Nos années aux Verreries
de l'Afrique du Nord



J'adresse tout d'abord un grand merci à ceux qui m'ont permis d'écrire ces pages, et tout particulièrement à mon frère Marcel qui a retrouvé l'inestimable collection de diapositives prises par notre père entre 56 et 59 ainsi qu'à Monsieur Paul DAOUS l'adjoint de papa durant toutes ces années, puis à tous mes amis visiteurs parmi lesquels Marcel AURIERE dont le père a travaillé aux VAN, Pierre Gélineau, fils du directeur commercial , possesseur de la revue SAINT GOBAIN Verre Creux, Carlos GALIANA dont la famille était cliente des Verreries, ainsi que "SAM" , Guy MONTANER, et sans doute d'autres....
Que ceux que j'aurais malencontreuement oubliés me pardonnent et veuillent bien se signaler.


Il va sans dire que toutes ces photos sont des documents à caractère privé dont la reproduction est soumise à autorisation, comme cela est normalement de mise pour tout ce qui figure sur ce site.




Voici les VAN telles que présentées sur une page de publicité d'un vieux guide d'Oran (don de Guy Montaner)

En 1946 au moment de son démarrage, l'usine ne présentait pas encore cet aspect. Tout était neuf, prêt à partir et les palmiers commencaient juste à se montrer mais n'offraient pas encore leur ombre bienfaisante dans la rue de l'entrée principale.
On peut agrandir la photo pour y voir à droite pe poste de gardes et à gauche le bâtiment des bureaux longés par le terrain de boule et le court de tennis !


"Les Verreries de l'Afrique du Nord ont eu pour origine le désir exprimé en 1941 aux Industriels Français par le GOUVERNEMENT GENERAL DE L'ALGERIE de voir s'installer en AFRIQUE DU NORD certaines industries de base, destinées à fournir à ces Pays, en cas de coupure avec la Métropole, les produits indispensables et, par l'utilisation sur place d'une main d'oeuvre extrèmement abondante, à leur apporter un élément de stabilité et de prospérité.

L'Industrie du Verre Creux, dont la pénurie pandant la coupure de 1942 à 1944 s'était fait cruellement sentir, répondait à ces conditions. Une telle fabrication, réalisée dans un pays essentiellement agricole, devait en outre faciliter le développement des industries alimentaires utilisant les emballages verre: Vins, Bière, Jus de fruits, conserves, boissons gazeuses, lait, eaux minérales etc." [...]

Oran rassemblait le maximum de conditions favorables entre ALGER et TUNIS d'une part, CASABLANCA d'autre part. La ville elle-même dont l'essor est considérable est le centre d'une région prospère, aux ressources importantes et des gisements de sable siliceux se trouvent, en outre à peu de distance.
[...] L'Usine est construite sur le plateau dominant Oran, à mi chemin de l'aérodrome de LA SENIA, sur un vaste terrain qui, il y a moins de 15 ans était encore planté de vignes.
Contrairement à beaucoup d'usines métropolitaines qui, héritières d'anciennes installations, doivent en tenir compte dans leur évolution, la Verrerie d'Oran a pu être conçue dans son ensemble sans aucune entrave et en se réservant des possibilités considérables d'extension.

Les bâtiments, séparés par de vastes circulation et des espaces de verdure, ont une architecture adaptée au climat. Les bureaux entourant un patio ombragé, les ateliers, la halle de fabrication au tympan de claustras, ont été spécialement étudiés pour que les conditions de travail soient facilitées pendanr les périodes de chaleur par une abondante aération.
Les visiteurs ne manquent pas d'être frappés par le contraste entre les lignes harmonieuses et simples des bâtiments et la complexité et le nombre des machines qu'ils abritent.
L'entrée de l'usine
avec le poste de garde
Vue générale: les bureaux,
les parcs à bouteilles
En arrière plan l'usine EGA,
ex Cie Lebon. L"usine La Croix
La Montagne de Santa Cruz
La production d'air Comprimé
également sous station électrique
avec l'arrivée des 2 lignes HT
et, non visible ici, le groupe électrogène
en face des compreseurs
Le Propane pour chauffer le four
mais au démarrage de l'usine,
le chauffage se faisait au fioul
L'une des caractéristiques de l'usine d'Oran consiste, en effet, dans la grande variété des produits fabriqués avec un matériel extrèmement moderne, en conciliant ces deux conditions qui, à première vue, semblent incompatibles, contrairement à ce qui se passe en France métropolitaine où chaque usine est spécialisée.

