PROMENADES A ORAN




Document obtenu à partir du Guide agréé par la municipalité, édition 1949-1950, document fourni par Gérard VILLADIER Mise en page,arrangements et illustrations de J-C Pillon



- PLAN SOMMAIRE D'ORAN


I. - LA VILLE BASSE.
C'est le quartier de la Marine et du Port, voisin de la Calère s'étageant, au pied des pentes du Pic de l'Aïdour. Les vieilles maisons polychromes s'y entassent en amphithéâtre. La population est dense.

II. - LA VIEILLE VILLE.
Deux rues, partant de la Place Foch, la délimitent en gros. La Rue des Jardins aboutit à la Place des Quinconces, au Boulevard Stalingrad ( ex-Malakoff ou Molle) et au ravin Ras el Aïn - promenade pittoresque entre les jardins maraîchers, le Bois des Planteurs et les agglomérations musulmanes.
La Rue Philippe conduit au Château Neuf, à la Mosquée du Pocha, à, Ici Promenade de Létang et à la Place Kléber (Préfecture) . A l'Ouest de cette place et de la Place de la République, le Vieil Oran se groupe autour de la Place de la Perte (Eglise Saint-Louis, Hôpital militaire Baudens, ( la " Blanca ") .

III. - LA VILLE HAUTE OU VILLE NEUVE.
Elle s'étend au Sud de la Place Foch, laisse à l'Ouest le Quartier Israélite, englobe la Place Karguentah et s'étage en paliers avec les quartiers Karguentah (autour de la Cathédrale), Saint-Antoine, Village Nègre, Saint-Michel, Saint-Pierre, Bel Air, Montplaisant, Miramar.

IV. - LES FAUBOURGS.
De l'Ouest à l'Est s'égrènent Cholet, Terrade, Eckmühl, Brunie, Cité Petit, Sananès, Choupot, Magnan, Cuvelier, Foyer Oranais, Boulanger, Maraval-Berthoin, Lamur, Médioni, Lyautey, Victor Hugo, Bastié, Cavaignac, Delmonte, Saint-Eugène, l'Hippodrome, Arbesville, Carteaux, Mélis, Bon Accueil, Gambetta, Gambetta-Falaises, Yllouz et Courbet.
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I - LA VIEILLE VILLE


Départ de la Place Foch : anciennement champ de manœuvre, hors des murs de la-Vieille Ville, " Marché aux puces " jusque vers 1867, Place Napoléon, située au Sud de la Porte d'Alger, ouverte dans les remparts, Place d'Armes, où avaient lieu les revues militaires, les " prises d'armes ".
L'Hôtel de Ville y a été construitt en 1882-1886, le Théâtre en 1907, et le Monument de Sidi-Brahim commémore le combat qui a eu lieu au marabout de ce nom en 1845, -dans les Trara, sous le commandement du Colonel Montagnac.
Remonter le Boulevard Joffre, quartier des grossistes israélites. A droite, un peu plus haut que les Magasins Darmon, le No 12 offre un type de maison israélite rappelant celles occupées par les Musulmans avant 1830, cour intérieure et revêtement en carreaux vernissés.
Descendre la rue Philippe, conduisant autrefois de la Vieille Ville à la Porte d'Alger et qui descend aujourd'hui à la Place Kléber et quartier de la Préfecture. Rue principale de l'ancienne ville .
A gauche, Rue de Gênes, rue typique, en escalier, d'une ville méditerranéenne, vue sur la montagne de Santa-Cruz et le minaret de la Mosquée du Campement. Ancienne prison civile française à l'emplacement d'un Bain rnaure à gauche, ancien collège des Jésuites à droite. Rue occupée par les fonctionnaires français vers 1840. Aujourd'hui quartier pauvre, envahi de plus en plus par les magasins et la population musulmane.
Mosquée dite du Pacha, construite par les Turcs, en 1792, avec l'argent provenant du rachat des prisonniers espagnols, après le départ définitif des Espagnols. Joli minaret octogonal extérieur. On peut le visiter en s'adressant au gardien. Type de Mosquée à coupoles sur plan carré. Bassin à ablutions entouré d'une gracieuse arcade. Salle de prières ; coupole octogonale de 11 m. 50 de diamètre, reposant sur 12 arcs, dont deux à chaque pan coupé. Gracieux mirhab et nimbar. Sur la terrasse : point de vue sur les rues étroites et moyenâgeuses du quartier et sur les coupoles. Du haut du Minaret, vue générale sur l'ancienne ville, la mer, la montagne, le ravin Ras el Aïn.
A droite, en descendant, entre le Minaret . et l'entrée de la Mosquée, un raidillon conduit au Château Neuf.

