Ils se souviennent et en parlent librement:




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Il suffit parfois d'un déclic pour enchaîner les souvenirs.

"L'Abbé LAMBERT"

J'ai trouvé une photo dans les archives de mes parents qui date du 14/07/1936... on y voit un défilé à Oran, essentiellement de femmes ,qui portent un ruban tricolore sur la poitrine et qui défilent en levant le bras droit....


ce défilé m'a intrigué.....
Est-ce une manifestation de fachistes contre le front populaire ? est-ce lié à l'article ci-dessous tiré de ce site:

http://www.tamurth.net/article.php3?id_article=116

La crise viticole des années 34 et 35 favorise la création de fronts paysans et la campagne du Front Populaire sert également de prétexte à une nouvelle et vigoureuse poussée d'antisémitisme.

A Oran, le maire, l'ex-Abbé Lambert, prêche, coiffé du casque colonial et ceint de l'écharpe tricolore, la mobilisation générale contre les juifs et le Front Populaire. Fondateur des "amitiés Lambert", il reprend la politique anti-juive des " unions latines" et désigne le Front Populaire comme une manifestation d'impérialisme juif. Or ce dangereux démagogue, idole de la plèbe oranaise, déchaîne l'enthousiasme à chaque discours . Son buste, vendu 3 francs se trouve dans toutes les maisons oranaises ; c'est paraît-il une précieuse amulette pour les femmes en couches.
Françoise

Tu as raison l'Abbé Lambert été très célébre à l'époque Il été invité au mariage de mes Parents par mon Grand-Père paternel qui travaillait à la mairie, le mariage a eu lieu .en juin 1937 dans un restaurant au Bd Gallienni plus-tard sous ce restaurant il y a eu une boite qui s'appellait le "Whisky à gogo". Donc au mariage de mes Parent pendant le repas un mari jaloux est rentré et a tiré sur l'abbé Lambert qui a été blessé, tu parles du scandale le lendemain l'Echo D'Oran en a parlé et les jeunes mariés étaient très gênés; mes parents, des années plus tard racontaient cet événement c'est pour cela que j'ai des souvenirs;

Par contre je me rapelle personnellement que toute petite j'ai défilé avec d'autres enfants en chantant la Marseillaise et aussi la chanson pour Pétain "Maréchal nous voilà" j'étais habillé comme tous les autres enfants jupe bleu-marine, chemisier blanc et cocarde sur le coté gauche. moi je suis née en 1938 donc c'était surement en 40 c'est fou comme je peux me souvenir des choses qui m'ont marqué ma mère avait la main très leste et aussi le martinet facile et après une fessée elle me faisait asseoir sur un petit fauteuil en osier et elle me disait "tu ne pleures pas, tu chantes maréchal nous voilà pour que les voisins ne voient pas comme tu es méchante et c'est comme ça qu'elle m'a fait apprendre la chanson. Est-ce que tu comprends pourquoi je suis contre l'antisémitisme. au point de faire des recherches!!!!!!
Nicole.0




"Un Rêve:"

J'AI FAIT UN REVE QUI M'A MENE LOIN DANS LE PASSE ( dessin qui suit), ET ECRIT CES QUELQUES LIGNES QUI M'ONT RAMENE A LA REALITE:

SANS LUNE, SANS ETOILE ET SANS BRUIT
UNE NUIT EST TOMBEE SUR SAINT- LOUIS
UNE NUIT QUI NE VERRA JAMAIS LE JOUR
SUR SA VIE, SON HISTOIRE, SES AMOURS
HENRIQUE DES BAS-QUARTIERS http://www.hotkey.net.au/~oranmessouvenirs




"Le foot"

En lisant mon journal rubrique sportive, je repense à un gros titre de l'Echo d'Oran concernant le tirage au sort de la coupe de France.
Notre cher S.C.Bel Abes était tombé sur le F.C.NANTES. Notre chauvinisme, dieu sait s'il était grand, nous permettait de croire qu'on pouvait battre n'importe qui.Un peu comme le public de Marseille.

Le journaliste en question avait titré :
Pauvre F.C.NANTES.
Résultat du match : 4 à O pour Nantes.

C'était quand meme beau d'y croire.
Les anciens doivent certainement s'en souvenir.
ANDRE.

il y a sur VO de fidèles supporters du SCBA. J'en étais un moi aussi et je me souviens que parfois le dimanche à la plage, quand la voiture n'était pas trop éloignée du parasol... je remontais jusqu'à elle pour écouter les matchs du SCBA sur la radio que mon frangin, passionné d'électronique, avait fabriquée. C'était assez énorma quand on compare avec les postes modernes intégrés dans les planches de bord de nos voitures....! Rien que le boitier d'alimentation avait la taille d'une boite à chaussures et était planqué sous le capot de la traction. Le poste lui même était sous la boite à gant, car il ne rentrait pas dedans, mais le passager avant ne devait pas avoir de trop grandes jambes pour pouvoir caser ses genoux...!

Pour revenir au SCBA, je ne me souviens malheureusement pas de ce match contre les Canaris. En quelle année était-ce ? En tout cas à une époque où les clubs algériens disputaient la Coupe de France puisque, a priori, nous vivions en France.... plus pour longtemps hélas !
Jean Claude

Oui, pour revenir au SCBA, j'ai souvenir d'un arrière central qui s'appelait CANO. il était intraitable et si on devait faire une comparaison, c'était le "Desailly" de son époque.
Bien sur il y avait les Derby SCBA/USMBA ou les match de coupe d'AFN
Claude

Un autre souvenir de foot qui sort de l'ordinaire....
Il ne s'agit pas d'une équipe de professionnels mais d'une photo souvenir d'un match mémorable entre le barreau des avocats d'Oran contre les magistrats ( ceux ci ne sont pas sur la photo)..
L'épreuve provient des archives du père de Pierre BARISAIN, qui aura 104 ans dans le courant du mois de janvier 2006. Elle a été prise en 1938 ! Joli souvenir:



En haut de G à D: Jammes, Capisano, Paul Karsenti; Ciavaldini, Dufour, Macé.
En bas, de G à D: Alfred Djian, Lacombe, Luglia ( Marius), Barisain ( Paul), Mény (?).


