SANTA CRUZ


Ascension 2007


2005: Le Patio de V.O. à Nîmes

24 et 25 Mai 2008 La Vierge de Santa Cruz en Gironde


Photos de Santa Cruz en 2008

Travaux d'amènagement de Santa Cruz
1° tranche 1956



La Chapelle classée "Monument national"



Si les Lyonnais prient à Fourvière et si les Marseillais évoquent la Bonne Mère , N. D. de la Garde, on ne peut parler d'Oran sans avoir aussitôt sous les yeux la montagne de Santa Cruz, et la basilique du sommet de laquelle la Vierge veille sur sa ville.
Même les pathos, après avoir lu Camus, n'ignorent pas l'importance de N. D. de Santa Cruz dans la vie des Oranais. Elle les avait sauvé d'une épidémie de Choléra en 1849, en répondant à leurs prières et en leur envoyant la pluie; ils ont respecté la promesse qu'ils lui avaient faite en lui édifiant la basilique que l'on connait et depuis elle n'a cessé de veiller sur eux. Elle était l'objet, à chaque fête de l'Ascension, d'une longue procession qui démarrait des bas quartiers pour s'attaquer aux pentes du Murdjadjo.


Pierre Antoine GOMEZ m'a fait parvenir une copie d'un article de l'écho d'Oran datant des années 50. L'histoire de ce journal est assez étonnante puisqu'il fut envoyé d'Oran aux Etats Unis à une tante de Pierre Antoine qui le lui a retourné depuis. J'ai repris en noir et blanc la photo qui avait jauni dans le temps.


Voici le texte de cet article assez sobre:
"Comme pour les années précédents, une foule nombreuse de fidèles,a fait hier, depuis les premières heures de l'aube, le pieux pélerinage du Murdjadjo pour invoquer Nodre Dame de Santa Cruz.
Un temps splendide a marqué cette journée, et toute la matinée des offices religieux ont été célébrés en plein air sur le terre plein de la Chapelle. Des hauts parleurs diffusaient les cérémonies.
A noter qu'un service d'ordre bien organisé par la Police d'Etat canalisait la foule aux carrefours et aux croisements des sentiers.
Notre photo représente une vue de l'esplanade pendant la messe de 11 h"
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26 juin 1949 deux photos de la procession transmises par Charles Galiana:



Santa Cruz et Fourvière


Santa-Cruz - 1873


Le 10 février 1873, Mgr CALLOT, premier Evêque d'Oran, bénissait la première pierre de la tour de Santa-Cruz. C'était au moment même où l'Eglise allait célébrer, à Lourdes, la miraculeuse apparition de Marie sur notre terre de France.
[à Lourdes, première apparition à Bernadette Soubirous = 11 février 1858 ]


Mgr CALLOT avait apporté de Fourvière, à Lyon, quelques pierres taillées pour ce magnifique sanctuaire, pour qu'elles soient placées dans les premières assises du monument qu'il élevait à Marie Immaculée. Il avait acquis une colossale statue de Marie Immaculée, coulée en bronze, dans le moule de celle qui couronne l'antique chapelle de Fourvière, à Lyon. Avant de venir en Afrique, la statue avait reçu, à l'Exposition Romaine de 1870, la bénédiction du Pape Pie IX.

Dans les premiers jours de décembre 1873, la statue de l'Immaculée quitta le Séminaire. Malgré son poids énorme, dépassant 5 000 kg, elle fut érigée rapidement.

Le 6 décembre, elle dominait le grandiose horizon qui se déroulait à ses pieds. On put, le surlendemain, 8 décembre 1873, illuminer son image bénie, et, pour la première fois, voir à Oran, un reflet, bien modeste et bien pâle, des splendeurs que Lyon prodigue, depuis tant d'années, à sa puissante protectrice.
[8 décembre 1852 = premières illuminations à Fourvière, à Lyon, mais c'est le 8 décembre 1854 qu'elles ont coïncidé avec la proclamation par le Pape Pie IX , dans la Bulle " Ineffabilis Deus ", du dogme de l'Immaculée Conception.]

Commencée vers 5 h du soir, cette illumination dura longtemps dans la nuit. Ce fut une véritable surprise, pour la population d'Oran, de voir s'embraser ainsi, la chapelle de Santa-Cruz.