Ancienne demeure du Bey, résidence actuelle du Général commandant la Division d'Oran. Les appartements ont conservé leur style hispano-mauresque : Château Neuf, type de château fort avec pont-levis, ancien Ras el Cacer (tête de la forteresse) des Arabes, Rosalcazar des Espagnols. De hautes murailles enserrent les ouvrages avancés construits au XVIIIe siècle. Au Nord-ouest, " Donjon des Maltais ", bâti vers 1347 par le Sultan mérinide de Fez, Abou Lhasen, constructeur de la Mosquée Sidi Bou Médine à Tlemcen. Au-dessus de la porte d'entrée : inscription espagnole de 1760, inscription turque de 1792. Défendant la ville contre les ennemis venant de la mer.

Plus bas, dans la rue Philippe, une plaque signale l'ancienne demeure d'Hassan, ancien marchand de tabac et Bey d'Oran. en 1700. Une inscription en arabe existe sur l'enduit du mur.
A gauche, en descendant, Passage Maufray, construit en 1841 pour faire communiquer les rues Philippe et de Gênes.
On accède à la Place Kléber, Hôtel de la Préfecture datant de 1852.



Place de Ia République, située en avant de l'enceinte espagnole, dont il subsiste la Porte de Canastel ( Rue Haute d'Orléans) et la muraille d'enceinte (derrière le Tribunal de Commerce actuel) et au début de la rue du Matelot Landini. Ancienne Mairie d'Oran (Compagnie des Eaux). Buste de l'ingénieur Aucour, qui a rédigé les premiers rapports techniques sur l'urbanisme d'Oran. Du balcon dominant le port, vue sur le site d'Oran : la Baie, le Pic d'Aïdour (Santa-Cruz),, le plateau de Gambetta-Canastel, le village de Christel, la Montagne des Lions, le Massif d'Arzew, le Port, la Promenade de Létang (ancien glacis du Château Neuf). Rue du Matelot Landini, au no 4, ancienne maison française du début de l'occupation. Place Kléber et rue Haute d'Orléans, Porte de Canastel de l'enceinte espagnole (peinte en rouge et encastrée dans les maisons), donnant sur le Ravin Ras el Aïn descendant alors à l'air libre vers la mer et franchi par un pont. Des deux voûtes, une seule subsiste, surmontée des restes d'une tour carrée que l'on voit à droite, en se retournant, tandis que l'on gravit la rampe Madrid, rue principale de la ville espagnole.

Rue de Madrid. - A droite, maison de l'ancien Trésor français, au n° 4. A gauche, on domine le Boulevard Oudinot, construit vers 1838, à l'emplacement du fossé de l'enceinte espagnole de la Blanca. En montant, en face, vue sur le Minaret du Campement ou El Haouari visiter rue Montebello et rue de Madrid (ancien Trésor) .

En continuant, sur la droite, vieilles rues, notamment Rue Sédiman, Rue de l'Hôpital, à population d'origine espagnole.
H6pitai militaire Baudens, construit de 1846 à 1850, à l'emplacement du Colisée et des anciens couvents espagnols.

Eglise Saint-Louis. - Beau point de vue du haut du parvis. Vue à gauche sur la Casbah (harem du Bey, prison militaire, actuelle) ;


à droite : la " Ville nouvelle " espagnole et la rue des Jardins, ouverte en 1844; en face, rampe du Crève-cœur (restes de fortifications descendant dans le Ravin Ras et Aïn) donnant accès à I'Eglise Saint-André (ancien fort espagnol) et au Camp Saint-Philippe ; à droite, Caserne Neuve et Lunette Saint-Louis.
Eglise de style du Midi de la France, première cathédrale construite à l'emplacement de l'Yglisia Major des Espagnols, refaite en 1745 à l'emplacement d'une Mosquée arabe. A l'intérieur, la clef de voûte du maître-autel porte les armes du Cardinal Ximénès, un bénitier repose sur un fragment de colonne torse ornée d'un chapiteau provenant de l'ancien hôtel du Marquis de Mortemar, somptueuse résidence du XVIle siècle.