"La TEJERA"

Qui peut me dire où se trouvait à Oran, la tajera....c'est une amie qui se souvient de cette plage lorsqu'elle avait 8 ans, et je ne sais où elle se trouvait Quand l'une d'entre nous demande des informations , personne ne se fait prier et nous avons vite trouvé des connaisseurs:

Pour moi, la Tejera était cet endroit magnifique situé au pied de canastel... et qu'il fallait mériter.
Je me souviens en effet dans les années 68/70 (j'avais 14-15 ans), nous organisions des journées pêche sous-marine et ligne. Nous étions une bande d'ados et de moins jeunes qui n'avions pas froid aux yeux pour atteindre le bord de mer en descendant à partir de Canastel ce chemin sinueux qui nous menait à cette partie du littoral vraiment préservée... puisque ne bénéficiant pas de route d'accès ! On y trouvait une barrière de rochers arrondis qui formait alors ce que nous appelions "la piscine". Un bassin naturel abrité des vents d'est / nord et des vagues. Nous nous en donnions alors à coeur joie : baignade, pêche etc... L'eau y était tellement propre et transparente ! Je me souviens de magnifiques prises de "tapaculos" dont on se régalait en friture.
Mais comme toute bonne chose, il y avait une fin. Comme il ne fallait pas râter le car qui venait de Kristel et qui nous ramenait à Oran, nous nous mettions alors en route en fin d'après-midi et remontions ce chemin escarpé, certes délestés de quelques casse-croutes mais alourdis par la pêche et puis par les heures de baignade. Quand je pense aux kilos de matériel de plongée, sarnachos etc.... je me dis que nous avions vraiment la foi ;o)))
Je vous laisse donc imaginer dans quel état nous nous trouvions arrivés sur la crête de Canastel (en passant devant la grotte de la vierge...). Il nous est arrivé, trahis par nos montres, notre insouciance et accablés de fatigue de manquer notre car... Le chemin du retour se fit alors ... en stop et à pied.
Le téléphone portable n'existant à l'époque que dans les romans d'anticipation, vous pouvez vous faire une idée de l'inquiétude de nos parents ! Mais il n'y avait presque pas d'insécurité dans l'Algérie de cette époque et nos aventures Tejeresques se sont toujours bien terminées.

Par ailleurs, mon père a souvent eu l'occasion de me raconter ses journées à la Tejera mais en accédant par la mer. Après une pêche dont que vous pouvez imaginer (Besoughs, sarans etc....), ils accostaient pour vider le poisson et le faire cuire sur des toles. Et bien entendu, il n'y avait pas de journées à la Tejera sans anisette et sieste dans leur cabanon.... Cela remonte avant l'indépendance... Que du bonheur !

Je me souviens d'ailleurs des vestiges de ces cabanons dont les murs résonnaient encore des rires et des "bolas" ... peut-être de certaine d'entre vous !
Tout a été méthodiquement sacccagé ....mais nos souvenirs sont intacts et ces images font probablement partie du film que l'on est sensé se repasser à l'heure du grand départ ... J'ai eu beaucoup de bonheur à vous faire partager une tranche de mon adolescence dans cet endroit magnifique qu'était la Tejera. J'espère avoir été en tout cas utile à ceux qui nous ont interrogés sur sa localisation....
Nostalgie, quand tu nous tiens ...
Dan Leclercq


pour mémoire, il y avait dans ce coin une série de petites plages ou criques, la cueva del agua, les genets, les cagnarettes la sablière, pas loin de la tejera où il y avait une fabrique de tuiles! mais l'endroit dont on parle souvent et que peu de gens connaissaient c'était : la playica del nabo !cet endroit a disparu avec l'extension du port , on l'aperçoit encore sur de vieilles cartes postales, en bas du ravin de la mina, pas loin de l'ancien fort sainte thérèse, lui mêmme situé au bout de la rampe valés dans le virage de l'usine à gaz ;un tunel permettait au train de rejoindre le port principal - mon ami Amédée Moréno donne quelques précisions dans son livre le parler d'oran : cette plage était une petite anse ouverte sur la mer . on l'appelait " playica del nabo " ( plage du navet ) parcequ'elle était fréquentée par les nudistes.par force, comme ils n'avaient pas de maillot, , après le bain, ils se recouvraient le corps de sable, ne laissant dépasser que le se! xe tout blanc, tel un navet, d'où le nom donné à cet endroit !! voilà, c'était juste une info !
Guy Montaner


nous avons chez les vo des spécialistes pour répondre à la question mais je peux m'aventurer à dire que la Tejera se trouvait au pied des falaises de gambetta,sur la droite - il y avait une petite gtotte et un filet d'eau qui allait à la mer , d'où son nom ! a ce sujet,j'ai répéré dans tous les messages des vo la chanson , le tube, que jc a fait passer ! les paroles ..... c'est dantesque !! la tejera était plus loin vers l'aplomb de Canastel et d'aprés les dires de Moréno, le sentier creusé dans la falaise auquel il fait référence dans dans son texte, aurait été tracé par les américains qui avaient à Canastel une batterie de 420 à surveiller et comme le temps leur paraissait long, la mer proche, ils avaient fait ce sentier -
Guy


au sujet de la Téjera. Vous pourrez voir ci dessous, une photo de la Téjéra, ou du moins de la partie haute avant l'accès de la descente aux cabanons, où était situé le terrain de volley et autres activités.
On y aperçoit bien entendu le terrain au premier plan, mais aussi au second plan les premiers cabanons du haut et au fond la mer. cette photo date de l'été 1960.
Nous y allions régulièrement, aimablement invités par la famille Sanchez qui habitait la rue Cavaignac, non loin de l'école Jules Renard. Nous formions une petite "bande" sympathique dont faisait partie Jean-Louis, fils de la dite famille Sanchez.
Au sujet de la Téjéra, il existe une association des anciens de cet endroit. Je vais faire des recherches pour vous communiquer les coordonnées des responsables.
Michel Gonzales




La rue Adolphe Cousin

"Callé dé la cagarruta" Autrement dit en français " rue des crottes" Pourquoi? Parce que quand Oran se limitait à La Marine, il existait à l'emplacement de la future rue d'Azoff devenue rue Adolphe Cousin, un sentier emprunté par les troupeaux de chèvres et moutons. Comme dans beaucoup de cas, un peu partout, ce passage a été de plus en plus fréquenté et lorsque la ville s'est étendue vers le haut, le sentier est devenu un chemin puis une rue. Les chevriers continuaient à l'emprunter et les chèvres laissaient évidemment leurs "traces" d'où le surnom de cette rue. D'ailleurs, les chevriers, moins nombreux bien sur, ont continué à y passer jusque dans le milieu des années 40. et j'ai eu la chance étant enfant de pouvoir déguster ce lait que les ménagères achetaient directement "sur place". C'est pas beau çà ! Du producteur, ou de la productrice, au consommateur.
Michel GONZALEZ


