Mon ami Gérard Villadier m'avait montré une revue parue en 1987, éditée par HEIMDAL. E-mail Editions.Heimdal@xanadoo.fr et consacrée à L'Oranie (1954-1962). J'y ai trouvé des documents remarquables.
J'en ai recherché l'auteur René BAIL qui m'a fait le plaisir de prendre contact avec moi au téléphone et m'a aimablement autorisé à reproduire certaines de ses photos sur ce site.

Avant de le faire, je me permet de reproduire ci-dessous les avertissements qui figuraient en première page

Note sur l'auteur publiée dans cet ouvrage :
L'auteur en est René BAIL, né en 1931 à BAR sur AUBE, qui a passé toute sa jeunesse à Dunkerque où il va connaître et subir certains évènements de la seconde guerre mondiale. Elève indiscipliné d'une institution religieuse, il juge les voies du Seigneur par trop impénétrables et entre dans la marine à 17 ans.
Devenu photographe, une autre vocation à laquelle il a beaucoup sacrifié, il va suivre durant 7 ans, les opérations d'Algérie, sortant souvent du cadre de la Marine pour suivre la Légion étrangère, les parachutistes, les commandos, etc. Resté très attaché à l'Algérie, une " erreur de jeunesse " pensent les autres, il a produit différents ouvrages sur ce sujet qui confirment qu'il est… irrécupérable.

Avertissement de l'auteur publié en première page de l'ouvrage :
Ces pages visent autant ceux qui ont connu l'Oranie que ceux qui y ont vécu, sans oublier tous les autres qui en ont entendu parler. Car, il leur faut comprendre pourquoi, 25 ans après, il reste, encore et toujours, une certaine nostalgie.
Pour les anciens militaires, c'est un peu le temps de leur jeunesse, les plus jeunes doivent avoir 45 ans aujourd'hui [écrit en 1987- Note de JCP] et j'espère qu'ils en ont conservé autre chose que le goût immodéré pour le couscous ou le désir obsessionnel de la carte du Combattant. Cette Oranie, c'était celle de leurs 20 ans, l'âge de l'amour fou…
Pour les habitants de cette terre perdue, les pieds noirs, il leur a fallu, un jour d'été 1962, boucler très vite des valises, quand ils en avaient, ou faire des paquets, maigre bilan d'une vie, pour rallier le port d'Oran ou l'aérogare de La Sénia. Là, suivre des queues interminables, sous le soleil brûlant ou la pluie, avant d'embarquer vers la France, qui n'avait rien compris…
Beaucoup d'entre eux n'ont guère ramené de photos du bonheur du " là-bas " ; aussi, j'ai voulu leur ramener quelques souvenirs.
Les photos aériennes leur permettront de situer leur quartier, parfois leur maison, sur un angle qu'ils ne connaissaient pas. Leur examen entraînera, sans doute, des discussions entre les " initiés ", mais il est un fait certain, sur lequel tous auront raison : " elle était belle not'Oranie… "

N'étant pourtant pas originaire de l'Oranie, votre serviteur s'est cru autorisé d'en parler ; il y est resté de 1955 à 1962. D'autre part, parti lui-même de Dunkerque, il a voulu voir l'autre extrême de la France et, depuis juin 1958, qu'il a entendu : " Je vous ai compris "… il n'a pas encore fini de comprendre ?

Oh comme j'adhère moi même à cette dernière phrase !

René BAIL a également écrit d'autres ouvrages parus aux Editions du Patrimoine, rue A de la Forge à PARIS

Vous trouverez ci dessous la liste des photos avec leur légende, il suffit de cliquer sur le N° de photo pour la regarder.

Photo 1 :
A droite la Capitainerie et les entrepots de la société Jo Lasry. Le fort Lamoune

Photo 2 :
En bas à gauche la cathédrale la place Karguenta et à gauche, remontant de la place d'Armes le Bd Joffre et plus loin la rue de Tlemcen allant vers les quartiers d'Eckmühl, Magnan et Boulanger.

Photo 3 :
Début de l'Avenue de Valmy menant vers Lamur et des VAN. Le Bd Paul Doumer et le Bd Joseph Andrieu. A droite la prison. Photo prise fin Mars 62 les rues sont vides les Européens ont quitté les quartiers en bordure des quartiers indigènes.

Photo 4 :
La jetée Ouest avec la flotte de remorqueurs. A l'arrière la gare maritime et le Sidi Okba, cargo de la Cie Générale transatlantique

Photo 5 :
La rue d'Orléans en descendant vers " La Marine "

Photo 6 :
La ville depuis le Sidi Bel Abbès de la SGTM (1° août 1961)

Photo 7 :
La cité Lescure, La cathédrale en bas à droite. Au fond le cimetière israélite, l'avenue de Valmy. C'est le quartier central de la ville sur le plateau en bordure de la rue de Mostaganem.

