Les Arènes d'Oran

Arrivé en Algérie à Oran en 1946 à l'âge de 7 ans, j'ai vite découvert que cette ville était plus espagnole qu'arabe. La ville fut fondée par les andalous en l'an 903; la seconde occupation espagnole date de 1774 et après la conquête française, la ville garde indubitablement le cachet espagnol: Dans les années 50 une grande majorité des pieds noirs oranais est d'origine espagnole, parfois réfugiés politiques, mais souvent présents depuis plusieurs générations. Quoi d'étonnant alors que l'on trouve des arènes à Eckmühl dans les faubourgs sud d'Oran. La tradition tauromachique demeure et j'ai eu l'occasion d'assister à la réouverture des arènes en 1954 me semble-t-il, bien que mes souvenirs ne soient pas d'une précision extrême.
La temporada, c'est à dire la saison des corridas débutait en général au printemps, en avril ou mai pour se terminer en novembre. Les meilleurs toréadors mondiaux venaient s'y produire dans les vastes arènes qui pouvaient contenir plusieurs milliers de personnes . et affrontaient les "toros" des plus célèbres manades. espagnoles ou camarguaises. Il fallait d'abord bien choisir ses places: à l'ombre ou au soleil, ce n'est pas le même prix et bien sûr la proximité de la piste donnait encore une autre échelle de prix

vue aérienne des arènes d'Oran On y distingue bien les zones "ombre" et "Soleil"
J'ai assisté à ma première corrida le 24 octobre 1954, j'avais 15 ans, la date m'est restée car c'était dix jours avant la "Toussaint rouge", début d'une autre corrida meurtrière. Ce jour là ont combattu deux toreros très connus: MIGUELIN et LUPION, j'ai oublié le nom du troisième. C'est ce jour là que J'ai découvert et apprécié l'art tauromachique: le combat de l'homme et du taureau.
Georges Pastor un ami afficionado, m'a expliqué pourquoi je ne pouvais me souvenir du nom du 3°matador: ils n'étaient que 2 !
voici son commentaire accompagné d'un document:

"Je t'envoie le « mini cartel » de ce spectacle taurin qui avait été distribué dans Oran Il se présente sous la forme d'une carte postale avec : -au recto : une photo de Miguelin -au verso :le détail de la corrida (ou plutôt de la « becerrada » = corrida sans picador) La « becerrada » eut lieu le Dimanche 24 Octobre 1954.Il n'y avait que deux matadors ,Miguelin et Lupion , qui combattirent « mano a mano » six « becerros » (taurillons ) de la ganaderia du manadier arlésien Etienne Pouly. La photo de Miguelin porte la dédicace suivante : « A mis buenos amigos Roberto y Gorge con mucha simpatia de Miguelin » - 24-10-54 - Oran. (A mes bons amis Robert et Georges avec beaucoup de sympathie de Miguelin )
Lors de cette corrida, Miguelin n'avait que 15 ans( puisqu'il est né le 19 Mars 1939) Il mit fin à sa brillante carrière le 30 Août 1979 dans les arènes de Grenade et il mourut le 21 Juillet 2003 des « suites d'une longue maladie » En 1964, il eut le premier rôle (un matador) dans le film « Le Moment de la Vérité » de Francesco Rosi ,présenté au festival de Cannes en 1965. Une statue lui a été érigée devant les arènes d'Algésiras.

Les arènes sont un lieu magique où se côtoient toutes les catégories sociales réunies pour une même passion. On y voit des hommes secs, habillés de sombre, image typique de l'Hidalgo, mais aussi en grand nombre des femmes aux tenues bariolées, munies d'éventail, quelques matrones probablement mères d'une nombreuse lignée et des jeunes filles à l'allure fière et la coiffure noire ébène… Le public, il faut le dire est certainement le troisième acteur de la corrida ! Toujours très bruyant il est s'enflamme pour manifester son enthousiasme comme sa désaprobation.

La corrida commence toujours par le défilé des hommes, c'est le paséo qui se déroule en musique. Au premier rang les 3 toréadors de la journée en habits de lumière, où prédominent les jaunes or. Derrière suivent les équipiers, les "peones", et au dernier rang ceux qui sont si critiqués, les "picadors". Toute cette troupe s'avance au même pas, semblant presque danser dans leurs mocassins qui me faisaient penser à des pantoufles plutôt qu'à des chaussures… La musique espagnole accompagne parfaitement ce défilé et les trois matadors viennent s'immobiliser devant la Présidence qu'ils saluent en levant leur couvre chef.




