La S.O.T.A.C.


Avec l'aimable autorisation de M. JOURNAU, un lecteur ami, Georges PASTOR, m'a transmis divers documents relatifs à la célèbre entreprise de transport oranaise, ce qui m'a permis d'écrire cette page de présentation qui commence avec un livret élaboré à l'occasion de l'inauguration du nouveau garage atelier en 1956



PREFACE


Il est de tradition qu'une installation industrielle ou commerciale nouvelle entraîne une séance d'inauguration.

En ce qui concerne le garage-atelier de la S.O.T.A.C. il est rompu, avec cette coutume.

Que les traditionnalistes nous excusent de faire une entorse à une habitude qui a pris dans nos mœurs presque force de loi.

Dans les circonstances présentes, nous avons préféré résumer dans un opuscule ce que nous aurions exposé, verbalement, au cours d'une réunion.

Vous réaliserez notre désir en ne lui donnant pas, d'emblée, asile dans votre corbeille à papiers - comme il en advient souvent des brochures qu'on tient, par avance, pour soporifiques.

Lisez cet historique illustré ou, tout au moins, parcourez-le, si vous croyez intéressant de savoir dans quelles conditions est née la S.O.T.A.C. ; quelles ont été les principales étapes de sa croissance momentanément contrariée par les émanations des gazogènes et enfin ce qu'elle est, aujourd hui, avec la collaboration d'un personnel fidèle et dévoué auquel il nous est très agréable de rendre hommage.

LE CONSEIL D'ADMINISTRATION.


Cette inauguration a bien, eu lieu le 12 juillet 1956 avec un repas dans les locaux de l'entreprise.





Le livret dont nous disposons fait l'historique de la vraie naissance de la SOTAC


La S. O. T. A. C.


C'est la Compagnie des T.O. qui, en vertu d'une concession, était titulaire, avant 1939, de la ligne Oran - El-Ançor. Elle exploitait le tronçon Oran - Turck, au moyen d'un tramway électrique.

En même temps que fonctionnait ce mode de locomotion, roulaient des camionnettes de très petite capacité et laissant beaucoup à désirer du double point de vue confort et sécurité.
Il est de notoriété publique que, tant en ce qui concerne le tramway, qui, en raison des croisements, mettait un temps appréciable à couvrir les 16 kilomètres qui séparent Oran de Turck, qu'en ce qui concerne les camionnettes qui constituaient un véritable danger public, la Corniche oranaise était insuffisamment desservie.
De plus, l'exploitation de la ligne Oran - Turck par la Compagnie des T.O., accusait un déficit.

Donc : public mal desservi et perte importante annuelle pour le département, c'est-à-dire pour la collectivité. Le département se trouvait alors devant cette situation : exploi- tation déficitaire de la ligne Oran - El-Ançor et mécontentement des usagers.

La solution rationnelle était de résilier la concession des T.O. et d'Instituer sur le parcours Oran - El-Ançor un mode moderne de transport routier.

Comme la législation sur la Coordination des transports ferroviaires et routiers lui en donnait le droit, le département décida de résilier la convention des T.O. et de racheter toutes les petites entreprises routières.

M. BOUJARD Préfet, convoqua alors les dirigeants actuels de la S.O.T.A.C. et leur demanda s'ils seraient en mesure de remplacer, dans le délai d'un mois, le tramway et les camionnettes.
Après plusieurs séances de travail d'une Commission départementale spéciale présidée par M. BORDERES, on en vint, assez rapidement, aux conclusions suivantes :

1° le département rachèterait la concession des T. O. aux conditions fixées dans la dite concession. Celle-ci allant jusqu'en 1973, chaque année le département payerait aux T.O. l'indemnité de résiliation, soit environ 80.000 francs.

2° la S.O.T.A.C. verserait annuellement au département la somme de 100.000 francs destinée à couvrir - et au-delà - le montant dû chaque année par le département aux T.O. jusqu'en 1973, date de la fin de la concession.
De sorte que, non seulement le département adoptait le mode de transport le plus favorable au public ; non seulement il mettait fin à un déficit qui allait en augmentant d'année en année ; mais encore il s'assurait - fait sans précédent - une subvention annuelle versée par la Société avec laquelle il traitait.

