Cette année 2007, peut-être à cause des élections présidentielles et des promesses faites par le candidat avant don élection, on a beaucoup parlé du 5 juillet 62 à Oran, journée terrible s'il en fut et point final d'un exode dans des conditions lamentables. Que s'est-il réellement passé ? Une boucherie à coup sûr. Combien de victimes ? comme d'habitude les chiffres varient largement selon leur origine. Comment cela a-t-il pu se produire dans une ville comme Oran à majorité européenne ?

Je n'étais pas présent et aujourd'hui encore j'ai bien du mal à comprendre, mais quelles que soient les responsabilités, j'ai bien du mal à comprendre pourquoi les gouvernements français successifs font le blackout complet sur cette journée que l'on pourrait comparer à une sorte d'Oradour sur Glane aujourd'hui encore dans tous les souvenirs, s'il n'y avait pas eu sur place ce même jour une force française importante qui s'est isolée dans ses quartiers pour obéir à des ordres qui semblent bien être venus du sommet de la république.

Je me propose de rassembler ci dessous un certain nombre de documents parus sur le Net depuis ce début de juillet 2007. Il s'agit donc pour la plupart d'emprunts faits à divers sites qui je l'espère ne m'en tiendront pas rigueur.







Signalons d'abord l'existence à Nîmes, dans l'enceinte des sanctuaires un monument dédié à tous nos morts en Algérie:



et les plaques qui y sont apposées:




Puis faisons un tour des différentes célébrations commémoratives qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire français, mais bien sûr plus nombreuses dans le midi de la France:



A Marignane:




Une vue de l'Assemblée pendant le discours du Président Mr Roland Soler, en présence de l'abbé Esposito qui s'adressera également aus personnes présentes.

Un commentaire de l'auteur:
"J'ai personnellement constaté que nous étions bien plus nombreux que l'an dernier..Une constatation que nos propres compatriotes commencent à s'emouvoir et à plus s'investir. dans la mémoire et le souvenir. je tiens à les remercier."

et en la Basilique du Sacré Coeur (Prado) à Marseille: (documents photos François Sanchez)
L'auteur-reporter rajoute un autre commentaire:
"....où nous étions encore plus nombreux que dans l'apres midi ce qui a été un grand réconfort pour notre communauté, Nous avons eu droit a une messe de Requiem solennelle chantée, avec comme chef de coeur notre grand ami Henri Montgrenier, qui avec brio nous a guidé dans nos chants....,Psaume,Anamnèse, et en chant final....O Vierge Immaculée ..... que je n'arrive jamais à entonner les premières notes....surtout les paroles..... " O vierge immaculée, ton ALGERIE aimée,vers la voûte étoilée....jusqu'au sein de ta cour..."












Autre cérémonie à Marseille, rapportée par José Bueno correspondant habituel de "La Provence", qui donne lui aussi un commentaire d'un ton légèrement différent:

il y avait du monde certes notamment à l'église mais bien moins que lors des Paëllas ou autre Gaspacho... Que vamos hacer.... ce n'est pas la première fois que l'on constate ce manque d'intéressement à ces manifestations du souvenir...









Hyères:
Images de Marie Claude Caillat











A Saint Cyprien:
(images de J-P Robert)








A Paris, devant le monument du Maréchal Lyautey
(Documents photographiqiues de Jean Boussommier)







Il y eut certainement d'autres cérémonies de commémoration ailleurs en France, je crois savoir qu'il s'en est déroulé en particulier à Toulouse, à Lyon au monument aux morts d'Oran, à la Duchère...
Un point noir pour certains: la manifestation de ranimation de la flamme à l'Arc de triomphe à Paris a été interdite. Ce n'est pas la première fois et l'on peut sans doute s'interroger: Pourquoi ? Il est probable que le patronnage de l'Association des Anciens du Lycée Lamoricière d'Oran n'est pas une garantie suffisante de sérénité puisque d'autres associations y sont invitées, dont la neutralité politique est moins évidente.
A ma connaissance aucune association de rapatriés ne s'est vue refuser une manifestation du souvenir.






Ces diverses manifestations veulent commémorer le souvenir des nombreux morts et disparus, tant civils que militaires, victimes de la guerre d'Algérie et plus spécialement des inniocents tombés à Alger le 26 Mars 62 et à Oran le 5 juillet. Ces évènements et particulièrement le dernier sont souvent inconnus des français de métropole car ils ont été occultés par le pouvoir en place....
Il est intéressant d'entendre différents points de vue.

Document transmis par J-P Gonzales sur le forum "Visiteurs Oranais"

Lu dans le quotidien d'oran du jeudi 5 juillet 2007:

L'actualité Autrement Vue : Le 5 juillet 1962 : l'ultime combat de l'OAS Par Ait Benali Boubekeur
Le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) a décidé de célébrer la fin du joug colonial, dans tout le territoire algérien, le 5 juillet 1962. Cette date a été choisie effectivement de façon symbolique pour boucler 132 ans de domination française. Et pourtant le vote s'est déroulé le 1er juillet 1962 où la participation a été remarquablement élevée. En effet, pour sortir définitivement du giron colonial, les Algériens ont voté oui à 91,23% par rapport aux inscrits et 99,72% par rapport aux votants. Le général De Gaulle a reconnu officiellement l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet.
Le 5 juillet, comme prévu, la fête s'est déroulée dans l'allégresse partout en Algérie hormis la ville d'Oran. Ce qui a terni, en effet, cette journée c'étaient les événements survenus à Oran où l'organisation de l'armée secrète (OAS) a décidé de marquer cette journée par une ultime fusillade, sans doute de trop. Par conséquent les Oranais ont assisté à une journée cauchemardesque contrairement à leurs concitoyens qui ont manifesté leur exaltation pour la fin de l'occupation dans l'hilarité, et ce, à travers les quatre coins du pays.

Pour apporter quelques éléments pouvant aider à comprendre ce qui s'est passé ce jour-là, un bref retour en arrière est primordial. En effet, plusieurs hypothèses ont été avancées par les historiens des deux rives de la Méditerranée pour illustrer cette affaire. C elle qui semble correspondre au contexte de l'époque est celle de B.Stora, car elle résume l'état d'esprit des pieds-noirs à la veille de l'indépendance algérienne, il écrit à ce propos : « il semble impensable à la majorité de la population européenne de quitter leur pays natal, de concevoir une indépendance sous l'égide du FLN «. L'OAS n'a pas lésiné sur les moyens, aidée en cela par les pieds-noirs, pour parvenir à ses objectifs, notamment le regroupement de la population européenne dans une plate forme territoriale. L'idée en tout cas n'était pas née ex nihilo mais lors de la conférence de presse du général de Gaulle du 11 avril 1961 où la partition a été évoquée. Selon Xavier Yacono : « pour la première fois, de Gaulle élevait, de façon ferme, la menace de regroupement des populations qui resteraient fidèle à la France «.

