Quelques souvenirs de Nos fêtes de Noël à Oran:

A l'approche de cette fête de Noël, chaque année beaucoup de visiteurs du site se sont exprimés en évoquant leurs souvenirs d'autrefois. J'ai pensé qu'une page spéciale pouvait être leur être consacrée .

En introduction Francis Féménia nous fait profiter de ces quelques rimes évoquant cette fête chez nous:

NOEL d'autrefois est-ce de la nostalgie
ou l'époque qui nous rappellent
NOEL d'autrefois en Oranie
province française souvenir perpétuel

fête fastueuse malgré ses contrastes
c'est la nativité la nuit de NOEL
chacun sur cette terre période faste
honore l'enfant Jésus bonté naturelle

c'était le NOEL de jadis
en ce lieu au climat enchanteur
achats, ambiance ,visages ravis
préparatifs pour cette nuit ,joie au cœur

enfin le réveillon merveilleuse réunion
de toute une famille laquelle auparavant
aura assistée à l'office et à la sainte communion
vite! vite! place aux chants

et aux agapes car dans notre maison
l'on dégustera les mets exquis
et on chantera sur tous les tons
charme et folklore d'ORAN notre pays

Francis

Puis d'évoquer les différents magasins et leurs vitrines:
qui se souvient de ce magasin situé angle rue de la bastille et rue de l'artillerie après le Colisée , spécialité: le turon mais surtout les fruits confits entres autres les dattes nappées de pâte d'amande, de vanille, de fraise un délice!!
il y avait aussi toutes sortes se fruits confits d'une présentation impeccable sur le comptoir que de monde!!!!!
et ces marchands le long du trottoir de la cathédrale !! sur les étals l'on trouvait du nougat( du mou, du dur, du turon dé jijona )
ce NOEL chez nous!!! j'en parle souvent à mes descendants mais mon" message" passe difficilement enfin il y a nous les V.O.SALUTIS Francis
(NDLR: traduire au choix par Visiteurs Oranais: les visiteurs de ce site, ou Vieux Oranais ! et ce sont les mêmes...! )


Pour Marcel, c'est Noël 51 qui l'a le plus marqué, et pour cause:

Noël à Oran (Saint-Eugène) 1951
Dans ma mémoire je crois que ce Noël est bien gravé. J'ai souvenir d'une fête foraine installée sur la place de Saint-Eugène .Il y avait des manèges et des loteries celles ou on vendait des billets avec plusieurs numéros. Il fallait attendre la totalité de la vente avant de faire tourner trois grandes roues (unités dizaines et centaines) . Le 23 décembre nous avons gagné un carillon et une dinde beaux cadeaux . Le carillon a sonné jusqu'à mon départ d 'oran en 1962 par contre la dinde n'a pas duré si longtemps. Elle a fait le bonheur d'une famille le 25 décembre 1951. En plus de ces deux cadeaux le troisième était attendu ne dit on pas " jamais deux sans trois " . Et oui le troisième est arrivé et il était de taille et pas dans les prévisions de fin d année. A 13h00 mon père nous annonça que le Père Noël était revenu car il avait oublié de nous donner un cadeau. Il nous conduit ma soeur et moi près de la cheminée où se trouvait un panier en osier dans lequel dormait confortablement la nouvelle arrivée une autre petite soeur (la dernière de la famille) Ce n 'est pas un conte mais cela ressemble et pourtant il était bien réel.
Marcel AURIERE


eh oui que de bons souvenirs, je me rappelle la sabamba, et nous aussi après la messe on allait acheter des taillos.
Je me rappelle pendant les "évènements", je crois que c'était notre dernier Noël à Oran, nous sommes partis mon frère Antoine, mon cousin et les cousines avec une bouteille d'anisette et de l'eau, et à la marine nous avons fait le tour et nous donnions à tous les soldats de garde à boire, un moment donné il n'y avait plus d'eau et ils buvaient l'anisette pure.
Michelle du patio olmo


Nicole fait un délicieux mélange des Noëls de là-bas et de ceux d'aujourd'hui:

C'est Freney le nom du magasin de ventes de fruits confits. Je pense que nous pourrions retrouver pas mal de nom de magasin si on le faisait à plusieurs.

J'ai gardé la tradition des dattes fourrées, je fais ma pâte d'amande et j'ai des colorants alimentaires.
Je fais les truffes au chocolat, les mantecaos, les petits gâteaux en pâte sablée, avec des formes d'étoiles de nounours de rois mages. Des gâteaux à l'anis etc... Je commence vers le 6 décembre et je finis avec la bûche de Noël le 23 Décembre.
Pour le réveillon de Noël, nous allions à la marine chez mes cousines, il y avait aussi mes grands Parents maternels, nous faisions le repas, nous jouions au loto et aussi nous chantions des chants de Noël et nous finissions par la chanson" savez-vous passez ...avec les verres " après la messe en rentrant, le Père Noël était passé, nous regardions nos cadeaux et nous finissions la soirée en mangeant les 13 desserts.
La cerise sur le gâteau nous dormions toutes dans la même chambre, mes cousines et moi c'était magnifique.