Je ne possède pas de photo des machines Lynch qui équipaient l'atelier au démarrage,
ci contre, une des nombreuses machines IS comportant les moules dans lesquels coule la pâte de verre pour produire les bouteilles. Ici vraisemblablement des bouteilles de bière.

[...} Cet ensemble, fait à juste titre honneur à l'industrie française qui n'a pas hésité à accepter les risques que comporte toute création pour répondre à un désir d'intérêt national.
Il est certain que ces pays dont la population s'accroît à une vitesse accélérée, ne peuvent retrouver leur équilibre actuellement troublé que par un accroissement de leur potentiel écinomique, améliorant le niveau de vie et le pouvoir de consommation.

Il faut souhaiter que, conformément au voeu du Gouvernement Général, cette politique d'industrialisation raisonnable se poursuive car elle contribuera à apporter sur ces terres qui sont françaises un élément de stabilité et de paix.

texte extrait de la revue d'entreprise "Saint Gobain Verre Creux" N° 2 de décembre 1955.

Je laisse le lecteur d'aujourd'hui tirer ses propres conclusions à la lecture de ces lignes dont les dernières parlent de terres françaises alors que le texte du début évoque la fourniture à "ces Pays" (avec une majuscule) en cas de coupure avec la Métropole... et non pas de départements français....!, Mais ceci n'est qu'une parenthèse qui n'a plus aucun intérêt aujourd'hui.


Abandonnons cette image un peu publicitaire de l'usine, pour des souvenirs plus personnels qui sont ceux de mon enfance. J'avais déjà dit sur une précédente page, que cette usine pouvait sans doute être considérée comme le fleuron du groupe St Gobain. J'en suis toujours convaincu et pour moi demeure dans mon souvenir l'image d'un site merveilleux avec une âme, comme je n'en ai trouvé nulle part ailleurs, l'image d'une famille de pionniers avec une vie sociale et des relations d'amitiés inoubliables.


L'histoire du verre commence avec le sable siliceux. L'usine disposait pour cela d'une carrière importante à St Denis du Sig, à 60 km d'Oran. Le transport était assuré par camion par la Société de transport de M. MAZANET.
J'ai également le souvenir d'une autre carrière dans la région de Misserghin mais ne m'en souviens pas l'utilité, sauf d'y aller tirer quelques lapins à la lumière des phares lorsqu'il ne fut plus possible de chasser en campagne...
Le mélange des différents ingrédients pour produire le verre s'opérait dans un bâtiment appelé "Composition". Le terme est me semble t-il toujours usité de nos jours mais ne ressemble en rien à la photo ci dessous, car tout est automatisé et pesé au gramme près , grâce à l'informatique et non plus "à la brouette".

Le Four d'une Verrerie est son élément essentiel c'est là que s'élabore le verre. Le premier allumage du four (et peut-être les suivants me semble-t-il) a donné lieu à une fête de famille très sympathique: à laquelle ont été conviés tous les membres du personnel.
L'allumage lui même est très symbolique puisqu'on entasse dans le four un peu de bois que l'on allume avant l'entrée en action du gaz propane et la mise en fusion des différents composants. Après la cérémonie protocolaire, tout le monde se retrouve autour d'une grande table pour déguster le méchoui traditionnel.

Je ne reconnais pas la dame qui procède à l'allumage
mais nous pouvons voir M. BROUCHET
qui surveille attentivement la manoeuvre
Une grande table improvisée permettra à chacun
de trouver un verre d'apéritif et de déguster la Kémia