Photo 8 :
Fin mai 58 grand rassemblement au stade Fouques Duparc : Européens, pieds noirs et militaires, et musulmans que malgré ce qui se dit en métropole on n'a pas forcé à venir, mais qui n'avaient pas compris une certaine idée de la France ou l'appétit forcené du pouvoir.

Photo 9 :
Visite De Gaulle à Oran, la foule massée sur le Bd de Mascara. Au premier rang des membres des U.T.. Les indigènes sont nombreux.

Photo 10 :
De Gaulle sur le podium. La foule scande Soustelle, Soustelle. Agacé, le général, les deux mains écartées dit " taisez vous, je vous prie, taisez vous. Il sont culottés ces oranais, oser contrarier le général.

Photo 11 :
Des jeunes filles de toute communautés applaudissent l'Algérie Française

Photo 12 :
On s'en va !Le sidi Bel Abbès charge au quai de la SGTM Plus loin un autre cargo charge des véhicules militaires. L'armée fait ses bagages en mars 1962. Sur les quais des containers que l'OAS a donné l'ordre de na pas charger certains seront pillés et d'autres jetés à l'eau par les grutiers arabes !

Photo 13 : Défilé militaire sur le front de mer pour le départ du Général Challe le 12 avril 1960. Ici le drapeau du 23° RIMA et celui du Régiment d'Infanterie coloniale du Maroc . Le reporter photo à gauche est Michel Bertrand de l'écho d'Oran. La musique de la légion étrangère à gauche.

Photo 14 :
Avec d'autres drapeaux. Toutes les unités du corps d'armée d'Oran y étaient représentées par drapeaux et fanions.

Photo 15 :
Sur la partie droite c'est le drapeau du 23° spahis et sa garde d'honneur
Photo 16 :
Un autre défilé sur le Bd Front de mer avec le 2° régiment de tirailleurs algériens

Photo 17 :
Mostaganem 6 juin 58 (après Alger le 4 juin) Arrivée du général Place de l'hôtel de ville.

Photo 18 :
Idem. Pendant le discours " historique " du général, on reconnaît de gauche à droite. Louis Jacquinot, le général Dudognon Commandant la division de Mostaganem, le général Ely, chef d'état major de la défense nationale, Jacques Soustelle, le général Salan, Pierre Guillaumat.

Photo 19 :
Ce jour là l'homme donne une parole qu'il reniera plus tard. Devant des dizaines de milliers de personnes mais aussi des millions d'autres qui écoutent les radios, il prononce le discours que tous attendaient : " Mostaganem merci. Merci du fond du cœur, le cœur d'un homme qui sait qu'il porte une des plus lourdes responsabilités de l'histoire. Merci d'avoir témoigné pour moi en même temps que pour la France. Vive Mostaganem ! Vive l'Algérie française ! Vive la République ! Vive la France ! ". Si l'on voit beaucoup de képis au premier plan, on découvre également énormément de turbans dans la foule, une foule qui ce jour la a été trompée honteusement.

Photo 20 :
Même jour, autre vue de la place et autre promesse : " Il n'y a plus ici, je le proclame en son nom (la France) et je vous donne ma parole, que des Français à part entière, des compatriotes, des citoyens, des frères qui marchent désormais dans la vie en se tenant par la main. " Et on y a cru !…

Photo 21 :
Le croiseur Colbert en rade de Mers el kébir

Photo 22 :
Le porte avion La Fayette quitte Mers el Kébir, on aperçoit Oran dans le lointain. Il s'agit des manœuvres de rapatriement des unités encore sur place en Algérie

Photo 23 :
Place d'armes en juin 62 la ville set envahie de barbelés. C'est l'époque du général Katz

Photo 24 :
La jetée Ouest un jour de forte mer.

Photo 25 :
Vue aérienne. La centrale du Ravin blanc envoie sa fumée sur la ville (Photo René-Paul Bonnet)

Photo 26 :
Vue aérienne de la place d'Armes au fond le Bd Maréchal Joffre en direction d'Eckmûhl, à droite la descente vers la vieille ville et la " marine ", à gauche le départ vers les beaux quartiers et en premier plan l'arrivée de la rampe Valès et les bâtiments du cercle militaire.


Nota:
d'autres photos ont été intégrées dans l'album N° 1 (Cliquez) ou pour illustrer certaines pages de mes "mémoires".