La majorité des pieds-noirs avait par ailleurs la détermination inébranlable de livrer le combat jusqu'à l'ultime moment pour sauver l'Algérie française, notamment dans les grandes métropoles telles que Alger et plus spécifiquement Oran.
La violence des ultras avait franchi maintes fois le rubican lors des derniers mois de la présence française a été sans doute déterminante lors de la célébration de l'indépendance. L'historienne Michèle Villanueva n'essaye-t-elle pas d'expliquer l'événement en disant : « le 5 juillet ne serait-il pas le contrecoup des mois terribles que la population algérienne venait de vivre ? ».
Cependant, depuis les accords du cessez-le-feu, l'OAS n'a pas cessé de perpétrer des attentats dans le but de rééditer le basculement de l'armée française en sa faveur comme ce fut le cas le 13 mai 1958. A cet effet, la ville d'Oran a été considérée, par les ultras, la plus à même de relever ce défi. La raison invoquée était qu'Oran, par le nombre d'habitants français majoritaires dans la ville, il était plus facile d'atteindre l'objectif consistant à retourner le rapport de forces en leur faveur dans un délai succinct. Le général commandant la région oranaise, Joseph Katz, estime que l'OAS par sa politique de terre brûlée, ses assassinats, aurait pu déclencher une riposte des Algériens, obligeant les troupes françaises à intervenir pour protéger les Européens, et empêchant la mise en application sur le terrain du cessez-le-feu. Bien que le général Katz soit considéré l'ennemi numéro un des pieds-noirs, il n'en demeure pas moins qu'il était le plus dur dans le combat qui l'opposait aux Algériens, au début de la révolution, avant qu'il soit rappelé en France en 1958 pour ne pas avoir soutenu les événements du 13 mai. Il a expliqué dans son livre le plan qu'il avait mis en place, en 1957, pour en finir rapidement avec la rébellion algérienne le plus tôt possible. Il a proposé ensuite au général Salan (chef des armées à ce moment-là) d'étendre ce plan anti-guérilla pour, dit-il, écraser ceux qui voulaient bouter les Français d'Algérie. En revanche, dans ses fonctions du maintien de l'ordre à Oran face aux éléments de l'OAS, il a toujours recommandé à ses officiers de mener leur mission d'une façon diamétralement opposée à celle qu'ils avaient déjà employées jusque-là. Il l'avoue implicitement quand il écrit : « si nous faisions ce qui nous est imputé, l'ordre serait rétabli en 48 heures à Oran. N'ayant pas en face de nous des ennemis, mais des Français trompés et abusés, nous ne pouvons, nous ne voulons régler les problèmes par la force des armes ».

Cependant, à partir du cessez-le-feu, et profitant de l'étau desserré, les quartiers européens étaient difficilement contrôlables par l'armée française qui ne voulait pas verser le sang français. De l'autre côté, l'ALN ne trouvait aucun mal à contrôler les siens suivant l'engagement d'arrêt des combats qu'elle a signé. Cette situation a créé un climat de violence inouïe des ultras. Du coup, les Algériens vivaient continûment sous l'épée de Damoclès des exactions de ceux-là.
Le responsable de la sécurité de la ville, le général Katz, admet que les bévues des ultras allaient crescendo du cessez-le-feu jusqu'à l'indépendance de l'Algérie. Il affirme que : « d'innocentes victimes continuent à tomber dans la proportion d'un Européen pour cent Arabes ; parmi les victimes nombre de femmes et d'enfants «. Néanmoins, ce chiffre n'est apparemment pas partagé par d'autres historiens à l'instar de B.Stora qui affirme qu'au mois de mai, à Oran, « quotidiennement, de 10 à 50 Algériens sont abattus par l' OAS. Certains musulmans quittent Oran pour rejoindre leurs familles dans les villages ou villes n'ayant pas une forte population européenne «. Quant à ceux qui étaient contraints de rester, la violence à laquelle ils étaient exposés n'épargnait ni femme, ni enfant. En parlant des Algériennes qui servaient dans les familles françaises comme Fatmas, le général Katz , confirme que celles qui osaient se rendre dans les quartiers e uropéens le payaient de leur vie. Ainsi, ajoute-t-il « nombre d'entre elles n'en reviennent plus. On trouve leurs cadavres allongés au bord des trottoirs «. Le 15 mai, le chiffre de 15 femmes abattues a été enregistré pour la seule ville d'Oran.
Dans la dernière ligne droite pour parvenir à l'indépendance, le FLN a essayé tant bien que mal de retenir les Algériens qui voulaient venger les leurs. La difficulté était immense car il s'agissait de convaincre les gens de supporter les violences quotidiennes des ultras. En fait, à des obus de mortier qui tombaient sur les quartiers algériens, où pour la seule journée du 26 mai, l'OAS a causé plus de 30 morts et une centaine de blessés, le FLN a organisé, selon Jean Monneret, des rapts en fonction d'un objectif simple : combattre l'OAS. D'ailleurs, le proverbe français ne dit-il pas que : « tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise ».

Quant à d'autres bévues commises par d'autres Algériens, à vrai dire ceux que l'on nomme les maquisards de la vingt cinquième heure, le Général Katz l'explique comme suit : « Depuis le cessez-le-feu 126 FSNA(français de souche nord- africaine) ont déserté leurs unités e n emportant armes et bagages. Ce qui est plus grave, c'est qu'ils ne rejoignent pas tous l'ALN et beaucoup vont grossir les bandes incontrôlables qui se livrent à des exactions de toutes sortes ».
Au fur et à mesure que la date du référendum approchait, et que les chances du basculement de l'armée en faveur de l'OAS s'amenuisaient, les ultras n'avaient qu'une chose en tête : casser l'économie algérienne. Au cours des différentes émissions radio pirates de l'OAS, la consigne de tout détruire était maintes fois donnée : « s'il faut quitter l'Algérie on la laissera dans l'état où les premiers colons l'ont trouvée en 1830 ». Jusqu' à la fin du mois de juin la destruction de toutes les infrastructures a été poursuivie avec le plus grand acharnement. En fait, tout ce qui est nécessaire et vital pour le pays : bâtiments et édifices publics, installations industrielles et portuaires et réseaux de communication.
Le 22 juin, par exemple, c'était au tour du palais de justice que les commandos OAS ont remis le feu après qu'il a résisté aux flammes la première fois. Dans la soirée c'était l'Hôtel de ville qui a été la proie des flammes. Même la bibliothèque n'a pas échappé au feu. La journée du 24 juin a battu tous les records selon le général Katz : « De tous les quartiers jaillissent des panaches de fumée et des flammes, prélude à l'explosion des réservoirs de mazout du port qui, le lendemain, plongera la ville dans une semi-obscurité ».
Enfin, malgré le calme relatif observé les deux derniers jours du mois de juin suite à la création d'un comité de réconciliation, personne ne croyait, en son for intérieur, à un apaisement définitif de la situation vécue les mois précédents. C'est ainsi que le capitaine de l'ALN, Djelloul Nemmiche dit Bakhti a interdit, le 2 juillet, toute manifestation dans le centre ville avant le 5 juillet afin que les conditions soient réunies et que la fête se déroule sans anicroche.

Dès les premières heures de la matinée du 5 juillet, les Algériens se sont donnés rendez-vous pour manifester dans l'allégresse l'indépendance durement acquise. Aux environs de midi, des coups de feu sont tirés sur des Algériens qui voulaient hisser le drapeau algérien à la place d'armes. Cette fusillade a été sans doute celle de trop car la riposte ne s'est pas fait attendre non plus. Le bilan de la journée est lourd en vie humaine. En effet, pour brève qu'ait été la riposte( environ 30 minutes d'après le général Katz) à laquelle a participé des ATO (auxiliaires temporaires occasionnels) et même des civils algériens, le nombre de morts était tout de même important. Il y avait 25 morts parmi les Français (46 selon Fouad Soufi) et plus de 80 Algériens. Ainsi la colonisation s'est achevée comme elle avait commencé en 1830, c'est-à-dire dans le sang.