En rentrant en France au moment de Noël, je n’était pas bien, j'ai longuement cherché pourquoi, impossible de comprendre, pendant 1O ans quand j'entendais "douce nuit " je pleurais, je n’allais plus à la messe de minuit, l'achat des cadeaux, les micros dans les rue les éclairages, toutes les vitrines pour moi ce n'était plus que de la tristesse
Deux ans après mon arrivée en Normandie, ma fille avait déjà douze ans, J'ai commencé à aider les expatriés, (Américains mais aussi Brésiliens, Coréens, Canadiens, Anglais, Écossais et d'autres) qui arrivaient avec leurs enfants, à faire les différentes démarches administratives, inscriptions dans les écoles permis de conduire etc...
Nous partagions lors de petites soirées nos plats et c'est ainsi qu'ils ont mangé des sardines à l'escabèche de la calentica des mantécaos et même pour la Saint Patrick un couscous vert ! Mais oui le jour de la saint Patrick tout doit être vert de la bière aux vêtements que l'on porte et à la déco, dans la salle de réunion avec des trèfles partout...

Voilà Noël comme tous les ans je suis très angoissée: les expat’s me disent que le samedi avant Noël ils organisent un ramassage pour terminer la soirée en buvant le vin de Noël chez une des familles et qu'ils passeront me chercher. A huit heures, j’entends chanter des Chrismas carol's. , J’ouvre ma fenêtre, il y avait deux familles qui étaient là, le moment de surprise passé je descends et je me joins au cortège, nous voilà partis dans une autre famille, nous chantons pour eux et nous continuons notre ramassage quand nous sommes arrivés dans la dernière famille nous avons continué nos chansons tout en mangeant et buvant du vin chaud; le vin aidant au deuxième verre j'avais de moins en moins d'angoisse nous avons passé une bonne soirée.
Le jour de Noël nous avons repris les chants mais cette fois en Français et en famille et depuis nous chantons et j'ai retrouvé la joie de fêter Noël. C'était cette tradition que nous avions dans notre famille en Algérie qui m'a tellement manqué quand nous avons du rentrer en France. .Maintenant j’ai une pensé émue pour ces personnes qui m’ont fait retrouver le plaisir de Noël.

Nicole.0

Bernadette a connu Noël après l'indépendance....
Noël arrivait a grand pas et nous étions à Oran, mon fils Thierry avait presque 3 ans et nous voulions lui faire un Noël comme tous les ans, même si nous nous avions le coeur lourd être loin de notre famille,
Nous avions décidé de faire les magasins afin de lui acheter les jouets et nous avions été très surpris de voir les vitrines décorées de jouets: nous lui avons pris un train électrique ( qui par la suite est devenu une collection que nous avons toujours ) des voitures Dinky Toys et un petit vélo, et nous nous sommes mis en quête d'un sapin de Noël que nous avons fini par trouver et qui touchait presque le plafond.
Nous l'avons installé dans une chambre qui était vide et nous l'avons décoré de sa plus belle parure.
La nuit du réveillon arriva, nous étions à table quand on frappe à la porte ! Nous n'attendions personne, aussi nous allons ouvrir avec la peur au ventre et là... une surprise nous attendait !
Les voisins du dessous qui habitaient dans la cour étaient devant notre porte les bras chargés, certains avec des assiettes et un avec un paquet pour notre fils, un cheval en bois fait par le voisin. et voilà comment nous avons passé Noël tous ensemble dans la joie et la paix, comme au bon vieux temps.

Tout cela pour vous dire que la haine n'engendre que la haine, mais que l'amour apporte beaucoup quand on le voit et, à Noël, nous sommes dans une période d'amour et de joie.

Bernadette

Francis évoque la préparation du repas de Noël.
je me souviens(et vous aussi) des achats pour la notché buéna ! en fonction des moyens il y avait impérativement ce que nous appelions des cascarias ! (ndlr. ou plutôt cascajuras ?) est ce encore un mot barbare! non je ne le pense pas car ce méli-mélo était composé de: amandes, noix ,noisettes, cacahuètes, dattes, figues, le tout compartimenté sur une grande assiette de "paja" ou éparpillé sur la table(y compris l'instrument pince doigts)
il faut respecter la tradition me disait ma mère née à la marine (place Nemours) car chez nous aux bas quartiers "es la coustoumbré"(phonétique) j'ai toujours connu la dégustation de ces fruits secs à gambetta, st Eugène, El Ançor et autres coins de l'oranie. Même mes enfants l'un à AIX l'autre à PAU conservent cette tradition car sans "cascariosas"(ils n'ont jamais pu dire "cascarias") le Noël n'est pas complet
Francis



Mais pour nous, enfants, Noël cela restait surtout les vitrines et les cadeaux. Je crois que la plus belle vitrine de notre enfance est restée pour la plupart d'entre nous celle de Chez Meslot, rue Alsace Loraine, à l'angle de la place de la croix rouge. Il y avait toujours une vitrine animée qui n'avait guère à envier à celle de nos grands magasins d'aujourd'hui....

On y trouvait tous ces jouets qui ont fait nos délices à l'époque:


Simca sport; Simca Aronde et Ford Vedette 1952 proviennent de cette vitrine
Toujours de chez Meslot, le Lockheed Super G "Constellation" de Dinky Super Toys.(L´étiquette du prix indique encore:695 f.)



Rue d'Arzew il y avait le magasin "Tousport" On pouvait y trouver la maquette en plastique à monter (Revell) du pétrolier "Hannah".Carlos Galiana, qui m'a transmis les illustrations de cette page, en a fait l'assemblage et l'a conservé...



Encore "Tousport": malgré le flou de la photo, on reconnaît des petites maquettes en plomb et en plastique (les 2 navires de guerre les plus foncés). Au premier plan, le "Queen Mary" (aujourd´hui amarré à Long Beach, Californie) et au fond le Queen Elizabeth (détruit dans un incendie).