Lorsque enfin tout le monde a quitté l'arène devenue un moment silencieuse, une sonnerie de trompette résonne annonçant l'arrivée du premier adversaire:

L'entrée du taureau est un moment important. La bête sort de l'obscurité du toril, attirée et éblouie par le soleil qui inonde l'arène. Son comportement à cet instant est un indice pour le torero. La bête est franche ou vicieuse, combattive ou sur la défensive…. au premier coup d'œil c'est déjà une indication. Suit une période d'observation où les peones assistent le toréador pour un travail à la cape, obligeant le taureau à tourner sur lui même autant pour le fatiguer un peu que pour l'observer. Quelques passes déclenchent les premiers "Olé" et permettent de se faire une opinion. J'ai souvent ri de voir ce ballet d'hommes qui courent dans l'arène avec leurs grandes capes pour attirer le taureau puis s'engouffrent derrière les barrières qui entourent la piste et voient parfois la bête venir défoncer leur abri en soulevant les planches avec ses cornes … provoquant également les rires de l'assistance


Sur l'ordre de la présidence, une seconde sonnerie retentit bientôt et les picadors entrent dans l'arène, Ils sont toujours deux, montés sur des chevaux caparaçonnés et rendus aveugles par un bandeau sur leur yeux.
Ici le picador a été renversé de son cheval que le taureau tente de soulever par l'arrière tandis que les peones s'agitent pour essayer de le détourner…
Ils sont souvent hués par la foule qui bien mieux que moi connaît leur rôle et les règles de leur art.
J'ai longtemps cru qu'il s'agissait d'un mouvement de mécontentement pour la torture infligée à ces nobles bêtes .


Oui sans doute mais aussi et surtout parce que le picador exécute mal son travail qui consiste à piquer le taureau juste derrière la tête et à maintenir la charge aussi longtemps que le taureau n'abandonne pas.
La bête est attirée vers le picador par le matador lui même ou par les assistants. Il faut qu'il charge la monture qui se présente face à lui et non pas sur le côté. Ce n'est qu'ensuite que l'on voit le cheval reculer et s'appuyer contre les barrières pour soutenir l'assaut. Souvent même le taureau baisse la tête et souleve le cheval avec ses cornes passées sous le ventre de celui-ci. Heureusement que le matelassage est de bonne qualité ! Mais j'ai vu aussi des taureaux plus peureux qui arrêtent de charger dès qu'ils sentent la pique… Il faut que l'animal charge au moins 3 fois et reçoive trois pique avant que les picadors ne cèdent le terrain. J'avoue n'avoir jamais beaucoup aimé ce moment de la corrida bien qu'il soit nécessaire et fasse partie des règles.


Georges Pastor a pu me procurer, sortie tout droit des archives familiales cette photo beaucoup plus nette:
eh oui, les deux gamins appuyés à la balustrade, jambes pendantes sont Georges et Robert Pastor...! Et la famille se trouve derrière eu second rang: le frère Marcel, l'oncle, la maman et le papa. De vrais afficionados !
Nouvelle sonnerie et c'est la pose des banderilles, un moment que j'ai toujours affectionné tant il me paraissait spectaculaire. Souvent ce travail est laissé aux équipiers, mais j'ai toujours apprécié les matadors qui posaient les banderilles eux mêmes. Il y a comme une sorte de danse entre les deux adversaires qui s'évaluent d'abord immobiles dans le silence de l'arène. Le banderillero appelle le taureau en sautant sur place, en lui parlant puis les adversaires se lancent l'un vers l'autre et au dernier moment l'homme s'efface tout en plantant ses harpons sur le cou de la bête. provoquant alors les vivats de l'assistance. Ces banderilles qui sont des bâtonnets déjà assez longs, peut-être plus de 50 cm, sont décorées et entourées de papier coloré qui sont du plus bel effet. Si elles ont été bien posées, elles ne tombent pas malgré tous les efforts du taureau et contribuent certainement à l'agacer.