Au Nord de l'Eglise, la Rampe Rognon fait communiquer la Blanca et la Marine (ouverte dans l'ancien glacis).
Descendre par la rue Desaix, vieilles maisons.
- On aboutit à la Place de la Perle, ancienne Plaza Major, " Place d'Armes " des Espagnols, au centre de la Blanca. Remarquer les vieilles maisons n° 2, 3, 4, face ou Campement ; elles remontent au XVIIIe siècle. Des boutiques à larges baies arrondies ont été installées dans les anciens portiques, édifiés en 1772 ; ils entouraient élégamment la place. Observer notamment le couloir d'entrée et la cour du No 3, ainsi que la voûte de la pittoresque petite rue Charras.

Voir, rue Honschoot, dans la première maison à gauche, la cave, à l'emplacement des anciennes cellules de la prison de la " Maison commune " (Mairie) espagnole.
Rue Charras, visiter le N' 5 (arcades arabes), No 7 l'ancien bâtiment des tabacs et boucheries en 1772.
Prendre sur la Place, à côté du Campement, le tunnel percé de 1845 à 1862, faisant communiquer les quartiers de la Blanca et de la Marine (vers la rue du Matelot Landini).
On atteint la Rue de l'Arsenal (à gauche), ouverte en 1844. Au No 10, un passage privé, dans une vieille maison française, raccorde la rue de l'Arsenal à la rue de Lodi en contre-bas (maison de 1845).
Rue de l'Arsenal, le N°12 occupe l'ancienne Gendarmerie française; au numéro 34, vieilles maisons. On peut aller à gauche jusqu'à la Rue d'Orléans, pour voir une vieille auberge en face et, sur la Place d'Orléans, à gauche, -une ancienne fontaine datant de 1789 (inscription en espagnol) et " La Posada ;antérieure à 1830



De là, on remonte, par les rues Emerat, Lodi et Léoni, puis par la Rue Trotabas, on gagne le pittoresque quartier de la Calère (des fours à chaux). On gravit un escalier qui coupe les rues parallèles, de cachet espagnol, ou napolitain aux noms suggestifs : à gauche, Rue Malaga, à droite Rue d'Alicante. Bientôt, un chemin longe, à gauche, un mur de soutènement retenant les terres. A droite, il domine le quartier de la Marine et atteint le mi-versant du Pic de l'Aidour (ou de Santa-Cruz). Laissant à droite le " Chemin des Suicidés ", un raidillon gagne le pittoresque quartier du Jardin Welsford, du nom du Consul anglais d'Oran qui, en 1830, y possédait une grande propriété. En empruntant la rue d'Islande à gauche, la rue du Capitaine Clavel à droite, la rue Le Coz à gauche encore, on longe le pied de la montagne, composée d'éboulis pliocène et on atteint le pensionnat Saint-Louis (des Sœurs Trinitaires) ; on tourne à droite, on franchit le fossé des anciennes fortifications d'Oran on remarque à droite l'ancienne Porte espagnole du Santon. Cette porte, appartenait à l'importante fortification extérieure de la " Barrera édifiée en 1754. De là, un chemin monte, gagnant soit le Fort Santa-Cruz, soit le Belvédère. On peut retourner sur ses pas et redescendre en ville par l'Eglise Saint-Louis, l'Hôpital militaire et la Place des Quinconces.
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II - LA VILLE NEUVE


Partir de la Place Foch (ex-Place d'Armes), entourée de ficus et de palmiers. Remarquer la sobre élégance de Ici stèle pyramidale du Monument de Sidi-Brahim orné de deux beaux bronzes de Dalou -. la Gloire ailée apportant la palme aux Héros et la France inscrivant leurs noms sur le marbre du Souvenir.
Derrière se profile l'imposante façade Renaissance de l'Hôtel de Ville, à l'escalier monumental flanqué de deux lions en bronze de Cain. A l'in.térieur, les escaliers de marbre blanc accompagnés de massives rompes - main-courante et balustres - en onyx rouge, conduisent à la belle salle du Conseil municipal.