Le Patronage N.D. de France
Le patronanage ND de France se trouvait à côté du passage Déromagne, qui se trouvait entre la rue Pascal et la rue Lamoricière. (Ce passage reliait la rue de Mostaganem à la rue du Fondouck) L'entrée se situait rue de Mostaganem donc, en retrait, au bas d'un passage d'une vingtaine de mètres environ. C'était là que se trouvait aussi les installation de la "Soupe populaire" où venaient se nourrir les nécessiteux. Nous avions à notre disposition l'immeuble de trois étages, la cour et la salle de théatre. Justement dans cette salle où des années avant avec Michelle (LAVOCAT ep Le GALES) nous participions à la Pastorale où Michelle officiait en ange. Moi aussi d'ailleurs, puis en berger.
Michel GONZALEZ




Cinéma
je viens de retrouver un très vieux portefeuille et j'ai trouvé dedans ce ticket daté donc je suis allé à l'Escurial le 5/04/62, et 2 mois plus tard j'étais déjà à Villedieu-les Poêles (c'est dans la Manche).( C'est la réflexion qui m'est venue à l'esprit)
Jean Boussommier



Il est bien loin le temps où nous pouvions aller au cinéma pour 3, 20 Francs, même nouveaux !...
Jean Claude PILLON
Le studio des jeunes à Oran


A Oran, j'ai vécu avec mes parents instituteurs, dans une école du quartier Lamur (école Belhadri Smaïn). Mon frère et moi fréquentions l'école du plateau Saint-Michel. J'ai eu pour enseignants M. Maury en CM1 et M. Eckman, une cigarette toujours dans la bouche, en CM2. Plus tard, nous avons déménagé à l'école du Ravin Ras el Aïn et j'ai suivi les cours du lycéc Ardaillon.

Nous allions tous les dimanches au Studio des jeunes, ce cinéma fonctionnant sous la tutelle du patronage du plateau St-Michel. La salle, autant que je m'en souvienne, était toujours comble et il convenait de faire la queue assez tôt. Les documentaires, par contre, n'obtenaient pas grand succès auprès du jeune public que nous constituions. Aussi, les responsables avaient institué la règle qui consistait à présenter le fameux buvard-programme pour preuve de présence à la représentation peu prisée afin d'avoir priorité pour le film suivant, péplum, western ou autre. Il a fallu, pour notre part, présenter le buvard du " Monde du silence " de Coustaud pour pouvoir rentrer en sénateurs lors de la projection de " Davy Crockett et les pirates de la rivière ", grande joie de l'époque. Nos parents nous donnaient cent francs chacun pour l'après-midi : 60 francs pour le billet d'entrée et les deux limonades de l'entracte, à 20 francs chacune, achevaient de vider nos poches.

Un jour, nous avions invité un copain algérien à nous accompagner pour un Tarzan et l'entrée lui fut refusée. Nous ne pouvions décemment pas le laisser sur le trottoir et assister sans lui à la séance alors nous sommes rentrés chez nous. Notre mère écrivit aussitôt une lettre de protestation et la réponse du responsable, indigné, ne tarda pas pour adresser ses excuses et nous inviter expressément à revenir au Studio des Jeunes avec notre ami, que le meilleur accueil nous y serait réservé. De nous-mêmes, nous n'y sommes plus jamais retourné. Il reste que les souvenirs dans ce lieu demeurent vivaces, que l'amour du cinéma ne m'a jamais quitté, que j'adresse, à l'instar du projectionniste censeur du cinéma Paradiso, des baisers, des baisers, des baisers, à tous ceux qui l'ont fréquenté.

Marc Touta marc.touta@wanadoo.fr





Rue du Fondouk ou rue Marcel Cerdan ?
pourquoi cet intérêt soudain pour cette rue, simplement le fait que l'un d'entre vous avait demandé si nous pouvions lui dire à quelle date elle avait changé de nom ! beaucoup de réponses, sans toutefois avoir la bonne, nous en étions même arrivés à trouver des hotels dans cette fameuse rue !
et bien pour ne pas être en reste, je souhaite vous parler un peu de cet endroit !
Quelque temps aprés la mort de Marcel Cerdan, c'était le 18 octobre 1949,le conseil municipal décide de donner le nom de ce grand champion à une artère de notre ville ; sous le coup de l'émotion on décide que ce sera en plein centre ville et ainsi de débaptiser la rue du Fondouck ! voir**

A l'époque et comme presque tout le monde cela m'a paru être normal ;les années passant, je me pose la question !
une rue dans un nouveau quartier en pleine extension n' aurait-elle pas eu plus d'effets ! Car, cette rue du Fondouck existait depuis des dizaines d'années; elle avait vu le jour en même temps que la rue d'Arzew, la rue de Mostaganem, et le Bld Séguin ! la rue du Fondouck était la plus centrale et elle allait presque jusqu'à Gambetta !
Ces quelques rues citées plus haut avaient résité à tous les changements alors que d'autres de la même époque avaient disparu en fonction des évènements et des personnalités que la ville souhaitait commémorer ( Loubet, Lamartine par exemple); La rue Saint-esprit, Saint-georges, Tivoli, Bautzen, Allonville, des casernes, Bld du nord, tout ça disparu !
mais la rue du Fondouck, elle, avait résisté aux changements , pourquoi ?

