HISTOIRE d'ORAN




Document fourni par J-P VARGAS d'après un guide d'Oran édité en 1922, remis en forme et illustré par J-C Pillon





ORAN en 903

La ville d'Oran est assise sur la côte septentrionale de l'Afrique, à l'entrée du détroit de Gibraltar, au fond d'un golfe que les caps Abuja, à l'Est, et Falcon, à -l'Ouest, Déterminent d'une manière bien accusée. Ce golfe a 28 kilomètres d'ouverture et onze de profondeur, c'est en ce point hydrographique que l'on trouve Oran, qui est situé par 35° 4' 40" de latitude ,Nord et par 2° 59' 39" de longitude ouest du méridien de Paris.

Qu'était Oran vers l'an 903 lors de la domination carthaginoise et romaine ? Rien ! Rien !

Le port était insignifiant, et tenait à peine une superficie de 1 hectare dont les vagues venaient battre l'endroit où est bâtie aujourd'hui la caserne des douanes. Quelques maisons étaient disséminées derrière de gros rochers et ne dépassaient pas ce que nous appelons aujourd'hui la place Nemours. .

Quelques balancelles faisant tout commerce avec Almeria et Barcelone avaient attiré quelques arabes fanatiques et en moins de 3 siècles, on put constater que ce quartier allait bientôt devenir une petite ville. .

Pourtant elle allait être jalousée par les Fatimites. les Almoravides, et les Almohades, dont le calife Youssef-ben-Abou Yacoub disait : "Oran est le paradis du malheureux, il y entre pauvre, il en sort riche." Mais ils ne furent pas, de longues années, vainqueurs; car les Omeïades espagnols s'entendirent avec les Azdadja pour bloquer là ville dans tous ses sens, du moins par terre, et l'assiéger d'une façon impitoyable, ne respectant rien. Deux chefs fameux, Youssef ben Taschfin et Abd-el-Moumein, furent vainqueurs après plusieurs années de luttes intrépides de sang et de carnage et, en 1212, le calme sembla renaître .



Les Espagnols à Oran

Oran commença à bâtir des maisons dans le quartier appelé: La Blanca qui comprenait la rue du Vieux Château et les terrains avoisinant l'église Saint-Louis. Puis il fallut songer à faire une route entre Mers-el-Kébir (Portus-Magnus) et Oran. C'est ce que l'on fit en serpentant les collines de Sàinte-Clotilde pour arriver par un chemin de ronde au Santon aboutissant -dans le cœur de la ville, qui est aujourd'hui le 1er arrondissement. .



Les Maures ne voulurent pas obéir aux Espagnols, se croyant les seuls maîtres de la situation. En 1501, Le Roi Don Manuel de Portugal envoya une expédition pour les châtier, mais les Lusitaniens s e formèrent en nombre et voulurent s'emparer d'Oran. Isabelle la catholique voulut marcher contre les infidèles, mais sa mort survenue en 1504 fît échouer maints projets. .

L'Espagne s'enhardit de plus belle et en l505 les Espagnols débarquaient à Mers-el-Kébir sous les ordres du roi, Ferdinand, qui ne put tenir, faute d'hommes, de vivres et d'argent. On le supplie, de ne pas abandonner une belle, entreprise pour le bien et l'honneur de l'Espagne. Mais il capitula. .

Alors le Cardinal Ximénes, archevêque de Tolède, premier ministre, fit les avances. Le 16 mai 1509 il quittait Carthagène avec une flotte portant 10.000 fantassins, 4.000 chevaux, 800 volontaires et le lendemain en fin de jour, les troupes débarquaient à Mers-el-Kébir, et s'emparaient d'Oran. .

La tranquillité du peuple ne devait pas être de longue durée, les Turcs, venus des quatre coins du département firent irruption au nombre de plusieurs milliers et, une fois encore, les Espagnols durent abandonner la place, car la peste faisait un vide dans tous les rangs (c'était alors en 1547.) .

Plusieurs mois après, il y eut, un brusque changement et des forces navales, dont les hommes débarquèrent à Mers-el-Kébir et firent route sur Oran, ne tardèrent pas à ramener l'ordre et la tranquillité parmi la population. Cela ne devait pas durer, car en 1678, le fléau reprenait de plus belle. .