Sur la place, l'Opéra municipal offre l'architecture classique et élégante des théâtres lyriques italiens; il est couronné de, deux coupoles dorées. Entre l'Hôtel de Ville et l'Opéra, s'allonge le Boulevard Joffre, encadré par les magasins des grossistes israélites en denrées coloniales et tissus, encombré des gros camions qui transportent ces marchandises vers l'intérieur et le Sud oranais.
Au Nord de la place, le Cercle Militaire s'élève au milieu de belles allées bordées de térébinthes et de parterres de fleurs.
Derrière l'Opéra, s'étend le Quartier israélite, où la rue d'Austerlitz offre, le matin, une animation particulière avec son marché, ses bazars et ses nombreux marchands de détail.

A l'Est de la Place Foch, commence le Boulevard Clemenceau (ex boulevard Séguin) , voie la plus vivante de la ville avec ses grands cafés : brasserie-concert du Marignan, Café Riche, ses pâtisseries, ses riches magasins de luxe et de nouveautés.

On atteint ensuite les beaux immeubles, les banques, les grands hôtels, le restaurant " Le Grillon ", le Café Cintra, du Boulevard Galliéni (ex Boulevard du Lycée), dont la double allée de palmiers conduit ou Lycée Lamoricière, à la Banque de l'Algérie, à la gare des cars de la SOTAC desservant la Corniche, au jardin du Petit Vichy.

En continuant, au contraire, le Boulevard Clemenceuu, on débouche, sur la Place Villebois-Moreuil, carrefour où confluent les rues de la Paix. d'Alsace-Lorraine et le Boulevard Charlemagne. La circulation est intense devant le magasin de vente de la Maison d'Editions L. Fouque, d'où on peut admirer le style pittoresque de la Compagnie Algérienne, ainsi que la Barclay's Bank (anciennement Banque de l'Algérie). Le début du Boulevard Charlemagne connaît l'animation de ses cafés où courtiers et colons de l'intérieur règlent leurs affaires le matin et à l'heure de l'apéritif.
La Rue d'Alsace-Lorraine possède des magasins et l'agence de voyages Cook-Air France, elle conduit à l'Hôtel central des Postes, d'architecture sobre, sur la Place de la Bastille avec ses ficus, ses palmiers, son jet d'eau, l'Eglise Saint-Esprit recherchée par les mariages riches, le Grand Hôtel.



La Rue de la Bastille nous reconduit au Boulevard Clemenceau, puis à droite au Boulevard du 2e-Zouaves; à vingt pas plus loin se dresse l'imposante masse de la Cathédrale, monument de style méo-byzantin, auquel on accède par un grand escalier. Le vaste porche d'entrée est dominé par un fronton monumental aux motifs allégoriques de fine mosaïque sur fond crème et bleu, rehaussé d'or. Aux angles, deux clochers aux tours carrées de briques sont couronnés d'une croix en pierre. La nef est couverte de trois coupoles surbaissées dominées par un dôme coiffant le chœur et supportant une grande croix.
Sur le parvis, la Place Jeanne d'Arc est ornée d'une statue équestre de la Sainte en bronze doré et entourée de parterres fleuris, de ficus et de palmiers. A l'horizon, du haut des marches du sanctuaire, on aperçoit la Vierge de Santa-Cruz. Tout proche, sur le côté, le calme Jardin de 1'Evêche est enclos de murs.