Plusieurs bâtiments ancrés dans le port d'Oran, entre autres, le paquebot " L'Oncle Joseph ", capitaine Servia, de la Compagnie Valéry, répondaient aux illuminations de la montagne, par de jolis feux de Bengale dont ils étaient couverts

Mgr MATHIEU (" L'Echo du Sacré-Cœur d'Oran ", n°8, décembre 1913)
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Article publié dans " Amitié " n°8, juin 2005.

Les commentaires en bleu et entre crochet sont des ajouts de Nicole MARQUET




Aussi lorsque tout fut consommé et qu'ils durent quitter leur pays, ils l'emmenèrent dans leurs bagages et, à l'initiative de Monseigneur Bertrand LACASTE le dernier évêque de l'Algérie Française, ils lui trouvèrent un nouveau lieu de séjour à Nîmes, sur la colline du Mas-de-Mingue.

Un témoignage

Celui d'une Oranaise H.G. qui nous raconte Santa Cruz comme elle l'a vécu:

Il y a environ trois ans, j'ouvris un tiroir où étaient rangées de vieilles photos de mes parents que j'ai eu la douleur de perdre, lorsque j'avais treize ans. Il me fallut longtemps avant de pouvoir les regarder sans émotion. Mais à partir du moment où j'avais mis les mains dans le malaise, je décidais d'aller jusqu'au bout; Ce fut le déclic!
Je pensais que quand on a la chance de savoir d'où on vient, qui on est, et d'où on est, c'est un devoir de léguer ce patrimoine de la mémoire à notre descendance. Je me suis donc mise à l'écriture de mon livre. La première partie se déroule à Oran, ville où je suis née. Ce livre ne s'est pas révélé difficile à écrire, je l'ai écrit en pensant sans cesse que ce serait l'histoire de ma vie que je laisserais à ma descendance. Ecrire a toujours été important pour moi, et je me suis dit que mon envie d'écriture était un prétexte pour évacuer ma propre histoire et que j'en finirais avec mon histoire de deuil.

De ce livre j'en extrait aujourd'hui, un petit texte ayant trait à SantaCruz. Je m'étonne toujours en découvrant l'agressivité dont sont capables certains de nos contemporains , alors que comme le nôtre leur parcours se terminera tragiquement un jour ou l'autre. Cette notion devrait tous nous conduire à tomber dans les bras les uns des autres, afin de se consoler de cette fin inéluctable.
Les souvenirs que j'ai gardés de cette enfance passée à Oran, sont surtout ceux que tout enfant grave en sa mémoire. C'est-à-dire les souvenirs les plus gais et distrayants. Pour nous les enfants c'était SANTA CRUZ! pour nous le nom symbolisait la fête. Nous regardions les jours avants, nos mamans préparer le repas froid, que nous allions emporter. Ma mère très catholique fervente prenait à coeur ce pélerinage que la tradition voulait que l'on renouvelle chaque année pour l'Ascencion.
D'ailleurs nous disions c'est "la fête de Santa Cruz ". Nous y montions avec nos parents, c'était la tradition. De pieux pélerins s'y rendaient. Une partie de la population commençait à y monter de nuit, la veille, à la lumière vascillante des cierges, par des sentiers choisis.
Beaucoup de femmes effectuaient le parcours à genoux en se frappant la poitrine en signe de repentance. Je me souviens encore que ces scènes frappaient mon imagination d'enfant... Les jeunes étaient impressionnés, les vieux étaient animés de la même foi ardente. Tous chantaient "l'Ave Maria " avec chaude dévotion. L'ambiance mystique qui régnait étaient telle que les miracles auraient paru naturels.

Le matin du Jeudi, la messe était célébrée dans la chapelle et en plein air, car la foule était immense, recouvrait les pentes du fort et débordait de part et d'autres des voies d'accès. La ferveur des chants grégoriens qui s'élevait de ce haut lieu de prière touchait l'âme. Arrivait le midi, et c'est là que nous les enfants débordions de joie et proposions notre aide pour mieux dresser les nappes. Nous débordions de joie, on entendait déjà des accordéons et des guitares qui commençaient à faire leurs accords. Promesse de gaieté qui allait s'en suivre.
Toute cette population qui avait emporté ses repas festoyait sous les pins et formait un banquet de plusieurs dizaines de milliers de convives. Les nappes étaient dressées. Les balançoires aux coussins bariolés fleurissaient aux branches, les cigales vibraient, les enfants s'éclataient de joie et de rires. L'atmosphère était la même que celle de la "mona" des fêtes de Paques. Des familles qui s'ignoraient jusqu'alors liaient connaissance et souvent de solides affections naissaient là. Le verbe était haut, les calembours fusaient. Les accordéons faiasient tournoyer des couples, les guitares plus langoureuses créeaient une certaine nostalgie, de même que les chansons.
Vers la soirée, tout ce monde après avoir plié bagage, descendait les pentes, le coeur et l'esprit à l'aise. Sans doute l'âme s'était rachetée pour certains, et on entendait " avec ce parler nulle part égalé de notre pataouet franco-espagnol-arabe, " encore une Ascencion de passée ". Beaucoup se quittaient avec la promesse de se revoir l'année prochaine!

