top pieds noirs
Le Gouverneur Général Lépine.

Ce nom vous rappelle-t-il quelque chose ? Sans doute pas, car il a vite pris sa retraite comme caboteur dans les ports d'amérique centrale.( c'est du moins ce que je croyais avant d'être contredit par de nombreux témoignages à lire ci dessous ) C’est en tout cas le nom du bateau qui a débarqué toute notre famille dans le port d’Oran le 3 Janvier 1946 au petit matin.




Je ne pensais pas revoir un jour une photo de ce bateau ! Celle ci m'a été confiée par Philippe-Jérôme MARTINEZ, Elle provient du livre "Histoire de la Compagnie de Navigation Mixte" de Bernard Bernadac aux Editions Payan. Ce bateau est photographié ici sortant de Port-Vendres par mauvais temps. Il avait été mis en service en 1923 et quitta la CNM en 1950 pour servir d'abord de navire école de la marine marchande sous le nom de Paul Bousquet.
Merci encore à Philippe-Jérôme et son père Joseph MARTINEZ pour tous ces renseignements

Je pensais encore moins trouver des témoins de ces voyages à bord du GGL ! Aussi quelle n'est pas ma surprise à quelques jours d'intervalle en cette mi-juillet 2007 d'en rencontrer 2 !

Bonjour. Je suis P.N. de Blida, Avec mes parents, j'ai pris ce bâteau au mois de Novembre 1947, d'Ager à Marseille (j'avais 16 mois). Nous sommes revenus à Blida en 1950, (mon père était militaire), pour rentrer en juin 1962 (avec le bâteau, Commandant Quéré). Alain F
Mon premier voyage Oran - Port Vendres s'est effectué sur ce magnifique paquebot qu'était à mes yeux d'enfant le LEPINE de la compagnie Mixte. Je me souviens des chaises longues sur le pont et des glaces à la crème que j'avais eu la chance de déguster. C'était en 1948 Puis j'ai fait plusieurs voyages sur l'EL Mansour vers ces Pyrennées Orientales d'où mon oncle était originaire jusqu'au dernier en 1962 sur le paquebot Général CHANZY de Mers El Kebir -Port Vendres. J'ai été ravi de lire vos lignes Bien sincèrement Jean Michel


A la fin 2007, plusieurs messages viennent encore compléter les renseignements concernant ce navire.
De Jean-Pierre Teulé - Montréal, Canada - Octobre 2007 -
Ce bâtiment fût lance en 1922, son nom changea pour celui de ‘’Paul Bousquet’’ dans les années 50 transformé en bateau école de la marine marchande; son destin s’acheva dans le port de Sète en 1976 sous les pics des démolisseurs; mon frère fût élève sur ce bateau dans le années 60

De Jacques HERMIEU 28-11-2007
Je suis tombé par hasard sur votre page du Lepine qui m'a bien interessé. Mais, ce navire n'est pas parti faire du cabotage à l'autre bout de la terre ! Retiré du service en 1955 on l'a honteusement laissé rouiller dans le port de Séte jusqu'à ce qu'on le détruise sur place en 1975. Durant ces vingt années il a servi de dortoir aux élèves de l'école d'apprentissage maritime de cette ville et on l'avait rebaptisé Paul Bousquet du nom du fondateur de ladite école (Il a du se retourner dans sa tombe...;-))))))))))))))) Mes jeunes années l'ont vu amarré près de la Gare SNCF : qu'est-ce qu'il a pu me faire rêver ce pauvre paquebot ! Aujourd'hui j'en réalise une maquette au 50ème ; cherchant des docs à son sujet je tombai sur votre page. Sachez que la revue MRB lui a consacré un article en juin 83 avec maintes photos...