Plus tard, lorsque le four est en mesure de produire, les machines IS entrent en action. On voit parfaitement sur ces deux photos la progression de l'élaboration de la bouteille à partir de la goutte de verre délivrée par le feeder.
La quantité voulue de verre en fusion tombe dans un premier moule de préformage puis l'ébauche est ensuite transférée dans le moule de finition où elle est soumise à une pression d'air qui la plaque sur les parois du moule. Le moule en deux parties est ensuite ouvert et une pince vient saisir la bouteille pour la déposer sur le tapis qui la conduira vers l'arche de refroidissement.
Dans le cas des photos ci contre, il s'agit de moules doubles capables de fabriquer 2 bouteilles simultanément.
En juillet 1959 lors d'un stage de formation j'ai pu voir plus en détail des modèles de moules fabriqués à la SEVA à l'usine de Chalon sur Saône.
Pour que la bouteille refroidisse dans de bonnes conditions sans provoquer de tensions internes qui pourraient nuire à sa solidité, le refroidissement doit être régulier et s'effectue dans une arche, sorte de tunnel dans lequel la variation de température est progressive pour l'amener à la température ambiante.
Dans les années 50, l'usine commença également à produire des bouteilles décorées, Le décor étant constitué de couches d'émail de différentes couleurs déposées successivement sur l'objet à décorer. La fixation du décor s'obtient ensuite par une "cuisson" dans une arche de cuisson semblable à l'arche de refroidissement mais avec des variations de températures adéquates.

L'atelier de décor




Un exemple avec le "Super Soda Galiana"

A cette époque, on ne parlait pas encore de flux tendu et rares étaient les commandes emballées au pied de l'arche. Les bouteilles étaient le plus souvent stockées à l'extérieur dans les parcs à bouteilles d'où elles seraient reprises pour le transport le plus souvent par voie ferrée.





Outre les bouteilles et la gobeleterie, l'usine des VAN produisait également des bonbonnes dont la fabrication était semi automatique. L'ouvier spécialisé, prélevait la goutte de verre directement dans le four à l'aide d'une canne et la façonnait à la main, le soufflage se faisant néanmoins à l'aide d'air comprimé, injecté par l'opérateur. Un atelier annexe de vannerie avait du être créé pour l'habillage des bonbonnes, qui, fabriquées par campagne, étaient stockées dehors en attendant leur habillage. La photo ci dessous est assez insolite, mais peut être datée avec précision : il s'agit du 1° février 1954, le seul jour de neige que nous ayons connu à Oran durant tout notre séjour. On peut y voir le stock impressionnant de bonbonnes érigées en pyramides et recouvertes d'un manteau blanc qui ne dura que quelques heures.

L'industrie verrière est forte consommatrice d'eau ce qui explique qu'il n'était pas possible de s'alimenter sur le réseau de l'eau de ville?. Des forages et des pompages dans la nappe d'eau saumâtre venant de la Sebkha permettaient de résoudre le problème et alimentaient un chateau d'eau.
Mais en cas de panne mieux valait avoir une réserve supplémentaire: Ce que vous pourriez considérer comme une piscine - et que nous utilisions d'ailleurs comme telle - était en fait un bassin d'eau de secours.
C'est cependant là que j'ai appris à nager.
En été, le bassin était vidé dès l'apparition des algues, nettoyé, puis repeint à la chaux avant re-emplissage. Comme les parois étaient à 45° vous imaginez facilement ce qu'il advenait de nos plantes de pied si nous avisions de prendre appui trop fréquemment sur les bords ou sur le fond, après un plongeon. Le personnel des bureaux y venait fréquemment pendant la pause de midi. Quant à nous les enfants c'était plutôt le jeudi après midi ou certaines après midi de vacances.







Après cette visite un peu technique, revenons en à ce que j'ai appelé l'âme de cette usine, où l'on était accueilli comme dans une famille.

A peine arrivés, les enfants ont vite été incorporés au groupe existant comme en témoigne cette photo provenant des archives de Pierre Gélineau:


Une belle brochette de gamins
et la voiture à pédale de M. Gélineau


Quelques vues des bureaux tout neufs et clairs, bien loin de ceux de nos vieilles usines métropolitaines à la sortie de la guerre.Rassemblés autour du patio, ils offraient une ambiance de travail agréable.

A droite les bureaux, Les fenêtres à gauche donnent sur le patio intérieur
Le Hall d'entrée principal avec l'appariteur, M.

Le U des bureaux entourant le Patio.
Au fond le garage des véhicules de tourisme.
Travailler à proximité des fleurs de bananier,
c'est plutôt sympa non !


L'ambiance à l'intérieur reflète parfaitement l'extérieur: de bonnes équipes de travail, bien soudées:

Les massifs de fleurs et les arbres des petits jardinets extérieurs sont parfaitement entretenus et feraient presque oublier que l'on se trouve dans une usine.