3° un contrat fixerait les droits et les obligations de la S.O.T.A.C, contrat dont la durée serait équivalente à celle de la concession, c'est- à-dire jusqu'en 1973.

C'est ainsi que le Département, faisant confiance à des hommes qui avaient déjà donné la mesure de leurs capacités en matière de trans- ports routiers, signa avec les intéressés, le 21 juin 1939, un contrat valable jusqu'en 1973.

D'où il résulte que sur la durée du contrat, 17 années sont déjà passées et que 17 autres sont encore à courir.

Ayant signé son contrat avec la Préfecture le 21 juin 1939, la S.O.T.A.C. assurait ses services d'Oran à El-Ançor dès le 1" juillet 1939, soit 9 jours après la conclusion de l'accord, avec 22 cars.

Suivent quelques détails techniques et financiers que l'on peut lire sur le fichier pdf en cliquant ici

PARC DE LA S.O.T.A.C.
Quelques jours à peine avaient été laissés à la S.O.T.A.C. pour se mettre en mesure de remplacer les T.O. et les camionnettes qui assuraient concurremment les transports de voyageurs sur la Corniche.
Comme il ne pouvait être question de recevoir à temps du matériel roulant neuf, force fut de se rabattre sur des cars d'occasion, les 12 Berliet commandés aussitôt après la signature du contrat ne pouvant être livrés que deux mois plus tard.

Au début, le parc de la S.O.T.A.C. se composait de :
  • - 3 Unic.
  • - 12 Panhard.
  • - 1 Chenard.
  • - 3 Citroën.
  • - 3 Renault.

Soit 22 cars généralement de petite capacité.

Au fur et a mesure des possibilités, la S.O.T.A.C. est parvenue à constituer un parc capable d'assurer tous ses services, même les jours de pointe en été, malgré les ravages de la réquisition.

Et c'est ainsi qu'à l'heure présente, le parc de notre société est tel, qu'il est en mesure, non seulement d'assurer ses services réguliers, mais encore de répondre à des demandes massives de services exceptionnels.


Ainsi SOTAC travaille dès sa crétion pour divers organismes officiels:

  • Marine nationale et entreprises contractuelles (2000 personnes/jour)
  • Desserte base de Lartigue
  • Service de santé militaire
  • Armée de terre pour les mouvements de troupes
Dans ce cadre, et sans abandonner ses services réguliers, SOTAC est capable de réunir 31 cars simultanément entre Oran et Kébir:


Un convoi de 31 cars est prêt à prendre la route pour Kébir. En face des 13 qui sont visibles ci dessus, 18 autres sont &galement au départ.

Le convoi est maintenant organisé.


et à Mers el Kébir se dirige vers l'Athos,


où ils s'alignent près du bâtiment avant d'effectuer leur transport vers divers points du département.




Les jours d'affluence


Les dimanches et les jours fériés - notamment pour les journées du 14 juillet et du 15 août - l'affluence est considérable.



Un exemple : le dimanche 5 Août 1956, le total de voyageurs transportés entre 6 et 21 heures 30 s'est élevé - selon un contrôle indéniable de billets vendus - à 22.187.

Pour l'Assomption, le nombre de voyageurs qui empruntent les cars de la S.O.T.A.C., chaque année, oscille autour de 30.000.

Bien que les usagers qui partent la veille du jour de fête et pendant toute la journée rentrent, tous en même temps, à Oran le soir entre 19 et 20 heures 30, les dispositions prises et l'importance du parc mis en service permettent que l'évacuation soit intégralement réalisée avant 21 heures.

Pour assurer cette évacuation rapide, tous les Chefs de service administratifs et tous les Contrôleurs ont des postes fixes d'où ils peuvent prendre, séance tenante, toutes mesures utiles, tandis que des agents font, en outre, la navette entre les différentes stations auxquelles ils donnent les indications nécessaires pour que les cars soient canalisés là où il convient de les envoyer.