De la part de Mr Claude Brugere (4 décembre 2007 - 174 avenue des semis 17200 ROYAN 17200 qui a voyagé sur "le Lépine" le 22 juin1947 sur la ligne Alger Port-Vendres et retour en juillet:

Le GG Lépine à Philippeville
à bord du Lepine le 22 juin 1947 entre Alger et Port-Vendres

(Envois de Claude BRUGERE né à Alger)

En cette mi décembre 2008, à quelques heures d'intervalle, deux documents viennent compléter mes informations sur ce brave paquebot:

Tout d'abord cette magnifique photo que m'a adressée Jacques ? qui est resté anonyme. J'ignore dans quel port cette photo est prise. l'envirronnement géographique me fait penser un peu à Port Vendres, ??? voir plus bas



Bonjour, C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu votre recherche sur ce bateau. Habitant Port-Vendres 6 mois dans l'année et collectionnant les C.P. anciennes de cette ville je vous confirme, come vous le pensiez (...l'environnement me fait penser à...) que la photo de Jacques est bien prise dans le port de Port-Vendres. Certainement vers les années 1930 et 5 immeubles sont encore en place.
Bien cordialement, - Paul CASIMIR


Une seconde confirmation m'arrive en juin 2011: "La photo du GG Lépine qui apparait sur votre site est bien prise à Port vendres, j'y habite et certains bâtiments sont caractéristiques. - Cordialement - Bruno Rigal."

Voila qui coupe court à mes interrogations. Merci à vous , qui vous êtes intéressé à cette page, et avez pris la peine de m'écrire.

Le second document est un texte extrait des mémoires de mon ami Henri MARTIN à qui l'on doit sur ce site les très belles pages consacrées aux transports en commun Oranais: suivre le lien vers la page transport

Ses souvenirs d'un voyage sur ce paquebot ont réveillé chez moi quelques échos:

   Départ du bateau « Gouverneur Général Lépine », de la Compagnie de Navigation Mixte, le 29 janvier 1942 à 15 h 30…la nuit sera mouvementée, le Golfe du Lion n’est pas en hiver une zone de grand calme ; il me  reste une seule image, le plateau à trous mis sur la table de la salle à manger pour éviter les déplacements des couverts par mer forte, en terme de marine ce plateau est un violon  (précieuse indication que vient de me fournir le Musée de la Marine). Pour cette traversée je me pose toujours la question des escales : Papa, dans son carnet, en indique deux : Philippeville (aujourd’hui Skikda) et Bizerte, mais en parlant plus tard avec lui et avec les renseignements techniques de l’association « French Line », je pense qu’il y en eut quatre : Bougie, Philippeville, Bône et Bizerte.

Bougie ne me dit rien, mais c’était probablement la première escale, le bateau ne desservant pas Alger mais les ports de l’Est-Algérien en allant vers la Tunisie.

A Philippeville le 31 janvier, escale de 15 à 17 h avec un chargement ou un déchargement de bananes ; j’ai surtout le souvenir des bananes sur le quai au bout du câble d’une grue du bateau ; j’opterais plutôt pour un chargement car elles pouvaient venir en Algérie à partir des Antilles ou d’Afrique Noire, qui étaient sous le contrôle de Pétain. Pour moi, venant de Toulouse avec son cortège de rationnements de toutes sortes, ces bananes représentaient sûrement un « rêve alimentaire » !

Rien sur une éventuelle escale à Bône (Annaba depuis 1962), par contre nous avons touché Bizerte le 1er février à 10 h, je me souviens un peu du port à l’entrée du lac, sans relief et avec les constructions de la ville, et à 11 h 30 nous avons appareillé pour Tunis, dernière étape du voyage.

A l’époque il s’agissait plutôt d’une aventure, avec la traversée de la Méditerranée où les flottes anglaise et allemande s’affrontaient, les navires français circulaient donc au plus près possible des côtes. Après être passé au large de Carthage le bateau a emprunté le canal maritime de La Goulette à Tunis, avec arrivée au port à 16 h 15.