Fondouck :
souvenez vous que la vieille ville était enfermée dans un corset de murailles et fortins et, pour la partie EST de la ville qui nous intéresse, ces murs partaient de Saint-André, jusqu'à la mer, au fort Sainte-Thérèse en passant le long du bld Joffre, rue de Vienne à l'époque, la Place d'armes et la rampe Valès ;
A partir de ces fortifications, tous les terrains descendaient en pente douce jusqu'aux falaises de Gambette ;
Le Bey d'Oran avait disposé de ces tarrasses naturelles et en fit donation aux arabes des tribus amies; elles s'établirent imméditement au pied des remparts et de nombreuses constructions y virent le jour ; mais le fouillis était tel que le Bey décida d'imposer des alignements et il en profita pour demander aux juifs de l'intérieur de venir "à la ville "! ils arrivèrent alors de Mascara, Mostagenem, Nedroma, et c'est ainsi qu'arrivèrent les premiers commerçants et artisans;
L'endroit où ces constructions s'établirent avait un nom arabe : Kenegh- en- netah ! (champ de bataille ), cette terminologie s'appliquait au combats de taureaux le nom se transforma progressivement en " Karguentah " ,
Guy MONTANER

** Une lectrice apporte des éléments de réponse qui semblent de première main. Laissons lui la parole:
Il n'y a pas longtemps que j'ai découvert votre site . C'est en poursuivant ma découverte que je suis tombée sur la page des "souvenirs"...et , tout à fait à la fin, j'ai fini par trouver ce que je cherchais inconsciemment sans doute, une évocation de ma rue : la rue du Fondouck devenue rue Marcel Cerdan . Je vais pouvoir mettre fin aux angoisses de Guy MONTANER ...!!... et rétablir la réalité des faits ! Je voudrais , au préalable, le remercier pour le bonheur que m'a apporté l'évocation de ma rue.
Le changement de nom n'est pas du tout à l'initiative de la municipalité, mais à celle de mon père, Raymond LOPEZ qui était un fervent admirateur de Marcel CERDAN et ....qui détestait le nom de sa rue !
Nous habitions au N° 27 de ladite rue. Le nom de fondouck, selon lui, désignait un relais pour les chevaux qui devait se trouver, Dieu sait quand, au bout de la rue !
Après avoir, je crois me souvenir, consulté M. FOUQUES-DUPARC, alors Maire d'ORAN, il a mis en oeuvre une pétition demandant que la rue prenne le nom de Marcel CERDAN. Je me souviens, petite bonne femme d'une dizaine d'années, être allée de maison en maison pour faire signer les habitants de la rue.....Je ne me souviens plus de la durée des opérations. Seulement que tout se passa très bien , que tout le monde était très content et que..... nous avons eu gain de cause !!!!!!
Il n'y a donc plus lieu de s'interroger sur le choix de notre rue . Quant à la date !!! Mon père n'est hélas plus là pour nous la donner. Je présume que ce fut en 1950. Peut-être pourrait-on en retrouver la date dans les archives de L'ECHO D'ORAN.
Colette DESGRES, née LOPEZ EMail: cdesgres@hotmail.com


ORAN sentimental
Viens, prend ma main,allons à la promenade de Létang!


Franchissons la grille, je te laisse le choix; côté rue Philippe (j;guesde pour les puristes!) et nous commencerons notre promenade par cette longue et magnifique allée bordée d'arbres ou alors, côté rampe Valès où, après avoir grimpé le petit raidillon, entre les murailles du fort, nous nous retrouverons sur ce balcon magnifique qui domine toute la baie; saches que, dès cet instant , nous laisserons derrière nous les rumeurs de la ville, et que nous serons transportés vers de paisibles enchantements, tout au long de notre flânerie.

Depuis quelques années notre bonne ville d'Oran s'enorguellit d'avoir, comme de nombreuses autres villes,un parc municipal, magnifique, tiré au cordeau,des allées bien tracées, des parterres de fleurs, de toutes sortes, des bassins, des passerelles, des cygnes et autres animaux aquatiques, mais à tout ça et malgré le travail réalisé par les ouvriers de la ville , il manque une âme !

Est-ce le fait que le parc soit éloigné de la ville, loin des quartiers populaires ? je ne pourrais le dire, mais la promenade de Létang, elle se pare de ce charme particulier.A quoi le doit-elle !aux murs historiques du Chateau Neuf qui dominera le jardin, d'un bout à l'autre de notre promenade, aux personnages célèbres qui ont vécus entre ces murailles et dont on pourrait envisager la présence ! à sa végétation étagée au gré des chemins ou parfois ruisselle l'éclat de parterres de fleurs, ou alors, par sa constante présence , au lierre qui grimpe le long des arbres, sur les hautes murailles, cachant aux visiteurs l'outrage des siècles, c'est un tout et lorsque nous pouvons y ajouter les zones de parfums et de senteurs feuillues, aux effluves diluées de la mer si proche et si attirante à la fois, et enfin la présence des enfants, femmes et hommes de tout âges, de toutes origines, voila ce qui fait le charme de cet endroit !

Un oiseau sème ses cris au silence, une fuite d'insectes sous vos pieds, la sirène d'un bateau, les cloches d'une église, dans le lointain....on est bien.
Les esplanades supérieures offrent l'ombre apaisante, des bancs attendent notre halte, mais avant de nous asseoir, je vais te faire une confidence; ce sentier qui nous a mené jusqu'ici, baptisé depuis de trés nombreuses années, "chemin des amoureux " que de serments enflammés sur les bancs que nous allons reconnaitre;
sais tu que grâce à eux, jeunes adolescents, avec mes amis du quartier, nous allions grapiller quelque menue monnaie auprès des amoureux, piégés sur ces bancs avec leurs belles ,en leur vendant des bouquets de fleurs que nous avions coupés quelque temps avant, dans les plates bandes fleuries des jardins publics !nombreux étaient les fims vus au Familia, grace à cet artifice qui a toujours marché !

Mais viens, nous avons encore de quoi nous émerveiller; descendons par d'étroites allées, et au sortir de cette intimité si touffue, l'horizon apparait, limpide, encore tout resplendissant de luminosité ;en continuant de descendre ce sentier, arrivons jusqu'au terre plein qui surplombe directement la route du port;là, une partie de la vieille ville est à nos pieds, là bas, au fond sur notre gauche, au pied de la colline ,comme accrochée à la montagne, la Calère, ce vieux et célèbre quartier, berceau de notre ville ;(j'ai réussi à la placer !)

mais avant de nous replonger dans ce monde actif, continuons de rêver un peu !voici quelques années, en nocturnes, le kiosque à musique dispansait à des foules des airs à la mode, mélodies, militaires, valses de Vienne; des guirlandes vrillaient de lueurs le vieux port, les lumières de la présence humaine étoilaient la cité;les notes s'en allaient mourir dans les feuillages, pour les femmes c'était aussi l'occasion de se présenter aux concerts parées de leurs plus belles toilettes, les militaires, bardés de leurs décorations paradaient le long des allées, à la recherche d'une âme soeur, quand aux personnalités de la ville,haut de forme, canne à la main, ils faisaient et défaisaient le monde !

voila ma promenade de Létang, elle aura toujours un attrait particulier, mais le temps glisse, trop vite; déjà une étoile fleurit dans le ciel, puis une seconde, sur la mer un bateau quitte le port, ses hublots tous illuminés, voici les gardiens qui font leur ronde, le jardin va fermer, on s'en va sans mélancolie, on sait qu'on y reviendra demain, souvent et que chaque fois, à chaque saison, nous aurons de nouvelles raisons de nous émerveiller !

