Un récit de Jocelyn PERPIGNAN:

 

MON  ARMÉE  DE  L’AIR

 

 

Je suis donc arrivé en France le 24 juin 1962, après m’être engagé pour 3 ans !

J’arrivai directement à Auxerre qui était le point de ralliement des engagés pour subir 2 mois de classes militaires (tir, parcours du combattant, maniement du fusil, j’en passe et des meilleurs …)

Au bout de 2 mois, direction NÎMES, pour 6 mois, pour parfaire les connaissances du petit soldat et vérifier nos connaissances générales et intellectuelles.

Moi, je voulais toujours être pilote ! Donc je fis une demande qui me fut accordée quelques semaines avant de quitter NÎMES. J’allai donc à AIX-EN-PROVENCE pour passer une visite médicale et des tests psychologiques. Pour les tests je ne m’inquiétais pas mais pour la visite j’appréhendais un peu, vu que depuis plusieurs mois d’Armée je ne mangeais pas tous les jours à ma faim (il faut dire que je suis assez difficile pour me restaurer car je n’aime pas tout et même pas beaucoup de choses !)

 

Et que pensez-vous qu’il arriva ?

 

Ce fut le serpent qui creva’,  disait VOLTAIRE mais en l’occurrence  c’est moi qui me suis fait « virer » une fois de plus car les 10 kilos que j’avais gagnés à ORAN, je les avais reperdus ici !!!

Ma déception fut très grande ! Je me disais que, décidément, l’Armée ne me voulait pas ! Tout cela commençait très mal et ce n’était pas fini mais je ne le savais pas !

Je finis mes cours à NÎMES et, sorti dans les premiers, je pus choisir ma spécialité : je pris ‘électronique’. Mais pour cette spécialité il fallait 4 ans minimums dans l’Armée et moi je n’en avais pris que 3. Il fallait être maso mais j’ai quand même signé 1 an de plus car je pensais que cela me servirait dans le civil … J’ai bien pensé !

 

De NÎMES, direction ROCHEFORT pour 9 mois de technique électronique.

Puis de Rochefort, direction MONT DE MARSAN où je restai 2 ans 1/2 en tant que sergent électronicien et toujours sans jamais grossir !

Alors, comme je ne pouvais pas être pilote, je fis une demande pour devenir Officier. Accordée, je suivis un an de cours en 1964-1965 à Mont de marsan. En fin 1965 je commençai la 2ème année quand les gens du Ministère instituèrent une obligation de langue vivante : il fallait choisir entre l’allemand, le russe, l’espagnol et l’anglais ! Je choisis l’anglais, vu qu’au lycée je n’avais fait que de l’arabe (Arabe littéraire imposé en 6ème et dialectal choisi en 4ème !!!) et une seule année d’anglais à l’extérieur, en prévision, mais ces messieurs officiers décrétèrent que mon niveau d’anglais oral n’était pas suffisant et m’ont une fois de plus refusé !

 

Je me suis donc retrouvé sans pouvoir être ni pilote ni officier !

Mon Armée de l’Air

Je demandai alors à être volontaire pour le pacifique mais mon Commandant de compagnie ne transmettait jamais les demandes venant de ses hommes ! L’ayant su, je me suis un peu accroché avec lui en lui disant : « qu’il ne faisait pas son boulot ! » Seulement il était Commandant et moi Sergent !

Ce qui fait que je me suis retrouvé 15 jours après avec une mutation d’office pour Colomb-Béchar … pour clouer les caisses !

 

Je déclamai stoïquement ma souffrance :

 

« Ô ! Rage, Ô ! Désespoir, Ô ! Armée ennemie,

Qui effaça d’un mot le rêve de ma vie !

Me serai-je engagé dans cette Armée de l’Air

Pour ne jamais voler en restant pieds à terre ?

Et pourrai-je souffrir cette grande injustice

En nettoyant la cour dans le bruit des hélices ?

