A la découverte du pays !

Je l’ai dit, nos premiers pas ont été timides par manque de moyen de transport. Notre première sortie, j’en suis à peu près certain a été Misserghin. C’est là que j’ai vu les premières plantations d’orangers et surtout les clémentines. Pour le gamin qui avait vu une orange pour la première fois à l’arbre de Noël de l’école à la veille de l’embarquement pour Oran, c’était une véritable découverte. J’associe à ce souvenir d’enfant celui d’une sorte de grotte en bordure de la petite route. Je la voie aujourd’hui comme une réplique de la grotte de Lourdes avec probablement une statue de la vierge, mais surtout des dizaines de béquilles accrochées aux parois et à la voûte en guise d’ex voto. Je n’ai plus aucun souvenir de l’origine de cette grotte.
Pour visiter Misserghin, un site magnifique créé par C Sid Cara, fils du dernier maire du village. Cliquer pour la visite Misserghin

Carte postale de la Grotte
(Oran de ma Jeunesse, J. GANDINI)
 
Le fort de Mers El Kébir
 
Nous avons, bien sûr commencé assez vite l’exploration des plages en allant vers l’ouest. Mers El Kébir n’était pas très engageant c’était surtout un port et il restait dans la rade les carcasses des navires français coulés en juillet 40. Ils n’ont été dégagés que bien plus tard avec l’agrandissement du port et la construction de la grande jetée pour en faire la magnifique base navale et sous marine que nous avons laissée sans en avoir beaucoup profité.
Merci à Pierre BARISAIN-MONROSE, encore un ALLOïste, qui m'a fait rectifier une erreur de 2 années sur la date de cet évènement que j'avais confondu avec le sabordage en 42 de 2 navires français à l'entrée du port d'Oran pour en interdir l'accès aux américains. Il est vrai que je n'avais pas encore "débarqué" à Oran à cette époque.
En continuant la route de la corniche il y avait Ain El Turk, ce petit village où l’on s’arrêtait volontiers au retour de la plage pour prendre une boisson gazeuse. J’adorais le Judor, l’ancêtre de l’Orangina. Et puis on atteignait le cap Falcon, la première plage agréable . Si le vent ne soufflait pas du bon côté, il fallait alors contourner le cap pour aller aux Coralès. Au delà en allant vers Bou Sfer s’étendait une immense bande de sable fin et il n’y avait qu’à choisir son coin. La première année, mon père s’est baigné un 25 février et a trouvé l’eau très agréable. Mais au fil du temps, nous sommes devenus frileux et nous faisions partie des courageux en nous baignant de Pâques à fin Octobre. En ce qui me concerne, personnellement j’ai mis assez longtemps avant de me lancer et je n’ai guère su nager avant 15 ou 16 ans. Même aujourd’hui je n’apprécie l’eau que très modérément et je nage toujours comme un fer à repasser. Nous n’avons toujours eu qu’un intérêt modéré pour les plages de l’est. Bien sûr nous avons visité Arzew et même les plages s’étendant jusqu’à Mostaganem, mais elles n’ont jamais eu le même attrait, peut-être en partie parce que plus éloignées et moins protégées des vents dominants.
 
Beau tableau:
2 lapins et 2 perdreaux
 
Après la découverte de la côte, nous avons commencé la visite de l’arrière pays et quelques noms me reviennent spontanément à l’esprit, dans le désordre, Assi Bou Nif, Ste Barbe du Tlelat, St Denis du Sig, Hammam Bou Hadjar et son fameux Bou you you, Sidi Bel Abbès et les visites des quartiers pour la fête de Camerone, et plus loin Tiaret, Mascara, Tlemcen. Certains de ces noms évoquent aussi pour moi des parties de chasse. Telle la forêt de Moulay Ismaël qui portait ce nom pompeux alors qu’il n’y avait pratiquement pas un arbre mais seulement des taillis. Mon père m’avait initié très tôt à ce sport et à 14 ou 15 ans je maniais avec une certaine habileté une petite carabine 14 mm avec laquelle je pourchassais d’abord les alouettes au posé avant de me risquer à faire les ouvertures avec les adultes et à réaliser des tableaux aussi honorables qu’eux pourtant munis de calibre 16 ou 12 ! Je ne peux pas évoquer ces parties de chasse sans une certaine nostalgie, je revoie comme si c’était hier l’envol de compagnies de plus de 50 perdrix qu’il fallait fatiguer avant de pouvoir les tirer de plus près. Nous en avons monté et descendu des ravins dans une journée, mais les résultats faisaient oublier la fatigue et en fin de journée on pouvait compter 5 ou 6 pièces au moins par fusil.
Je n’ai jamais obtenu ce score sur une saison complète de chasse en métropole et j’ai vite abandonné. Nous avons continué à chasser même après novembre 54 malgré certaines interdictions, et les derniers temps, comme nous avions le virus, je me souviens avoir fait quelques virées au lapin le matin avant même d’aller au lycée. Nous faisions un ou deux aller retour sur la petite route d’accès à une carrière de sable exploitée par les VAN; le plus souvent papa conduisait et j’étais juché sur l’aile avant de la traction, le phare entre les jambes, Il est bien rare que nous ne puissions pas tirer un ou deux lapins pris dans la lumière des projecteurs. Quels souvenirs !

Certains dimanche de printemps lorsqu(il ne faisait pas encore assez bon pour aller à la plage, nous allions parfois pique niquer en forêt de M'Silah, au milieu des chênes-lièges. J'ai ainsi des photos de différentes époques qui se ressemblent toutes les 3 enfants seuls (dans ce cas je suis au milieu) ou avec ma mère ou des amis. Rarement avec mon père qui est le plus souvent derrière l'objectif
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