Témoignage du capitaine Rabah Kheliff racontant sur france culture son action, le 5 Juillet 1962 à Oran :
Extrait du site e la Coalition Harkis


"Je commandais la 4e Compagnie du 30eme BPC et ayant des renseignements, comme tous mes camarades, alors que j'étais le seul officier FSNA, disions-nous à l'époque, dans cette unité de chasseurs, unité d'élite, (...)
Ayant eu des renseignements qui m'affirmaient que les membres du FLN ramassaient dans Oran et sur les routes les pieds-noirs et bien sûr les Musulmans qui étaient pro - français, pour les amener dans des camions et les fusiller avant de les jeter dans le Petit Lac, qui, paraît-il, actuellement serait cimenté. (Je préfère parler au conditionnel puisque je n'ai pas vu ces actions, elles m'ont été rapportées). J'ai téléphoné au colonel commandant le secteur qui était mon patron hiérarchique le plus élevé et à son adjoint. Le commandant m'a dit: "Khellif je comprends très bien ce que vous ressentez, je vous laisse faire selon votre conscience, mais attention! Je ne vous ai rien dit. "
J'ai considéré cette réponse comme un feu vert et un encouragement.

J'ai alors embarqué la moitié de ma compagnie et je me suis dirigé vers le point de regroupement - un des points de regroupement -, qui se trouvait devant l'ancienne Préfecture à Oran qui doit toujours être Préfecture aujourd'hui et là effectivement, j'ai vu, d'un part une colonne, colonne par trois ou quatre, de femmes, d'enfants, de vieillards pieds-noirs, des centaines, qui étaient gardés par la valeur d'une section du FLN et qu'on s'apprêtait à embarquer pour une destination inconnue. Devant la Préfecture, il y avait un planton. Je demande à ce planton où se trouve le Préfet. Il m'a montré un monsieur, petit, costaud, chéchia rouge qui grimpait les escaliers de la Préfecture. J'ai donc en trois enjambées rejoint ce Préfet et je lui ai dit : "Monsieur le Préfet, je vous donne trois minutes pour faire libérer tous ces gens-là. Sinon, je ne réponds plus de rien." Le Préfet en question n'a pas répondu, il est redescendu avec moi et il a été voir le patron de la section du FLN. La palabre n'a pas duré longtemps. Les gars du FLN sont montés dans leur camion, sont partis. le Préfet est venu avec moi et a dit à tous ces braves gens, les pieds-noirs: "Vous êtes libres"
Oh! C'était la joie "

[S'étant quelque peu éloigné de son détachement, le capitaine Kheliff fut ensuite frappé et blessé par des civils algériens. Ses hommes vinrent le dégager, mais il évita de faire ouvrir le feu.)

Le capitaine Kheliff n'a plus eu aucune promotion, ceux qui ont respecté les ordres et ne sont pas sortis, même entendant crier et pleurer à leur porte, si.
Conformement aux accords entre chirac et Bouteflika, Kheliff n'a jamais pu revoir son pays natal, ni les survivants de sa famille restés en kabylie.







Qui est donc cet homme ?

Un JUSTE nommé RABAH KHELIF -

Extraits d'un dialogue sur: Les Forums de la Coalition Nationale des Harkis et des Associations de Harkis
http://www.coalition-harkis.com/component/option,com_simpleboard/Itemid,27/func,showcat/catid,4/


En vérité, je connais, très peu, le Capitaine KHELIF (au fait, un F ou deux dans son patronyme car cela diverge en fonction des infos recueillies ci-et-là ?), hormis ses "faits d'armes". Néanmoins, je tenais à publier, certains témoignages, qui m'avaient été transmis, récemment, par notre ami Gilles BONNIER.
A.F. Très Cordialement,

A Lyon on l'appelait le capitaine Rabah Kheliff. Né en Kabylie, ancien enfant de troupe, ce fils d'officier français s'engagea en 1951 (à 18 ans) pour combattre pour la France en Indochine. Il est décédé le 3 novembre 2003. Il n'avait que 70 ans. Il était le créateur et le président de l'Union nationale des Anciens combattants français musulmans. Dès sa mise à la retraite de l'armée, il s'était consacré à la défense des droits de ses camarades de combat français musulmans, souvent désarmés, devant une administration tatillonne et ingrate. Nous espérions le voir triompher, une fois de plus, du mal terrible qui le rongeait. Il était sorti tant de fois sain et sauf des champs de bataille, en particulier à Dien Bien Phu, dont il revint miraculeusement, et en Algérie, qu'on ne pouvait l'imaginer terrassé.

Il a été présent jusqu'à son dernier souffle aux côtés des anciens combattants et harkis qu'il a défendus de toutes ses forces. Il dénonçait sans cesse la trahison de l'Etat et n'hésitait pas à intervenir aux plus hauts niveaux pour apaiser leurs souffrances. Il avait tenu à organiser lui-même la journée nationale du 25 septembre dernier à Lyon en hommage à leur tragique destin. Ce fut une réussite mémorable à laquelle, épuisé, il n'avait pu assister. Il avait réussi à obtenir du président de la République que le "25 septembre" soit célébré tous les ans sur tout le territoire.

Le 5 juillet 1962 à Oran, seul officier français à oser le faire, il n'avait pas hésité à enfreindre les ordres prescrits et fit face à l'ALN avec sa compagnie de chasseurs, arrachant des centaines de ses compatriotes européens et musulmans à une mort certaine, s'exposant ainsi aux foudres du général-bourreau Katz, qui fut à cette occasion d'une grossièreté indigne, allant jusqu'à lui dire que s'il avait été un officier français (et qu'était-il sinon cela ?) il l'aurait cassé sur le champ!

Rabah Kheliff était commandeur de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite.
Profondément croyant, il avait été un des fondateurs de la grande mosquée de Lyon dont il assurait la présidence et l'indépendance dans un cadre intégralement français. Il disait à qui voulait l'entendre qu'il était français d'abord et musulman ensuite, et s'opposait à tous ceux qui, sous prétexte de double nationalité, se considérent chez nous en simple subsistance.

Nous garderons en mémoire son imposante silhouette, sa légendaire bonté, sa sagesse, son mépris du danger, son sens du devoir et son patriotisme. C'était un sage. Dans toute l'acception du terme.

Le 6 novembre, une foule innombrable d'amis de toutes confessions se pressait devant son cercueil, exposé à la grande mosquée, une foule triste et digne. A l'image de celui qu'elle pleurait. Ses camarades anciens combattants étaient là, groupés derrière les drapeaux tricolores, donnant à cette manifestation un caractère patriotique d'un autre temps. De nombreuses autorités locales et même nationales étaient présentes mais, curieusement, pas le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, une fois encore grand absent!

La prière des morts fut bouleversante, elle ressemblait à toutes les prières des défunts. C'était l'entente et la concorde que Rabah Kheliff espérait et prônait à toutes occasions de son vivant. Et je me laissais aller à rêver: je nous voyais tous et toutes là-bas, à Alger, avant le 1er novembre 1954, toutes origines confondues, unis et conscients qu'il restait une grande oeuvre française à terminer, une communauté à faire entrer dans ce 21e siècle qui s'annonçait.