Guy MONTANER
article paru dans un numéro de Oranie - Info l'organe de liaison de l'AOBR (Association des Oranais des Bouches du Rhône)

Signalons au passage que le jardinier qui avait en charge l'entretien de cette promenade était l'un des oncles de notre ami Antoine ORSERO !



Photo de la plaque apposée à l'enrée de la Promenade. (Photo prise en Mai 2003 par José Bueno.)




La rue et la vieille mosquée

Tant que j'étais à Oran, j'ai emprunté 4 fois par jour cette rue pour aller au lycée, je ne me suis jamais demandé pourquoi elle portait ce nom ? J'y ai connu un temple protestant et il nous est arrivé gamins, d'en tirer la sonnette et de nous enfuir en courant sans attendre de nous faire traiter de chenapans, mais jamais, au grand jamais je n'y ai vue de mosquée....
et pourtant: Oui cette fameuse mosquée qui a donné son nom à la rue a bel et bien existé et Guy PINTO nous en a adressé une photo:
Elle parait bien délabrée cette mosquée, mais elle a connu des jours meilleurs comme en témoignent ces trois autres vues transmises par l'érudit du groupe, Michel GONZALEZ
Elle portait alors le nom de Mosquée de Sidi Mohamed el Bey ou même de Marabout Sidi Mohamed.

Mais où était elle cette fameuse mosquée ?
Guy MONTANER nous en apporte l'explication:
pour mieux comprendre, il faut préciser que ces cartes sont du début du siècle dernier, ce qui explique qu'elle ne soit pas encore enserrée au milieu des immeubles modernes ;
si quelqu'un a le N°1 de "Oran de ma Jeunesse", paru chez Gandini, il y a une vue prise d'avion, au dessus de l'immeuble Fromental, le square Lyautey n'existe pas encore, il y a le ravin de la créssonière ! en bas, à droite de la photo, on voit très bien la mosquée, à la limite de l'encerclement, elle est toute blanche; si quelqu'un pouvais la passer, tout le monde comprendrait,....
Voici effectivement, extrait du livre cité une photo de la fameuse mosquée dans son environnement en 1935:




d'autres précisions arrivent de la bouche de Josette BOUSSOMMIER:
Si tu ne t'en souviens pas Jean -Claude c'est que lorsque tu es arrivé à Oran l'immeuble des DRAGAGES était déjà construit . C'est à la construction de cet immeuble que la mosquée a été partiellement démolie , il n'en n'est resté qu'un petit batiment carré enclavé dans l'immeuble et que les gens du quartier appelaient le « marabout » à l'angle de la rue Laurent Fouques e t Besançon, à côté se trouvait une épicerie fine tenue par Mme Constantini .De la fenêtre du salon de l'appartement de Jean on dominait ce petit édifice.

La partie de la photo couverte d'arbres est le futur emplacement de l'ANTINÉA où j'habitais jusqu'à mon départ d'Oran en 1962
Moi-même, votre aînée à tous, je ne me souviens que vaguement de cette partie du quatier à cette époque où le marché Michelet n'était pas construit et se tenait dans la rue de Metz


Cet édifice n'a jamais été détruit. en très mauvais état, il a été restauré , et en 62 c'était une belle batisse qui aurait même été rendue au culte après l'indépendance.


Le stade Municipal Fouques Duparc

J'ai retrouvé une documentation sur ce stade; je vous en livre l'essentiel:
Les architectes étaient Messieurs Casimir et Lucien Bohe;
Le stade de Foot-ball et d'athlétisme avait une capacité de 25.000 places; le stade de basket-ball 2.500 aini que le stade de volley-ball.
4 entrées ainsi que 12 guichets;Les aménagements comprenaient 12 vestiaires sans compter ceux des arbitres de foot-ball qui étaient à l'entrée du souterrain donnant accés au terrain ;
les buvettes avaient une longueur totale de 210 mètres; celles des virages sont transformables et permettent l'utilisation , en semaine, de deux salles l'une de judo, l'autre d'escrime .
indépendammant des W.C de chaque vestiaire, il y a 120 W.C pour les femmes et 78 pour les hommes; les urinoirs , eux sont au nombre de 620 !!!
Le terrain de foot- ball a des dimensions permettant des rencontres internationales; la partie en cendrée de course à pied d'une longueur de 400 mètres avec 7 couloirs sur la partie ligne droite et 6 dans le restant ;
Le stade comprend des sautoirs : longueur, hauteur, perche et des terrains de lancer , poids marteu disque ;
La tribune principale abritant la tribune officielle, 6 loges de 7 mètres de largeur et la rangée de pupitres des journalistes est couverte sur 142 mètres , le garage officiel reçoit 22 voitures et un parking 1000 places pour le public ! le stade est desservi par 3 routes de 15,20,et 30 mètres!
Guy MONTANER

Une vue du stade en ? à l'occasion de ? mais c'était un match de Reims contre St Etienne, Même si la photo est ancienne et pas très nette, voyez le score...!




La Calentica !

plus connu sous le nom de calentica ( qué buéno ) ce met typiquement oranais me fait parcourir avec vous quelques rues d'en ville encore apprenti au cours industriel karguentah j'empruntais la rue de l'artillerie puis le 2eme tronçon de cette rue et la, à l'angle de la rue de la fonderie se trouvait.... un petit vieux au regard sympa qui vendait étalée sur son "caro".........la calentica!! "quento quiérés......la mita dé la mano! péro del lao dé la paré toute chaude sur un papier quel délice à quada bocao ça dégoulinait aux commissures des lèvres le papier et son contenu j'arrivais place de la bastille- bd séguin- bd karguentah et la, face à la maison du colon..........autro calentiquéro SERRA et son kiosque!!!!! comment y résister une fois de plus la courandéra était disponible heureusement amis v o je possède la recette!!!! amitiés Francis
La Paella