Moi aussi j’aurais pu être un fameux pilote :

J’en  avais les vertus, l’esprit et l’âme haute ;

J’aurais représenté le parfait officier,

La crème et l’élite ou le dessus du panier ! »

Le ciel m’avait promis d’approcher les avions,

De leur toucher la queue et tous les ailerons,

De me mettre aux commandes et de me tenir prêt :

Il ne m’avait pas dit que je décollerais !!!

Car le destin veillait, Machiavéliquement,

Il me refusait tout, systématiquement !

De pilote bien né, je n’avais que la liste

De ces travaux guerriers : tel balayer la piste,

Contrôler les micros, recaler les fréquences

Et bricoler au sol les avions en souffrance !

Je maudissais l’Armée dans ses représentants

Qui m’avaient relégué à ce deuxième rang :

‘’ Sous-officier rampant, ceci sera ton sort,

Obéis, soumets-toi ou bien alors tu sors ! ‘’

Cruelle alternative ou bien choix cornélien,

Je ne supportais pas ce chantage terrien !

Vous voulez que je parte, alors je partirai !

Aléa jacta est, le sort en est jeté ! »

 

Et de plus, l’Armée a eu le toupet de me demander de rengager d’1 an pour aller à Colomb-Béchar !!! Je refusai et alors là, écoeuré, dégoûté, je laissai tomber cette Armée de l’Air décevante et j’en sortis  le 6.6.66 !



Jocelyn PERPIGNAN en 2005

 

 

VIE    ACTIVE

 

 

 

 

En 1962, nous vivions aux ‘Castors des CFA‘ à  ‘Dar Baïda’, à la sortie d’Oran.

Mes parents, retraités, sont restés dans leur villa, tant qu’ils ont pu tenir après l’indépendance mais lorsqu’ils ne sont restés que 2 sur 100 dans le lotissement, en octobre, ils ont préféré partir en laissant tout !

 

Ils sont donc arrivés en France et ont suivi ma sœur, qui était institutrice à Oran et qui avait était nommée dans un petit village, au-dessus de Luz-st-sauveur, à 50 Kms de Tarbes : ils y sont restés 4 ans ! En 1966 ils ont acheté une maison à 2 km de Bagnères de Bigorre.

 

Moi, sortant de l’Armée le 6 juin 1966, je suis naturellement descendu sur Bagnères mais je trouvais que la région n’offrait pas beaucoup d’emplois, alors je me suis dirigé vers TOULOUSE pour chercher un boulot mais sans connaître personne ! Au bout de 3 jours d’hôtel à Toulouse, je tombai sur un copain de la « Jeune France », GERVAISE, qui avait un commerce sur les allées Jean Jaurès et qui voulu bien m’héberger pendant quelques semaines : je le remercie encore !

 

Au bout de quelques semaines je trouvai un emploi dans une boîte de mécanographie très connue à Toulouse (TISSOT), en tant qu’électronicien mécanographe. J’y suis resté jusqu’en 1969. Entre temps, en 1968, je rencontrai ma femme à Tarbes. Nous nous mariâmes en 1969. A partir de cette date je fis, hélas, ma vie à Tarbes ! Je dis ‘hélas’ car au bout de 35 ans, je n’aime toujours pas cette ville mais comme ma femme y avait ses parents, elle n’a jamais voulu la quitter !!!

 

Je fis 2 ou 3 entreprises toujours en tant qu’électronicien, notamment à la CERAVER où nous étions 1200 et où nous faisions les filtres pour l’uranium enrichi des centrales nucléaires. Mais un jour, à la fermeture de l’usine, j’eus l’opportunité de suivre une formation d’informatique et les cours du soir au CNAM de PAU, qui me permirent d’obtenir le Brevet d’informatique et par la suite, d’être programmeur et d’enseigner pendant 5 ans l’informatique à des comptables informaticiens et BTS dans 2 établissements privés, à TARBES ainsi qu’à PAU. Ce fut une expérience très enrichissante avec les élèves et surtout les adultes, période que je regrette encore !

 

Ma femme, qui est Bônoise ‘de là-bas, dis’,  travaille aux Services Fiscaux de TARBES, au service du Cadastre ! Elle sera en retraite cette année.