Situés hors les murs, mais sur la voie d'entrée à l'usine, 3 logements de fonctions permettaient de loger deux responsables de fabrication et un responsable d'entretien, minimum indispensable pour le fonctionnement d'une usine à feu continu.







Un moment de convivialité:
L'arbre de Noël de l'usine était une occasion de rassembler le personnel dans une salle de cinéma pour un après midi récréatif fort apprécié des gamins que nous étions, mais aussi de tout le personnel qui avait ainsi l'occasion de rencontrer la Direction en dehors des relations de travail.Il s'est agi du cinéma Vox 122 rue d'Arzew au moins les premières années

De Gauche à droite:
ma soeur et papa avec ses lunettes
probablement Jacques Govin ?
M. Paul Daous et l'un des enfants
en arrière plan, très probablement moi
Madame Daous et le deuxième garçon
De Gauche à droite:
Paul Daous portant les cadeaux
Ma mère
M. René Govin de 3/4 et ma soeur


De G à D M Gélineau, M X
Govin, Pillon, Y
ext droite Daous
de G à D Daous, Y,
Gélineau de dos,
Govin, Pillon
Ma mémoire ne me permet pas d'identifier ces personnes...
sauf une quis'est reconnue: le petit garçon au troisième rang à l'extrême droite est mon ami Marcel AURIERE, auteur d'un blog où il parle aussi des VAN: http://orantejela.over-blog.com/
Le même jour sans doute, quatre amis employés aux VAN en profitent pour "poser" ensemble.
de gauche à droite. MM. LOGNONE, Jean AURIERE, X ?, HEREDIA







3 "anciens" des VAN< dans les rues d'Oran:
au centre M. HEREDIA,







Dans les premières années, après le démarrage de l'Usine, même en Algérie, à Oran, les conditions de vie étaient encore difficiles. Même si l'Algérie n'avait pas été occupée par les Allemands, nous nous trouvions dans une situation de pénurie et de rationnement de l'après guerre au même titre que la métropole. Aux VAN, la solidarité jouait à plein: les plus chanceux, qui avaient une voiture, la "partageaient" le dimanche avec des collègues. Les cadres arrivés de Matropole n'avaient bien évidemment pas de véhicule et un tour de rôle avait été établi pour se répartir le parc automobile de l'usine qui comptait à l'époque 2 Peugeot 201 dont une camionette, 2 Peugeot type 402 familiale avec strapontins, 1 ou 2 Peugeot 202 et également une DELAGE ou DELAHAYE, je ne sais plus très bien, à conduite à droite, prévue et réservée pour le PDG, J'ai également connu, mais réservée me semble-t-il pour les grands déplacements professionnels une Ford V8 avec marchepied... A l'exception des deux derniers véhicules tous les autres étaient attribués chaque Week end à une famille, mais bien sûr avec beaucoup de bonne volonté on s'y entassait à plusieurs pour se rendre sur les plages, ou, l'hiver, commencer à découvrir l'arrière pays: Misserghin, la forêt de M'Silah, Hammam Bou Hadjar....



Et pour son personnel, la direction de l'usine procédait de même en mettant à la disposition de ses employés les cars qui servaient habituellement au transport du personnel puisqu'il n'y avait pas de transport en commun entre le centre ville et l'usine. Marcel Aurière en a encore de bons souvenirs:
Je suis toujours à la recherche de nouvelles photos concernant les VAN il me manque en particulier celles des plages, nos sorties des dimanches avec le ramassage des employés et leurs familles dans les différents quartiers d'Oran.
L'ambiance dans les cars était super: rires chansons et empressement de monter la guitoune les unes à coté des autres pour ne pas perdre le traditionnel partage des cabassettes sans oublier l anisette et la kémia pour les hommes.
l'Après midi sieste oblige et surtout les fameux trois heures d'attente avant de retourner dans l'eau (la digestion préoccupation des parents).
Voila des souvenirs avec peu de chose nous étions heureux et contents de se retrouver tous les dimanches avec une nouvelle plage.
Mon père appelait les VAN " LA GRANDE FAMILLE "







L'usine a organisé aussi tous les ans, dans les années 50, un séjour de colonie de vacances en Métropole, je n'en possède que les photos, don du même Marcel AURIERE:La colo OZANAM PARDIES PIETAT en 1958













La vie de l'usine fut marquée de deux évènements fameux:

En 1957, la remise de la Légion d'honneur à M. Le Corre notre sympathique Directeur Général, originaire de Bretagne, (La trinité sur Mer) qui nous rendait visite au moins une fois par an, aimait beaucoup l'Algérie, possédait un appartement à Alger où se trouvait le siège social des verreries ainsi que la direction commerciale. Il aimait encore plus Oran où l'usine entretenait pour lui un petit bateau à moteur: l'Angélina, avec lequel nous avons fait quelques sorties en mer.