Ainsi, quelle que soit l'affluence des jours de pointe, la méthode employée a pour conséquence d'éviter que, comme il était arrivé dans le passé, les voyageurs attendent leur tour de rentrée jusqu'à une heure très avancée de la nuit.



Les Fêtes à la S.O.T.A.C.


Chaque année, les enfants du personnel sont conviés à un arbre de Noël.



C'est dans un cirque que s'est déroulée en 1954 la fête de Noël.
Il est procédé à une distribution de joeuts et de friandises
aux enfants du personnel

Les enfants S.O.T.A.C. n'oublient jamais d'inviter à leur fête leurs petits camarades de l'Orphelimant départemental de Misserghin.



La S.O.T.A.C. a aussi créé d'autres activités en marge du transport local
  • Le Tourisme, d'abord local, puis plus éloigné avec les circuits de le Ligue Française de l'Enseignement.( cliquer " ici " )
  • Les pèlerinage à La Mecque ( cliquer sur l'image )






Revenons en maintenant au nouveau garage, objet de cette inauguration:

Chaque image peut être agrabdie en cliquant dessus)

La Façade comporte un pylone de 38 m de haut qui porte les couleurs et l'enseigne de la S.O.T.A.C.
Les bâtiments sont modernes. A gauche du portail se trouve un bureau de renseignements et la salle de service
sur 3 façades on compte une trentaine de boxes pouvant recevoir chacun 2 véhicules
Que sont devenus ces bâtiments ? Ils semblent encore en très bon état en 1989: cliquer "ICI"




La Station Béryl qui distribue essence, gaz oil et lubrifiant.
Elle est raccordée à des réservoirs renfermant 20.000 litres d'eau de pluie en cas de coupure de la fourniture d'eau
La station de contrôle Diesel
L'atelier électrique
et en particulier la charge des batteries
Atelier de carosserie
On peut même y fabriquer entièrement des carosseries neuves
Magasin de pièces détachées Atelier de peinture
Atelier de mécanique Forge et Atelier Radiateur
Atelier de polissage
permet de lustrer un car en moins de 3 heures
par un seul homme
Fosses de graissage pour 2 véhicules
Le poste de lavage des véhicules.... et celui des hommes !
Lavabos et une dizaine de douches


La dernière page de la petite brochure éditée pour l'occasion comportait cette inscription assez plaisante:

Si vous avez eu la ténacité de lire cette brochure
jusqu'au bout - ce dont nous vous remercions cordialement -
vous avez pu vous faire une idée de l'activité de notre Société,
dont la réussite est due aux méthodes de sa direction
et au dévouement de son personnel.

Et c'en est fini de cette manière de reportage
illustré sur la S.O.T.A.C.

LA DIRECTION.


Je ne peux pas mettre en doute les affirmations de la direction de la SOTAC, et pourtant, en ce qui concerne la dernière phrase, je me permets de rappeler qu'il y avait déjà sur ce site - et déjà grâce à M. JOURNAU et à Georges PASTOR - d'autres renseignements concernant la SOTAC sur une page consacrée à la corniche oranaise...
Voir: "Chapitre IV : La Corniche Oranaise "

et un article concernant la nomination de M. Maurice JOURNAU au grade de Chevalier de la légion d'honneur
cliquer sur "Légion" La récupération de ce texte au format pdf a provoqué quelques défauts que nous vous prions de bien vouloir excuser

Et pour conclure (peut-être....) trois documents inédits:

L'écusson porté par tous les contrôleurs de la S.O.T.A.C.


Visite de M. Jacques SOUSTELLE
Gouverneur Général
Au stand SOTAC - Foire d'oran 1955

il est accompagné de M. Jean JOURNEAU et entre eux on peut reconnaître le directeur de l'écho d'Oran
M. Pierre LAFFONT



M. Jacques SOUSTELLE

visite l'un des cars exposés