Un travail un peu particulier, celui de la pose des banderilles à cheval. Il faut une grande complicité entre l'homme et sa monture pour ce genre de travail que je n'ai vu que très rarement.
Voici enfin le moment tant attendu, celui du combat mano a mano, ce que l'on nomme je crois la "faena". Le toreador dédie d'abord le taureau à une ou plusieurs personnes, souvent une jolie dame, un peu comme autrefois les chevaliers avant de s'affronter en tournoi….
Le matador est maintenant seul, face au taureau, il ne dispose que d'une petite cape, la muleta et d'une épée placée en travers de la muleta.


Les deux adversaires s'affrontent dans des passes qui dépendent autant du toréador que du taureau; Il s'agit de faire charger la bête et de l'esquiver en passant eu plus près et si possible d'enchaîner les passes les unes après les autres dans un ballet élégant ponctué par les Olé de l'assistance. A la fin d'une série de passe les deux combattants s'observent et le matador pousse parfois le défi jusqu'à tourner le dos à son adversaire.


Le but de cette passe d'armes est surtout d'obliger le taureau à baisser la tête, ce qui facilitera la mise à mort. Lorsque le matador juge le moment venu, il prend la muleta d'une main et l'épée de l'autre. Le taureau va charger comme précédemment en baissant la tête devant la muleta tandis que le matador va enfoncer son épée jusqu'à la garde juste derrière la tête et si possible atteindre le cœur provoquant la mort quasi instantanée.

Il arrive parfois malheureusement que le coup ne soit pas fatal, et les peones se précipitent pour faire tourner la bête sur elle même afin que l'épée enfoncée provoque d'autres dégâts dans le corps du mastodonte qui titube un long moment avant de s'écrouler. L'assistance n'apprécie que peu cette agonie trop lente et manifeste sa désapprobation.

Il arrive aussi qu cours de la corrida que le taureau marque des points sur son adversaire, j'oserai même dire "des points de suture" !
Les hommes de service viennent alors avec des chevaux pour enlever la bête en la tirant sur le sable de la piste. Elle a même parfois droit à une sorte de tour d'honneur que sa bravoure lui a bien mérité, puis ils reviennent balayer ce sable et faire disparaître les traces de sang avant le prochain combat tandis que le matador se présente lui aussi pour son tour d'honneur qu'il termine devant la présidence qui lui accorde la récompense méritée par son combat: une oreille, les deux oreilles, parfois même les deux oreilles et la queue….! La encore l'assistance exprime bruyamment son accord ou son désaccord avec la décision de la présidence … Je n'ai jamais su ce que devenaient les trophées acquis par le matador. Par contre je sais parfaitement que le taureau finissait à la boucherie des arènes et qu'il y était très apprécié, particulièrement certains morceaux de choix et des attributs r éputés pour fortifier la virilité…! Je n'en ai jamais mangé car ces braves bêtes étaient la plupart du temps achetées avant même d'avoir été tuées !

Sans être un véritable aficionado, j'ai été "emballé" par cette première expérience et j'ai assisté à Oran à de nombreuses corridas. Le moment le plus émouvant est sans doute le jour où j'ai assisté au retour de Luis Miguel Dominguin qui malgré la promesse qu'il avait faite à sa femme Lucia Bose, de ne plus toréer, revint toréer pour sa première corrida à Oran au printemps 1957. Son frère Pepe Dominguin et son père (en qualité de manager) étaient également présents ce jour là.
Photo,René Bail
Photo Marc Serour
Le retour de Luis Miguel Dominguin au printemps 1957

Sur la photo de gauche, Georges Pastor a reconnu le petit garçon en habit de lumière, il s'agit de son frère Robert Pastor, qui comme lui, faisait partie de l'école taurine oranaise

J'ai vu toréer une femme à cheval; dans mes souvenirs il s'agissait de la célèbre Conchita Cintron,mais en fait j'ai appris qu'elle avait abandonné son art en 1951. Il s'agit donc plus vraisemblablement d'une française: Pierrette LE BOURDIEC, qui toréa en compagnie d'un autre cavalier français ,l'Arlésien Charles FIDANI en 1957.(Renseignements de Georges Pastor
Jean Michel AMBROSINO pense lui aussi que la rejoneadora n'était pas Conchita Cintron, mais propose Ana Beatriz Cuchet, colombienne née en 1933, qui a débuté en 1953 dans son pays puis s'est présentée en Espagne à partir de 1955. Son père Miguel Cuchet était torero et participait à la corrida oú Joselito "El Gallo" trouva la mort en 1920.