En 1950, une magnifique basilique était inaugurée par le cardinal Roncolli, futur Pape Jean XXIII. Elle venait récompenser les efforts et la foi tout un peuple.

En 1965 la vierge a été rapatriée. On connait la suite heureuse de notre Dame de Santa Cruz. Nous ne pouvions honnêtement l'abandonner, et les Oranais n'ont eu de cesse de la ramener avec l'aide de Monseigneur Lacaste, dernier évèque de l'Algérie française. Ils lui trouvèrent un haut lieu de séjour sur la colline du mas de Mingue. Depuis tous les ans depuis, des milliers de pélerins Oranais et autres retrouvent à l'Ascencion de Nîmes un haut lieu de pélerinage.
S'ajoute à présent le plaisir de se retrouver, car c'est encore la madone de Santa Cruz qui attire ses enfants chaque année, et suscite ces retrouvailles et la reconnaissance. Entendu : Alors Mauricette tu es venue? et Roger ? __Il est mort le pauvre. Oh! Alors il viendra pas?

Signé H.G. ou " L'aimée de Dieu "




Tous les ans depuis, des milliers de pèlerins se retrouvent à l'Ascension à Nîmes avec toujours autant de ferveur, faisant de Nîmes le troisième lieu de pèlerinage en France !


Les premières années c'est plus de 200.000 personnes qui se retrouvaient ainsi à chaque Ascension, mais la population des PN vieillit et les jeunes, nés en Algérie dans les dernières années et encore plus ceux nés en métropole, ne se sentent probablement pas autant concernés par leur passé. L'Ascension 2001 n'a plus regroupé que quelques 50.000 ^participants diront certains. Mais quelle manifestation de nos jours peut encore s'ennorgeuillir d'obtenir une telle fréquentation.


Article du quotidien "Midi Libre" du 2 juin 2000
Ascension 2000
Ascension 2001
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Le témoignage de Claude Sicsic en 2000:
Hier, Jour de l'Ascension, c'était pour les Pieds-Noirs en général et les Oraniens en particulier, le grand Pèlerinage à Notre-Dame de Santa-Cruz.
Résidant à Nîmes depuis 38 ans, j'ai toujours participé à cette manifestation. Non pour son coté religieux, mais surtout pour le plaisir qu'il y a à trouver, puis retrouver des amis, des ex-voisins et aussi des inconnus pas forcément oraniens mais toujours pieds-noirs d'origine ou de cœur.
Dans les années 70, cette manifestation rassemblait plus de 100 000 personnes. Ainsi, au fil des années, nous nous retrouvons puisque les rendez-vous se prennent et le matin, dés neuf heures, les pancartes commencent à fleurir, avec des noms de localités ou de quartiers : ARZEW…MOSTAGANEM…PERREGAUX…SAIDA…TIARET ou alors CHOUPOT…GAMBETTA…ECKMUHL…SAINT-ANTOINE …Etc. Et, autour de ces panneaux on voit arriver le peuple Pieds-Noirs. On tombe dans les bras les uns des autres. Il y a des rires, des larmes de joie, des larmes de chagrin aussi car d'année en année les PN de la première génération sont de moins en moins nombreux. Leurs enfants et petits enfants sont là. Pas tous. Beaucoup accompagnent leurs parents, et la question qui se pose, et que les PN présents se posent également est celle-ci : Dans quelques années, ce rassemblement de PN, unique en France par l'importance de ses participants aura-t-il toujours autant d'impact sur la communauté PN ? Pour le vivre régulièrement depuis toujours, malheureusement je réponds Non sauf…s'il y a une prise de conscience générale, et qu'au lieu de passer notre temps à nous entre-déchirer et à envoyer des images atroces, bien sur, mais que tous les PN ont vues et bien souvent ont dans leurs archives, nous essayons de transmettre notre joie de vivre, de rire, de nous retrouver en toutes occasions....

