L’école des Falaises.



Photo de la classe de 7° année scolaire 1948-1949
Instituteur M. POULET
Note 2009: vous pouvez retrouver cette photo sur le site du Lycée avec presque tous les noms
http://www.lamoriciere.free.fr




De toute la période qui précède j’ai des souvenirs un peu fugitifs et par flash car j’étais encore jeune et mes vrais souvenirs personnels et précis commencent en 7° à l’école des Falaises, installée dans les bâtiments du Lycée LAMORICIERE. Si mes calculs sont justes ce devait être l’année scolaire 1948-49 avec comme instituteur M. POULET.
J’ai encore présentes à l’esprit les séances de calcul mental au cours desquelles il nous énonçait les opérations successives. Nous devions noter le résultat sur notre ardoise que nous présentions ensuite. Grâce à lui, je suis encore capable lorsque cela ne dépasse pas les 10 articles, de présenter ma monnaie à la caissière du supermarché avant même qu'elle ait fait son addition. C’était l’instit vieille génération, en blouse grise, qui ne craignait pas de sortir sa règle et de nous taper sur les doigts, mais qui nous préparait sérieusement au concours d’entrée en 6° et souhaitait nous voir réussir.
Merci à Alain, qui me rappelle aussi que M. POULET avait l'habitude de nous "réveiller", si nous n'étions pas suffisamment attentifs, en nous lançant une balle de tennis qui manquait rarement sa cible ! Alain Dejoux m'a rappelé également le nom d'autres institutrices: Mme SIDOUNE, Mme GROS ...Son père tenait une boulangerie au n° 11 de la rue de la Bastille.
J’ai retrouvé une vieille photo de classe de cette époque sur laquelle il n’y a hélas aucun nom. Je n'en notais aucun, certain de pouvoir tous les retenir... ! Cinquante années après, certains visages m’interpellent et parfois quelques noms resurgissent sans que je puisse les associer vraiment à un visage:
Eric CASTELLI, je crois que ton père s’occupait d’un cinéma, l’Empire peut-être ? Tu m’avais même donné une fois des billets gratuits pour une séance du jeudi après midi ! (voir Nota * plus loin )
Hugues BUCHE, tu habitais Boulevard des Chasseurs et ton père était militaire ? nous revenions souvent de l’école ensemble par la rue de la vieille mosquée....
MELENOTTE dont j’ai oublié le prénom...(n'est ce pas Edmond?)
et puis probablement Alain FILLIEULE, blond et frisé, le premier assis en bas à droite ?
Pourquoi ces noms seuls reviennent-ils au milieu de toutes ces têtes ? C'est bien là le mystère de la mémoire de l'homme.

* Nota: Je suis encore plus certain de ce souvenir depuis que B. L, répondant à l'une de mes questions, m'a rappelé que la famille CASTELLI gérait effectivement quelques cinémas à Oran: le Plaza (à Eckmühl sur l'avenue d'Oujda, près du café du bois de Boulogne), l'Escurial, l'Empire et le Club mais aussi probablement le Familial (?) près de la place des quinconces, sur une rue qui portait le nom de Louis Castelli et rebaptisée boulevard Oudinot, en bas de la rue du Vieux-Château que tout Oranais connaît à cause de la publicité au cinéma du glacier SORIANO. Tous les enfants qui allaient au Plaza savaient que Me CASTELLI (la soixantaine, dans les années 50), les laissait entrer par la porte à droite (près de laquelle elle se tenait) s'ils lui filaient quelques pièces au grand dam de la caissière; mais nous vivions une époque où ce genre de situation était possible...

C’était l’époque durant laquelle à la récré on jouait à des jeux qui ne coûtaient vraiment pas chers:
  - la piécette, cette pièce de dix sous avec son trou central dans lequel nous faisions une sorte de papillote et que nous utilisions comme une balle pour jongler du genou et du pied jusqu’à marquer un but à l’adversaire.
  - Les cartelettes, des figurines décorant les couvercles de boite d’allumettes qu’il fallait retourner en essayant de faire ventouse en tapant avec la paume de la main. Certaines étaient très rares et pouvaient s’échanger contre un nombre impressionnant de cartelettes courantes.

  - Les pignoles, ou pignolos, je ne sais plus bien, en fait de simples noyaux d’abricots que l’on disposait en tas de 4 (3 + 1) et que le joueur devait essayer de faire tomber en lançant lui même un autre pignole à la manière d’un palet à une distance d’environ 3 m. Et chacun était fier d’avoir un sac de pignoles plus gros que celui du copain, parce qu’il les avait gagnés alors qu’il aurait pu remplir son sac sans effort à domicile en récupérant les restes du dessert!
dessin de Roger Alfonsi
Nos jeux étaient simples et peu onéreux: Pas de jeux électroniques avec leurs joysticks et leur accompagnement musical à 70 Db ! mais nous pouvions nous exprimer et nous dépenser en toute liberté, et nous débordions de vitalité, le vrai bonheur quoi !
En Novembre 98, j'ai eu l'occasion de rencontrer M. TROUSSARD le papa Algérois d'un ami séjournant à Arras pour quelques années. Nous avons bien sûr évoqué ces souvenirs et c'est ainsi que j'ai appris que ces jeux ne portaient pas forcément le même nom dans la région d'Alger. Mais en tout cas je n’ai jamais trouvé de tels jeux en métropole lorsque j’y revenais en vacances.
Qu’ils sont heureux les souvenirs de cette époque, remplie de soleil et d’amitié. Pourtant on se moquait de moi: j’avais parait-il l’accent pointu et l’on me traitait de "parisien". Il est vrai que mon vocabulaire manquait de beaucoup de ces expressions typique du parler pieds-noirs oranais qui émaillaient le langage de mes camarades d’école: « Va te Ch...! La P. de ta race ! Adjous Po Po Po ! » et bien d’autres qui ne me reviennent pas spontanément à l’esprit. J'aurais aimé acquérir le livre publié chez GANDINI: "Le parler d'Oran et d'Oranie" par Amédée MORENO. Il est malheureusement épuisé

Si la première édition est épuisée, une réédition en a été faite et vous pouvez aisément vous la procurer en visitant le site d'Amédée Moréno Morenoran

Algérois, vous avez fréquenté l'école Volta ! allez retrouver les noyaux d'abricots et bien d'autres souvenirs sur le site des anciens de l'école Volta en cliquant sur son adresse: volta.free.fr


Consultez le Livre d'Or

Retour au début.
Vous avez été intéressé !
Vous pouvez peut-être m'aider !
en m'apportant des documents ou des anecdotes

Ecrivez moi:
jcpillon@nordnet.fr