 

J’ai une fille qui a 32 ans et qui est Psychologue à TOULON. D’ailleurs, elle a été la psychologue de la famille d’Émile LOUIS pour le procès qui s’est déroulé dans la semaine du 22 mars 2004 à DRAGUIGNAN. Elle est mariée à un Officier Marinier et habite à ST MANDRIER/MER mais je n’ai toujours pas de petits enfants !!!

 

Moi, je suis en retraite depuis 2002 mais je suis toujours en train de bricoler dans la nouvelle maison que nous avons aussi achetée en 2002 ; je suis toujours occupé : par le jardin, par une applique à rajouter, par un coup de pinceau à donner par-ci par-là, par mon chien, par mes poèmes et mes textes, par mes dessins, par les illustrations de mes textes, par mon ordinateur et mes correspondants, par mes maquettes et mon association de modèles réduits de trains, par mon télescope et mon cercle d’astronomie, par…, par…, je n’en finis pas !!!

 

Mon Père est mort en 1992 mais j’ai encore ma mère qui va faire 91ans en septembre, qui a bon pied et bon œil car elle coud sans lunettes, alors que moi il m’en faut pour lire !

 

Voila ma vie en raccourci !

 

A part cela, tout va bien ; je pourrais être pleinement heureux et pourtant il me manque toujours quelque chose : peut-être une certaine lumière, une certaine chaleur, une certaine odeur, un certain parler, une certaine mer et surtout un certain pays : le nôtre …

 

Jocelyn PERPIGNAN
Oran / 1942/1962 /


La terrasse de Jocelyn
Un autre récit très différent mais savoureux...



 

SUR  MA TERRASSE

 

 

 

« Le jour où nous avons ameuté le quartier Saint Pierre ! »

 

 

Je me souviens, c’était en 1958, pendant la semaine sainte de Pâques et  j’avais 15 ans.

 

J’étais élève en 3ème au lycée Lamoricière et je faisais de la chimie. Jusque là rien que de très normal.

 

Dans mon immeuble, 16 rue Boileau à Oran, au quartier St. Pierre, j’avais un voisin de palier, Guy, qui avait le même âge que moi et qui suivait un cursus parallèle au mien mais dans un autre établissement.

Nous discutions bien souvent de sciences et techniques, moi voulant être pilote et lui médecin et pour imiter l’évolution spatiale du moment, nous nous étions mis d’accord pour fabriquer des petites fusées, en unissant nos connaissances et dans la mesure de nos moyens.

 

Nous avons donc repris nos livres de chimie, de physique et tous les grimoires  que nous avons pu trouver et avons cherché dans les formules de fabrication de poudre, celle qui pourrait convenir à nos besoins pour propulser des fusées.

 

Nous nous étions arrêtés, je crois, sur une mixture assez complexe comprenant entre autre : une pincée de sulfure de carbone, un doigt de carbonate de potassium, une cuillère à café de bicarbonate de soude, un morceau de sucre, c’est vrai et quelques bricoles… C’était presque de la pâtisserie mais il manquait le zeste de citron et la cerise !

Mon copain Guy avait remarqué, déjà, dans la composition de certains comprimés pour la gorge, qu’il y avait des ingrédients faisant partie de notre formule, comme la carbocistéine, un parahydroxybenzoate quelconque et des substances dans ce genre … enfin vous voyez !

Nous voila donc dans sa cuisine, après avoir acheté 2 ou 3 produits et en  suivant scrupuleusement les proportions de la formule, en train de malaxer ce mélange de poudres et de pilules pour le rendre homogène. Guy remplit 3 tubes, genre ‘Aspirine’ avec cette farine, il ajouta une mèche au phosphore et nous nous retrouvâmes devant le problème de l’axe de la propulsion : horizontale ou verticale ? Nous optâmes pour une inclinaison de 45 ° !

 

Mon copain Guy avait préparé et remplit les tubes : il me revenait de faire ‘la tour de lancement’ ! J’avais à l’époque, depuis quelques années,  un ‘Mécano’ assez complet qui me permettait de faire des merveilles en montage mécanique. De construire une rampe bien solide d’1 mètre de long fut pour moi un jeu d’enfant !

 

Et nous voila partis sur la terrasse de notre immeuble !