Monsieur Fouques-Duparc, maire de la ville remet sa médaille à M. Le Corre De gauche à droite toutes les "huiles" de St Gobain: Mr Béjuit ; le Général Vialet du siège parisien qui a écrit un live intitulé " L' Algérie restera Française " ; le Docteur Parès,maire de La Sénia, Mr Mathey,P D G du Verre Creux, Mr Francin, directeur financier de St- Gobain, ( qui parle ) et Mr Lafont Directeur de l'écho d'Oran.

Sur la photo de gauche, je ne reconnais pas la première personne, et suivent Mrs Commun, Daous, Fouques-Duparc maire d'Oran et Le Corre.
Sur celle de droite, mon Père félicite son PDG et entre eux deux on aperçoit Paul Daous.

Une autre cérémonie, moins protocolaire, permit à M Le Corre de décorer à son tour M. Govin, apparamment de la médaille du travail. Cette photo où l'on peut voir également Mme Govin a été prise sur l'entrée arrière du bâtiment, face au garage, cette entrée étant à proximité immédiate du bureau de direction







La réputation de l'établissement fut telle qu'il fut visité 3 fois par les "autorités au cours de sa courte existence:



En février 1947, les premières bouteilles sortent des machines et, quelques jours après, le Ministre socialiste de l'Intérieur, Mr Depreux, vient inaugurer l'usine. Tout le " gratin " se St- Gobain est venu pour l'occasion à Oran. : il y a là : le Président- Directeur-Général de St- Gobain, Mr Helly d'Oissel; le P.D.G des V. A. N, Mr Le Corre, et plusieurs autres. Il y a également les autorités; Mr Chataigneau, Gouverneur Général de l'Algérie, le Préfet d'Oran, et le Maire de La Sénia entre autres

De gauche à droite, Mr Le Corre, P.D.G des V.A.N; Mr Chataigneau Gouverneur Général de l'Algérie Mr Depreux, Ministre de L'intérieur; Mr Hely d'Hoissel, P.D.G de St- Gobain.


Début mai 1957, Robert Lacoste, Ministre Résident, est venu à Oran pour inaugurer le nouveau stade de 45 000 places avec le député-maire, Mr Fouques- Duparc. Il en a profité pour visiter officiellement les VAN
Sur la photo on peut reconnaitre de gauche à droite : Mr Govin, Mr le Préfet Lambert, Mr Bertrand Directeur Commercial, Mr Le Corre, Mr Lacoste, X, Mrs Commun et Auclerc, Ingénieurs, et Daous


Ci dessus, le même jour probablement, M. Lacoste à gauche et le Préfet LAMBERT s'entretiennent avec des membres du personnel, ( entre M Lacoste et la personne en béret, P-F Rodulfo pense avour reconnu Monsieur RUIZ de la rue corneille SaintPierre qui ensuite est parti habiter la cité Jeanne d'Arc....)
tandis qu'un autre groupe ci dessous attend un peu plus loin. Je pense y reconnaitre André Commun et Georges Brouchet et quelles têtes dont les noms ne me reviennent pas



En 1959 enfin, peu avant "la fin" l'usine accueille son dernier visiteur officiel, M. Delouvrier
De gauche à droite : Mr Delouvrier Ministre Résident, Le Général Challe, Mr Le Corre, Melle Théliez la secrétaire de Direction qui a quitté momentanément la sténographie pour la photographie et Paul Daous


Avis à tous les visiteurs qui pourraient reconnaitre un parent ou un ami sur l'un des clichés présentés: Qu'ils n'hésitent pas à m'en informer



L'histoire des VAN touche à sa fin. Je n'en ai pas vécu les derniers évènements puisque j'ai quitté Oran pour Lille en Septembre 1957, j'y suis revenu pour quelques jours de vacances fin août 1958. M Govin le Directeur est reparti pour la métropole, remplacé par M. Auclerc et fin 58 ce sont mes parents qui quittent aussi le navire. Mon père qui avait fait un infarctus en 1956 avait déjà manifesté à plurieurs reprises son désir de rentrer en France mais attendait qu'un poste intéressant lui soit proposé. Ce sera Le Vésinet en banlieue parisienne , dans une petite unité de verre optique détenue à 50 % par St Gobain.