Entre la cathédrale et le Boulevard Magenta, le Square Garbé offre ses ombrages et ses parterres multicolores encadrant le kiosque de musique et la statue. Sur les autres côtés, s'élèvent le Palais de Justice et la Gendarmerie, non loin de la statue allégorique en bronze de la " Loi ".
Le Boulevard Magenta est animé par la Gare routière des cars des TRCFA, tandis que la Place Karguentah est la tête de ligne des tramways de Saint-Eugène et de Boulanger. Là, se dresse la Maison du Colon avec sa coupole, sa pyramide étagée et ses larges frises de céramique polychrome retraçant les bienfaits de la Terre travaillée par les Hommes. Ce bâtiment abrite tous les organismes agricoles privés.
En suivant le boulevard Magenta, on atteint le Boulevard Joffre, où s'élève la Grande Synagogue, de style néo-marocain, construite vers... (date non indiquée sur le guide)

En remontant le Boulevard Joffre, on parvient au carrefour du Boulevard Joseph Andrieu qui, à gauche, conduit aux casernes du Train, de style hispano-mauresque et au Village Nègre, limité par les Boulevards Paul Doumer et de Mascara. Ce quartier est vraiment pittoresque, non par ses maisons sans caractères, mais par la foule bigarrée des Musulmans, où se mêlent les burnous des hommes, les haïks aux plis gracieux des femmes.

Du Boulevard Andrieu, on gagne le Boulevard Paul Doumer (ex-boulevard d'Iéna), par les rues Mohamed el Kébir ou de la Macta ou Hadj Salah. Là, s'élève depuis 1930, le groupe architecturai du Palais d es Beaux-Arts (Musée Demaeght, Bibliothèque municipale, Ecole des Beaux-Arts) au style dorique et aux frises polychromes rappelant des scènes mythologiques grecques. A l'angle Nord, des parterres bordent la façade et l'on remarque deux beaux bronzes - " Caïn fuyant son crime " de Mme Fanny Marc et deux Lionnes de ........ Un peu plus loin, on longe le Collège Ardaillon et le Collège technique.

En remontant le boulevard Paul Doumer, après sa jonction avec le Boulevard Joseph Andrieu et la rue Dutertre, nous accédons à l'ancien Champ de Manœuvres, séparant la ville des faubourgs Lamur, Sananes et Boulanger. Une partie de ce vaste espace libre a été transformé en un beau Jardin public.
En allant, au contraire, vers le Boulevard de Mascara, on gagne. le Cimetière israélite, avec ses tombes en forme de cénotaphes grecs ou de sarcophages égyptiens surmontées de colonnes brisées. Non loin, une file d'indigents s'aligne, le matin, devant le Dispensaire musulman, alors que les européens vont, tout près, à la Polyclinique de la rue Dutertre.
A la sortie de la ville, sur la gauche, se trouve la nouvelle Prison civile. Les tramways de la ligne 3 la longent vers leur terminus - le Cimetière européen Tamashouet, d'une superficie de 12 hectares. A l'opposé, s'ouvre le large Boulevard extérieur, dit des 40 mètres qui enserre la ville, d'Eckmühl à Montplaisant, où il rejoint la Route du Port.
Après le Palais des Beaux-Arts, au lieu de poursuivre notre promenade, on peut rejoindre directement la Rue Dutertre par les rues Hadj Salah et Bey Mustapha. Laissant, à droite, l'entrée de l'Hôpital Civil, véritable petite cité de plus de 10 hectares, nous arrivons à la Place Hippolyte Giraud, au carrefour des boulevards Fulton, Lescure et Hippolyte Giraud, tous trois bordés d'immeubles bourgeois, dans le quartier le plus salubre et le plus frais en été : le Plateau Saint-Michel.

De là, s'ouvre une belle perspective vers le centre de la ville et le boulevard Clemenceau. Par une curieuse illusion d'optique, la ligne bleue de la mer apparaît, au loin, au-dessus des maisons.
De ce point, on peut gagner la Gare en deux minutes par la Rue d'Assas. C'est un beau monument de style hispano-mauresque, tant par son architecture extérieure que par sa décoration intérieure.



De la Gare, on peut rejoindre le centre de la ville par le Boulevard Marceau. On traverse alors la Rue de Mostaganem, bordée d'immeubles de rapport, puis, en empruntant le boulevard Clemenceau, on atteint, à droite, la Rue du Général Leclerc (ex-rue d'Arzew). Agrémentée sur un demi kilomètre par de gracieuses arcades, c'est l'artère la plus fréquentée, le soir, par les Oranais, qui s'y donnent rendez-vous pour bavarder, regarder les belles vitrines, ou se promener en envahissant même la chaussée. A l'heure de l'apéritif et des fins de matinées aux cinémas, particulièrement nombreux, la foule des promeneurs s'arrête dans les cafés, les brasseries, la crémerie de la " Marquesito ".