Rabah, nous ne t'oublierons jamais. A son épouse madame Fatma KheIiff, à ses enfants Jacques, Eric, Fatima et Samia, ses petits-enfants Baptiste, Nicolas, Margot, Laura, Hippolyte, Elleonor, nous présentons nos condoléances les plus fraternelles.

Boris Khan, président du cercle algérianiste de Lyon, dans Present.






Un article paru dans l'écho d'Oran du 12 luillet 1962

Mardi après midi, vers 17 h20, un coup de téléphone émanant du capitaine Si BAKHTI, chef de la Sone Autonome d'Oran conviait les représentants de la Presse française et étrangère à une conférence de presse. Rendez vous était fixé, dans la demi-heure qui suit, au Lycée Ardaillon à tous les journalistes.
Ils seraient conduits ensuite vers un camp, où étaient détenus les responsables des meurtres etexécutions qui endeuillèrent Oran le jeudi 5 juillet.

Une fois le rassemblement fait au Lycée Ardaillon, le cortège de voitures prit la route en direction de Pont-Albin où des détachements de l'ALN sont installés dans plusieurs fermes.

Arrivés à destination à l'heure où le soleil se couche derrière la chaîne du Murdjadjo, le capitaine BAKHTI commenta rapidement, sur un ton courtois mais sec, les différentes phases de l'opération qui permit à l'A.L.N. de mettre hord d'état de nuire plus de 200 bandits qui semaient la terreur depuis des mois dans les faubourgs musulmans du Petit Lac, de Victor Hugo et de Lamur
On n'ignore pas à Oran combien le passage dans ces quartiers était dangereux pour toute âme qui vive.
Après les incidents tragiques du 5 juillet, les responsables de l'ALN s'étaient promis de châtier les coupables, mais la réussite de leur contre-attaque demandait une certaine patience.
Et c'est au moment où à Victor Hugo et au Petit-Lac on pensait encore à l'invulnérabilité de Moueden, alias Attou et de sa bande, réputés comme sanguinaires, que Si BAKHTI lançait l'A.L.N. à l'assaut des quartiers précités.

En effet, dans la nuit de dimanche à lundi, à 2 h 30 exactement, deux bataillons armés encerclaient ces faubourgs. Plusieurs Katibas pénétraient dans les "centres nerveux" signalés par des renseignements de la population tyranisée et décidée à sortir des griffes de ces dissidents.

Perquisitions et fouilles donnent un bilan impressionnant, quoi qu'il ne soit que provisoire; 200 arrestations, parmi lesquelles 6 chefs mercenaires dont le "fameux" Attou qui fut le seul à tirer sur les soldats de l'A.L.N. et dont la résistance ne fut que de courte durée.

Côté matériel, 10 tonnes d'équipement militaire et divers dont des armes qui seront bientôt exôsées et photographiées. Dans ce matériel récupéré figurent de nombnreux objets volés par les "tueurs"

Tous les prisonniers étaient vêtus correctement. Ils n'étaient pas enchaînés et leurs visages ne présentaient aucunes traces de sévices. La tête baissée, les mains derrière le dos, ils obéissaient aux ordres du commandant du camp qui les assembla facilement dans la cour de la ferme, gardée par des unités de l'ALN, mitraillette au poing.

- Seront-ils jugés ? avons-nous demandé au capitaine El BAKTI .
-Ils passeront devant le tribunal militaire de l'ALN. Un avocat officier de l'ALN assurera leur défense. Coupables, ils seront fusillés . dans le cas contraire la liberté leur sera rendue.

Nous avons vu tomber pour notre révolution bon nombre de nos frères qui avaient combattu à nos côtés. C'est dire que nous savons le prix de la vie humaine. Mais c'est la loi de la guerre nous serons sans pitié pour les criminels. Notre révolution sera pure mais dure. L'ALN veille à ce que l'ordre revienne vite dans ses zones.

Notre première mission est d'assainir toutes les villes où les éléments incontrôlés et armés ont vite intérêt à disparaître ou à remettre leurs armes pour éviter d'être fusilles s'ils tombent entre nos mains "

Comme on peut le voir le capitaine BAKHTI ne badine pas avec la discipline et le maintien de l'ordre. Pour démontrer que ses propos n'étaient pas " paroles en l'air " il ordonna au commandant Saden de rassembler une katiba pour participer au baisser des couleurs. Trois coups de sifflet et en trois minutes une section ( bazookas-FM-mitrailleuses) se trouvait réunie.

Après la cérémonie des couleurs, le chef de la ZAO tint une petite conférence de presse au cours de laquelle les journalistes posèrent de nombreuses questions . En voici quelques unes:
- Avez-vous retrouvé des Européens au cours de l'opération.
- Un seul M. Legand, instituteur de école Lamoricière, qui était infirmier à Victor Hugo.
Cependant notre enquête ne fait que démarrer nous sommes en pleine instruction de cette "angoissante affaire" qui préoccupe les Européens et leurs familles. Nous le comprenons et faisons l'impossible pour retrouver les disparus et dissiper les inquiétudes de leurs proches. " Dites-leur que nous ne sommes pour rien dans cette série d'évènements . C'est un bien triste legs que nous ont laissé ces " bandits ".





Le témoignage de M V-B prélevé sur le forum de VO:
Peu d'entre nous n'ont pas entendu le message de Ben Bella a Katz, ce jour là la radio, mon mari l'a entendu, il demandait à Katz de retablir l'ordre, mais ce dernier n'a pas bougé, bien sur, ceci sans vouloir excuser cela, et nous etions là nous sommes partis en novembre 62, Ces souvenirs ne s'effaceront jamais, nous allions danser chez Michel Huertas, square Cayla, en regardant la direction des balles traçantes....





J'ai moi-même écrit sur VO quelques lignes que je reproduit ici en en supprimant seulement quelques phrases qui n'ont rien à voir avec le vrai sujet:

Je me suis longtemps demandé si je devais ou non prendre la parole un 5 juillet,
J'avais néanmoins préparé un petit texte que je n'ai pas envoyé sur le moment
Ai-je le droit, moi qui ne suis pas un vrai PN, de parler de ce jour sanglant ?
Et puis Didier, de passage entre deux étapes de son tour du monde.... a écrit quelque chose qui me parait très juste. Il y avait eu auparavant des prises de positions de certains d'entre nous, il y en a eu après....... A Vous de juger si j'ai tort ou raison de remettre la question sur le tapis!

Pour ceux qui ne me connaissent pas bien, parce qu'ils sont récemment venus sur ce patio, je rappelle que j'en suis l'initiateur dans les années 96-97 et nous n'étions pas nombreux à cette époque.... Je ne l'ai pas abandonné, mais plutôt transmis à Didier, pour avoir davantage de temps à consacrer à d'autres occupations et plus particulièrement le site de mémoires qui est le point de départ de l'aventure des V.O.
Je ne suis pas né à Oran ! et j'ai quitté la ville définitivement en septembre 58 après y avoir passé 15 jours de vacances en famille puisque déjà depuis un an je séjournais à Lille pour une année préparatoire à une école d'ingénieur
Je n'étais donc pas à Oran le 5 juillet et je n'ai pas vécu ce que vous avez vécu. Pourtant l'Algérie et Oran étaient toujours présent à mon esprit. Quand je le pouvais je captais Radio Alger sur ondes moyennes 306 m je crois ??? Oran m'a toujours "hanté", sinon je ne passerais pas encore aujourd'hui les 3/4 de mon temps disponible à compléter le site de mémoires à partir des textes et documents que vous me faites parvenir.... Et ce cinq juillet que je n'ai pas connu, je ne peux pas l'oublier car, est-ce un hasard ? c'est la date de naissance de ma dernière fille en 73, un jour d'orage violent où résonnaient dans les rues des bruits assourdissants pas éloignés des explosions que certains ont vraisemblablement connues.