En 1698, Don Alvarez de Bazan y Sylva, marquis de Santa-Cruz, fit élever au sommet du pic de l'Aïdour (375 m. d'altitude) un fort, qui porte, son nom Santa Cruz et que les, indigènes ont nommé Bord-El-Murdjadjo. La tradition arabe prétend que lorsque les chrétiens voulurent procéder à l'établissement de cette forteresse, ils furent sur le point de reculer devant ce projet à cause des difficultés que l'on rencontrait pour le transport de l'eau, pour la confection du mortier, surtout à une altitude, pareille. Mais un Cheik des Hamyan procura aux Espagnols toutes les outres (500 environ), c'est par ce moyen que l'eau fut montée à dos d'homme et que ce magnifique fort fut édifié en moins de 20 ans (1680-1701), et chose admirable, il est tel, fier et majestueux au-dessus d'Oran se voyant de plus de 15 kilomètrs à la ronde et cela depuis 242 ans (1680-1922). .



En juin 1708, le Pacha Hassen, s'illustra par des actes de bravoures et par sa bonté pour le peuple. Il fît réparer les brèches faites aux forts Santa-Cruz, Saint Grégoire et Lamoune, Saint Philippe, ChâteauNeuf.

Tous ces travaux, et bien d'autres nouveaux furent à peu près terminés en 1732. Philippe V voulut enfin mettre un terme aux exigences marocaines qui convoitaient encore la ville, d'Oran et, le 6 juin 1732, une armée de 28000 hommes commandée par le Comte de Montemar, sous les ordres des généraux De La Motte et du duc de Cansano. fut embarquée sur 51 bâtiments de guerre et 500 navires de transports. Partie d'Alicante, le 15 juin 1732, elle prit terre à l'est du cap Falcon et culbuta les Arabes au nombre de 40.000. Une fois encore les Espagnols étaient vainqueurs.

Vers, la fin de l'année 1732, le fanatique Bou Chelaghram rassembla de nouvelles forces , venant de Tlemcen, et attaqua avec acharnement la Place d'Oran : ce fut dur; les troupes espagnoles rivalisèrent de courage et d'endurance, les habitants se joignirent à eux; mais malgré cela la défaite était inévitable, la peste fit son irruption, la famine était imminente et pendant de longues années ce ne fut que guerre et demandes de paix, ce qui parut s'apaiser vers 1744 à la satisfaction générale des troupes de Philippe V.



Le tremblement de terre de 1790 et les années qui suivent

Le calme étant général, on songea à construire, à embellir. On perfectionna la route de Mers-el-Kébir, on construisit de nouveaux forts, on boucha le souterrain aboutissant au fort de Santa-Cruz, et tout semblait marcher à souhait, lorsque dans la nuit du 8 au 9 octobre 1790, à 1heure 15, un tremblement de terre bouleversa la Ville de fond en combles. Vingt deux secousses, ont été ressenties, et en moins de 7 minutes, plusieurs maisons étaient en cendres et environ 2.000 personnes ensevelies sous les décombres. Le comte de Cumbre Hermosa, commandant d'Oran, remplaça sur le champ le malheureux gouverneur dont on ne retrouva pas le corps. Quelques rescapés furent embarqués pour être dirigés, sur l'Espagne. Oran n'était plus que poussière.

Aussitôt que la nouvelle de cette catastrophe fut parvenue à Alger (janvier 1791), le dey Mohammed ben Osman donna l'ordre au bey de Mascara, Mohammed, d'aller attaquer Oran. Mais il ne fut pas heureux: le mauvais temps le força de rester loin de la ville, car les troupes des gardes Wallones surent résister à ses attaques et il fut contraint de battre en retraite le 17septembre 1791.

Le 18 au matin, il essaie de reprendre position mais le chevalier de Torcy avec 670 hommes et 70 canonniers aidés de ses infatigables troupes espagnoles, les moins éprouvées par le tremblement de terre, poussent des cris de joie, combattent corps à corps et le fort de Raz le Ain hissait le pavillon pour marquer la défaite intégrale d'arabes et des marocains.

Ce fut pour les Espagnols une bien grande douleur d'apprendre que le Roi Charles IV avait fait, des offres au Gouvernement d'Alger (12 septembre 1791) pour la reddition de la place d'Oran qui pour l'Espagne était une lourde charge, avec ses troupes épuisées, qui s'étaient si vaillamment illustrées, mais dont la conservation lui devenait trop onéreuse et périlleuse en ce temps où le démon de la guerre,secouait sa torche fumante sur les champs de bataille de l'Europe.