Parmi les souvenirs d'Oran, il y a ceux qui restent là bas et ceux que l'on peut emporter avec nous, comme la recette de la Paella.
Cela a commencé pour moi très tôt, dès cinq ans.
A chaque occasion, Pâques, Pentecôte, 14 Juillet, 15 Août, c'était les retrouvailles de la famille, aux Genêts, Arzew, ou Coralettes, et aussi à la maison.
Dès que j'ai été en âge de piler des ingrédients au mortier (en bois), c'était à moi qu'était dévolu la tâche de piler l'ail de la Paella. Mon père y ajoutait du poivre, du sel, du persil, et souvent de la " Gnora ", sorte de piment doux rond et sec que l'on faisait rapidement dorer à l'huile avant de le mettre au pilon. Je m'acharnais comme un dingue à concasser tout ça ensemble, et de temps en temps un ail partait sur orbite.
L'odeur qui se dégageait est encore inoubliable, et elle présageait à elle seule d'une magnifique journée en famille et au bord de la mer.
Pendant que mes bras se tétanisaient à maîtriser le troupeau de gousses d'ail, et à le rendre à l'état de hachis, j'observait mon père qui faisait dorer les ingrédients séparément, dans de l'huile d'olive.
Les carrés de viande, le poulet (poyo), le lapin (conejo), rissolaient jusqu'à prendre un couleur dorée, puis venaient les seiches, le calmar.
Il salait et poivrait séparément chaque chose, et la réservait pour le grand final, la préparation du bouillon.
Puis venait le cérémonial du mélange de tous les ingrédients dans l'immense poêle , où dès que le hachis d'ail commençait à rissoler, dans l'huile, l'odeur fabuleuse indescriptible , faisait saliver toute la famille.
L'eau avec le safran, versée bouillante dans la poêle, mêlait le tout dans un bouillon prometteur.
Quand le bouillon parlait, alors arrivait le riz, puis quelques minutes après il déposait debout, plantées dans le riz, des grosses moules d'Espagne, qui s'ouvraient en s'emplissant de grains.
Venaient ensuite les petits pois, puis des lanières de poivrons, et le scénario se terminait avec les rondelles de citron sur la poêle, les crevettes, les langoustines. J'ai hérité de ce savoir faire, j'en suis fier.
Quand je fais la paella, une voie interne, celle de mon père, me guide sans cesse, et je refais les mêmes gestes observés des décennies plus tôt.
S'il y a un gêne de la paella, j'en ai hérité.

Jean Yves SALMERON


En parlant de Paella

Voici une photo typique d'une "sortie Paella" à Oran, car il est vrai que la Paella était bien plus qu'une recette traditionnelle amenée d'Espagne, mais une fête à elle toute seule et il n'y avait pas de sortie en groupe sans la traditionelle paella.... Cette photo qui m'a été envoyée par Jean-Louis MZLLADO a beaucoup circulé parmi les "visiteurs" et je sais que certains se sont reconnus, mais j'ai malheureusement égaré les mises à jour.



Le commentaire de Jean Louis:
  • 1 : MELLADO Thomas (mon père). Il jouait du tambour à la joyeuse union de don BOSCO rue de l’arsenal et jouait aussi dans la passion du christ.
  • 2 : MELLADO Tomas (mon frère) né 44
  • 3 : MELLADO Jean-Louis (moi-même)
  • 4 : SERNA Emile (mon cousin)
  • 5 : MELLADO Joséphine Daisiré né FRECHOSO ( ma mère)
  • 6 : MELLADO Marie Madeleine (ma sœur) né en 41
  • 7 : SERNA Claude (mon cousin)
  • 8 : la femme de Claude SERNA (ma cousine)
  • 9 : SERNA Madeleine (ma cousine)
  • 10 : MAZELLA du bar Tolo rue Hre d'Orléans
  • 11 : MAZELLA Place de la Eépublique
  • 12 : SCOTTO René
  • 13 : HERNANDEZ Louis de l'A.O.B.R
  • 14 : SCOTTO Michel de la J.U.D.B
  • 15 ! Jo GIANGUALANO ( JUDB)
  • 16 : Patrice CANTO (JUDB)
  • 17 :
  • 18 : Jo CROCE (JUDB)
Sur la photos je dois avoir 8 ou 10 ans donc 57 ou 59 . C’était un corps de ferme, en bordure de mer, qui servait de colonie de vacances et appartenait au patronage Don Bosco de la rue de l’arsenal, je crois que le nom se terminé par ville le nom de bouisseville me dit quelque chose. S’était une sortie organisée par mon cousin Emile SERNA (N°4) qui s’occupait des festivités du patronage.

Rappelons que Emile SERNA est l'auteur de nombreuses conférences données en particulier dans la région du midi pour rappeler l'histoire de la ville et de l'arrivée des Espagnols en particulier.




Ceux de Monte Seco ou la scolarité à Oran

                                                    Ceux de Monte Seco
 
Au moment où certains "fâcheux " discutent âprement sur l'adjectif qui doit, dans les livres d'histoire, accompagner le terme  « Colonisation Française» (on ne sait encore lequel de positive ou négative l'emportera) je vais vous dire comment les instituteurs en Algérie comprenaient le rôle qu'ils étaient appelés à jouer dans l'Histoire avec un grand H de ce pays.
 
Lorsque j'ai débuté dans l'enseignement au début des année 40,  j'ai été nommée dans un quartier déshérité que l'on appelait Monté Seco ou Carteaux ou encore Mélis   
 Là vivaient une population très pauvre pour la plus grande partie, chrétiens et musulmans étroitement mêlés dans les mêmes "patios" 
Lorsque l'école fut ouverte Mr JUAN  le directeur  dut se battre pour que les élèves la fréquentent.
 
Je me souviens qu' à huit heures, après l'appel, il se déplaçait dans les familles  pour aller chercher les récalcitrants.
Certaines mères, surtout les musulmanes pour qui l'école était une nouveauté, lui disaient que leur fils étaient malade ; il avait toujours dans sa poche un thermomètre et  leur disait  de prendre la température devant lui . Inutile de vous dire que la plupart du temps ils revenaient tous deux, l'un tenant l'autre par la. p.. non par le col.
 
Si tant de petits musulmans de Monté Seco  ont appris à lire c'est à Mr Juan ,ce pionnier, qu'ils le doivent : ils les  a obligés à venir de gré ou de force en classe.
Après son départ pour l'école de Delmonte nous l'avons regretté . Heureusement le plus dur était fait et les enfants avaient pris la sage habitude de venir en classe.
 