Claude SICSIC

Le Pèlerinage 2001
Oranais, "réfugié" à Arras, je n'ai jamais assisté personnellement à ce pèlerinage, mais cette année 2001... j'y avais envoyé un Arrageois, en la personne de Robert Wattebled, le nouvel évêque de Nîmes qui vient tout droit du diocèse d'Arras, et vient de prendre ses fonctions..


Le reportage de Colette GUERIDO
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N. D. de Santa Cruz à Nîmes, c'est sans doute d'abord un pèlerinage, c'est à dire une manifestation religieuse, certes....

Les bannières de toutes sortes se rassemblent pour le départ
Devant la Chapelle La procession s'organise La vierge sort
Qu'elle est belle Notre Dame menant la procession jusqu'à la basilique
Fleurie et enrubannée,
elle est portée
Elle reçoit des tonnes de cierges C'est aussi un jour de souvenir des défunts
............mais c'est aussi un lieu de rencontre et de retrouvailles pour tous les pieds noirs ....

contents de rencontrer le stand de Billy RUVIRA dont ils ont peut-être déjà vu la cassette "La-bas....ORAN" ou encore celui de l'association des anciennes de Stéphane Gsell.


C'est surtout un lieu et un moment pleins d'odeurs et de souvenirs comme l'expriment si bien Bertrand et Luc qui ne m'en voudront pas je l'espère d'avoir reproduit ici leurs propos:

Le bruissement de la foule est effrayant. Il y a peu de cris, peu de sono, mais par endroit on se retrouve au milieu de centaines de personnes qui parlent entre elles et leurs voix couvrent tout. Nous traversions ces zones avec Claude, et sortions le portable de la poche pour voir s'il n'avait pas sonné le temps de parcourir à vol d'oiseau 50 mètres à travers la foule, mais à pas de PN, facile t'en faisais 200 rien qu'avec ceux qui s'arrêtaient pour dire bonjour qu'il te fallait faire le tour de toutes les familles qui s'arrêtaient au milieu de la rue.
C'est autant un rendez vous d'Oranie que d'Oranais et tu vois les plaques des villages accrochées aux arbres ou collées aux murs, Perrégaux, Misserghin, Saint Denis à côté de Maraval, Canastel, sans oublier Vincent Barcello et son carton autour du cou qui cherche ses amis d'enfance. Tu t'en prends plein la vue de tous ceux qui sont là, plein les oreilles de ces accents bizzares "alors? Mauriceeeette? Tié venuuuue?", plein l'odorat des gâteaux et des grillades, plein de saveur dans la bouche et le sucre du makroud qui te colle au doigts, plein les mains quand tu rencontres quelqu'un qui croit te reconnaître et qui t'en tapes 5 quand même, et 3 fois plutôt qu'une.
Tu satisfais tes 5 sens quand tu vas là, et même le sixième, le sens patriotique, le sens d'appartenir à une communauté vivante.