Alors à cause de tout cela je vais vous faire part de mes sentiments:
Oui vous avez raison de ne pas oublier ! Vous avez raison de réclamer le droit de vous réunir pour célébrer la mémoires des vôtres disparus ou tombés ce jour là. J'ai d'ailleurs été surpris (agréablement) de voir cette année le nombre de cérémonies du souvenir qui ont été organisée un peu partout en France. Elles ne sont peut-être pas plus nombreuses que d'habitude mais Internet, ce moyen de communication extraordinaire, fait que personne ne peut plus ignorer que tous les ans les PN se recueillent ce jour là en souvenir de leurs morts. Personne à ma connaissance ne leur interdit de le faire....

Ah oui vous allez me dire que la cérémonie à l'arc de triomphe à Paris a été interdite. C'est son autorisation qui m'aurait un peu gêné je l'avoue....
Pourtant je suis un ancien du lycée Lamoricière ! Mais justement ce n'est pas l'association des anciens du lycée qui organise ce rassemblement (quoi qu'on en dise ) mais le président d'ALLO, et homme politique, qui sous le couvert d'ALLO organise une manifestation à laquelle il invite d'autres associations dont cvertaines se réclament de mouvements ou d'associations disoutes. Voila probablement la vraie raison de l'interdiction. Je n'insisterai pas sur nos opinions divergentes qui nous ont valu de nous frictionner à plusieurs reprises sur d'autres sites et forum, ceci n'ayant aucun intérêt pour le sujet qui nous préoccupe.

En ce qui concerne le 5 juilletà Oran, (ou le 26 mars à Alger) On peut lire aujourd'hui sur le Net des textes qui relatent les évènements de façon assez différente. et je suis certain que chacun est convaincu en toute bonne foi d'avoir raison. Une seule chose demeure: ces journées ont été sanglantes et dramatiques mais qui les a orchestrées, à qui devaient-elles profiter ?
On ne peut nier que les derniers jours de l'Algérie ont été émaillés d'incidents dus à L'OAS C'est du moins ce que l'on m'a toujours dit: l'incendie des cuves de fioul sur la port d'Oran en est un exemple. L'OAS qui avait perdu son pari de maintenir l'Algérie française avait décidé de pratiquer la politique de la terre brûlée et d'une façon ou d'une autre a été à l'origine de la réaction du FLN et d'une grande partie de la population musulmane facile à manipuler.

On m'a fait remarquer après lecture de ce paragraphe, que l'OAS avait quitté l'Algérie depuis longtemps pour se réfugier en Espagne. C'est la thèse officielle, mais je m'étonne néanmoins que l'OAS ait quitté le bateau en laissant les civils se débrouiller tout seuls ! Cela me paraitrait plutôt déshonorant ! Qoui qu'il en soit il y avait beaucoup d'européens déçus de devoir quitter leur pays qui étaient bien décidés à ne rien laisser debout derrière eux, ce qui est parfaitement compréhensible

Le gouvernement de l'époque, à tort ou à raison avait décidé de brader tous les territoires d'Afrique, il n'était pas possible d'aller à l'encontre de cette décision à partir du moment où l'armée elle même l'avait acceptée. Par contre, ce que je n'admet absolument pas c'est que cette armée ne soit pas intervenue pour ramener le calme. Cela est criminel et ceux qui en ont pris la responsabilité devront en rendre compte au moins devant leur Créateur.

Je ne voudrais pas rallumer un débat stérile qui ne servirait qu'à nous déchirer. Je voulais simplement que vous compreniez les réactions d'un vieux Pied-gris qui vous aime bien, qui veut entretenir la mémoire et l'amour de notre ville de naissance ou d'adoption, mais qui n'a pas connu les mêmes épreuves que vous et qui en parle avec sans doute un peu plus de recul et moins de ressentiment.

Quant au souhait d'un ami utopiste qui voudrait le rassemblement de tous les PN de France sous une bannière unique.... j e l'admire de croire encore que ce beau rêve serait possible. J'ai dit "utopie", c'est le vrai mot car on voit bien que personne n'est prêt à accepter qu'un autre puisse prendre la direction de son groupe après l'avoir absorbé....! On ne peut pas être PN et accepter cela.... Peut-être dans 20 ou 30 ans quand on se comptera sur les doigts de la main il sera envisageable de constituer un groupe unique....! Demandez à un Breton s'il veut bien être défendu par un Lorrain ou un Marseillais ....

Jean Claude PILLON




Même si ce message m'a apporté beaucoup de témoignages de sympathie, il m'a aussi apporté quelques points de contradiction qu'il me serait malhonnête de garder pour moi, et je me permets donc de reprendre ci-dessous l'une des réponses qui me semble résumer l'autre point de vue:

Bonjour Jean-Claude, je suis surpris que ton message n'ait pas entraîné plus de réactions de notre part? J'avoue que cette nuit encore a été pour moi une nuit blanche et c'est à ton message que je la dois... Je ne pouvais rester sans répondre, mais saurai-je en trouver la forme sans choquer et blesser quiconque? je l'espère...
Après ce préambule, je dois tout d'abord te remercier pour ce site que tu as créé et qui nous a permis de nous réunir. Félicitations pour ton humanisme et ta condamnation de la violence, on ne peut qu'être d'accord avec toi. Cependant le recul que tu as pris concernant les évènements d'Algérie, te fait voir comme à travers une loupe la dernière année de cette triste période te focalisant uniquement sur l'OAS et te faisant condamner ses actions. Pourquoi pas ? C'est ton droit, mais tu ne devrais pas occulter la majeure partie de cette guerre non déclarée qui a commencé le 1er novembre 54 par les assassinats de la Toussaint et s'est poursuivie au delà des accords de cessez-le-feu du 19 mars 62.

Nous avons pu assister et comptabiliser, jour après jour les massacres, assassinats, meurtres, enlèvements, attentats aveugles ou ciblés commis par le FLN et le MNA tant à l'égard des européens d'Algérie que des Musulmants qu'il fallait rallier par la terreur.

Faire porter la responsabilité des massacres et disparitions du 5 juillet 62 à Oran à l'OAS est une thèse difficilement acceptable. Relativiser le nombre de morts et de disparus un affront à la mémoire de ceux qui l'ont payé de leur vie, ainsi qu'à leur famille. La plupart de ces personnes croyaient en un avenir heureux au sein de la nouvelle Algérie, n'y eut-il eu qu'une seule victime c'était une de trop...

Oublier qu'il y a eu plus d'enlèvements et d'exécutions d'européens entre avril 61 et la fin de l'année 1963 que pendant les années précédentes c'est nier la volonté délibérée du FLN de faire partir d'Algérie tous ses habitants de souche européennne.

Enfin tu t'étonnes et te révoltes contre l'inaction des forces françaises pour arrêter le massacre du 5 juillet. Toi qui trouves logique l'obéissance au dictat qui nous était imposé de libérer l'Algérie de notre présence, tu sembles oublier qu'après le 3 juillet 62 l'Algérie souveraine se devait d'assurer le maintien de l'ordre sur son territoire, les forces françaises ne devant intervenir que sur demande expresse des responsables algériens, après accord de Paris, exécutant ainsi les directives du ministère des armées...

