologie, redressent la tête, gagnent du terrain.
Mouloud Aounit, Président du MRAP, Anne Savigneux, chargée des Harkis et de la lutte contre l'extrême-droite, et Henri Pouillot, chargé du centre de ressources (histoire et mémoire de la colonisation), seront présents à la conférence de Presse du samedi 24 novembre à 11 heures à la Bourse du Travail (place Rigaud) de Perpignan. Le MRAP sera également présent le même jour à 14h00 au rassemblement de la place de la Victoire, face au château du Castillet.

et l'article paru dans femmes actuelles:




et ce communiqué de l'AFP le dimanche soir à l'issue de l'inauguratuion:




Mon opinion personnelle:
La France est un pays où la liberté d'expression existe . Je ne vois pas pourquoi on pourrait empêcher quiconque de dire ce qu'il pense, et à fortiori d'honorer ses morts en érigeant un momument du souvenir. La colonisation est un sujet délicat, certes, mais on ne peut pas agonir brutalement ce qu'on a célébré si longtemps et qui a fait la grandeur et l'honneur de la France. On ne peut pas renier le travail accompli pendant si longtemps. L'élite qui l'a rejetée, a bel et bien été formée par la France !