Aumônerie et Chanoine BANTON

J'ai évoqué l'Aumônerie du Lycée et l'abbé CAMPS: c'est ce que j'ai connu puisque j'étais en 6° durant l'année 49-50, l'année de ma première communion, qui s'est faite en l'église du St Esprit place de la Bastille. C'est du moins, ce dont je me souviens personnellement. Peut-être pourrais-je en dire plus si je retrouvais un de mes anciens condisciples Hugues BUCHE qui avait commencé à créer une amicale des anciens de l'aumônerie et dressé un premier embryon d'annuaire. Mais je n'ai jamais retrouvé de document qui ne m'avais pas attiré spécialement à l'époque.... je croyais pouvoir tirer un trait sur cette page de mon existence...
Mais Denise Baléro-Boulet a connu le prédécesseur de l'abbé Camps, le chanoine BANTON. Je lui cède bien volontiers la parole.


A Oran , le chanoine Banton

Les vieux oranais, de plus en plus rares malheureusement, se souviendront du chanoine Banton, familièrement appelé "l'Abbé".
Il fut pour moi un très grand ami qui influença ma jeunesse comme il influença , toujours pour le beau, le vrai, le juste, des générations d'élèves du lycée d'Oran dont il fut l'aumônier catholique pendant des décades.
Il me confiait que ses meilleurs amis étaient le pasteur, le rabbin, et l'imam , parce qu'aux plus hauts niveaux de la réflexion tous les symbolismes se rejoignent dans l'amour.

Les excellentes études classiques qui furent les siennes lui permettaient de lire à livre ouvert en grec et latin . Je le revois dans son appartement du centre d'Oran , bouquinant, debout dans une longue pièce - débarras qui lui servait de bibliothèque et dont les parois, équipées de rayonnages du sol jusqu'au plafond , se chargeaient de centaines de livres de théologie. Il devait sa vaste culture au Petit Séminaire d'Oran où il avait fait ses études et vouant à cette institution et à ses maîtres une immense gratitude , il leur légua tous ses trésors. Il savait aussi composer des discours, véritables bijoux de rhétorique à l'occasion des mariages, obsèques et cérémonies religieuses. De plus il assumait les charges de la paroisse du Saint Esprit dont il était le curé très aimé par l'ensemble de ses paroissiens, et paroissiennes!.

L ' "Abbé" aurait pu s'élever dans la hiérarchie! Mais il se contentait de ses charges et se donnait totalement à elles: ses élèves, et ses paroissiens.
Sa foi profonde ne l'empêchait pas de goûter avec plaisir aux raffinements gastronomiques dont ses "fans" l'entouraient et il n'hésitait pas non plus à faire de bons mots pour amuser l'auditoire. C'était un homme d'autrefois, assez "macho", mais avec humour!

Hyacinthe Banton était né dans les années 1880 aux Trembles, non loin d'Oran d'une famille de pionniers originaires les uns d'Ardèche, les autres de Lorraine. Il devait nous quitter dans les année 1950.

Jamais il n'aurait pu imaginer que son image et son souvenir vogueraient sur une nouvelle planète comme celle d ' Internet, mais de là où il est je n'ai aucun doute: il nous donne , avec un sourire malicieux, la plus sincère , la plus affectueuse , des bénédictions !

Denise Valéro-Boulet


Denise a joint à son message deux documents historiques:

Le Chanoine BANTON
pas encore chanoine à cette époque
et encore très jeune
Au dos de la photo de "l'abbé"
les indications du photographe Paul CRAVEYA
"Photographie "Fin de siècle"
rue d'Arzew