La cour d'Espagne fut consternée à la nouvelle du désastre dans lequel Oran venait d'être frappé. Le 22 septembre 1791 un traité fut signé par le dey Mohammed qui déclara formellement au capitaine Guinbarda, envoyé spécial du Roi Charles IV, qu'il voulait Oran. et Mers-el-Kébir sans conditions. Cette solennelle prise de possession eut lieu le sixième jour du mois de rédjeb, l'an 1206 (1792 J. C.), mais les habitants n'étaient pas heureux et subissaient toujours le joug des janissaires. Les familles espagnoles résolurent de quitter Oran, c'est alors que le bey, ayant accordé du terrain aux juifs, ces derniers accoururent de Nedroma, Mostaganem, Tlemcen et Mascara, s'installèrent entre le Château-Neuf et le fort Saint-André, ce que nous appelons aujourd'hui le quartier israélite.

Un bey fut célèbre à cette époque, c'est Mohammed el Kébir, dont on fête encore aujourd'hui le saint nom; sa devise était : dévouement ! humanité
Une fois encore, Oran fut frappé de la peste par des pèlerins venus de la Mecque, et cela. en 1794. Après la colère de Dieu, disent les fanatiques, Mohammed el Kébir, fit construire la Mosquée de la rue du Vieux château à l'emplacement de sa sépulture à Kargentah.

Elle existe toujours et son minaret se dresse majestueusement près de Miramar. De 1794 à 1798, rien de bien précis à signaler mais le fanatique Osman ben Ahmed, à qui le dey d'Alger avait accordé toute sa confiance pour le bien du peuple et la sécurité de sa ville, trompa ce dernier et par ses feintes, réussit à amasser presque une fortune qu'il voulut cacher dans l'enceinte du fort Sainte-Thérèse. Ayant su qu'ordre avait été, donné de l'arrêter et de l'étrangler, il tenta de s'enfuir de connivence avec le consul d'Espagne. Ce projet aurait il pu réussir, si l'état de la mer y eut mit son adhésion ?

Ce fut donc pendant quatre années un traître au pouvoir, (1802). De 1802 à 1805, la contrée d'Oran fut assez tranquille, sauf du côté de Mostaganem.
De 1805 à 1807. Mustapha el Manzali fut, un bey paternel, sa volonté patriarcale était vénérée et nul voulu le contraindre à agir par la violence de ses droits. Il mourut à Médeat en 1812.
De 1812 à 1817, Ali Kara Bargli, caïd de Tlemcen, gendre de Mohammed el Kébir, fut un chef admirable, et d'une justice à toute épreuve, il fut pourtant étranglé à Miliana.
De 1817 à 1830, nous voyons au pouvoir Hassan beau-père de Sidi Mustapha Tcheurmi qui fut exécuté par ordre du pacha d'Alger pour intrigues, fausses manœuvres, chantage envers le bey d'Oran et cela dans le recoin que l'on peut remarquer, à gauche entrant par la porte d'honneur du palais au Château Neuf.

La conquête française et le développement de la ville



Mais tous. ces faits ne purent échapper au roi Charles X, car toute l'Algérie était toujours aux prises et il voulut en finir une bonne fois. Il résolut donc de frapper un coup décisif et de pacifier les trois départements. En effet le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquaient à Sidi-Ferruch et rentraient victorieuses à Alger. Le 5 juillet 1836, Constantine fut à la France.
Oran devait aussi lui appartenir. En effet le 11 décembre 1830, le général conte Denys de Damrémont s'embarquait à Alger et le 13 débarquait avec ses vaillantes troupes à Mers-el-Kébir pour entrer 3 jours après dans la ville d'Oran aux acclamations de toute la population. Ce fut pour tous, un avènement de tranquillité, de paix et de bonheur. Le Maréchal de Camp Marquis de Faudoas investi de l'autorité supérieure, fît son entrée dans Oran, le 17 août 1831 et commença de suite les édifications et les embellissements de la ville qui, pendant 928 ans (903-1831) avait souffert de toutes les horreurs de la guerre.