Continuons notre visite des magasins chez Bissonnet, Boulevard Clémenceau, où l'on trouvait les trains électriques à l´échelle HO (1/86) des prestigieuses maisons Märklin, Jep, Jouef, Rivarrossi, etc.et les compléments: maisons en plastique Faller, et gares parfois en bois.(ici une loco Märklin).




La Crèche:

attenant au 17 de notre rue chez moi il y avait 4 locaux destinés aux voitures, mais à l'époque ce genre de locomotion était réduit, donc cela servait aux associations dont l'amicale des provençaux.
à l'approche de Noel il fallait voir ces artistes confectionner la crèche provençale; orchestré par Titin (cétait son surnom) petit vieux tout souriant la "boina" vissée sur la tête il me disait :rentre petit regarde ....c'est pas beau!!!
avec mes yeux d'enfant je ne pouvais qu'approuver ce merveilleux travail il m'expliquait... tu vois ce sont les alpilles et puis les bergers! ces santons la viennent directement de Provence .....tiens appui sur ce bouton.... et tout s'illuminait OH!!! ils bougent! effectivement les figurines se déplaçaient à l'aide d'un mécanisme mystérieux enfoui sous l'immense support
et je restais ébloui devant cette animation (le temps peut-être de réfléchir aux alpilles ainsi qu'au mécanisme)

brave comme tout ce TITIN, voila une orange et du chocolat et reviens !
tous les ans c'était comme ça dans notre rue Elisée Reclus jusqu'a une certaine époque....hélas
Francis


Annie a peu de souvenirs mais pourtant....

je n'ai pas trop de souvenirs vraiment marquants des noëls alors hier au soir j'ai questionné maman.

nous allions à la messe à l'église saint louis et comme nous n'avions pas beaucoup d'argent et que ma grand mère était d'origine napolitaine, nous allions chez elle à la place pologne et le 24 nous mangions, des artichauts bouillis du poisson bouilli il fallait faire maigre pourquoi ? et bien sur les mendiants mais aussi du stokafisch
par contre là je me souviens de ce poisson que je voyais sécher chez ma tante à la rue charles quint dans une sorte de cave mais qui peux me dire ce qu'était ce poisson?
l'on disait aussi, il est maigre comme un stokafish et cette expression est restée chez nous
annie de la rue d'orléans de la marine bien sur..........


Jocelyne Estève nous avait déjà raconté ses Noël oranais dans une autre page de souvenirs et je reprends ses propos ici:

Noël arrive à grand pas. c'est extraordinaire ce temps de l'Avent, les maisons décorées. Lorsque l'on vient de l'extérieur, cette atmosphère cocooning nous met en joie et fait oublier nos soucis. Du temps de nos enfants, c' était merveilleux , nous étions en première ligne, nous avions la responsabilité du décor, des cadeaux et de tous les préparatifs, au petit matin, nous étions les premiers, avec les grand-parents, assis, devant la cheminée, (les enfants avaient ordre de ne venir qu'après le départ imaginaire du Père Noël, signalé par un grand bruit), je ne sais qui des adultes ou des enfants étaient les plus émerveillés. Nous n'achetions que des jouets utiles, sans gaspillage. Maintenant, nous avons le second rôle, c'est magique aussi, ce moment des cadeaux, mais nos enfants sont tellement sollicités par les publicités qu'ils achètent des montagnes de jouets, tout et n'importe quoi, dont la plupart finissent dans des placards. D'ailleurs, nous ne sommes plus dans le coup, nous n'avons plus le plaisir d'acheter leurs cadeaux, nous donnons des enveloppes et ils font avec... Par contre je me souviens des Noël de notre enfance. Personnellement j'étais très poupée (toutes les vacances à Aïn Franin, j'étais un garçon manqué, parce que dans notre bande, nous étions 3 filles pour 10 garçon et c'était toujours ce défi "la paille au c...au dernier...", nous n'avions que des jeux de garçons, et nous n'étions jamais les dernières. C'était "Chacun sa mère...." Alors, à la maison j'étais dans mes poupées (Je me souviens d'une anecdote, en l'absence de ma sœur, j'avais piqué sa belle poupée qui me faisait rêver et je lui ai donné le bain dans le bidet, elle était en carton-pâte, elle s'est toute ramollie... qu'elle rouste j'ai pris!...) Nous avions très peu de cadeaux de Noël, c'était l'époque. Par exemple, une année, j'avais commandé un baigneur en celluloïd, tout nu, ma marraine lui avait des vêtements et j'avais eu une boîte de jeux de ma grand-mère, de mon parrain une dînette puis des livres et des vêtements (à moi! quel bonheur!....car habituellement j'héritais de la garde robe de ma sœur qui, souvent avant d'atterrir dans la mienne était allée chez une cousine). En général, ce vêtement neuf devenait la tenue du Dimanche, pour aller à la messe et visiter la famille (jupe plissée et manteau bleu marine, chemisier blanc, pull bleu ciel, chaussures vernies avec socquettes blanches). Me revoilà encore plongée dans l'enfance...le temps de l'innocence.