Mais je voudrais aussi vous parler des conditions dans lesquelles nous faisions la classe
Dans un "patio" de la place Nossy-Bé, les classes avaient été installées dans d' anciens appartements très modestes  qui s'ouvraient tous sur une galerie-balcon.
  La récréation avait des allures de "paséos" elle se faisait sur cette galerie, commune dans ce genre d'immeuble
«Interdit de courir !
«Interdit de se pencher sur la rampe qui en  faisait le tour!.
«Marchez simplement pour vous dégourdir les jambes!. »
 
 Comment n'y a-t-il eu aucun accident ? je ne sais ! Quel saint nous protégeait ? si il y en avait un il avait du travail.
 
Le matériel scolaire etait très sommaire de grandes tables, des bancs où se serraient les élèves 
 Mais où placer les encriers sans les renverser ? Je ne sais qui eut une idée de bricoleurs ! 
Chaque élève  apporterait une boite de sardines vide.
 Dans une des classes ,celle du directeur pour éviter les dégâts prévisibles dans les classes des petits, un des instituteurs Mr Marmier,  tenait l'encrier de porcelaine bien droit dans la boîte en fer, pendant qu'un autre Mr Bouzereau, versait du ciment dans la boîte autour de l'encrier de porcelaine
 
 Il fallait  attendre la prise du ciment pour  faire la distribution de ces objets améliorés dans les classes On  pouvait alors commencer le remplissage avec l'encre traditionnellement violette.   
 
Enfin en 1950 la nouvelle école flambant neuf a été terminée, quelques rues plus loin.
 
 Le déménagement, très bon enfant, s'est fait dans le même esprit d'improvisation : il était quatorze heures quand quelqu'un est venu nous dire , tout simplement , que nous pouvions occuper les lieux. Nous ne nous sommes pas fait prier !.
 Sans plus y réfléchir, sans penser à « rouspéter»  ou manifester  les maîtres, les élèves ont pris les livres, les cahiers sans oublier la bouteille d'encre, les dessins affichés , je me souviens que l'un d'eux voulait mêmes emporter les encriers brevetés "Melis" 
 Ils  ont porté ce matériel eux-même dans leur nouvelle classe où des bureaux et une bibliothèque  flambant neufs les attendaient .
Je vous laisse deviner les OH! les AH!
Il est vrai que les classes étaient superbes,  de grandes baies vitrées sur tout un côté
 Après les locaux que nous venions de quitter, petites fenêtres, salles sombres, avec dans certaines les éviers que l'on n'avait même pas enlevés, cela paraissait d'un luxe inouï.
 
M'dame m'dame disaient-ils le tableau ! il est accroché au mur!
M'dame m'dame on peut mettre des cahiers et des livres dans  les bureaux !
M'dame il y a des trous pour les encriers!
M'dame on peut mettre vos livres dans une armoire !
 
Et la première récréation me direz- vous ?
 Nous ne pouvions tenir les élèves qui , après un regard vers nous, comme pour quémander une autorisation se sont précipités dans la cour.
Jamais plus une récréation n'a été aussi bruyante et joyeuse, jamais plus nous ne les avons autorisés à  autant courir.
Nous étions sept instituteurs y compris le directeur Mr Marchetti nous nous regardions et nous n'osions siffler la fin de la récréation. Leur première vraie récréation !!! 
Nous avions même oublié que nous avions une sonnerie électrique maintenant.
 
Je vous ai promis de vous dire pourquoi je pense que  la colonisation a été positive, malgré toutes ses erreurs,  je reviendrai vous parler plus longuement des réactions de mes anciens élèves de toutes confessions qui un jour béni m'ont retrouvée sur Internet grâce aux sites de Danmarlou  et Jean-Claude Pillon 
 
Allez dire aux petits musulmans d'alors que nous ne leur avons rien apporté de POSITIF !!! 
 
M'dame!

Texte de Josette BOUSSOMMIER


L'école Lamoricière.
Restons dans les écoles avec les souvenirs de Marcel

Je suis entré à l'école Lamoricière en 1952. L'établissement était situé en face de la gare d'Oran d'un côté les filles de l'autre les garçons. Une lourde porte d'entrée donnait accés à un large couloir avant d'accéder au préau, lequel ceinturait la cour centrale. Les classes étaient situées au rez-de-chausée et au premier étage. J'ai commencé au cour préparatoire avec Madame LASSERRE et terminé au Cours Moyen 2ème année avec le très célèbre Monsieur HOLDRINET.
Si je garde un excellent souvenir de ma première maîtresse je n'en dirais pas autant de mon dernier maître un homme grand, sévère et très dur. J'ai malheureusement oublié les noms des autres intervenants sous réserve MMrs LALLEMAND.
Par contre j ai souvenance des parties de carclettes,de pignols, de platicos et de billes dans cette cour, lieu de défoulement durant 10 ou 15 minutes. Si nos jeux étaient trops bruyants ou violents, le maitre responsable nous punissait en nous plaçant sur une ligne tracée à la craie sur le sol. Plantés comme des piquets nous assistions sans brancher aux jeux de nos camarades jusqu'à la fin de la récréation.

J'ai commencé maintenant à vous. Vous avez, j'en suis persuadé plein de souvenirs à raconter.
MARCEL


Ces souvenirs, faites les parvenir à Tejela34@aol.com et venez échanger avec les anciens en participant au groupe de discussion créé spécialement à cet effet: http://fr.groups.yahoo.com/group/Ecole_Lamoriciere



La rue de la Bastille

La rue de la Bastille... Ce sont des milliers de souvenirs qui se bousculent Le marchant d'œufs et volailles au passage de l'Empire, qui mirait dans sa boite lumineuse si le poussin n'était pas déjà dans l'œuf. Le kiosque aux moules fraîches, une goutte de citron une chorette de vin blanc...quel délice!!! Le melon à la coupe les fruits à la "goutte" Parce que tu n'achetais que si c'était bon et c'était bon Nous les gamins nous cherchions les abricots écrasés par terre, pour récupérer les "pignols" et jouer au petit tas ou au souffre. Busquet le boulanger le plus moderne d'Oran avec son four automatique Le marchand de taillos et sa seringue géante pour faire d'immenses taillos tout frais pour se "tchoupper" les doigts. La calentica ou le sel et le poivre étaient mélangés dans une vieille boite de citrate de bétaïne, le couvercle percé donnait la touche finale au flan de farine de pois chiches. Maman adorait cette rue, mais elle ne savait plus en revenir car elle rencontrait toujours une "charreta" ou deux ou trois....et vinga que vinga, Pépica, Juanica et tout et tout... Le marché c'était pour faire les courses mais aussi un lieu d'échanges et de rencontres qui valait tous les "centres sociaux" de France et de Navarre. Les bruits, les couleurs, les senteurs je ferme les yeux et j'y suis Salut Kader, ola Pépé, Jean tu viens c'ta prem au studio des jeunes?? Rue de la bastille...que tu me manques...
René MANCHO




