Quel est l'oranais qui ne se souvient pas du nom de GALIANA ? Symbole de l'anisette
pour beaucoup d'entre nous, GALIANA c'est plus que cela, et nous allons tenter de
vous le faire connaître avec le témoignage d'un descendant de la famille: Carlos Galiana
de nationalité espagnole, qui a vécu à Oran et vit acruellement à Alicante ville d'origine
d'une partie de la famille.
Laissons la parole à Carlos:
Famille
Galiana: de St. Denis-du-Sig à Los Angeles
C´est aux alentours de 1900 que l´on
trouve la branche Galiana au complet établie à Oran, autour du Grand Café du
Luxembourg,( 20, rue d´Orléans), tenu par mon grand-oncle Blaise ( dit Blayet ). Presque tous
ses frères et soeurs ont acquis la nationalité française (Carlos, commandant de
sous-marin, Marianne, institutrice, etc) excepté mon grand-père Vicente qui
crée sa première distillerie à Saint-Denis-du-Sig: "Anisados Galiana -
Distillerie Sigoise".
Le grand café du Luxembourg
et la distillerie sigoise
Vers les années 20 Vicente retourne
en Espagne, à Denia (province d´Alicante) pour y monter une menuiserie-fabrique
de jouets. A la même époque, mon père Blas (né au Sig, mais conservant sa
nationalité espagnole) fait ses preuves de lieutenant de la marine marchande à
bord de divers caboteurs espagnols et français (le "Michel Mazella"
par ex., immortalisé par le peintre Roger Chapelet).
Début des années 30: incendie
criminel à Denia. 1933: retour à Oran de Vicente Galiana pour s´associer avec
M. Ruffié et lancer l´anisette "Idéal-Galiana".
1935-36: Séparation des associés: M.
Ruffié lancera le "Col Bleu", et mon grand-père le "Super
Anis".
Photo peut-être un peu sombre prise à l´usine d´Eckmühl le 9-6-1936: Il
s´agit d´un vin d´honneur (ou plutôt anisette...) offert aux autorités
alicantines (entre les cuves 9 et 10 , de face, le maire d´Alicante, Lorenzo Carbonell, encadré par mon
père -déjà chauve avec des lunettes- et ma mère, sa fiancée, puisqu´il se
marieront début juillet à Alicante).
Vicente Galiana en 1937 et l´étiquette d´anisette années 50.
Au cours des années 40, les trois
héritiers (Blas, Vicente et Josefina) prennent le relais de la distillerie,
jusqu´en 1963 ("bien vacant" nationalisé). La société produira aussi
des sirops de fruits, apéritif, liqueurs et sodas (1956), avec des succursales
au Maroc et en Tunisie (très vite nationalisées).
1964: tentative d´implantation en
France à partir de Lunel (Hérault).
1965: les produits Galiana débarquent à
Alicante.
1966: distillerie à San Vicente
(Alicante), avec mon frère Jean-Paul (ancien du Lycée Lamoricière, de nat.
française) jusqu´en 1974.
1975: concession, sans grands
résultats, à un distillateur de Gérone.
1978: vente de la marque "Super
Anis - Galiana" à "Destilerías de Monforte del Cid, S.L." ("Anís Salas", "Anís
Candela") de Monforte del Cid (Alicante), qui continuent son élaboration
et commercialisation en Espagne jusqu´à nos jours (et avec lesquels nous
maintenons d´excellentes relations).
Notre famille est répartie
actuellement entre la France, l´Espagne et les Etats-Unis (mon neveu
Jean-Charles, franco-américain né à Alicante, est un des Vice-Présidents de la
Paramount à Los Angeles).
Carlos
Galiana Ramos. (Alicante, Juin 2004)
Quelques Documents provenant de la famille GALIANA:

Ce café était tenu par
Joseph Galiana, le grand oncle de Carlos.

le monsieur chauve en gris clair et debout à côté des soldats est le père de Charles Galiana
Un "billet doux "des Contibutions directes

Une liste de travailleurs "gratifiés" en 1961.
Les sommes ont bien évidemment été effacées

1955 photo de famille: Le personnel des bureaux
On y voit carlos au centre ainsi que son Père
La remise de médailles du travail à la distillerie d'Eckmühl
 |
 |
Le père de Charles félicitant M. Ernest Gomez, un exemple de dévouement à la maison
et à la famille Galiana (aux seconds plans, MM. Martin et Bénaïssa,
également medaillés).
|
de gauche à droite:
M. Gomez (Expert-comptable et fondé de pouvoirs), M. Martin, Blas Galiana
(mon père), M. Sabuco, M. Benaïssa et sa fille.
|
Et maintenant vous en savez peut-être un peu plus sur cette grande famille.
Allez, un dernier souvenir...
Cette bouteille que m'a fait parvenir Charles Galiana avec son étiquette fidèle aux origines oranaises:
Un autre produit de la maison:

:
Ainsi, comme en témoignait la photo ci dessus, la production le la célèbre anisette
se poursuit aujourd'hui en Espagne, à Monforte del Cid, dans la pure tradition de celle d'Eckmühl:
Voici l'Alambic qui sert à la distillation du Super Anis
La mise en bouteille est automatisée avec une machine moderne. C'est net et rapide:
En 2006, le Super Anis né en 1936 fêtera ses 70 ans ! un âge vénérable pour notre plus grand plaisir.
A cette occasion, un concours d'idée est ouvert.... faites fonctionner vos neurones et vos crayons...!
Et voici quelqu'un qui a peut-être des idées... mais qui en tout cas nous fait un Coucou,
depuis son bar-restaurant "Marcel Cerdan" d´Alicante oú il est installé depuis un an.
Le connaissez-vous ? De nom certainement puisqu'il s'agit de René Cerdan, fils du célèbre Bélabésien
(mais natif de Casablanca comme ses deux frères Marcel, l´aîné, et Paul, le plus jeune). C'est un grand ami de Carlos et il semble apprécier le Super Anis....
Comme je ne voudrais pas vous entraîner à la débauche, je m'empresse de vous dire que:
"L´abus d´alcool est dangereux pour la santé. Consommer avec modération".
La photo affichée en haut à gauche, ne vous rappelle rien ? Remontez un peu en arrière et vous y verrez l'original:
Foire commerciale d'Oran 1954: le stand de la buvette GALIANA et le papa de Charles.
GALIANA Super Anis a décidé de rendre hommage au grand Marcel, en apposant sur ses bouteilles un médaillon en l'honneur du champion prématurément disparu:
Deux sites à consulter sur ce sujet:
Quelques objets publicitaires anciens sortis de la collection de notre ami Carlos
et d'abord une composition montage toute nouvelle réalisée avec ces deux étiquettes (anciennes) en filigrane
porte clefs
Et la fameuse carafe "Super Anis"