En effet que d'évènement, depuis près d'un siècle, alors que l'on débarquait à Mers el Kébir et que I'on serpentait la route de la corniche pour arriver à Oran ou nos vaillantes troupes avaient déjà arboré le drapeau tricolore. Le génie de l'homme s'y révéla et en quelques années la ville prenait une grande importance.
La rue d'Orléans se métamorphosa de jour en jour. La première place populaire fut celle de la république ; La place Kléber fut son émule et les constructions avoisinantes ne manquèrent de s'édifier.

Après la création des boulevard Oudinot et Malakoff on construisit l'hôpital militaire,la Préfecture, la poste, la, Banque (aujourd'hui le Trésor) puis le musée (rue Monte Bello). Tout ce quartier qui est le 1er arrondissement, prit une extension considérable et peut avoir aujourd'hui deux kilomètres carres.
On s intéressa immédiatement à faire le port; c'est d'une ville, le principal facteur, puis les chemins de fer. De tous ces travaux concernant la ville il ne fallut pas moins de 49 ans pour pouvoir juger des faits matériels.
En effet, c'est depuis 1880 qu'Oran prit une grande extension à partir de la place d'Armes. On combla le ravin de l'Oued Rouina où sont bâtis le Continental, et tout le pâté de maisons du magasin du Printemps, et aussi le principal et bel édifice qu'est l'Hôtel de Ville.
Puis ce fut le Casino et le Théàtre Municipal, le Tribunal, la Poste centrale, la Cathédrale, etc., etc. le quartier des casernes au fond de là rue d'Arzew, n'existe plus, et cet immense emplacement est destiné à la construction d' immeubles. Un idéal boulevard front de mer est à l'état de projet. le square Garbé celui de l'archevêché font les délices des bambins. Le square de la victoire (route du port) est un vrai délice de site et de fraîcheur. La promenade Létan toujours la favorite des promeneurs et l'avenus des Veuves restera toujours la consolatrice de son nom et bien des couples qui n'ont pas été éprouvés par la séparation n'en souillent pas le sol par un signe d'ironie.
Au rond point un kiosque nous permet d'y entendre de la bonne musique, ainsi qu'à la place de la République, la première place d'Oran.

Voilà à mon point de vue énuméré, ce que bien des Oranais peuvent juger véridique, depuis 1880, jusqu'en 1922, date à laquelle paraîtra ce guide.



Oran en 1922

Il y a beaucoup à faire, encore Oui, je le sais ! Quand la grande idée humaine viendra-t-elle mettre à exécution le talentueux projet dont on parle de puis si longtemps :
Celui de construire un pont suspendu au-dessus du ravin Raz el Ain jusqu'au Belvédère, et de là, prendre le funiculaire jusqu'au. plateau du Murdiadjo, où l'on peut admirer à l'Hôtel de Ville les plans en relief de ces importants travaux. Quelle vitalité ce sera dans cette nouvelle ville d'air dont l'altitude est à 419 mètres..
Les Planteurs n'en sont pas moins attrayants et c'est bien le plus bel endroit et le rendez-vous favori des promeneurs. Une belle route carrossable vous donne l'illusion de nos grands bois. Complantés de jeunes pins (vers 1854), ils atteignent aujourd'hui, en certains endroits une hauteur de 5 à 6 mètres.
Dans la montée de Santa Cruz, à l'altitude de 272 mètres, on trouve la chapelle de la Vierge construite en 1849 par des croyants pour obtenir de Dieu la disparition du choléra qui sévissait à Oran.

Lieu de pèlerinage très fréquenté chaque année au jour de l'Ascension, le coup d'œil est vraiment féerique, car dès l'aube jusqu'au crépuscule, des milliers de croyants et croyantes, gravissent la montagne par divers sentiers conduisant à la chapelle, pour accomplir le vœu que chacun a promis. La veille, vers minuit, le bourdon de la petite basilique sonnant à toute volée, lance dans les airs sous le ciel constellé d'étoiles, pour recommencer le lendemain toute la journée, I'hallali de la foi et des promesses.
Que de femmes montent à genoux jusqu'au seuil de la chapelle de la Vierge pour tenir leur serment. Combien de filles, dont le cœur a parlé, une relique la main, les cheveux épars et les pieds nus, gravissent, sans s'en inquiéter, les sentiers pierreux de leur calvaire, car il doit leur tarder de s'agenouiller devant l'autel de leur destinée.
Ces humbles de la croyance, je les respecte, car il est des secrets que l'on garde, comme il est des douleurs qu'on ne console pas.
La chapelle de Santa-Cruz est vouée à l'immortalité; donc que les générations futures, quelles qu'elles soient, n'oublient jamais, que toute promesse est un devoir sacré, et que ce serait commettre un sacrilège une arrière pensée, on doutait des bienfaits de notre destinée, que nous demandons à atténuer par un pieux pèlerinage.