Jocelyne ESTEVE

.... et elle continue avec la même verve.... Je vais vous décrire un repas de Noël, parmi tant d'autres, à la Maison de Boulanger. Ma tante et Maman s'étaient mises aux fourneaux toute la journée, Nos Pères emmenaient en ville, les enfants pour voir les illuminations et les vitrines somptueuses. (Nous étions en admiration devant les trains électriques qui se croisaient, formant des méandres, traînaient leurs wagons de marchandises, passaient sous ou sur des ponts, s'arrêtaient en gare et repartaient. Les automates, Les grues confectionnées en Meccano, Les belles poupées et...) Ma Tante était la préposée au Pot Au Feu de NOEL, il était spécial car il comportait des "PELOTAS", de grosses boulettes (comme une belle orange) qui étaient faites de farce, de pignons et du sang de dinde (la dinde avait été tuée, le sang recueilli et était mangée le lendemain à midi). Le pot au feu était traditionnel avec légumes, viandes boeuf, poule, et pommes de terre. Sur les Pelotas, nous mettions quelques gouttes de citron. Pour les 13 desserts, nous avions les fruits secs (figues, dattes fourrées maison) les mendiants (amandes, noisettes, noix) Les nougats (d'Espagne. le Mou miel, le mou blanc, le blanc aux amandes (la Torta de tourron) les loukoums, les fondants blancs et roses Les chocolats, bien surs, plutôt au lait : pralinés, fourrés les fruits confits de Provence Les bûches faites par Maman, roulées, fourrées à la confiture d'abricot ou au chocolat ou à la crème de marron. PS : Avez-vous remarqué le noyau d'une datte, il a un O gravé. Papa disait que Dieu, en découvrant la datte dans le désert s'est exclamé " O la belle datte!!" A bientôt un autre souvenir, souvenir Bisou et Bonne nuit, ne rêvez pas trop aux sucreries, ça fait grossir...
Jocelyne.E

Mes Noëls

Noël, pour une immigrée comme l'était notre famille avait à Oran une saveur particulière: Tout d'abord nous étions seuls...! puisque toute la famille était en métropole et que Noël est même au sens religieux du terme une fête de famille! Pas de grands-parents, pas d'oncles, de tantes de cousins ou cousines, nous étions désespérément seuls et cette solitude avait un poids particulier que nous ne ressentions à aucune autre période de l'année...
Nous nous serrions les uns contre les autres et tentions de faire revivre nos habitudes métropolitaines. Mais je vous dirais que malgré cette solitude, Noël était une fête merveilleuse pour un gamin dont le dernier Noël en France fin 45 s'était déroulé dans une période de restrictions encore importantes et qui n'avait eu comme cadeau qu'une orange. Orange merveilleuse certes, parce que c'était la première que je voyais, mais qui avait un arrière goût de trop peu. A Oran , les oranges ne manquaient pas, pas plus que les clémentines qui firent nos délices et à Noël 46 nous avons eu de vrais cadeaux, même si aujourd'hui je ne peux me rappeler lesquels...
Par contre je me souviens très bien du cérémonial de Noël car il n'a guère varié au cours des années, sauf à la fin et j'y reviendrai? Maman passait sa journée à confectionner le "pâté aux pommes de terre" le plat berrichon traditionnel/ Il y avait d'abord la préparation de la pâte feuilletée Il fallait étaler et replier la pâte au moins 6 fois dans la journée et la laisser reposer environ une heure entre deux. On étalait la pâte avec le fameux rouleau à pâtisserie et maman nous laissait parfois commencer mais bien sûr c'est elle qui achevait l'étalage en une couche homogène et très fine (pas plus de 2 mm) qu'elle repliait ensuite en déposant à chaque recouvrement des lamelles de beurre pour n'obtenir qu'un carré de 7 à 8 cm de côté qui reposait jusqu'à l'étalage suivant. On trouve aujourd'hui dans les grandes surfaces de la pâte toute préparée d'un emploi plus facile mais qui n'a pas du tout le goût ni même l'allure de ce que maman réalisait.

Dernière préparation, maman séparait sa pâte en deux tas inégaux. Le premier servait de fond et on y étalait les pommes de terre finement découpées en lamelles comme pour un gratin dauphinois. Les bords étaient relevés et roulés de façon à obtenir un récipient de 2 cm de hauteur. Entre chaque couche de patates, une généreuse distribution de beurre ( on ne parlait pas de cholestérol à l'époque...!) On recouvrait le tout d'un couvercle de pâte issu du second tas, en prenant soin de laisser au centre un petit trou entouré d'une torsade de pâte feuilletée pour servir de cheminée.
Après avoir bien enduit la pâte du dessus de cette tarte avec du jaune d'œuf on pouvait enfourner. Je ne vous donnerai ^pas je temps de cuisson car je ne suis pas bon cuisinier. Je dirai simplement qu'il fallait que le plat soit cuit pour 23 heures environ. A la sortie du four il fallait décalotter le pâté , c'est à dire faire sauter le couvercle et enduire généreusement de crème fraîche épaisse qui se liquéfiait avec la température. Le couvercle était alors reposé et il fallait maintenir le pâté à bonne température pendant que les patates s'imprégnaient de crêpe....
Pour cela la solution idéale consistait à poser le plat sur du papier journal et à l'envelopper. On ne connaissait pas encore les couvertures de survie ou le papier alu...! Le tout était alors disposé sur le radiateur à gaz qui servait au chauffage de l'appartement. On disposait encore dessus un bon coussin garni de plumes... et il était temps de se diriger vers la chapelle N.D. de Lourdes, rue Adjudant Gabay pour les 3 messes basses de minuit !