La cérémonie du départ fut organisée par M Daous er M. Le Corre fit le déplacement à cette occasion. Il y eut un repas d'adieu au Restaurant du Belvédère qui domine la ville, afin sans doute de mieux lui dire au revoir et la remercier de ces années merveilleuses passées sur son sol.



De gauche à droite : Mrs Commun, Le Corre, Cahuzac, Contant, Mme Pillon, Mrs Pillon, Des Francs, Delclaud, Brouchet, Auclerc, Ricart, Daous, Gelineau.






Un dernier paragraphe intéressant, sous la plume de Marcel AURIERE:

Avant l'indépendance fin juin 1962 les femmes et les enfants des employés VAN ont quitté Oran avec des destinations diverses Marseille Lyon Bordeaux etc.... Les hommes ne pouvaient pas suivre leurs familles pour les raisons que tu connais. En attente de connaitre l'affectation définitive des ouvriers et employes des VAN les épouses et enfants ont été accueillis pendant plusieurs jours dans une proprièté de Chaponost (69) Je me souviens des grands rassemblements dans la salle télévision pour regarder les dernières informations en provenance d'Algérie.






Et un message du 20 /11/07 de Antoine AMBROSINO:

Je suis AMBROSINO DI MICCIO Antoine, de la rue Camille Gasquet ; j'ai 59 ans suis à la retraite je travaillais a ARC INTERNATIONAL ; la verrerie je connais. Je vous cite d autres noms d'anciens verriers de la Verrerie d Afrique du Nord: MM LEGER, TESTA, CRENLEUX qui sont restés apres l'independance pour faire tourner l'usine. MR LEGER etait natif de Cambrai, Mr CRENLEUX de Blendecques, Mr TESTA d'Oran (il est décédé à Lyon) Je correspond avec le fils LEGER avec lequel jai été scout a la cite petit . EMail: Antoine62510@aol.com


En juillet 2007, Jean Marie LEGER dont le père est cité ci dessus s'était manifesté:

Mon père, comme tu le sais, était aux VAN et connaissait bien le tien, qui y était si je ne m'abuse comptable. Mon père était chargé des expéditions. Il gérait les camions et les trains qui allaient et venaient. Nous habitions la Cité Petit, parce que mon père, ayant fait son service au 2e zouave (la caserne proche des arènes) avait rencontré ma mère dans la gargotte de mon grand-père à la Cité Petit. Ils se sont mariés et ont pris racine à la Cité Petit, après une courte tentative d'implantation dans le Pas-de-Calais, pays d'origine de mon père (ma mère étant née en Espagne et étant arrivée à l'âge de 2 mois en Algérie).

Les VAN j'y ai vécu à l'automne 62, dans une des villas y attenantes. Mon père était resté derrière avec une poignée d'autres (un chauffeur (Tintin), une infirmière, un ingénieur suisse (Ricard) et un DG (Guyot-Sionnet)), car Saint-Gobain voulait tester les eaux et savoir s'il y aurait moyen de faire repartir la production après l'istiqlal. Peine perdue.

Je ne sais pas si tu as connu la piscine de l'usine. J'y ai passé de bons moments, car je l'avais pour moi tout seul. Sauf quand la fille de mon âge de l'infirmière venait s'y tremper. Très en avance sur son âge cette petite. N'était une vipère de temps en temps l'eau était agréablement douce. Tu te rends compte que l'usine etait complètement vide. Je pouvais aller partout dans les bureaux, a la fabrication aux approvisionnements, dans les parcs de stockage. Plus rien ne bougeait. Il y avait un poste de garde avec quelques Algériens avec lesquels j'allais discuter et partager du thé et des brochettes. Dans la loge d'entrée, il y avait encore le trou laissé par la balle qui avait traversé le crâne du gardien abattu par le FLN. C'était un état d'animation suspendue pour un lieu qui avait connu une très grande activité. C'était irréel.