Si tu veux te faire une idée, les livres de l'Historien Jean Monneret sont là pour t'informer...
1) Mourir à Alger
2) La phase finale de la guerre d'Algérie
3) La tragédie oubliée, Oran 5 juillet 62.

je peux t'en indiquer d'autres encore...
J'espère ne pas avoir été trop long, et pouvoir ce soir m'endormir sans avoir à ressasser de terribles souvenirs. En 61 dans tous les quartiers limitrophes d'Oran, il ne faisait pas bon se promener en qualité d'européen, une balle dans la nuque... un encerclement par une foule armée et histérique... un barrage impromptu au milieu de la route vers Sanchidrian etc... etc... rappel du contexte. Sincères amitiés Pierre






La réaction de Jean Paul RUIZ:

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt tous les messages reçus pendant la période de déconnexion.
En ce qui concerne les divers commentaires sur la commémoration des massacres du 5/07/62 à Oran, je rejoins tout à fait l'analyse de Pierre Soto et René Mancho.
Si on n'a pas pas vécu à Oran d'avril 61 à juillet 62, on ne peut avoir un regard neutre sur les très graves et douleureux évènements que nous avons vécus.
De Gaulle avait demandé de mettre en œuvre tous les moyens pour anéantir l'OAS, particulièrement celle d'Oran : barbouzes (torture) bouclages, perquisitions, arrestations arbitraires, camps d'internement, pilonnage au FM des immeubles, mitraillage par l'aviation des terrasses et des balcons (la petite Dubiton amputée d'une jambe) ect ... D'autre part, certaines forces de l'ordre, les gardes mobiles notamment, s'étaient acoquinées avec le FLN. En outre, il est incontestable que la frange la plus influente du FLN (Ben Bella et les principaux officiers de l'ALN) exigeait le départ définitif des européens (la valise ou le cercueil). Dans ce contexte, le fossé entre les deux comlmunautés n'a fait que s'agrandir pour devenir irréversible. Il y a lieu de rappeler que bon nombre d'attentats et assassinats ont été perpétrès par les barbouzes afin de les faire endosser par l'OAS et dresser l'opinion des métropolitains contre nous.
Il est vrai que du côté de l'OAS, il y a eu des excès et des dérives inadmissibles, bien souvent provoqués par des "francs-tireurs" ou des "cow-boys" agissant en toute indépendance et enfreignant les ordres de l'organisation. Pendant la guerre de 39/45, la résistance française a connu ces mêmes dérapages, la différence avec l'OAS est que la guerre s'est terminée par la victoire des alliés.
L'OAS a servi d'exutoire aussi bien au FLN qu'au gouvernement gaulliste qui a pu facilement mettre en condition le peuple français contre les pieds-noirs grâce aux moyens considérables d'information dont il était doté : télé et radio sous l'autorité directe du gouvernement, censure des informations qui n'allaient pas dans le sens de la politique gaullienne.
Les pieds-noirs ne pouvant plus compter sur l'armée française pour se défendre, se sont tournés tout naturellement vers l'OAS. Je pourrai citer maints exemples où cette organisation a sauvé des vies humaines.
Les derniers commandos de l'OAS ont définitivement quitté Oran le 28/06/62, peu après le protocole d'accord intervenu entre cette organisation, le FLN, des représentants de l'autorité et certaines personnalités. De ce fait, faire endosser la responsabilité du massacre du 5 juillet à Oran à l'OAS est une affabulation bien commode pour les nouveaux maîtres de l'Algérie.

Jean-Paul de Saint-Eugène
-





Dors bien Pierre ! Toi aussi Jean-Paul ! Je reconnais volontiets que n'ayant pas vécu moi-même ces évènements mon point de vue peut éclipser une partie de LA Vérité . Il me serait sans doute douloureux que l'on mette en doute mes souvenirs de gamin vivant en zone occupée pendant la dernière guerre mondiale, dans une zone souvent bombardée !
J'espère que cette page écrite à partir de vos documents à tous et de ceux parus dans la presse de l'époque mais aussi d'aujourd'hui ne sera pas une cause de discorde, mais permettra à qui le veut d'approfondir ses reflexions sans oublier ce douloureux passé.





Pierre SOTO nous a fait connaitre un document en sa possession. Il s'agit d'un article écrit par le Père de Laparre, tout jeune prêtre arrivé à Oran en 1961, que l'on ne peut donc pas taxer de partisan. Cet article parut dans Le N° 755 du journal Le Rivarol en date du 1° Juillet 1965:

Le 5 Juillet 1962, à ORAN ….

 

 

"L'immense responsabilité de la France

 

 

Trois ans ont passé et il serait bon qu'en ce troisième anniversaire de l'indépendance algérienne nous revenions un peu en arrière. Beaucoup des très graves faits commis â cette époque sont encore inconnus, Et c'est l'autorité de la France qui les a voulus, car il fallait qu'aboutisse coûte que coûte — et au plus vite — le « grand dessein ». Mais, entre bien autres choses cette politique aboutit aussi à la journée du 5 juillet 1962 à Oran. Pendant ces heures tragiques, dans une ville encore française cinq jours plus tôt et sans la moindre réaction de la France, des milliers d'hommes parmi lesquels de nombreuses centaines d'Européens, furent horriblement massacrés sous les yeux de notre armée, réduite à l'inaction par des ordres formels.

Nous qui étions là et qui y sommes restés ensuite, nous avons pu, sans faire d'enquête, entendre assez de doléances et confronter suffisamment de témoignages pour voir apparaître, évidente, par la carence voulue des forces de l'ordre, par la non-assistance caractérisée .à personnes en danger et même par la complicité des gardes mobiles, l'immense responsabilité de la France.

Souvenons-nous tout d'abord qu'à la date du 5 juillet,, en Algérie, tous les Français qui avaient des raisons de se sentir particulièrement en danger par l'indépendance étaient de l'autre côté de la mer depuis plusieurs jours et qu'étaient restés seulement les gens de bonne volonté.

Le lundi 25 juin, les haut-parleurs de l'armée française sillonnaient en voitures les quartiers européens d'Oran» assez nerveux à l'approche d'un 1er juillet qui s'annonçait effervescent.  20 heures»à Saint Eugène, j'entends très distinctement : " Oranais, gardez votre calme et votre sang-froid. Ne suivez plus les menteurs qui vous mènent au désordre. L'armée française restera après le 1er juillet et vous protégera pendant trois ans vos personnes et vos biens.- » J'entends encore exactement le même texte à 23 heures, place des Victoires.

Dix jours après, jeudi 5 juillet, contre-ordre. Interdiction formelle de bouger, quoi qu'il arrive. Et, cependant, ce qui va arriver est prévisible Les préparatifs du massacre ont été menés tambour battant dans les quartiers musulmans par les tueurs de Si Attou. Les gens se sont armés sans se cacher. Et quand, vers midi  la tuerie commence place Foch et dans les grandes artères, d'un même geste, lés Mauresques tirent leurs couteaux de leurs costumes de fête pour égorger, torturer et dépecer les clientes des boutiques de la
rue de la Bastille. Celait donc prévu. Pourquoi rien n'a-t-il été fait pour prévenir ce massacre ? Quelques particuliers européens ont pu être avertis. La veille au soir, le 4, les ouvriers de M. T..„ agriculteur à Arcole, l'ont supplié de ne pas quitter sa maison le lendemain. Certaines autorités civiles ont été prévenues. Pourquoi n'a-t-on pas mis en garde la population européenne qui, dans son ensemble, ne se doutait de rien et qui fut surprise à badauder dans les rues et aux terrasses des cafés ?