Je n'avais pas encore lu Daudet mais j'aurais presque pu raconter la même scène: la première messe bien que sans sermon était célébrée à un rythme quasiment normal et durait 40 minutes mais le rythme s'accélérait singuliètrement pour le seconde. Il faut dire qu'il y avait déjà beaucoup moins de fidèles (j'ai failli écrire "spectateurs") quant à la troisième à laquelle je n'ai pas souvent assisté jusqu'au bout il faut dire qu'elle était baclée en 20 minutes et que personne ne comprenait rien à ce qui était marmonné, d'autant que c'était du latin. J'ai compris plus tard, en étant enfant de choeur, que l'important n'était pas de réciter des prières correctement mais de bien prononcer le premier et le dernier mot et de dire n'importe quoi entre deux....!
Bref de crainte que le pâté aux pommes de terre refroidisse nous nous esquivions dès que la dcence le permettait...
De retour à la maison il suffisait de "déballer" le pâté qui était toujours bien tiède et de se régaler de ces pommes de terre imprégrées de beurre et de crème fraîche, dans une pâte feuilletée croustillante à souhait. Puis nous allions nous coucher vers les 2 heures du matin environ en espérant que le Père Noël n'oublierait pas de passer dans la nuit...!

Quelques années plus tard l'allure de ces Noëls a quelque peu changée. Nous étions toujours sans famille bien sûr mais d'autres aussi vivaient cette situation d'isolés, je veux parler des militaires du contingent rappelés en Algérie. Alors pour Noël, comme pour d'autres occasions nous en recevions à la maison pour que ce Noël loin de chez eux ait quand même un goût de fête. Ils ont appris eux aussi à déguster le fameux pâté aux pommes de terre après un morceau des 3 messes basses....!


Noël 1957



Vous pouvez aussi trouver d'autres souvenirs de Noël sur des sites amis, comme par exemple celui de Brigitte Peccolo: http://mon.algerie.ifrance.com

et puis, Noël à l'Oranaise se perpétue aujourd'hui encore en métropole comme nous en témoigne ce récit d'Annie Zet:


hier j'ai passé un excellent après-midi à l'arbre de noel des oraniens à marseille. j'y suis allée avec ma dernière fille, son mari et la pitchoune qui vient de faire 1 an et que je garde tous les jours.
très bonne ambiance bien de chez-nous, il y avait un spectacle pour les enfants, mais je me suis régalée à le regarder aussi et j'ai beaucoup rit des pitreries du clown, des déboires du dressage du chat, de la chèvre ou du caniche, et bien sur il y avait guignol, qui ne prend pas une ride et c'était merveilleux de voir les enfants autant participer au spectacle.
la petite était toute émerveillée, elle applaudissait , elle découvrait un monde qu'elle ne connaissait pas encore. et puis après un gouter très abondant, il y a eu la venue de notre père noel il est arrivé avec sa canne, bien fatigué et oui il arrivait tout droit de son chateau de Santa Cruz...
je ne vous dis pas la joie de tous ces enfants, et quelle effervescence !!!! leur impatience à recevoir leur cadeau à l'annonce de leur nom.
puis j'ai eu droit, comme tous les parents et grands prents, à monter sur l'estrade pour saluer le père noel prendre la photo avec la petite et recevoir son cadeau et sa friandise.
un bel après-midi plein de joie de gaiété et de rève !!!!
nous reviendrons l'année prochaine, c'est promis !!!!
annie.zet


ou encore ce récit de Guy MONTANER:

j'ai commencé le classement des chants de Noël que nous écouterons bientôt à la maison:
Armand Mestral, John William, Jhonny Mathis, Francis Linel, Elvis Presley, les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, François Mallory, Paul Anka, André Claveau, Lucienne Delisle, Mathé Altéry, Tino Rossi , bien sur, ils seront tous là pour bercer cette nuit de Noël mais surtout ces fêtes qui commenceront avec l'arrivée des premiers enfants.

Par séquences, ils auront ainsi le droit de participer au cérémonial qui ira crescendo, jusqu'au 24 à minuit, ce moment tant attendu, ce bonheur de pouvoir accéder aux paquets qui viennent de nous être livrés par le Père Noël arrivé d'Oran ....lui aussi

Vous avez connu et connaissez encore ces fortes émotions , ces larmes que vous sentez arriver mais que vous retenez de toutes vos forces, quitte à détourner le regard , c'est minuit, c'est l'heure, Tino Rossi se joint à nous et chante à perdre haleine , comme nos enfants ... A la dernière note, c'est la ruée, on repère les étiquettes, .... pour mamie,... pour papy,... pour tata Marianne,.... Papa, c'est pour toi ,... çà y est celui là est pour moi, et c'est ainsi que progressivement, la montagne de paquets fond comme neige au soleil;

On n'entend plus que le froissement des papiers les cris de joie, et si par malheur il y a un tambour, les premières roulements intempestifs;
Ce sont les embrassades, les mercis, les bouchons qui sautent, même du Champomy ! les papiers envahissent le sapin, les pauvres chats de la maison ne savent plus où se cacher. Parfois au coin d'une table, parfois bien calés dans un fauteuil, souvent allongés sur les lits, tout ce petit monde essaye de comprendre les modes d'emploi,commence la lecture du dernier livre ou policier à la mode, selon les âges.