 

Je plaçai la tour de lancement sur la terrasse, dans le sens de la longueur, un tube de poudre à sa base. Il faut dire que les tubes avaient donc une extrémité fermée et l’autre où se trouvait la mèche, était à moitié écrasée pour faire effet de tuyère. Mais nous savions, après essai, que la poudre n’était pas explosive car elle brûlait très bien à l’air libre sans détonner ! Nous nous dîmes que de toute façon, si les tubes explosaient, vu leur minceur, ils ne pourraient pas nous faire de mal !

 

Je me souviens, j’ai allumé la mèche et nous nous sommes éloignés de quelques mètres, très excités. Nous attendîmes que la mèche brûlât et arrivât à la poudre : le tube commença à monter de 10 cm sur la rampe et d’un seul coup fusa à 10 mètres environ avec un petit sifflement, en une parabole qui nous sembla parfaite, puis il retomba sur le sol de la terrasse, vide et noir mais intact ! Nous disposâmes les 2 autres tubes et fîmes de même : même cause, même effet, succès complet ! Ce jour là fut une grande victoire pour nous … et pour la science !!!

 

Nous étions très contents de nous et aussitôt nous mîmes sur pied une autre opération qui nous permettrait de franchir un degré de plus dans la difficulté et que nous baptisâmes modestement : « Opération Mégatube » : il s’agissait de prendre un seul tube, 3 fois plus long et plus gros que les précédents, avec 3 fois plus de poudre mais pour éviter de le voir s’écraser sur une autre terrasse, nous décidâmes de le propulser horizontalement sur le sol.

Nous nous partageâmes une fois de plus le travail : Guy, le tube et la poudre, moi le chariot !

 

Guy n’eut aucun problème pour le bout de tube : son père qui travaillait dans une société d’électroménager, lui avait fourni un magnifique morceau de cuivre de 25 cm de long et de 3 cm de diamètre au moins.

Moi, avec mon mécano, j’avais monté un super chariot à 3 essieux et 6 roues ! Tout était prêt pour le lancement !

 

C’était par ce bel après-midi du vendredi saint, de l’an de grâce 1958, nous avions 15 ans et allions faire une grosse bêtise !!!

 

Je me souviens, c’était le 4 avril : il était 15h30. Nous  sommes montés sur la terrasse avec notre attirail. Je disposai le chariot au sol, près du mur ouest en tournant le dos à la mer, pour qu’il traversa la terrasse d’un bout à l’autre et je bloquai le tube sur le chariot par des attaches vissées.

 

Le cuivre brillait sous le soleil ; le chariot nous sembla magnifique avec ses couleurs  jaune et bleue et ses roues rouges aux pneus noirs ; j’allumai la mèche et nous reculâmes d’environ 3 m : la mèche brûla en dégageant une lueur blanche très vive et en éjectant quelques étincelles ; le feu arriva en bout de mèche et puis … rien !!! Étonnés, nous nous sommes approchés, j’ai un peu poussé le chariot avec le pied droit, rien ne se passa ou plutôt si : une petite fumée blanche s’échappa du tube. Je me dis que peut-être la tuyère était trop écrasée et qu’il n’y avait pas assez d’échappement mais je n’eus pas le temps de vérifier : mon copain Guy se mit à genoux et il poussa l’ensemble de la main, c’est à ce moment précis qu’il y eut l’explosion !!!

 

Je me souviens, une explosion terrible !

 

Moi, je sentis un léger froissement de mon pantalon au niveau de la cuisse gauche. Guy porta aussitôt la main droite à sa tête : elle se remplit de sang et il se mit à crier. Pendant ce temps là, je jetai un regard circulaire sur tous les immeubles alentours et m’aperçut qu’il y avait du monde partout, aux fenêtres, aux balcons, sur les terrasses et qui nous regardait … Nous étions en guerre et les gens avaient cru à un attentat !

 

En plein après-midi nous avions ameuté le quartier St Pierre !