"La Villa Manon"

Un intervenant a parlé des marins de la VI è flotte lorsqu'elle venait à Oran. A cette époque mon père construisait sa villa en haut de l'avenue du gal Ferradou à Gambetta. Cette villa avait une particularité c'est qu'elle était atenante à la villa Manon célébre maison de luxe. Souvent mon père m'emmenait le Dimanche pour lui servir de manoeuvre. Comme vous je ne connaissait pas ces maisons closes et lorsque les Américains entraient dans cette villa et qu'il y avait du grabuge. La PM arrivait pour rétablir l'ordre ce qui faisait que les " clients " s'enfuyaient par le toit et sautaient sur celle de mon père et descendaient tout naturellement par les escaliers de service. Je précise que la villa n'était encore habitable. Parfois je voyais ces dames se promener sur la terrasse de leur villa et croyez moi avec mes yeux de jeunot je les trouvaient vraiment belles et elles étaient vraiment. Parfois aussi à l'intérieur du fut qu'on se servait pour tremper les briques, nous trouvions un tas de " capote Anglaise " que la femme de ménage de la villa jetait ce qui rendait mon père furieux et allait voir la tenancière. Je soupçonne mon père d'y être allé quelques fois parce qu'il avait de bonnes relations avec le tenancière. Une parenthèse ma mère travaillait à l'hopital civil d'Oran service maternité et dont le célébre accoucheur était le sinistre Dr Laribère. Eh bien tous les mois ces dames venaient passer la visite. Ma mère connaissait les dames de la villa Manon et ces dames savaient que ma mère était l'épouse du propriétaire de la villa attenante à la leur ce qui fait que lorsque ma mère venait à la villa. et qu'elle montait à la terrasse et qu'elle rencontrait " les voisines " elles se mettaient à discuter et parfois ma mère recevait des confidences qui la chagrinait parce qu'elle était très croyante.
Christian JUAN




"Chez Rosette"

Nous ne quittons pas ce domaine avec les souvenirs de Sylviane QUILES:

Mon père était le peintre de Rosette et je me souviens qu'un jour il avait une commission à lui faire et maman n'avait pas voulu s'y rendre vu ce que représentait cette villa j'avais donc été chargée du message. Je sonne, la porte s'ouvre : personne n'apparaît et la porte se referme. Et ainsi 3 fois après quoi une dame a bien voulu se montrer et à qui j'ai transmis ce qu'il y avait à dire. Ceci fait, j'ai pris les jambes à mon cou car j'étais consciente qu'il ne se passait pas des "choses très bien" et j'avais honte même si du haut de mes 10 ans je ne savais pas ce que c'était. Toujours est-il que Rosette était une personne très généreuse. Tous les ans pour Noël il y avait foule devant sa porte. Les mamans n'avait pas honte de s'y montrer en compagnie d'enfants car il y avait distribution de jouets et pas n'importe quoi de très beaux jouets et en quantité pour tous les voisins et au-delà. C'était au plus rapide et au plus malin pour le récupérer. Je pense que les "filles" de Rosette gagnaient bien leur vie également. Mon père a fait tous les travaux de peinture pour la villa que l'une d'elle, musulmane et qui avait un petit garçon, venait de se faire construire vers les planteurs (c'est moi qui en avait tapé devis et facture j'avais 12ans). Il n'a jamais été payé car elle s'est défenêtrée du moins c'est ce que j'avais entendu dire.

Personnellement, je n'avais pas souvenir des distributions de jouets, mais plutôt des longues files de marins américains attendant leur tout , lors des escales de la 6° flotte à Oran. Mais ceci se passait lorsque l'établissement jouxtait la clinique Couniot, aussi Sylviane complète son témoignage:

Pour Rosette mes vrais souvenirs ne remontent que lorsqu'elle était installée dans cette belle villa et qui était voisine de ma marraine. L'entrée ne se situait pas rue de la mina mais rue Sainte Thérèse (qui n'existe plus aujourd'hui) et je vous confirme que tous les ans elle faisait un arbre de noël magnifique rue Sainte Thérèse et elle était très généreuse dans ses cadeaux pour les enfants du quartier. J'ai gardé souvenir d'une très belle poupée "Bella" entre autres.
A ce propos une anecdote j'ai retrouvée une camarade (Sylvia Sakoun) de classe qui passait tous les jours devant cette villa pour se rendre à Laurent Fouques avec une autre (Andrée Gomez fille de "l'épicerie fine") et qui lui disait à chaque fois : "mais que c'est dommage une si belle villa toujours fermée" et Andrée, un jour, en a eu assez de l'entendre et lui a dit ce qu'était cette si belle villa toujours fermée!
Je viens d'appeler ma marraine qui m'a confirmé qu'il n'y avait plus autant de marins américains que lorsqu'elle était rue Boyer (j'avais occulté mes souvenirs en ce qui concerne Rosette là il est vrai que j'étais très jeune ; je passais tous les jours rue Boyer car j'habitais rue Bugeaud pour me rendre à l'école et de plus nous jouions dehors avec les autres enfants du quartier aux indiens, à cache-cache, à tu l'as, avec la trotinette ou des échasses confectionnées par Jean-Pierre mon petit camarade dernier enfant du menuisier/ébéniste M. Fournier...et nous avions vue sur les allées-venues de cette petite porte mais je ne m'étais jamais posée de question) en étage car c'était devenu le plus grand établissement et les prix avaient suivi. Ils allaient ensuite plutôt rue de l'acqueduc (qui prenait de la rue des jardins passait derrière le théâtre et remontait vers ce que nous appelions "le quartier aux juifs") et bien sûr rue des jardins qui, elle, descendait vers la Marine où passait le bus.

Août 2006 Sylviane Quilès ( emmaly05@free.fr )


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