1954

C’est d’abord et avant tout l’année de la neige ! Pour la première fois depuis 18 ans il a neigé aux alentours d’Oran C’est un événement pour tout le monde, et passé le moment de surprise matinale, nous séchons les cours l’après midi pour nous rendre à la campagne, et admirer ce phénomène rarissime d’une couche neigeuse de quelques centimètres, déjà en train de fondre. Je puis vous garantir que les appareils photos ont fonctionné à plein régime et je suis bien désolé de n’avoir pu retrouver que ces deux photos dans les archives familiales après le décès de mes parents.


   
 
La montagne des lions n'a jamais été aussi blanche
 
les bonhommes de neige ne dureront pas longtemps


 En juillet 2000 ces images ont attiré l'atention d'un visiteur: Pierre GOMEZ, qui a retrouvé dans ses archives une photo de son père Antoine, prise sur la terrasse du 4 rue Pascal à Oran à coté de la cordonnerie Sanchez, ce même jour du 1° février 1954. C'est dire l'importance que cet évènement climatique a revêtu pour bon nombre d'oranais.
Le N° 267 de l'Echo de l'Oranie en parle également sous la plume de André SANSANO auquel j'emprunte ces quelques phrases: "Insolite, incroyable, le 1er février 54 Oran s'est réveillé ce matin sous la neige Un mince manteau à recouvert la ville. Cet évènement inattendu à surpris les habitants lesquels dans leur majorité ont pu, pour la première fois ramasser ces flocons pour en faire des boules et se livrer à quelques batailles. Mais la tièdeur du climat a limité dans le temps cette euphorie passagère; dans la journée la neige avait fondu"
 

Cette autre photo insolite provient du livre de Jacques Gandini Oran de ma jeunesse N° 1 page 88. Elle fait partie de la collection de JM Lopez et a été prise rue Philippe devant le magasin de Jo Sportes.
L’année de la neige toute blanche a malheureusement été remplacée dans nos souvenirs par l’année noire du 1° Novembre. J’avais un peu plus de quinze ans quand j’ai lu les nouvelles dans l’écho d’Oran le matin du 2 novembre 1954, probablement juste avant d’aller au Lycée. Il y avait eu des victimes sur une plage à l’Est du coté de Mostaganem, là où nous avions prévu d’aller pique niquer avec mes parents et des amis, projet décommandé à la dernière minute pour une raison oubliée aujourd’hui. Nous n’avons pas réalisé à ce moment là toutes les implications pour l’avenir. Ces événements dramatiques nous interpellaient certes, mais nous n’y avons pas vu, du moins ces jours là, les signes d’une quelconque rébellion et encore moins d’une guerre d’indépendance; tout juste une manifestation de grand banditisme. Et pendant au moins une ou deux années encore, les jeunes de mon âge n’ont pas réalisé la dimension de l'événement, d’autant que l’Oranais est resté relativement calme pendant encore très longtemps. Nous n’avons rien changé à notre mode de vie et nous avons continué à profiter de toutes les occasions de nous amuser.


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En guise de souhaits de bonne année en 2009, Henri Lafite m'a envoyé quelques archives relatant l'évènement.





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