Coup de bluzz, de nostalgie et me voila reparti là-bas! j'ai comme l'impression de ne plus rien entendre, de m'être placé entre des parenthèses, je vois, j'entends, je sens mais en circulant doucement au milieu des groupes j'évite les questions, les réponses et je peux continuer à vivre sur mon petit nuage !
Pourquoi ai-je dans la tête, non pas Tino Rossi et son petit papa Noël, mais un air d'un chanteur de chez nous, François Valéry . C'est un autre chant de Noël que j'assimile bien plus à notre jeunesse, il a su trouver les mots, les phrases et les vérités d'antant; je me surprend à murmurer:
:" Noël à Oran me acuerdéré de ti toda mi vida, Noêl à Oran cuando mi Madré cantaba para no llorar.......et il parle de Saint-eugène, du village Nègre, des bateaux, du port............et au milieu de tout ça le refrain lancinant de cette mère qui pleure, Pourquoi ? N'a -t -elle pas pu offrir aux siens ce soir là tout ce qu'ils espéraient ? Non elle chantait parce quelle était heureuse d'avoir son petit monde autour d'elle et je ne peux m'empécher encore une fois de revoir dans ces moments le visage de ma mère, je l'ai vu aussi pleurer et chanter certains soirs de Noêl . Ses parents l'avaient baptisée " Immaculée Conception " quel magnifique prénom pour une pareille soirée; mais je savais que ses larme étaient des larmes de joie car elle entendait son fils, à ma messe de Minuit, chanter le Minuit Chrétien, ce chant d'espoir, pour qui veut croire......
c'est loin, je devait avoir 15 ans, c'était dans l'église de Notre patronage, celle où les hommes et les femmes étaient séparés, celle dans laquelle je n'ai jamais vu mon père, mais je savais et je sais qu'il était et qu'ils sont toujours là, à mes côtés.

Joyeux Noël à toutes et à tous...............et Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté
Guy



Guy , à Noël 2007 nous commet un nouveau texte:


Oraison, 24 décembre,

La nuit est très froide. Dans les rues les voitures se couvrent progressivement d'un grand manteau blanc, ...le givre est là.

Ce soir nous fêtons Noël Chez notre fils aîné. Ses beaux parents sont arrivés du Portugal......anciens restaurateurs , c'est pour nous tous l'assurance d'un grand festin.......
Voilà quelques minutes, les cloches de l'église , sonnant à toute volée, demandaient aux fidèles de rejoindre celles et ceux qui allaient participer à la veillée pastorale. Pour tous les autres, un simple rappel, les Rois Mages étaient en route.....un Sauveur allait arriver !!
Levant les yeux vers le firmament, je constate alors qu'il est d'une pureté ..." céleste "
Pas un nuage, parfois une étoile lointaine qui scintille........brrrrrrrr, il fait froid, rentrons vite, nous sortirons un peu plus tard .

Avec la famille autour, le temps passe vite, trop vite et c'est à peine si je me rends compte que Minuit est là, très proche....que notre rendez-vous des " Flocons de Noël " c'est pour maintenant .
" souvenez vous, nous avons tous pris l'engagement de nous retrouver à Minuit, devant nos sapins pour y déposer ces petits bout de coton, comme à Oran, en remplacement de la neige que nous n'avions pas !..........internautes du Monde, si vous pouviez tous vous retrouver en cet instant "

Cette année, le coton est là , quelques petits sachets sont disposés autour de notre sapin, à la portée des enfants ...ils savent tous ce qui leur reste à faire .
La pendule égrène les dernières secondes avant minuit, et subitement c'est l'envolée ! coton à la main, grands et petits se précipitent pour déposer en une joyeuse cacophonie, cette neige artificielle sur les branches, encore verdoyantes du sapin....
C'est la bousculade, voila celui qui a été chercher un escabeau pour arriver le plus haut possible......celui au tabouret.....et les petits , devant, ébahis, qui ne comprennent pas trés bien ce qui leur arrive.
coton à la main, ils regardent à droite puis à gauche, ...où vont-ils le déposer....une main secourable......

Comme chaque année, lorsque le temps le permet, je me retrouve alors à l'extérieur, seul, voulant profiter pleinement de ces moments de communion........et c'est alors que je les vois arriver, les unes aprés les autres, ces étoiles qui brillent dans le ciel, ..... une , dix, cent, mille..........bravo les amis vous êtes tous présents !
j'ai reconnu la tienne, Marie, Jeanne, Nicole, Françoise, Sylvie et toutes les autres, et vous tous aussi amigos que je ne peux nommer, de peur de faire des jaloux!

Votre étoile, elle, brille un peu plus que les autres, avec des reflets d'Or........les autres, autour, celles de vos parents et amis sont aussi belles, mais un peu moins.....il leur manque un petit je ne sais quoi.....qu'elles auront l'année prochaine, aprés avoir attendu, comme nous cette rencontre....d'un autre monde

Joyeux Noël à vous tous........et que Dieu vous garde !