 

Quelques précisions sur notre bateau : construit pour l’Etat aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, à La Seyne-sur-Mer, lancé le 15 novembre 1922 ; il fait partie d’une série de bateaux loués comme dommages de guerre à la Compagnie Générale Transatlantique et à la Compagnie de Navigation Mixte.

Petit paquebot, avec une seule cheminée, 3500 tx de jauge brute, 1874 t de port en lourd et une vitesse de 16 nd, il pouvait transporter 290 passagers. Mis en service sur la ligne Marseille - Alger - Oran en 1923, désarmé en 1938 du fait de la mise en circulation de bateaux plus modernes, il reprit du service en 1939 sur les lignes d’Algérie d’abord, puis de Tunisie. Le 6 novembre 1942, il quitte Marseille pour Tunis, le Commandant Pesqui reçoit en cours de traversée l’ordre, par radio, de revenir à Marseille mais il désobéit et gagne Bougie, où il échappe par miracle au bombardement allemand du 10 novembre. Ensuite une histoire mouvementée, avec des missions sous pavillon britannique vers l’Espagne et le Portugal et des transports de troupes pour l’armée américaine en Méditerranée ; en 1945 il reprend son service commercial sur l’AFN (Afrique Française du Nord). Le 28 novembre 1950, il arrive à Sète, en remorque depuis Marseille ;  en 1955 il y est rebaptisé « Paul Bousquet » et devient le bateau-école de la marine marchande  jusqu’en 1974 ; il sera démoli en 1976.

Et à la mi 2009, mon ami RG m'a fait une grande surprise en me transmettant cette phot d'une maquette de mon brave Lépine.
Il s'agissait d'une superbe exposition permanente des maquettes marines, toutes époques et tous types, offertes à ND de la GARDE:

Merci RG et merci à la Bonne Mère !







En Mars 2012, je reçois un message d'un nostalgique du Paul BOUSQUER ( Ex GG Lépinz) . Je n'aurais jamais cru qu'il y ait autant de personnes ayant connu ce bateau....

Elève en 1962/63 c'est là que j'ai appris mon métier. Tous les matins nous lui faisions la toilette, astiquant les cuivres (il y en avait un tas) brossant le pont à grande eau, nous prenions plaisir à le rendre beau.Il restait une partie de la machine alternative,une cathédrale de bronze, dans la coque plusieurs ateliers,matelotage, forge, menuiserie, salles de cours, réfectoire, dortoirs. La coque était envahie d'une épaisseur de moules. J'ai demandé à la ville de Sète des nouvelles de ce bateau et il m'a été envoyé une photocopie d'un article de presse relatant le démembrement de ce navire. Cette année, dans une quinzaine, quelque 50 ans après, je vais revoir cette ville et refaire la sortie de la gare SNCF, jeter un coup d'oeil sur ma droite, mais je ne le reverrai pas, sinon la carte postale avec le Mont ST Clair en arrière plan que je tiendrai dans la main.
DM

Le 25 août 2012 de Lydie R.
Bonjour ! J'écris mes souvenirs d'enfant concernant la période de l'Occupation , et l'idée m'est soudain venue de consulter sur internet le site consacré au G.G. Lépine avec lequel nous avons rallié Oran depuis Port-Vendres , mes parents et moi , le 18 novembre 1945 . J'avais 11ans et c'est là que j'ai senti le parfum de mes premières mandarines ! J'avais aussi une peur pas possible des mines . Nous avons mis 40 heures pour cette traversée . Seuls les femmes et les enfants avaient droit à une cabine . Je n'ai malheureusement aucun document à vous adresser . Mais nous allons bientôt pouvoir faire une association : les anciens du G.G.L. !! Cordialement . Un mois et demi avant moi, Lydie avait effecyué le même voyage

A fin septembre 2012 Serge BOISSEAU qui vit à Montréal se fait connaître par le message suivant et surtout différentes phoyos tour à fait inédites:
J’ai étais élève sur le Paul Bousquet en 1959
Il confirme donc la nouvelle vocation de "bateau école" pour le Lépine rebaptisé BOUSQUET
Une photo de la promotion des élèves officiers,
avec Serge assis à droite


et plus tard nous montre la démolition de ce navire:

deux photos du Paul BOUSQUET à quai à Sète avant démantellement...