Bertrand Bouret - Nîmes 2001


Le rassemblement se déploie sur deux grandes rues perpendiculaires dans un quartier de la périphérie de Nîmes. En début de matinée, le ton est immédiatement donné avec un vendeur de calentica installé en début de parcours...
Après, il vous faut faire un choix entre la gastronomie omniprésente dans la rue droit devant vous, et la montée vers d'autres nourritures en direction du sanctuaire de Santa-Cruz.
Si l'on prend le "risque" d'aller droit devant, on se doit de traverser, (et éventuellement de résister), à une infinité de zalabias, mokrouts, cornes de gazelles,mouna, rollies, montécao et autres plaisirs de la bouche qui semblent vous appeler sans fin, tel le fameux chant des sirènes...
Beaucoup de productions professionnelles, certes de qualité, mais ici ou là, de petits étalages plus discrets dont on devine que les produits sont faits "maison". Enfin, quelques arabes sont présents et proposent également des choses moins courantes, (thé, galettes).
Passé les sucreries, vous n'en n'avez pas fini, car les soubressades, boutifards, et autres boudins précèdent l'odeur naissante des merguez et des brochettes, tout ceci dans l'ambiance bon enfant que l'on imagine. Extraits de conversations à la volée : "Et ben, ouais, c'est lui le gendre de Georgette et sa mère la pôvre, tu sais la femme du commissaire, l'année dernière, elle est morte...! "
Tandis que la fête s'installe, beaucoup entreprennent la montée vers le sanctuaire car plusieurs messes ont lieu successivement. A mi chemin, on peut déjà acheter des cierges. Dans la montée, un espace couvert nommé "culture pieds noirs" a été installé. On peut y voir pas mal de choses, hélas un peu trop entassées : Présence d'un représentant des harkis, les éditions Gandini sont là également et plusieurs écrivains "PN" dédicacent leurs livres. On propose une cassette vidéo montrant tous les quartiers de la ville d'Oran dans l'Algérie d'aujourd'hui. De nombreux ouvrages sur l'Algérie qui nous intéresse, notamment l'intégralité du discours de Bastien Thierry lors de son procès. On fait référence au général Jouhaux et à bien d'autres.
L'activité des "PN" sur Internet est pratiquement absente, mis à part "pieds-noirs on-line" avec Radio pluriel sur la région Lyonnaise. D'autres initiatives de radios PN sur la bande FM sont en cours.
Enfin, une projection d'image PC sur écran mural, il s'agit de RPNI, (Radio Pieds Noirs International), site qui nous avait été indiqué par Christian Costa, et qui vient tout juste de démarrer comme me le confirme le webmaster présent sur le stand. Un projet de télévision PN, sur internet, existe dans les cartons...
Dehors, la foule s'est densifiée, et on peut voir brandir des pancartes de bois ou de simples bouts de cartons qui portent des noms connus : Mascara, Oran, El témouchen, Arzew, Sid bel abbés, un quartier en particulier, ou même le nom d'un lycée. Quelle émotion d'assister ainsi à une reconstitution progressive de l'Algérie qui semble émerger de la foule elle même.
Enfin on arrive dans l'environnement du sanctuaire, on se demande comment ceux qui le veulent, peuvent parvenir à se recueillir dans un tel bruit ambiant. Dans la chapelle, des photos des églises d'Algérie et puis dans une urne, un peu de terre prélevée dans un cimetière d'Oran... Sur l'esplanade, le monument aux morts et quand on lit sur les stèles gravées: Aux Français morts en Algérie, à ceux de la rue d'Isly, à la ville d'Oran martyrisée en Juillet 1962, on n'entend plus le bruit autour de soi et on a quelque chose dans la poitrine qui se serre tout à coup.

Luc Demarchi - Nimes 2001


José Bueno, un de mes amis de "Visiteuroranien", collabore épisodiquement au quotidien "La Provence" et y avait produit cet article paru le 26 mai 2001.

Près de 80000 fidèles au
pèlerinage de Santa Cruz.

A Nîmes, comme chaque jeudi de l'Ascension, la ferveur
et la joie des retrouvailles ont réuni les Pieds Noirs d'Oranie.


Dès la veille de l'Ascension, le quartier du mas de Mingue, à Nîmes, dont la cité avait été, à l'origine, construite en faveur des "rapatriés", a été occupé par des groupes installés et des campements de fortune pour être sur place dès les premières heures de la journée qui s'annonçait. Une manière pour les plus courageux d'éviter le lendemain les interminables bouchons et le souci de trouver un stationnement à proximité du lieu de rencontre. Car on vient ici de tout le grand Sud-Est de la France.
Les Oraniens, les anciens du département d'Oran, ont été fidèles au rassemblement, un rendez-vous à ne pas manquer. Une manifestation qui mêle la ferveur dédiée à leur sainte patronne : Notre-Dame de Santa-Cruz, et la joie des retrouvailles dans une ambiance typique et exubérante.

En 1965, la vierge d'Oran a été rapatriée à Nîmes. Depuis, grâce aux actions menées par l'association nationale des Amis de Notre Dame de Santa-Cruz, un sanctuaire a été construit dans les hauteurs du mas de Mingue
Dans les premières années, les pèlerinages connaissaient une affluence moyenne mais rapidement le bouche à oreille a porté ses effets et la présence des Oraniens, alors déracinés, a trouvé dans ce rassemblement une occasion unique de retrouvailles. Le nombre de participants devient considérable. Depuis l'exode de 1962, les anciens sont partis... La moyenne d'âge actuelle des fidèles est d'environ 65 ans.