La famille a regagné la Métropole à la fin de l'année 62. M. LEGER père a été muté à l'usine Saint-Gobain proche d'Orléans quant à Jean-Marie, il s'est exilé aux Etats Unis où il vit toujours.


Un autre message:

Je suis GUET Claude et c'est avec émotion que j'ai découvert votre site sur ORAN. Jusqu'au 4 juillet 1962 nous habitions la cité Charles de Foucauld, mon père Gustave travaillait aux VAN. A notre arrivée en métropole il a été envoyé à Chambéry au verre textile. IL est décédé en juillet 1971 à 54 ans Nous avons depuis regroupé la famille dans la banlieue de Grenoble ou Maman née Ruperto Germaine nous à quittée en 2004.Nous avons gardé des contacts avec un ancien des verreries GUZMAN François qui est instalé à Aubagne
En 1961 j'ai été en colonie de vacances à Pardies. J'y suis repassé voir le "chateau", il est aujourd'hui une residence privée.
J'ai beaucoup apprecié la photo des "Z U T" mais hélas il n'y a pas mon père, il est vrai qu'il n'a jamais aimé etre pris en photo. Je tiens à vous remercier pour la qualité et la force émotionnelle que j'ai ressentie en parcourant votre site





En août 2008:
J'ai un contact avec Antoine ROGRIGUEZ, né en 1922 à St Cloud il a passé toute sa carrière dans le groupe St GOBAIN et démarra à l'origine aux VAN. Dessinateur Projeteur au BE dirigé par Félix DELCLAUD ( décédé en 1997 ) il participa à toutes les études dès la création su site oranais.
C'est pourquoi il a écrit dans l'écho de l'Oranie N° 316 un très bel article concernant les VAN. C'est cet article qui fut à l'origine de notre prise de contact.

Un petit mot de Louis TESTA (68 ans) pour compléter le message d'Antoine AMBROSINO.
Je suis le fils ainé de TESTA Albert, décédé en 1990 à Lyon. Nous habitions rue Camille Gasquet à la Cité Petit. Mon père a travaillé 20 ans à la verrerie (VAN) ainsi que de nombreux membres de ma famille: TESTA Joseph, POUIOL René, GHERAB Vincent, DE HARO Joseph.
Je garde de très bons souvenirs des moments que j'ai passés avec eux à la verrerie en compagnie de TAPIA Manou, GALY de Choupot, M.REGAZZA, Mme PELLEGRIN et M.RUIZ (chauffeur de car ).
Les nombreuses colonies de vacances de la verrerie à Bousseville, auxquelles j'ai participé, restent dans ma mémoire des souvenirs inoubliables. Si certains d'entre vous ont des photos des colonies, merci de m'en faire profiter, car je n'ai que les souvenirs.
Merci d'avoir créé ce site qui représente , pour nous tous, un lien et de très bons souvenirs d'Oran. Mes amitiés Louis TESTA Email: luisicotesta@orange.fr





25 Novembre 2008
La chaine des anciens des VAN s'agrandit d'un maillon avec ce message de Mme REGAZA:

Grâce à la collaboration de Monsieur TESTA Louis, j’ai pu trouver des photos de la Verrerie d’Oran avec des moments inoubliables sur l’histoire de ce site qui appartiendra toujours à nos vies. Je lance au travers de ce site Internet un message à tous les pieds-noirs qui ont travaillé à la Verrerie d’Oran et qui gardent des photos des employés ou de mon père Manuel REYGAZA afin de réaliser un DVD vidéo que je lui offrirai à mon père lors de son 80 Anniversaire le prochain 4 Janvier à Soissons (Aisne). Tous mes remerciements et mes meilleurs salutations aux personnes qui peuvent participer à ce moment inoubliable. - Cordialement, - Josette REYGAZA - Avenida Meridiana, 305. 11-2 - 08027 Barcelona (España)

Bon anniversaire à M. REGAZA



Juste au moment de l'indépendance, mes parents ont récupéré l'appartement d'un collègue parti pour la France à deux pas de la Place des victoires, rue Béranger. C'est d'ailleurs là qu'ils ont manqué se faire descendre par un gars armé d'une mitraillette le 5 juillet (anniversaire de mon père) alors qu'ils fuyaient la foule et les rafles.