Redescendant la dite colline, nous y voynus de petits pins d'une hauteur de 1m 50 à 2 mètres, ces derniers furent plantés en 1906. La dite forêt a bien 3 kilomètres de longueur, un chemin carrossable, partant de la glacière, nous conduit au plateau du Murdjàdjo et pédestrement vous pouvez contourner le fort de Santa-Cruz et suivre le versant Nord en face la mer, et reprendre le chemin donnant accès à la partie du Santon et vous conduire à la place Kléber.
Une nouvelle route contournant la maison forestière et rejoignant celle qui conduit au Murdjadjo a été commencée en février 1922 et M. Millerand, Président de la République lors de son passage à Oran, l'inaugura le 17 avril de la même année. (1)

(1) Coïncidence remarquable, M. Loubet, Président de la, République, inaugura l'avenue qui porte son nom, le 17 Avril 1903.



J'ai oui dire que l'on devait déraser le Château Neuf, finir de combler le ravin près de l'usine à gaz et ne faire qu'un plateau jusqu'à Miramar. N'est- pas là tout ce que l'imagination humaine a de beau, de grand ! Quelle métamorphose, quelle belle ville cela fera !
Certes vous allez me dire, qu'il y a longtemps que bien des travaux seraient terminés et d'autres en cours. Oui c'est vrai, car jusqu'en 1914 tout allait bien pour le bâtiment, et comme l'on dit : Quand le bâtiment va, tout va !
Nous avons été contraints de nous arrêter par la cause de cette terrible guerre qui dura 51 mois et 11 jours (1er août 1914, 11 novembre 1918) et qui se termina par la capitulation de l'Allemagne. Que d'absents, que de bras manquent ! A l'heure, actuelle, (1922), la situation financière n'est pas dans tout son éclat. on s'abstient, on ne bâtit pas; il y a une grande crise pour les logements, pourtant il y a du terrain.
Cependant, il faut sortir de cette torpeur, il faut se grouper autour du fanion de la liberté, et puisque " l'Union fait la Force ", imitons nos ancêtres de 1789 ! Soutenons-nous! aidons-nous mutuellement, ayons confiance en nos représentants qui toujours sur la brèche sauront défendre nos intérêts. Soyons toujours en contact avec eux, et qu'à leur tour, ces défenseurs du droit et de l'équité, se rendent bien compte de leur mandat pour le grand bien de notre Algérie, si belle "si grande et si fertile!

Je terminerai par une conclusion qui sera très édifiante en faisant appel aux connaissances et à la justice de chacun. Certes en ce moment du XX° siècle, on suit le progrès de l'ambition.
Nous devrions pourtant nous souvenir d'une belle parole du Maréchal Bugeaud : "Par la charrue ! "
Qui donc a dit : L'agriculture manque de bras ! Un écrivain célèbre a dit aussi: l'instruction rend bête ! Voilà une accusation bien hardie, et cependant toute notre jeunesse veut suivre les cours; tous veulent être quelqu'un, ils échouent très souvent; alors las, ils embrassent une carrière. Les uns sont le bon grain, les autres l'ivraie ! Combien, veulent en montrer à leurs maîtres ! Voilà ce qui les perd, car ceux-là n'ont pas confiance envers leurs enseignants !

Voilà donc pourquoi j'insiste sur le mot confiance. Laissons à leur tâche, nos valeureux représentants, puisque nous la leur accordons. Alors. la jeunesse s'émancipant de jour en jour et comprenant qu'il faut obéir, se ralliera aux sages conseils qu'à nous les vieux on nous a inculqués, et cela pour le développement de l'Algérie, dont nous leur léguons tous nos pouvoirs pour continuer à suivre les sillons que nos charrues ont tracés, et cela sans murmure, sans reproches car ils travailleront pour la prospérité et le grand renom de notre Algérie émule de la: France, la mère Patrie



F.DEMIREILLE


Note de JP VARGAS: Hélas 3 fois Hélas cela n'a duré que 40 ans


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