Notre mémoire n'est,avouons le, pas toujours très fidèle !

C'est un travail tout à fait différent qui demande une grande complicité entre la matador et sa monture.

D'autres noms me reviennent à l'esprit grâce à un ami qui possède quelques photos dédicacées: PEDRERA qui se produisit en 55, CHICUELO II, LITTRI venu le 10 septembre 54 et également le 3 juillet 55. MIGUELIN le 28 octobre 54, Pépé ORDONNEZ et Antonio VASQUEZ le 5 novembre 54, Manolo SEGURA le 5 novembre 54 et le 5 avril 56, CHICUELO II et CHICUELO III Et beaucoup d'autres dont j'ai oublié les noms 50 ans après..!

Aussi étrange que cela puisse vous sembler, je n'ai jamais plus assisté à aucune corrida depuis mon retour en métropole en septembre 57. Il faut dire que vivant dans le nord, la tradition serait plutôt celle des combats de coqs que des courses de taureau….!

Quelques matadors de l'époque:

Chicuelob II
Miguel Litri
Miguelin
Pépé Ordonez

Pedrera
Segura

Toutes les photos (sauf celle de René Bail) sont la propriété de Marc Serour Voici également quelques souvenirs précis de ces corridas oranaises: (documents provenant de la collection de Charles Galiana):








D'autres renseignements sont venus compléter mes informations sur les arênes d'Oran: Le directeur des arènes s'appelait M.BARRIERE, il était bien connu de M SEROUR le père de Marc. Quant à l"empressa" ,elle était entre les mains de M. POULY, le manadier Arlésien qui "manageait" aussi les arènes d'Arles.
Georges Pastor me rappelle également qu'il y avait à Oran une école taurine, encadreé par un espagnol surnommé "el manco" car il était manchot et par Lucien RICO qui , peu de temps après , créa sa propre école taurine à Delmonte
Le picador de réserve , attaché aux arènes était surnommé "chatin" à cause de son nez épaté. il était aussi le concierge des arènes

Toujours selon la même source, M. POULY avait envoyé quelques vachettes camarguaise pour l'entraînement des élèves de l'école taurine.Au bout de quelques mois , elles étaient devenues très avisées et ne fonçaient plus dans la cape qu'on leur présentait , mais bel et bien sur les jeunes élèves. . M. Pastor père disait qu'elles savaient lire et écrire!!! Imaginons les cabrioles et les bosses qui s'ensuivaient.


Sur cette photo du paséo de Dominghin on peut voir plus nettement le jeune Robert Pastor:


et sur celle-ci une partie du personnel des arènes toujours avec le jeune espoir... (M. Pastor père est à l'extrême gauche sur la photo.)



En avril 2008 viennent s'ajouter deux autres photos souvenirs provenant également des archives de Georges Pastor,



La première serait datée du 7 octobre 1957,


La seconde nous montre l'école taurine, on reconnair en habit de lumière le jeune Robert PASTOR et derrière lui: FACUNDO, surnommé "el manco"(le manchot) qui était le professeur de tauraumachie .A droite de Robert, c'est Georges à l'âge de 11 ans, qui pose avec les autres élèves dont il a oublié les noms

Toujours de Georges PASTOR:
ci-dessous une carte postale éditée lors de la seconde venue de Dominguin aux arènes d'Oran le 7 octobre 1957. Elle est composée d'un "patchwork" de photos prises lors de sa précédente corrida du printemps 1957. Sur la photo en haut au centre, on voit Dominguin dédier la mort de son taureau à Monsieur Barrière, directeur des arènes d'Oran. Sur la photo en bas ,au centre, on devine mon frère Robert en sa compagnie.(Elle correspond,prise sous un autre angle, à celle qui figure plus haut




Autres documents inédits provenant de la documentation amassée par Georges Viéville: Il s'agit d'une collection de tickets d'entrée aux arènes:














Evidemment il ne faut pas oublier qu'il y a beaucoup de personnes qui s'insurgent devant ce qu'ils considèrent comme le rflet de la barbarie humaine.

témoin le message de cette personne reçu en février 2010:

