Qu’il
était beau notre boulevard Oudinot.
A
lui seul, c’était tout un village.
Il
n’y manquait rien, il avait du bagage.
Tout
y était bien, même le voisinage.
A
hauteur de la place Kléber il prenait sa source,
Place
des Quinconces il terminait sa course,
Après
avoir viré à gauche, a proximité du campement,
Là
ou se trouvait le kiosque de SORIANO
Qui
nous faisait les bons « Taillos »
Et
où débouchaient les rues Larrey,
Du
vieux Château, de l’hôpital, Sediman.
De
l’autre côté c’était la rue de la Prefecture.
Ce
grand bâtiment la bordait majestueusement
Et
lui donnait belle allure.
Après
Le virage, débouchait la rue d’Alger,
Un
peu plus loin l’impasse Porthos
Puis
la rue de Rome à l’angle de laquelle
Se tenait
la pâtisserie des parents à notre ami SCHROETER
Qui
était mitoyenne avec le garage MOLLA.
En
face de ces commerces, il y avait « Notre FAMILLIA ».
C’est
vers celui-ci que les samedi et dimanche
Convergeaient
des familles complètes en « Tralala »
Pour
assister à Nos Belles soirées de Cinéma.
Le
lendemain Lundi, c’était le cœur gai,
Que
chacun prenait le chemin de l’école ,du
bureau ou de l’atelier.
Après
le Familia, il y avait l’épicerie de MEDINA
Le
talentueux arrière de notre équipe de football : l’A.S.M.O
Qui
faisait une paire idéale avec TONO FRUTUOSO.
Puis
suivait le « Nueva Ibensa »
Où
l’on dégustait les bonnes « Crèmes » de l’été.
En
face était la Librairie tenue par Madame HERNANDEZ
Où
toutes les semaines, nous attendions , impatients, que paraissent,
Les :
Aventures, Hurrah, L’aventureux, Jumbo,
Pour
suivre les exploits de nos heros,
Le
Fantôme du Bengale, Raoul & Gaston,
Brick
Bradford, les Rois de la police montée,
Rip
Kirby et bien d’autres qui nous faisaient réver
Il
y avait aussi la boucherie Léal, si mes souvenirs sont exacts
Le
coiffeur « El Tio massacré »
D’où
nous sortions la tête pleine « d’esquilones ».
On
y allait une fois mais il ne nous revoyait plus.
Surtout
que coiffé de la sorte, on était la risée du quartier.
Un
peu plus loin, c’était la boutique à Kalfon
Qui
fournissait le quartier en robes et pantalons,
Puis
à l’angle de la rue de la Préfecture, se trouvait PIERNET
Le
pharmacien à l’allure aristocrate.
En
face se tenait le Bar LAGIER
Qui
était mitoyen avec l’immeuble que j’habitait,
Ce
dernier avait aussi une issue rue de Madrid.
Juste
à côté existait l’épicière que l’on
surnommait La Chinoise
« Because »vous
avait deviné pourquoi.
Plus
bas, le bar JANNOT siège du S.L.S.O
Equipe
rivale de l’A.S.M.O, qui évoluait en promotion
Et
dont les joueurs fétiches se nommaient HADJ et CABOLO
Cette
équipe n’a jamais pu monter en division d’honneur
A
cause de ses affinités politique, disait-on.
Venait
ensuite le Magasin de «JUSTICO » le plombier.
Il était
toujours de travail débordé
Si on avait
besoin de lui, il fallait pas être pressé.
Après les
escaliers qui menaient rue de Madrid
Il y avait
l’immeuble cossu au premier étage duquel
Le Docteur
CHARLES avait son cabinet
Et si je me
rappelle bien, je pense que c’était le seul au quartier
On était
rarement malade, à l’époque, on était pas remboursé.
Je ne
terminerai pas sans évoquer le souvenir de monsieur CARASCO
Le père de
mon ami Clément dont la silhouette faisait partie du décor
Ayant été
pendant de nombreuses années Planton à la Préfecture.
Voilà, avec
ces quelques lignes, résumées,
La rue de nos
rêves d’enfant,
La rue que
nous parcourions en tous sens sans nous lasser,
La rue où
nous n’avions d’autres ambitions
Que de
travailler et vivre en Paix
Que l’excuse
me soit faite pour avoir oublié quelques commercants
L’Alicantino
et sa Calentica, l’épicerie de « l’espagnol »CANOVAS
Le boulanger
CAMARA, le cordonnier RUIZ, et
l’estanco La Civette
L’alpargatero
MARTINEZ