Mieux encore, l'autorité militaire fut mise au courant Le colonel

le matin de ce 5 juillet à 8 h 30 à l'état major du Château neuf, a été témoin de l'avertissement pressant donné au cours d'une réunion par un officier de 1À.L.N. venu tout exprès dénoncer ce qui se tramait. J'ai vu moi-même à 10 h du matin, un capitaine français, lui aussi prévenu par un militaire algérien,  venir conseiller la prudence  au Centre d'accueil du Secours Catholique.

Et, dans la journée, quand toutes les rues de la ville furent transformées en coupe-gorge, pourquoi les gendarmes français, qui pourtant s'y connaissaient en barrages, n'ont-ils pas paru aux entrées de la ville ? Même discrètement, ils auraient pu détourner les voilures qui venaient du bled et les empêcher d'aller se jeter dans ce guêpier. Beaucoup sont morts ainsi aux arrivées dans les banlieues. Certains allaient s'embarquer sur le Kairouan, qui partit à moitié vide au milieu de la fusillade.

Inertie voulue encore après le déclenchement du massacre. Une partie de l'hôpital d'Oran était occupée par l'armée française- A l'angle de la rue Claude-Bernard, il y avait un poste avec des sentinelles. Dès le début de la fusillade, vers midi, ordre fut donné aux militaires de disparaître

Au même moment, le personnel et les clients de la grande poste, ayant réussi à s'enfermer a l'intérieur, envoyaient un appel téléphonique A la Marine qui répondit « n'avoir pas d'ordres" et qui transmit la commission aux gendarmes. Ceux-ci vinrent A 17 h avec des tanks délivrer les prisonniers.

Le directeur de la Société Générale des Transports Maritimes A Oran était A 15 h. ce 5 juillet, au balcon du Dr Blanc, 16, rue Paixhans, en face des cuisines du lycée, occupé par l'armée. H a vu sous sa fenêtre un Européen poursuivi par des Arabes. Un capitaine et quelques hommes sont sortis pour courir A son secours, mais un colonel a surgi aussitôt et ordonné aux hommes de rentrer.

Ce directeur, comme ceux des autres compagnies postales d'Air France, était quelques jours après chez le général Katz quand celui-ci donnait le chiffre de 254 pour les victimes européennes du 5 juillet déjà  identifiées.

De la cour de la caserne du 28° Train, boulevard de Mascara et boulevard Joseph Andrieu, à travers les barbelés, les militaires ont regardé les Arabes couper des têtes et jouer avec elles au foot-ball de 14 h A 17 h. Un sous-officier pied-noir, devant l'interdiction qui lui fut faite d'intervenir, arrachait en vain ses galons. Le colonel, lui dit-on. avait menacé de passer par les armes celui qui bougerait le petit doigt.

N'est-ce pas vrai ? A-t-on tait une enquête quelconque ? Qui est  [responsable   de   ces   ordres ?  N'y avait-il plus ni téléphone, ni télex avec Paris? Est-il vrai que ce soit seulement à 17 h, quand le calme commençait à se faire sentir faute de gibier, et à la demande de l'A.L.N., noyée dans ses désordres internes, que le général Katz a ordonné une intervention ?

Veut-on d'autres faits ?

A l'entrée du port, a 200 mètres du peloton de service, devant l'Inscription Maritime, un Européen est poursuivi par des Algériens. Malgré les objurgations de M. T.. qui se trouvé là, les gendarmes refusent de lui porter secours et il est massacré. Genre de scène renouvelé en de multiples endroits.

On ne saura jamais tous les excès de cette journée. Je connais un homme à qui les Mauresques ont arraché les joues par lambeaux avec les dents pour les manger. Il n'est pas beau, mais il vit toujours. Il était ouvrier tôlier. Des Français furent étouffés dans des fours, gelés dans des frigidaires, crochetés aux Abattoirs, vendus dans des boucheries, sciés dans des menuiseries, découpés et mangés par des Mauresques arborant des ceintures de peaux. Des enfants ont été ficelés dans des sacs de pommes de terre, jetés sur la chaussée, écrasés par des camions ou aplatis contre des murs. Combien de femmes ont subi les pires sévices, presque toujours jusqu'à la mort !

Un certain M. Sanchez allait tranquillement avec ses enfants de Saint-Hubert à la plage de la Corniche, boulevard Joseph Andrieu, sa camionnette est arrêtée par des Algériens. Il se retourne et voit un homme se précipiter couteau levé pour égorger son fils derrière lui. Il en voit un autre en uniforme, A.L.N. ou A.T.O., bondir sur cet assaillant et le jeter au bas de la voiture. Il en profite pour accélérer et traverser un spectacle de cauchemar. Tout le long du boulevard, des corps d'Européens gisaient, les uns sans tête, d'autres
sans membres, organes éparpilles.

Les événements au Petit-Lac furent particulièrement sinistres. Et il y en a encore maintenant des traces. M. est à la fois instituteur et étudiant en médecine. Ses élèves musulmans ayant su récemment qu'il avait besoin d'un crâne pour ses cours d'anatomie lui en ont apporté un. « Il y en a des dizaines au Petit-Lac. », lui ont-ils indiqué. Là, en effet, fut jeté un grand nombre de corps. Un Musulman qui habitait là m'a dit avoir dénombré le lendemain trois convois de douze camions remplis de cadavres qu'on a déversés là. Il m'a dit aussi que lui et la grande majorité de ses amis étaient terrorisés par les tueurs. Eux-mêmes, en Ville-Nouvelle, ont eu plus de victimes que nous. Et un certain nombre de Français furent protégés, cachés, sauvés par des Musulmans.

Au Petit-Lac même eurent lieu de nombreuses exécutions. Des familles, entières qui passaient en voiture à proximité furent décapitées à la hache sur des billots. Un jeune Arabe que je connais, qui a lavé le sol le lendemain à grands seaux d'eau et dont le cerveau est resté choqué a encore dans les oreilles les invocations à la Sainte-Vierge criées là en espagnol, au moment de mourir, par un papa, une maman et un garçonnet arrachés d'une 4 CV. D'autres faisaient tout haut leurs prières et même chantaient des cantiques. Des groupes étaient obligés de se noyer eux-mêmes en avançant dans la vase. Ils étaient fusillés dans lé dos quand ils s'arrêtaient.

Une étudiante algérienne de la faculté de Médecine, militante convaincue du nouveau régime, a récemment reconnu avec violence dans un groupe d'amis : « Oui, L'Algérie a commis ce jour-là le crime le plus las et le plus horrible qu'il ait été donné à un pays de commettre. N'en parlons plus. C'est du passé. Nous avons vu des choses trop horribles. »

Oui, pour l'Algérie, c'est du passé. Mais, pour la part de responsabilité de la France ?...
Aussi évidente que les ordres de passivité est la complicité des Gardes Mobiles. Je ne parle pas de l'amitié vieille de plusieurs mois entre certains gendarmes et les gens de Si-Atlou à l'Hôpital F.L.N. de Victor-Hugo où l'on trinquait ensemble joyeusement dans les pièces, mêmes où agonisaient les Pieds-Noirs arrêtés sur la route et vidés de leur sang. Non, je parie seulement du 5 juillet 1962.