Je suis déçue que l'on y vante les corridas; je cherchais des photos du café le majestic. et voilà que je tombe sur une page vantant cette horreur cruelle des corridas, . Comme quoi on a beau être des pays, on n'a pas les mêmes valeurs!

ci dessous ma propre réponse :
Mon site oranais a été créé pour être un site de souvenirs et de témoignages vécus et se défend de toute allusion raciste ou ségrégation religieuse
Nul n'ignore qu'Oran, ville de refuge des andalous avait une tradition taurine.
Il me parait normal d'avoir intégré dans mon site un chapitre important concernant les corridas et expliquant en quoi elles consistaient. Même di je ne suis pas personnellement un afficionado j'ai assisté à quelques unes de ces corridas oranaises et j'ai apprécié ce spectacle. Je ne pense pas en avoir fait l'apologie mais simplement expliqué cette tradition oranaise et éclairé les lecteurs sur le contenu d'une corrida
Je comprends parfaitement votre opinion personnelle sur ce sujet, elle n'engage que vous.

qui m'a attiré cette autre remarque plus circonstanciée que je publie bien sûr en tant que droit de réponse et sous la responsabilité de son auteur:

Merci de votre réponse, ET PERMETTEZ MOI de vous ne faire une aussi sur ma perplexité. Je pense que vous n'avez pas bien compris ce qui se passe dans une corrida. Comment peut-on
1) voir des animaux se faire torturer par des lâches qui s'y mettent à plusieurs, l'un pour cisailler les muscles du cou, l'autre pour enfoncer d'enormes harpons dnas la chair et on sait que la peau des bovins est hypersensible. ils sursautent à chaque piqure de mouche! sans hurler de souffrance avec eux? , et je parle pas de la mise à mort. ni du fait qu'on leur coupe les cornes à vif avant ce qui est très douloureux, ni du fait qu'ils sont aveuglés par le soleil en sortant du noir ...
2) croire qu'il suffit d'être sadique avc des bêtes pour ne pas etre dangereux avec les hommes?Je vous informe donc de ceci:
le FBI a fait une étude sur les serial killer. Tous ont été des tortionnaires d'animaux (et bcp le sont tjrs) avant d'en venir à jouir de leur malfaisance sur les humains.

3) croire que c'est moins grave de torturer des innocents êtres à notre merci est moins grave que si ce sont des "humains"(ou faut il dire ici des inhumains?), qui, eux sont protégés par la loi de nos pulsions barbares?

Etant psychanalyste par ailleurs, je peux vous dire que cela est logique. On a un sens moral ou on en a pas. Et, comme le disait Lamartine: "On n'a pas un coeur pour les animaux et un pour les hommes. On a un coeur ou on n'en a pas."

Merci de ne pas censurer mon mail.
Je sais que beaucoup d'oranais étaient d'origine espagnole et que cela n'a pas aidé à les rendre lucides sur ce sujet.
Mes grands parents , à part un , anglais, étaient espagnols. ça ne nous a pas empêché de connaitre la compassion et le devoir envers les autres, y compris animaux et de detester la taromachie et autres tortures comme les combts de coqs, bien sûr.. est-ce une question d'education ou de sensbilité ou les 2 vont nesemble, Je ne sais. En tous cas, j'en suis fière.
réfléchissez-y. il n'ya pas que l'Algerie de perdue; nous sommes en train de foutre en l'air la nature... N'est il pas temps de changer d'attitude envers ce qui n'est pas nous?
Salutations oranaises,
Josette Benchetrit
jobench@free.fr

-visitez des sites d'infos: http://www.anticorrida.com/ http://www.flac-anticorrida.org/








Autres Spectacles

Mais les arènes ont également été le théâtre d'autres manifestations qui se prétaient bien à ce décor: en paticulier le spectacle l'Holliday on ice, qu'on appelait là-bas "la nuit bleue" et des spectacles de variétés avant la création du théâtre de verdure. Certains se souviennent d'y avoir applaudi "les Platters" et bien d'autres encore que votre mémoire nous permettra peut-être de citer.