...puis l'enchainement des travaux:et une vue en couleur

2° étape la cheminée....


et c'est vite la fin



Ce paquebot reste un sujet d'intérêt pour de plus en plus de perspnnes, témoin ce message de fin octobre:
Voulant reproduire à l’échelle HO 1/87è le navire école Paul BOUSQUET qui était devant la gare de Sète, afin de l’intégrer à une maquette ferroviaire , j’ai depuis plusieurs années fait des recherches sur ce navire car j’ai habité très longtemps à Sète et je demeure encore dans l’Hérault.
Bref j’ai bien apprécié votre reportage et je pense que ce que j’ai trouvé vous sera très agréable car j’ai réussi à mettre la main sur deux très très rares carte postale de ce navire école ancré à Sète. Je vous les joins donc à ce message.


la même que plus haut mais en couleur:


et même une photo trouvée sur le net sur lr forum French Lines sous le pseudo “velay69” qui je l'espère ne m'en voudra pas

De votre côté si vous savez comment je puis me procurer les plans de ce bateau afin d’en faire la maquette , je suis preneur des infos. Amicalement
Jean-Pierre LEMAN


Rn Fait je suis Bourguignon si l’on se fie au terroir d'origine, puisque né à Chalon sur Saône au tout début de l’année 39; mais d’un père dauphinois et d’une mère berrichonne, cela n’a peut-être pas grande valeur. Et mon père était bien décidé à voir du pays, puisqu’avant la déclaration de guerre il avait donné son acccord pour une mutation à Oran dans le cadre du démarrage d’une Verrerie de la Compagnie de St Gobain. (Les VAN, Verreries de l'Afrique du Nord)
La guerre est venue interrompre cette aventure avant qu’elle ne commence. Mais au moment de la libération de la ville, ce sont des chars faisant partie d’un régiment en provenance d’Oran qui ont stationné quelques heures en bordure du jardin paternel. Passés les premiers instants de joie, les embrassades, le déploiement des drapeaux et la sortie d’une bonne bouteille de la cave, imaginez la conversation:
« C’est comment l’Algérie ? - et Oran ? »
Ces militaires étaient-ils eux mêmes de vrais oranais? j'en doute. Ont-ils voulu faire un peu d’esbrouffe? probablement; toujours est-il que les réponses ont fait rêver mes parents, car à 6 ans j’avais du mal pour ma part à suivre les détails de cette conversation où il était question de soleil, de palmiers, de chameaux et de dunes de sable....
C’est nanti de ces précieux renseignements de première main que papa Pillon a rappelé à sa société qu’il était toujours volontaire pour un séjour de 2 ans en Algérie, et toute la famille s’est embarquée à Port-Vendres le 31 décembre au matin sur l’un des tout premiers transports civils à destination d’Oran.
Quel beau bateau que ce « Gouverneur Général Lépine » il était immense pour qui n'avait jamais vu que les péniches navigant sur la Saône. Il était encore équipé en transport de troupes, ne connaissant pas les équipements de ses successeurs, Ville d’Oran, Sidi Bel Abbès ou El Djezaïr. A l’époque la traversée demandait un peu moins de 48 heures, mais notre fier vaisseau en utilisa près de 72 qui furent assez pénibles si je m’en réfère aux souvenirs de mes parents. Nous avons essuyé une tempête d’une rare amplitude: passagers et membres de l'équipage,tout le monde était malade dans les dortoirs de 50 places et les réfectoires n’ont pas connu grosse affluence. La cargaison, mal arrimée, s’est détachée en partie et le navire accusait une gite de près de 15 ° en arrivant en vue de Santa Cruz.

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