 

Au bout de quelques secondes, nous redescendîmes en courant les escaliers jusque chez Guy. Il se mit une serviette contre la tempe pour arrêter l’hémorragie : elle devint rouge aussitôt ! Il me cria d’aller chercher un médecin. J’en connaissais un mais assez loin : je fonçai alors à toute vitesse chez un voisin à 2 pas, rue Corneille, qui avait un véhicule et qui était là. Je lui expliquai rapidement l’urgence et il me demanda d’amener mon copain. Mais sur ces entrefaites, Guy m’avait suivi et était aussi arrivé chez ce voisin. Moi, voyant qu’il était pris en main, je le laissai et rentrai chez moi pour avertir mes parents et les siens, alors absents.

 

Arrivé chez moi, je voulus regarder si je n’avais rien : je descendis mon pantalon et je m’aperçus avec horreur que j’avais une entaille très profonde sur la cuisse gauche mais paradoxalement sans une goutte de sang ni aucune douleur, et qui ne m’avait absolument pas gêné dans ma course !

 

Aussitôt, je repartis en courant chez le voisin qui emmenait Guy et qui avait déjà démarré. Je vis sa voiture à 100m, presque en haut de la rue Béranger, et   qui allait tourner à droite sur la route du port : j’entrepris une course effrénée comme j’en avais l’habitude et les rattrapai en haut de la côte, dans le virage, je tapai à la vitre et montai à l’arrière. Ainsi, nous nous sommes retrouvés tous les deux chez le médecin pour faire recoudre nos plaies et bien sûr sans aucune anesthésie, le médecin ne la trouvant pas nécessaire ! 

 

 

 

 

 

Pendant que Guy était sur la table, un voisin du rez-de-chaussée de notre immeuble arriva pour voir ce qu’il était advenu de nos personnes. Je lui racontais succinctement l’histoire mais en lui disant de ne pas l’ébruiter : c’était justement ce qu’il ne fallait pas dire pour que tout le monde le sache… et tout le monde l’a su !!!

 

Le médecin rendit à mon copain Guy ce qui lui appartenait, c'est-à-dire un éclat de cuivre semblable à une pièce de 5 francs, de 3 cm de diamètre et de 1/10 de millimètre d’épaisseur qui était venu se loger, telle une lame de rasoir et par un grand coup de chance au niveau du front, entre la peau et le pariétal  à côté de la tempe, à 1 cm de l’oeil droit !

Moi, je n’avais que le muscle de la cuisse gauche, le ‘Droit antérieur’, qui était incisé sur 5 cm et 1 cm de profondeur, avec la chance de ne pas avoir eu le fémur de touché !

 

Bien sûr, en rentrant chez nous, nos parents, après la 1ère frayeur, nous ont tancés sévèrement mais il n’y avait pas eu mort d’homme, heureusement ! Ma mère s’est empressée de nous affirmer avec toute la ferveur de sa foi que nous avions fait de la peine au bon Dieu pendant ce vendredi saint, qu’il nous avait punis et que nous ferions bien de le remercier du fond du coeur. Nous, nous n’avons seulement remercié que la providence qui nous avait conservés en vie et nous avait évité des histoires avec la Police !

 

Le lendemain, je suis remonté sur le lieu de nos exploits. Je n’ai retrouvé, sur toute la terrasse, qu’une roue et qu’une attache noircie et tordue : les axes, les roues, le chariot et le tube, tout avait disparu, volatilisé, sauf une tâche noire de poudre au sol qui marquait l’emplacement du délit !

Je n’ai jamais retrouvé l’éclat de métal qui m’avait blessé, par contre mon copain Guy a conservé le sien comme une relique. 

 

Que nous reste t’il de cette histoire ?

Malgré quelques cicatrices qui ne nous ont jamais gênés, de bons moments passés  ensembles et surtout une belle histoire à raconter !!!

Mon copain Guy n’a eu aucune séquelle et moi j’ai toujours couru aussi vite !

Je n’ai jamais su s’il était devenu médecin mais moi je n’ai jamais été pilote !

 

 

Nous avions joué aux apprentis sorciers  et en fait, sans le savoir, nous avions fabriqué une magnifique bombe !!!

 

 

Jocelyn PERPIGNAN

ORAN 1942 – 1962