Tout le monde sait que pour n'importe qui, et pour n'importe quoi, depuis  des   mois,  les  vérifications d'identité faisaient  partie de la vie quotidienne. Chaque fois, une fiche était établie et mise au fichier de la gendarmerie, à son P.C. d'Ardaillon. Or, ce fichier contenant des milliers de noms a été remis  au F.L.N.  (On a dit qu'il avait été oublié, comme à Alger.)

Et voici les conséquences.

M. M..., linotypiste à Oran, était à 10 heures du matin sur le pas de la porte de son immeuble à Eckmühl. Une 403 noire s'est arrêtée et l'a embarqué vers les Planteurs. Il a retrouvé là des dizaines d'Oranais. En attendant son tour de passer devant le Tribunal, il fut enfermé dans une baraque aux planches mal jointes. Par les interstices, des Mauresques leur crachaient dessus et les griffaient II fut introduit dans une pièce ou s'étalait le fameux fichier. Heureusement pour lui son nom n'y était pas et il était d'origine française. Car ceux qui étaient fichés ou qui avaient un nom espagnol étaient abattus à coups de mitraillettes. Il a été relâché à 21 heures dans ce quartier des Planteurs et il est par miracle rentré vivant chez lui.

Voici encore le témoignage du personnel de la DCAN (Civils travaillant pour la Section  Marine du  Ministère de la Guerre).

Tout le monde était normalement au travail à Arbal, auprès de la base aéronavale de Lartigue, à une vingtaine de kilomètres d'Oran. Jusqu'à 15 heures on ignora tout. A ce moment-là, un coup de téléphone mit le feu aux poudres. Tous les ouvriers, affolés pour leurs familles qui étaient en ville, cessèrent le travail. A 16 h. 45 le directeur, qui venait de contacter le commandant de la base de Lartigue, reçut les représentants du personnel pour leur exposer ceci :

La Marine Nationale se trouvait dans « l'impossibilité * d'assurer la protection dé son personnel pour la rentrée à Oran. Elle Invitait l'ensemble du personnel à passer la nuit sur place à Arbal. Et le directeur affirmait que la liaison entre Lartigue et la base de Kébir était impossible à réaliser. Ce qui semble extraordinaire pour des bases aussi importantes distantes seulement de trente kilomètres.

La grande majorité du personnel refusait de rester là. A. 18 h. deux cars de la SOTAC étaient en position de départ. Le chef du personnel se présenta devant les ouvriers et leur déclara : « La SOTAC veut bien rentrer à Oran avec deux cars (au lieu des 17 habituels). Les ouvriers qui voudraient les emprunter se trouvent hors de la protection de la Marine qui n'est pas responsable de ce qui pourrait leur arriver. » A 18 h. 30 enfin, les cars prirent la route d'Oran tandis qu'une centaine d'ouvriers restaient à Arbal.

Et enfin, voici ce que m'écrit de Paris le président d'alors du Secours Catholique d'Oran : « Je me trouvais ce jour-là dans l'un des Centres d'Accueil que nous avions organisés pour y recevoir en transit les Français quittant — souvent sur le conseil des autorités militaires qui les abandonnaient sur ordre — les villages ou localités du département pour se réfugier en France.

J'étais donc au Centre du Collège du Sacré-Cœur, rue de Mostaganem, à Oran, lorsque commencèrent les fusillades dans les rues, à 11 h. 45. Durant 6 h. 45 d'horloge, c'est-à-dire Jusqu'à
17 h. 30, les Français furent massacrés dans les rues du centre de la ville, sans que n'interviennent l'Armée ni les Gardes Mobiles, pourtant encasernés en grand nombre dans les différents bâtiments militaires   lycées ou collèges.

Ce n'est qu'à 17 h. 30 que nous vîmes apparaître les Gardes Mobiles, et tout aussitôt, et bien normalement, le calme se rétablit.

Durant cette journée de honte, beaucoup d'amis très chers ont disparu à jamais, dont notamment nos amis Breuilh, père et mère de sept enfants (l'aîné douze ans et demi, la dernière 1 an et demi).

Puissent ces  divers témoignages nous amener à réfléchir et à juger plus équitablement les gens et les choses d'Algérie. Si déroutant soit-il. c'est le réel qui doit être à la base de nos jugements.

Si nous voulons nous en tenir à là Justice, qu'elle soit complète et sereine.

>Mais peut-être serait-il plus simple, plus sage et meilleur, non seulement de pardonner, mais encore de demander pardon.

 Père Michel de LAFARRE de Saint Sernin

Article paru dans le journal Rivarol n° 755 du 1er juillet 1965



Les visiteurs qui souhaiteraient sauvegarder cet article peuvent facilement l'enregistrer en cliquant ci dessous pour obtenir un fichier au format pdf
Cliquez ICI





Parmi les multiples documents que l'on peut trouver sur ce sujet, un article paru dans le Quotidien d'Oran

Juillet, le mois de la jeunesse...et des larmes nostalgiques
par Brahimi Ali*

Juillet 1962, le monde appartient à l'Algérie. L'indépendance nationale est fêtée dans les coeurs et les âmes des gens, dans les foyers, ruelles, placettes... Pour chaque Algérien, Algérienne, vieux comme petits, la terre d'Algérie est devenue l'univers de la joie et des rêves les plus fous. C'était le temps de la fraternité, de l'insouciance... Le moral était au beau fixe. Un ciel bleu qui avait l'Algérie pour seul domaine. Beaucoup de gens souhaitaient faire durer ce temps de réconfort moral. De renaissance. Hélas, des survivances abyssales inattendues surgissent. La course au pouvoir, des abus et excès de zèle, en tous genres et espèces, ont inauguré ce que l'on peut désigner comme... un syndrome «traumato-post-colonial». Un mal terrible. Cela va de la fièvre du plaisir de domination d'autrui, aux lésions mentales serviles. Un système, où les embrouillaminis liés à la lâcheté et la compromission étaient l'essence; la stigmatisation de l'honnêteté et de la bravoure, sa raison d'être. Tout un peuple en naufrage existentiel. Un volcan en réactivité, avec ses baves malodorantes et polluantes, que l'on croyait éteint à jamais. Un leurre.






Et pour clore provisoirement ce chapitre, il me semble important de publier cet appel:



Une mise à jour, après le 25 Nov 2007:
Le mur mémorial a été inauguré à Perpignan. Nous vous invitons à lire ce nouveau chapitre en allant voir:
"Le Mur des disparus"


1° Mai 2013:
Un complément d'information et un appel à témoignages:

Jean Claude ROSSO a consacré 6 années à un long travail de recensement des disparus civils et militaires durant la guerre d'Algérie Il en résulte un énorme document que vous pourrez peut-être télécharger en cliquant ICI
Vous pouvez aussi pour vos recherches utiliser le lien suivant:
http://disparus.notrejournal.info


Ce mémoire est arrêté, pour le moment, à la date du 8 Mars 2013. Ce travail, appartient à toute notre communauté. Le but de J-C ROSSO est d'obtenir un devoir de mémoire exemplaire en faisant appel à vos souvenirs éventuels.
Aussi merci de bien vouloir le prévenir s'il y a une coquille ou une omission. Il reste à votre disposition pour tout complément d' information. Email Jean Claude ROSSO: jean_claude.rosso3@aliceadsl.fr