Roland Garcia, dit Justico nous transmet le message suivant:

En classant des archives, de mon père, défunt, j'ai retrouvé un article relatant la vie du Boulevard Oudinot, dans le quartier de la Marine.

Certes, cela va interesser les gens de la Marine ; José, Henri, surement Claude qui est, un peu de la Marine, mais peut-être également vous les Oranais et Oranaises qui êtes curieux des histoires du passé...!

Le Bd Oudinot et La Marine

Qu’il était beau notre boulevard Oudinot.

A lui seul, c’était tout un village.

Il n’y manquait rien, il avait du bagage.

Tout y était bien, même le voisinage.

A hauteur de la place Kléber il prenait sa source,

Place des Quinconces il terminait sa course,

Après avoir viré à gauche, a proximité du campement,

Là ou se trouvait le kiosque de SORIANO

Qui nous faisait les bons «  Taillos »

Et où débouchaient les rues Larrey,

Du vieux Château, de l’hôpital, Sediman.

De l’autre côté c’était la rue de la Prefecture.

Ce grand bâtiment la bordait majestueusement

Et lui donnait belle allure.

Après Le virage, débouchait la rue d’Alger,

Un peu plus loin l’impasse Porthos

Puis la rue de Rome à l’angle de laquelle

Se tenait la pâtisserie des parents à notre ami SCHROETER

Qui était mitoyenne avec le garage MOLLA.

En face de ces commerces, il y avait « Notre FAMILLIA ».

C’est vers celui-ci que les samedi et dimanche

Convergeaient des familles complètes en « Tralala »

Pour assister à Nos Belles soirées de Cinéma.

Le lendemain Lundi, c’était le cœur gai,

Que chacun prenait  le chemin de l’école ,du bureau ou de l’atelier.

Après le Familia, il y avait l’épicerie de MEDINA

Le talentueux arrière de notre équipe de football : l’A.S.M.O

Qui faisait une paire idéale avec TONO FRUTUOSO.

Puis suivait le « Nueva Ibensa »

Où l’on dégustait les bonnes « Crèmes » de l’été.

En face était la Librairie tenue par Madame HERNANDEZ

Où toutes les semaines, nous attendions , impatients, que paraissent,

Les : Aventures, Hurrah, L’aventureux, Jumbo,

Pour suivre les exploits de nos heros,

Le Fantôme du Bengale, Raoul & Gaston,

Brick Bradford, les Rois de la police montée,

Rip Kirby et bien d’autres qui nous faisaient réver

Il y avait aussi la boucherie Léal, si mes souvenirs sont exacts

Le coiffeur « El Tio massacré »

D’où nous sortions la tête pleine « d’esquilones ».

On y allait une fois mais il ne nous revoyait plus.

Surtout que coiffé de la sorte, on était la risée du quartier.

Un peu plus loin, c’était la boutique à Kalfon

Qui fournissait le quartier en robes et pantalons,

Puis à l’angle de la rue de la Préfecture, se trouvait PIERNET

Le pharmacien à l’allure aristocrate.

En face se tenait le Bar LAGIER

Qui était mitoyen avec l’immeuble que j’habitait,

Ce dernier avait aussi une issue rue de Madrid.

Juste à côté  existait l’épicière que l’on surnommait La Chinoise

« Because »vous avait deviné pourquoi.

Plus bas, le bar JANNOT siège du S.L.S.O

Equipe rivale de l’A.S.M.O, qui évoluait en promotion

Et dont les joueurs fétiches se nommaient HADJ et CABOLO

Cette équipe n’a jamais pu monter en division d’honneur

A cause de ses affinités politique, disait-on.

Venait ensuite le Magasin de «JUSTICO » le plombier.

Il était toujours de travail débordé

Si on avait besoin de lui, il fallait pas être pressé.

Après les escaliers qui menaient rue de Madrid

Il y avait l’immeuble cossu au premier étage duquel

Le Docteur CHARLES avait son cabinet

Et si je me rappelle bien, je pense que c’était le seul au quartier

On était rarement malade, à l’époque, on était pas remboursé.

Je ne terminerai pas sans évoquer le souvenir de monsieur CARASCO

Le père de mon ami Clément dont la silhouette faisait partie du décor

Ayant été pendant de nombreuses années Planton à la Préfecture.

 

 

 

Voilà, avec ces quelques lignes, résumées,

La rue de nos rêves d’enfant,

La rue que nous parcourions en tous sens sans nous lasser,

La rue où nous n’avions d’autres ambitions

Que de travailler et vivre en Paix

 

 

Que l’excuse me soit faite pour avoir oublié quelques commercants

L’Alicantino et sa Calentica, l’épicerie de « l’espagnol »CANOVAS

Le boulanger CAMARA,  le cordonnier RUIZ, et l’estanco La Civette

L’alpargatero MARTINEZ

 

 

 

Récit d’André NICOSIA du 27 mars 1991 fait à Marseille