En ce qui concerne " les Platters ", un visiteur du site, Guy DENNERY nous a offert cette magnifique photo prise lors du concert des Platters en 1958 et y ajouite ce commentaire:
Ce groupe, qui remportait un gros succès auprès de la jeunesse oranaise en fin des années 50 et début des années 60, comprenait Tony Williams, David Lynch, Paul Robi, Herbert Reed et Zola Taylor.
Tout en haut à gauche, on devine une publicité BAO (Bières Algériennes Oran).
cliquer sur la photo pour l'agrandir
Au sujet de ce spectacle auquel je n'ai pas assisté personnellement puisque j'étais déjà rentré en Métropole pour mes études, j'ai reçu un certain nombre de remarques que je vous livre:

René MANCHO:
Jean-Claude Les Platters, la plus grande escroquerie du spectacle à Oran Ce groupe qui est à l'origine de nombreux mariages à Oran et ailleurs avec only you, the great pretender et tous les slows de leur répertoire sont venus aux arènes, cinq chansons et au revoir. Au prix des places il y avait de quoi ne pas être content. Malgré les rappels, rien les coussins ont commencé à voler et une manif c'est déclenchée, heureusement sans grands incidents. A la même époque Marino Marini, Duke Elington, ont assurés de véritable spectacles. Au concert du Duke , j'étais super bien placé, cinquième ou sixième rang, un joueur de trombone me faisait des signes me montrant l'intérieur de sa veste et le sol. Avec les copains on a mis un moment à comprendre, il voulait nous dire que mon portefeuille était tombé de ma veste. Inutile de dire qu'à la fin du spectacle nous avons été le remercier dans les loges. Je suis de Lamoricière, mais je dois dire qu'Ardaillon avait un dynamique club de Jazz , avec entre autre mon ami Claude Costa des HLM de Gambetta, il ont réussi avec persevérence à faire venir le Duke à Oran Le music hall était très prisé dans dans notre bonne ville.

Marc SEROUR:
d'accord avec toi René, je peux dire que j'y étais aussi, à ce fameux spectacle des arénes où mes idoles de l'époque (1 femme et 4hommes) pouvaient chanter sans micro, le hic pour une des rares fois où j'avais payé ma place, ils nous ont fait un numéro baclé et sont rentrés à leur hotel(le WINDSOR juste à l'angle de la rue d'arzew et du bd clémenceau, ) et je crois que de là ils allaient chanter à Bel-Abbés; la seule consolation c'est qu'à l' époque il n'y avait pas de play-back. Ils sont partis et nous on est restés et alors la colère elle nous a pris et on a commencé à jeter les coussins sur les Crs qui essayaient de monter dans les gradins , les povres comme au jeu de quilles ou les assaillants du chateau fort, pour nous c'était la 2éme partie du programme la barouffa improvisée , je m'en rappelle encore !

Francis FIMA confirme:
Je confirme, pour le Windsor. D'autant que donnant la main à ma grande soeur, nous sommes passés devant le bar en face et avons vu Paul Robi qui sirotait une boisson (whysky?) Nous avons fait demi tour dare dare vers la maison (16 rue d'Arzew) pour aller chercher un 45tours et nous le faire dédicacer. Paul nous a gentiment attendus au même endroit. Sympa, non? Paix à son âme. Leur musique nous est à jamais gravée dans nos mémoires. Zola Taylor et Hervert Reed sont toujours de ce monde. . Herbert continue de chanter avec des Platters pouvant être ses petits enfants! :-) Je précise que mon cousin était au concert et s'est fait tabasser par les Crs qui lui ont cassé la machoire. Le pauvre, il n'avait rien fait que d'être sur la trajectoire d'un coussin et il a payé pour les autres.


Le sujet des Arènes passionne de nombreux visiteurs.

Voici le témoignage de Angel José PAZ qui a bien connu cette période:

En ce qui concerne les arenes d'Oran, j'ai reconnu sur le site, certaines personnes car mon pere etait celui qui crea l'llumination des arenes( la nuit bleue-en flamenco pepe de marchena -pepe pinto la nina de la puebla etc...)el gallo llapisera . J'ai connu personnellement Mr BARRIERE directeur des arenes, FACUNDO( el manco) prof de tauromachi, EL CHATO le picador, sans oublier le grand Gregorio SANCHEZ qui ferma les arenes avec 2 oreilles une queue du sobrero. J'ai été si fou de cette époque que j'habite maintenant à NÎMES et mon fils a même été novillero de96 a 99...