Guy Montaner


Ce texte provoque aussitôt un écho venant de Raymond Quessada:

Guy,
Je viens de relire ton texte pour la 3ème fois et l'usine à souvenirs s'est mise en marche me rappelant mon dernier Noël à Kébir le 24 décémbre 1960 dans cette magnifique église où nos deux chorales (femmes et hommes) interprétaient nos superbes chants dirigées par nos regrettés Bernard COSTAGLIOLA et Antoine LUBRANO (le père de Sauveur à l'orgue) minuit chétien par un des frères SOCCOJA, Ô nuit de Rameau, Sainte nuit (j'étais encore soliste) cette messe était toujours pleine de ferveur et d'émotion et nous ignorions que c'était une des dernières messes de minuit à Kébir et la dernière messe à laquelle j'ai assisté le 24 décembre 1961 c'était dans le sud algérois à Boghar et ce soir là, j'étais chef de poste sur un des pitons qui entouraient le camp, j'avais obtenu une permission exceptionnelle pour assister et chanter à la messe le minuit chrétien. Et quand j'ai rejoint mon poste, je me suis rendu compte que les étoiles étaient vrament très proches de nous et peut-être que si j'avais été plus grand j'aurais pu les toucher c'était vraiment magique ce ciel tout étoilé que je voyais pour la dernière fois dans le ciel d'Algérie un 24 décembre. On nous dit souvent de ne pas vivre avec son passé mais peut-on vraiment oublier ces instants magiques. Bonne fin de, journée de Noël à vous toutes et tous, Ramonico



Noël au "Tabarys"

D'autres en rêvent encore comme René....


Il est 19 heurs 30 ce 24 décembre le TABARYS est noir de monde, le ton monte
avec les tournées d'anisette.

Il faut jouer des coudes pour arriver jusqu'au fond de la brasserie ou
trônent trois flippers tout neuf et le juke boxe qui alterne Marino Marini,
les Platters, Paul Anka, Bill Halley.

Georges et Robert hurlent à pleins poumons « hey mambo mambo roooock !!!! »

Georges arbore autour du cou un foulard en velours rouge, prise de guerre d'un
fauteuil il du cinéma Colisé, ou tout a volé en éclats lors de la diffusion
du film ;« Graine de violence ».

Je suis arc bouté sur le flipper comme le jockey de ma boite d'allumettes.

-         Qu'est-ce tu bois ? Me lance Marco

-         Une BAO brune avec de la fraise et prends-moi un paquet de
blondes, des Atlas

-         Et toi Robert

-         Un coca Rhum

-         Purée t'attaques fort, tu ne te réserves pas pour la Noché Buéna

-         Non la Noche Buena c'est en famille, bien sage, les pelotas avec
le pin pignon, la poule au pot avec les pois chiches, le turon du dur et du
mou les chocolat, les dates fourrées et après la messe de Minuit au Saint
esprit.

-         Tu vas peut être rencontrer Monique à l'église

-         Déjà me de lio que Roger y tourne autour et en rentrant de l'église
par la rue de la Bastille nous achèterons des taillos pour le petit dej.

-         Et les cadeaux ??

-         Les cadeaux avec le bulletin catastrophique que j'ai ramené du
Lycée

-         Ce soir à la messe prie saint Antoine de Padoue il va peut être t'amener
« souvenirs souvenirs »

-         le dernier disque de Jonhy. ?

-         Ben oui

-         Corre que te dan morcillas !! et arrêtes de secouer la babasse j'ai
presque les points pour le super bonus !

-         TILT !!!!!

De rage je donne un grand coup de poing sur la vitre qui explose dans un
énorme fracas qui me réveille.

Il fait froid, gris mais ce soir toute la famille sera la .

Le foie gras à remplacé les pelotas.mais quel beau rêve, j'ai la chair de
poule et presque les larmes aux yeux.

Joyeux Noël

René


Et puis il y a les Noëls d'aujourd'hui, parfois encore plus beaux:

et bien, cette semaine, ce mardi exactement j'ai joué au Père Noël; ma barbe blanche me le permet et j'en use un peu, sans en abuser ;

C'est une journée triste et froide, la pluie a cessé de tomber depuis un moment sur Marseille et nous sommes devant la porte de notre permanence du 496 rue Paradis à regarder les passants qui vaquent à leurs occupations.
Soudain, au coin de l'immeuble qui jouxte notre permanence, un nouveau promeneur, à première vue il n'a rien de spécial sauf que son regard se porte, à plusieurs reprises sur le panneau indiquant que cet endroit est la Maison de rapatriés ! il passe devant nous, doucement, sa tenue vestimentaire attire notre regard, comme Jean Moulin, il porte un long manteau noir et un chapeau noir également Je ne sais pas pourquoi, je remarque de loin que ses yeux sont clairs.....il passe c'est tout .

Quelques minutes plus tard, alors que nous sommes tous occupés, qui à remettre des jouets de Noël à ceux qui n'ont pas pu venir lors de la remise des cadeaux , qui a répondre au téléphone, qui a tenir la conversation à toutes nos "femmes" qui assurent la permanence et qui nous gâtent avec leurs petits fours, à chacune sa spécialités , voilà que la porte s'ouvre lentement et que l'homme en noir pénètre dans nos murs ; il avance doucement, admirant l'exposition du peintre Faget-Germain , mais son regard est ailleurs .
Nous sentons qu'il cherche un prétexte pour arriver jusqu'à nous et ces toiles sont les bienvenues.

Je vais alors vers lui sourire au lèvres, main tendue, avec l'habituelle question bateau :vous aimez la peinture, l'art orientaliste vous attire .....sur le moment, pas de réponse lui aussi esquisse un sourire timide sourire qui accompagne quelques mots que je saisis à peine, il me semble comprendre .....pied-noir,.... j'ai vu votre panneau ....façade.... et se rendant compte que j'étais allé vers lui main tendue, il sort la sienne de la poche de son long manteau et nous voilà réunis par une poignée de main franche, cordiale, sincère çà se sent tout de suite. Sa main est longue fine ses doigts très minces et nerveux; et alors subitement, il prend un peu d'assurance parle plus fort .......je suis Oranais !