Les quartiers de mon coin: la Cité Petit, Maraval, la Cité Protin, Choupot, Boulanger, Médioni etc. étaient très vivants et très folklo et surtout possédaient une forte identité de lieu (quant on était de la Cité Petit, il était obligé d'aller couper les fils des cerf-volants des gars de Choupot et lycée de versailles. On allait les défier au foot et ça se terminait toujours par la castagne et les cailloux. C'était Oran et l'Algérie des petites gens. Il y avait de tout. D'ailleurs tu n'as qu'à aller voir mes photos de classe de l'école du Dr. Abadie sur Oran des Années 50. Il y avait presque autant d'arabes que de français dans les classes. J'ai d'ailleurs retrouvé des copains de classe lors de récents passages à la Cité Petit.

Aller "en ville" relevait du véritable voyage. On s'habillait en dimanche pour ça. D'ailleurs regarde les photos des gens dans le centre à l'époque. Ils ont tous des cravates.

Plus tard quand j'ai fréquenté le Lycée Ardaillon, j'étais bien moins impressionné, puisque j'y allais tous les jours en bus. Mais je suis toujours resté malgré tout un gars des faubourgs, un vrai plébien. Allez a+



Août 2010:
Bonjour ,
Je viens de lire vos souvenirs et je suis très émue. Mon père est un verrier d'ORAN, Monsieur MALDONADO PAUL, ouvrier. A notre retour, maman (NAHMANI ROSE-MARIE), décédée à ce jour, est revenue seule avec nous trois, petits (j'avais 7 ans), en 1962. Nous nous sommes retrouvés à Saint-Gobain, dans l'Aisne. Papa est arrivé plus tard, il a travaillé à Saint-Gobain puis nous sommes partis à Soissons, dans la cité ouvrière, près de l'usine. J'ai eu un choc en revoyant certaines photos, j'ai reconnu Monsieur MARIUS, j'ai lu le message de Josette Reygaza...
Comment faire plaisir à mon papa, né en 1931 et habitant près d'ORLEANS ? Avez-vous d'autres témoignages ou phothographies de la verrerie d'ORAN?
Merci pour toute réponse,
Evelyne ALLARD née MALDONADO

bonjour Jean-Claude c'est grâce a votre beau site,que j'ai eu la surprise de voir la lettre qu'Edmond Mellina a mis 35 ans pour l'écrire et dans sa lettre j'ai vu qu'il a habité dans mon appartement avec mon oncle Paul Gimenez son beau-frère, mon père étant muté a Soissons par les VAN et de ce fait, je lui ai envoyé un mail et de fil en aiguille, j'ai envoyé des photos de mon père ancien champion cycliste, qui ont été mises sur L'Oranie Cycliste par Manu Cobos et Alain Lopez donc rien que pour ça merci. depuis je suis en contact avec pas mal d"ancien coureur qui ont connu mon père notamment JC Archilla,Alain Lopez,E Mellina etc. etc. JC Archilla a même écrit une page sur mon père dans la rubrique "ils nous ont quittés" et encore bravo pour vote site que je visite régulièrement Amicalement Antoine Gimenez Junior dit "Toinou" Le 1° mars 2012 -Antoine GIMENEZ - 02880 MISSY sur AISNE - EMAIL=antoinegimenez716@]neuf.fr





L'histoire des VAN est finie, mais je ne voudrais pas terminer cette rétrospective sans évoquer, mais en dehors de cette page, la mémoire des Territoriaux des VAN...

voir page suivante en cliquant



Juillet 2011

Finalement cette histoire n'est peut-être pas terminée: je viens de recevoir en provenance de Christian MUNCH, retraité de St Gobain, le message suivant:

une info pour ceux que cela intéresse,
La société SAINT-GOBAIN (mon ancienne boutique avant la retraite.), par l'intermédiaire de sa filialle "VERRALIA" vient de racheter la société "ALVER" anciennement "Verreries de l'Afrique du Nord" à ORAN bien sûr.
C'est à dire que Saint-Gobain vient de racheter une société qui lui appartenait jusqu'en 1962.Peut être que la nouvelle société va se remettre à fabriquer les bouteilles de BAO et de JUDOR,et même ORANGINA.

A suivre