A la Place des Victoires, au bas du quartier Saint-Pierre, on parvient, sur la gauche, à la belle Avenue Loubet, bordée de luxueux immeubles et ombragée de ficus; au fond se profile la masse imposante du Monument aux Morts des deux dernières guerres. A l'arrière-plan, la mer apparaît, une fois de plus, toute bleue, au-delà du parapet et du Square du Front de Mer, d'où la vue embrasse toute la Baie d'Oran, depuis Mers-el-Kébir au pied de la " montagnette " du Santon jusqu'à l'échancrure de Kristel et à là Pointe de l'Aiguille, en contre-bas du Sahel d'Arzew, tourmenté par l'érosion. A nos pieds, le port s'allonge parallèlement à la côte et travaille sans arrêt.
Par le Boulevard des Chasseurs et la Rue de la Vieille-Mosquée, on rejoint la Rue El-Moungar, on passe devant le Lycée Lamoricière et ln monumentale Banque de l'Algérie, avec ses hautes colonnes aux fûts cannelés et son grand portait en fer forgé. Ici, le profond ravin de l'Aîn Rouîna a été comblé en partie et:sur les remblais a été aménagé l'agréable jardin d'enfants du " Petit Vichy ". A travers les parterres fleuris, ficus, palmiers, térébinthes, caoutchoutiers, distribuent un ombrage varié aux bancs où les mamans, les bonnes et les nounous, s'entourent d'un petit peuple turbulent, qu'attirent les chevaux de bois aux orgues enrouées et les petits ânes résignés.%à leur sempiternel tour de promenade. Quelque deux cents mètres plus bas, suivant la Route du Port bordée par les remparts élevés du Château Neuf (le " Rosalcazar " des Espagnols, vaste enceinte de 500 mètres sur 200, groupant des constructions militaires, logeant le Général de Division, son Etat-Major et leurs Bureaux, dans l'ancien palais des Beys d'Oran), nous pénétrons, à gauche, sous les ombrages des jardins de la Promenade de Létang, d'où l'on découvre encore le panorama envoûtant de la mer...

Le long des courtines, des bastions, des contreforts sévères du Château Neuf, la Promenade s'étend... " avec de minuscules parterres agrippés aux pentes raides du rocher surplombant toujours la Rampe Valès. Des palmiers, des banians, des caoutchoutiers, des bélombras, quelques pins hirsutes, retiennent la terre au roc et dispensent leur ombrage aux promeneurs. Des sentiers serpentent parmi les massifs fleuris des lauriers-roses, des géraniums et des plombages aux éternelles petites fleurs bleues... ". (D'après le roman " La Vierge de Santa-Cruz ", de Paul d'Hérama) .
De là, on peut gagner la, Place de la République et pénétrer dans la Vieille Ville.
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III - LE VILLAGE NEGRE


A partir du Boulevard Joffre, suivons le Boulevard Joseph Andrieu par lequel, au-delà des casernes du Train, nous pénétrons dans le Village Nègre.
Une vie particulière animee ce quartier avec ses nombreux petits magasins groupés à peu près par rues selon leurs activités : marchands d'articles indigènes, brodeurs, fabricants de couvertures, savetiers, tailleurs, bijoutiers, gargottiers, fripiers, torréfacteurs, coiffeurs, pâtissiers, boulangers, cafés maures, bains-maüres, marchands de céréales et légumes secs, moulins de mouture indigène, grandes minoteries modernes.
La double voie Rue Yussuf-Boulevard Joseph Andrieu en est l'artère principale. Elle est bordée dé bains maures et de cafés maures, d'où s'échappent les accents nasillards de phonographes ou d'appareils radio répétant à satiété des mélopées musulmanes. Ces établissements alternent avec des maisons d'habitation de un à trois étages. Une petite mosquée à minaret quadrangulaire s'élève au centre, un muezzin y invite les fidèles à la prière cinq fois par jour.



