Les années du bachot: Le cercle Psichari.

Vers cette même époque, comme je n’avais pas encore parfaitement assimilé la méthode DAROLLE (voir plus haut) et que je ne mettais pas beaucoup d’enthousiasme à travailler le soir en rentrant du bahut, papa Pillon m’a inscrit au Cercle Psichari. Il s’agissait en fait d’une étude surveillée dirigée par un Jésuite, le Père GIRAUDET. qui est par ailleurs l’auteur de 2 romans de la collection Signe de Piste, qu’il m’a dédicacés, collection qui avait la faveur de jeunes ados de l’époque. Je n’en retrouve malheureusement aujourd’hui plus qu’un seul, dans sa version allemande ‘Jagd auf Malud’ dédicacé s'il vous plaît, mais en allemand bien sûr par Antoine GIRAUDET de CHAMBERLHAC.
 
Il avait un local situé à deux pas de la maison, dans une petite rue dont j’avais oublié le nom, jusqu'à ce qu'un ami de A.L.L.O. (Jean Paul MAREGIANO) m'adresse un petit croquis et quelques anecdotes qui ont rafraichi mes souvenirs. Il s'agit donc de la rue Kimburn qui va de la rue Arago à la place Hoche, non loin du cinéma IDEAL, qui lui, était à l'angle de la rue de Traktir en débouchant sur la place des Victoires. Outre l’étude surveillée, cette maison abritait également le local de deux troupes de scouts dont il était l’aumônier et où je me suis fait de bons copains.


Plan reconstitué avec l'aide de Jean Paul MAREGIANO


Cet ami qui a fréquenté également le cercle Psichari a fait remonter à la surface de ma mémoire quelques détails enfouis et quasiment perdus. On ne peut pas évoquer le cercle sans parler de Lionel: boiteux et avec quelques difficultés d'élocution, il était l'homme à tout faire qui se chargeait de l'entretien et nous ouvrait la porte en l'absence du Père. Je revois aussi cette salle d'étude où nous étions peut-être 50 assis à des tables individuelles. Sur une petite estrade dans un angle trônait la surveillante, une vieille mémé à laquelle je ne saurais donner un âge et dont personne n'a probablement jamais entendu le son de la voix, mais qui nous fusillait du regard si nous levions la tête de notre travail un peu trop longtemps. Cette étude était parfaitement silencieuse et l'on n'entendait que le pas du Père jésuite qui déambulait en récitant son chapelet, ne s'interrompant que pour prodiguer un conseil à celui qui le demandait, sans que leurs murmures ne puissent déranger en aucune façon les voisins les plus proches.
méconnaissable en 2005, la façade du cercle rue Kimburn
On aperçoit à gauche le portail d'entrée; puis les premières fenêtres en venant sur la droite sont celles de l'étude surveillée.

On peut agrandir la photo. (photo Laurent Prieto)
Bien que nous ayons dépassé depuis longtemps l'âge de la communion solennelle, l'inscription à l'étude du Cercle comportait deux obligations, la première était la participation pendant une heure tous les jeudi matin à un cours d'instruction religieuse qui finalement ne manquait pas d'intérêt. J'en ai gardé quelques façons très jésuites de voir les choses qui dépassent le cadre de ces mémoires. La seconde obligation était la messe du dimanche qu'il célébrait à 7 heures (il fallait se lever plus tôt qu'en semaine) dans la "petite chapelle" - c'était la seule appellation connue - située du de l'adjudant Gabaig. Ses sermons étaient réputés et je me souviens qu'une bonne partie des fidèles y venaient pour l'écouter. Il avait d'ailleurs un thême pour l'année et ses homélies étaient une sorte de feuilleton dont il n'aurait pas fallu perdre un épisode.

Le Père GIRAUDET (*VOIR*) a eu une grande influence sur ma vie pour des tas de raisons: Il m’a appris à jouer à la belote et tous les soirs avant l’étude, nous faisions une partie sérieuse qui pouvait parfois retarder de près de 5 minutes le début de l’étude. C’est là également que j’ai fait mes premières armes au tennis de table que j’ai continué à pratiquer encore jusqu’en 1980.
Mais surtout Il m’a donné le goût du travail, sans me forcer mais dans le respect de règles de confiance mutuelle. Il avait mis à notre disposition une petite salle d’étude où nous pouvions faire nos révisions de bac à plusieurs, en discutant et même en fumant, sans déranger l’étude silencieuse des plus jeunes. Je m’y suis souvent retrouvé avec quelques autres, Jean SERRA un bon matheux que j’ai retrouvé un jour dans le métro à Paris alors qu’il finissait des études à Ste Geneviève, Gérard VILLADIER travailleur acharné, pas plus doué que moi. C’est le Père GIRAUDET qui m’a fortement influencé lorsque j’ai éprouvé le besoin de m’exiler pour pouvoir faire des études convenables sans être perturbé par les questions lancinantes de l’avenir de l’Algérie et d’Oran en particulier. Il m’a chaudement recommandé une école d’ingénieurs, tenue par des jésuites évidemment: l’ICAM à LILLE dans le Nord de la France, seule région suffisamment éloignée pour que je sois certain de n’y retrouver aucune connaissance et que je puisse me consacrer à fond à mes études. Il n’avait pas pensé que je puisse y retrouver Gérard VILLADIER qui m’a tenu compagnie pendant ces 5 années lilloises. et qui lui aussi s’est "perdu" dans le nord de la France, dans les environs d’Amiens. Je lui dois un certain nombre des photos qui illustrent ces pages.


 
Tous les jours en allant au Cercle, je traversais la Place des Victoires et je passais devant cet édicule, que je n'ai sans doute pas du utiliser souvent , compte tenu de la proximité de mon domicile. Mais cette image n'avait jamais ressurgi dans mes souvenrs, jusqu'à ce que Michèle Le Galès me la fasse parvenir (son séjour de1983), me rappelant que le marchand de glace tenait ouverte sa baraque à quelques mètres seulement, sans être particulièrement sensible aux odeurs.
Plus tard la municipalité y a installé un "kiosque normalisé ville d'Oran" où j'achetais mes cigarettes...


Laurent PRIETO a habité la place Hoche, Il a travaillé avec son père en qualité de plombier au cercle Psichari chez le P. Giraudet ainsi qu'à la protection de la jeune fille et à la "petite chapelle".






APPEL: J'ai eu dans les années 2000 à 2005, je pense, de fréquents contacts avec une personne qui avait été baptisée( me semble-til) par le Père Giraudet et dont la famille possédait de nombreux documents concernant le Père. J'avais commencé à rassembler cette documentation et ces photos pour en faire un article. Malheureusement une "grosse" panne de PC m'a fait perdre tout le contenu du disque, dont l'article, la docuentation et tout mon carnet d'adresse. Si cette personne se reconnait ( je crois qu'elle se prénommait Odette ?)j'aimerais reprendre contact pour pouvoir mettre sur le site tous les renseignements disparus !
D'avance MERCI !




Avril 2012 je reçois un nouveau témoignage se rapportant au Père Giraudet, rajouté aux autres sur une page spéciale: à sonculter en cliaquant (*=ICI= *)
Consultez le Livre d'Or

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