Voilà que brusquement, une douzaine de paires yeux se braquent sur lui et il ne comprends pas, aurait il dit une bêtise !
non, à la mine réjouie de ses interlocuteurs, au chaise que l'on repousse bruyamment pour pouvoir mieux accueillir l'ami, en remarquant que les femmes, coquettes, passent leur main dans les cheveux tirent sur jupes et corsages pour être encore plus présentables, notre homme à compris qu'il est enfin chez lui .

C'est subitement un autre homme, son visage triste à l'arrivée rayonne, ses yeux bleus, je ne m'étais pas trompé, brillent et pétillent de plaisir.
J'ai 60 ans, je viens de prendre ma retraite, très pris ( comme nous tous ) par ma carrière je n'ai pas pensé avant que des association comme la votre existaient !
J'ai quitté Oran très jeune, j'avais 17 ans et je me rends compte maintenant que je suis orphelin de quelque chose, de ma ville de mon quartier de ma rue, des souvenirs de ma maison !

Bon samaritain, vous me connaissez, je lui demande
mais de quel quartier es tu...........(.alors là, devinez!!!)
de la marine, ...vous connaissez.... (il dit encore vous , pas pour longtemps)
avec un grand éclat de rire ......oui un peu mais d'où exactement
de la place de la Perle ! bingo!!! uno de mas !
a partir de là c'est la cacophonie, autour de nous chacun connaît obligatoirement , quelqu'un de cette place
Mais notre ami continue, je suis natif de la rue de Narbonne et après j'ai vécu rue de la vieille casbah ! et après rue Dessaix bingo, deux fois et mon grand-père maçon a construit le Familia et ma grand-mère vendait du poisson au marché Honschott c'était : Victoria il m'a aussi parlé de Nicolasa, et de son oncle, Raymond Ruiz qui travaillait à l'imprimerie Fouque ! Ruiz c'était le nom de sa mère mais , lui je ne vous ais pas encore présenté, cet homme en noir a pour nom : François M, né en 44 - école Paul Doumer puis Ardaillon puis Lamoricière !

ce qu'il y a de formidable c'est que au fur et à mesure que nous rentrions dans son passé, qu'il constatait que nous connaissions tout de son entourage de ses rues, écoles, marchands de glace et de tout le reste, au lieu d'extérioriser sa joie, il emmagasinait toutes nos nouvelles, nos histoires, j'avais comme l'impression qu'il se recroquevillait sur lui même, alors que les femmes présentes lui offraient café, nougat mantécaos...... pour le détendre un peu;

j'ai alors pensé au texte de José sur la marine, pas celui de jo Bru, ce n'était pas son quartier; quelle mouche m'a piqué, j'en ai fait une copie , pour lui Françou, c'était son surnom.....là bas
En m'approchant de lui, j'ai remarqué que notre sapin de Noël l'éclairait de toutes ses lumières et en lui remettant ces quelques feuillets, que c'était un présent, comme les rois mages ;
ne connaissant pas la teneur de ce texte, il m'a remercié avec un sourire et il a commencé la lecture du texte de José.
j'ai alors vu sa tête dodeliner, doucement elle semblait dire ...oui.....oui... lorsque le passage de la rue de Narbonne est arrivé, il a dit doucement, c'est çà, c'est çà, et une de ses mains c'est posée sur son coeur comme pour l'empêcher de battre trop vite , pour l'empêcher de s'évader de cette cage pour retourner là bas , loin dans son pays !

sa lecture terminée, il a posé les feuillets délicatement, devant lui et, en nous regardant tous, il nous a déclaré:
c'est le plus beau cadeau de Noël que j'ai jamais reçu ! Il était ému, nous aussi, et comme toute bonne histoire, nous nous sommes promis de nous revoir bientôt......pour continuer à parler d'Oran


Aujourd'hui, 26 décembre 2007, à l'occasion d'une mise à jour, je constate que j'ai omis de mettre le nom de l'auteur du texte ci-dessus !.... Mais qui est-ce ? S'il se retrouve, qu'il me le signale pour me permettre de réparer cette injustice.
Il s'est immédiatement reconnu: ce texte porte aussi la signature de Guy MONTANER §



Et si vous voules vous mettre simplement dans l'ambiance de Noël en écoutant des chants merveilleux délivrés par une chorale d'enfants, suivez le conseil de notre ami Antoine ORSERO:
allez sur ce site et mettez vos haut parleurs! C'est magnifique! des chorales de Noël animées! - Antoine

http://www.csdraveurs.qc.ca/musique/noel/default.htm


Les étrennes Ce terme d'étrennes était plus facilement dédié aux fêtes de la nouvelle année, mais s'emploir t aussi pour toute cette période de fête où l'on s'échange des cadeaux. Je vous propose de revenir, longtemps, longtemps en arrière à une époque où la plupart d'entre nous n'étaient pas encore de ce monde....
Allons faire un tour à la Galerie Pérez... et poussons la porte de la Librairie MANHES:



vous y trouverez un grand choix de livres pour enfant à offrir au moment des fêtes:



et parmi eux des "nouveautés" qui n'avaient pas encore pris une ride lorsque nous les avons reçus quelques 20 ans plus tard pour certains...
Qui n'a pas lu "Les petites filles modèles", "Le bon petit Diable" ; ou "Ivanhoé" ?


Les documents de la librairie Manhès font partie de la collection de Me Maryse Saurel.