Nous vous proposons de prendre, à droite, la Rue de Tombouctou, où se donnent rendez-vous une douzaine de gargottiers vendant des beignets, des frites, des poissons frits, des piments, des oeufs durs. Il s'en dégage un parfum âcre d'huile rance. En pénétrant plus avant, dans cette petite artère, on rencontre quatre boulangers, deux épiciers, un fabricant d'espadrilles, trois bijoutiers israélites, trois coiffeurs ; l'un d'eux - annonce l'enseigne - est, en même temps, " opérateur de circoncision " avec indication de son numéro de téléphone, six restaurants indigènes, à la vitre desquels s'écrasent choux pommelés, navets, carottes, poireaux, légumes entrant dans la confection du fameux couscous qui apparaît en cônes blonds et croulants.

Dans cette même rue, s'élève le bâtiment récent du Centre médico-social Charles de Foucauld, tenu avec dévouement par les Sœurs de la Visitation de Tours, en plein Village Nègre. Entre temps, on traverse la minuscule place où se dresse l'oratoire quadrangulaire, blanchi à la chaux et couvert de tuiles demi-cylindriques du marabout de Sidi Blal, orienté vers l'Est, c'est-à-dire vers La Mecque.

Nous tournons ensuite à gauche, dans la Rue du Figuier, pour longer le groupe scolaire primaire Pasteur et arriver au Marché couvert Lamoricière, entouré d'une multitude de petits marchands de légumes, fruits, viandes exposées en plein air ; quelques-uns sont ambulants. D'autres commerçants musulmans vendent des tissus, des épices, des articles da quincaillerie, notamment des brûleurs de café, des fourneaux en terre ou kanouns, des plats en bois pour rouler le couscous ou guessa, des entonnoirs en alfa pour le cuire ou Keskes, des balais en palmier nain...

Nous pouvons regagner le boulevard Joseph Andrieu en empruntant la Rue du Bey Mohamed el Kébir, où nous observons une multitude de petites boutiques et d'échoppes. Nous pouvons faire nos achats chez une vingtaine de marchands d'articles indigènes, les uns pour touristes (tapis, objets en cuir, en cuivre et couvertures), les autres pour la clientèle musulmane (djelaba, abaya, soraouels, boubous, burnous, tissus pour robes et châles de femmes).

Il est possible d'observer des fabricants de burnous tendant leurs fils à leurs gros orteils ou des tailleurs musulmans tirant leur longue aiguillée de fil. Dans la même rue, nous voyons trois savetiers, dont un brodeur de babouches, travaillant avec des fils d'or et d'argent, une douzaine de bijoutiers israélites vendant des bijoux arabes, dont les grosses pièces sont fabriquées en France ou à Alger : torsades, bracelets, ceintures, colliers, bagues, bracelets pour chevilles ou kholkhal, boucles d'oreilles, les uns en or, les autres en argent.

Curieux quartier où la population s'active avec une variété d'occupations artisanales ou commerciales. Dans la portion de la rue du Bey Moharned el Kébir conduisant au Boulevard Paul Doumer, il existe le Cercle Es Saada, " association artistique, musicale et de bienfaisance ", ce qui atteste qu'il y a place pour d'autres préoccupations.
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IV - LE QUARTIER JUIF


Laisser à gauche le Boulevard Joffre (ex-boulevard National) et les cafés où s'affairent les transporteurs, les camionneurs et les courtiers qui viennent acheter chez les grossistes israélites : denrées coloniales (sucre, café, thé), légumes secs, fruits secs, articles d'épicerie, tissus et parfums. Gagner la Rue Léon Djian (ex-Rue de Vienne), qui se dirige vers les ruines du fort de Saint-André, un des éléments extérieurs des anciennes fortifications espagnoles. Emprunter la rue transversale Séguier, où l'on peut pénétrer dans la cour d'une vieille maison.
. On parvient ensuite dans la Rue de la Révolution et parallèlement ,dans la Rue d'Austerlitz, où grouille une population dense faisant ses emplettes dans les nombreux bazars, chez les épiciers, marchands de tissus, de trousseaux, de poissons, de viande, aux étalages débordant des magasins ou exposés en plein air. Les interpellations des commerçants se croisent avec les cris des portefaix réclamant le passage, la voix aigre des ménagères et les rires aigus des enfants déguenillés.
. Pour avoir une idée de l'habitat, on peut pénétrer dans les cours étroites teintées à la chaux de couleur où les habitants vivent pêle-mêle dans des patios à la mauresque : Israélites et Musulmans, Juifs marocains parlant l'arabe, Juifs de Tétouan préférant l'espagnol. En général, très attachés à leur religion, les Israélites de ce quartier fréquentent trois temples, l'un au no 28 de la Rue d'Austerlitz, l'autre au n° 1 de la Rue des Pyramides, le troisième au no 11 de la Rue de Lutzen.

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V - LA FORET DES PLANTEURS






Par la Place des Quinconces, l'Hôpital militaire, l'Eglise Saint-Louis, le pensionnat des Sœurs Trinitaires, la Porte de Madrid, gagner la route qui monte en pittoresques lacets à travers la Forêt des Planteurs (actuellement Parc National), qui doit son nom à la Compagnie du Génie dite des " Planteurs militaires ", qui a reboisé la montagne de 1 853 à 1 858.
A gauche, un chemin montueux atteint la Chapelle de Santa-Cruz, construite sur l'ordre du Général Pélissier après la terrible épidémie de choléra de 1849, qui décima la population civile et militaire d'Oran. . On atteint également le fort espagnol construit pendant la seconde moitié du XVIe siècle, le Marquis de Santa.-Cruz étant alors Gouverneur d'Oran. Au lieu d'emprunter le raidillon conduisant au Fort et à la Chapelle, on peut suivre une belle route carrossable qui atteint le restaurant du Belvédère, d'où l'on domine la ville et la région d'Oran jusqu'à la Sebkha et à l'Atlas. Des échappées offrent en chemin de magnifiques points de vue sur la ville et le port. On peut également atteindre, par une route carrossable, le Marabout de Sidi Abd el Kader Morsli, sur le plateau, puis, vers l'Ouest, à la côte 424, belle vue sur la rode de Mers-elKébir ; à 5 krn. de là, la côte 508 (Signal du Murdjadjo), d'où l'on jouit d'un magnifique panorama sur la baie de Mers-el-Kébir et la Corniche. Un raidillon permet de descendre sur Roseville si on le désire.

De Santa-Cruz - et l'après-midi particulièrement - on peut voir le splendide panorama de la vaste cité qui, de Gambetta à la Cité Petit, se déroule sur près de sept kilomètres.
Dès le Col, le spectacle est grandiose : d'un côté, au pied de la Colline du Santon, Mers-el-Kébir et sa rade aux eaux profondes ; de l'autre, vue sur Oran et sur les lointains embrassant la Grande Sebkha (lac salé) , la chaîne du Tessala et les Monts des Ouled Ali. A ['Est, la Montagne des Lions et la Pointe de l'Aiguille.
Toute la cité s'offre aux regards, séparée du Murdjadjo par le Ravin de Ras-el-Aïn et les pinèdes des Planteurs envahissant les pentes.
" La lumière donne en plein sur quelques buildings élançant un peu partout leur six à huit étages. Les cubes et les parallélépipèdes de pierre éblouissent de réverbération. Des fenêtres, des dômes, des verrières, des terrasses étincellent, tantôt ici, tantôt là, au gré des rayons solaires. Par moments, les rues tracent de larges rubans brillant d'un éclat métallique. Les places, les squares, plaquent leurs touches de vert sur cette palette magique embrassant sept kilomètres d'étendue, et d'où saillent surtout les ficus et les palmiers de la Place d'Armes, la Cathédrale, la Gare, le dôme de la Maison du Colon... (Extrait du roman "La Vierge de Santa-Cruz ", de Paul d'Hérama).
Le port en entier se détache, comme sur un plan en couleurs, avec le Fort Larnoune, la Caserne de la Marine et la Défense Mobile, le Bassin Gueydon, le Vieux-Port, le Bassin Aucour, le Bassin du Maroc, le Parc à mazout, la Baie Sainte-Thérèse, l'avant-port, les môles et la grande Jetée de près de deux kilomètres et demi.


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