"Plus nombreux que ces dernières années"

La procession s'est terminée par une messe sous la présidence de Mgr Watebled, évêque du diocèse nîmois. - Si la foi, par la ferveur du recueillement et des prières, était présente à ce point d'orgue, l'aspect folklorique, dans une ambiance de kermesse voire mercantile, donnait un autre ton à la manifestation.
Des mounas, de la soubressade, en passant par les sollicitations olfactives des merguez, melsas, paëllas ou des pâtisseries maghrébines faisaient le bonheur des participants. Ils retrouvaient ainsi leur culture dans une ambiance où se mêle l'accent de là-bas, souvent dans la langue de Cervantès.
Des débordements de joie, associés aux retrouvailles d'un ami, d'un parent. Ce rassemblement entretient l'espoir de revoir un visage perdu de vue depuis l'exode. Des messages de recherche étaient d'ailleurs diffusés à longueur de journée. l,e forum culturel a connu une fréquentation grandissante. Cartes postales, K7 vidéo ou livres, un mélange de souvenirs qui partage la nostalgie et la joie de revoir des coins de villes ou de villages du passé. Parmi ces nombreux stands, celui d'une association de Harkis, les éternels oubliés... miais toujours présents à cette fête.
Ainsi va le déroulement d'une telle journée où, dès la fin de la procession, une légère averse est venue rafraîchir les participants. Pour certains, c'était un clin d'œil de la sainte patronne. installée en 1849, elle rayonnait sur le sommet dominant la baie d'Oran elle avait accompli le miracle de la pluie... Depuis, chaque année, les Oranais et Oraniens remercient Notre-Dame de Santa Cruz.

José Bueno


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Les autres Rassemblements autour de N.D. de Santa Cruz

Au mois d'Octobre, les Anciens de Don Bosco se retrouvent à Nîmes.

Toujours sous la plume de José Bueno cet article paru le 24 Octobre 2001 dans les colonnes de La Provence:
3000 fidèles pieds noirs
oranais en pèlerinage



Cette année le portage fut confié uniquement à des femmes
Depuis 1983, le troisième dimanche, d'octobre, se déroule à Nîmes, un pèlerinage dédié à la gloire de la Sainte-Madone de l'Oranie, organisé par la J.U-D.B. (Joyeuse-Union et Don Bosco). "Nous recevons tout au long de l'année les différentes paroisses de l'Oranie qui viennent honorer et vénérer la Vierge. Ce rassemblement est le plus important après celui de l'Ascension, explique Pierre Castex, président national de l'association des amis de Santa-Cruz. La Vierge a été rapatriée à Nîmes au mas de Mingue, où existait alors une forte , concentration de pieds-noirs oranais. . C'est à bord d'un bâtiment de la Marine nationale qu'elle a traversé l'autre côté de la Méditerranée..


1 500 adhérents

La J.U-D.B compte près de 1 500 adhérents répartis dans six-sections : Marseille, Montpellier, Nice, Perpignan, Lyon et Strasbourg. Le siège se trouve à Toulon. Cette année, c'est la section de Marseille, présidée par André Péralta, qui avait la charge de l'organisation religieuse. Ce pèlerinage est spécifique, il rassemble toute la famille
salésienne. Il nous permet d'honorer et de prier notre Madone dans une autre ambiance que celle que connaît le sanctuaire le jour de la fête de l'ascension. Nous sommes bien plus nombreux cette année, c'est une grande fête explique Henri Montgrenier, président national de la J.U-D.B. Des fidèles venus en grande partie des Bouches-du-Rhône, des départements voisins et même de Haute-Garonne, Gironde, Seine Maritime, voire d'Espagne; Le soleil était au rendez-vous de cette grande famille que rien ne sépare. La grande messe, le matin, a été suivie avec beaucoup de ferveur. Mais ce rendez-vous demeure surtout un moment privilégié de joie des retrouvailles car la plupart des participants se connaissent mais ils ne se sont pas vus depuis le début des années 1960. Ces retrouvailles donnent lieu à des scènes toujours très émouvantes. Une journée de ferveur emplie de souvenirs que chacun espère renouveler l'an prochain.



Un groupe de "copains", tous du quartier de La Marine...!

Notre-Dame de Santa-Cruz sera à Marseille, à la paroisse de Sainte Rita, aux Trois Lucs, le 8 décembre.
José Bueno
La Vierge voyage....

à Martigues


suivie à la trace par le même José...
La patronne des oraniens N.D de Santa-Cruz était hier (le 7 décembre 2001)dans notre région à la chapelle de Croix-sainte , un quartier de Martigues ( la Venise provençale). Pour les organisateurs, c'était un événement historique car depuis 1949 c'est la deuxième fois que la Vierge rencontre son fils celui de « La Marsa." En effet dans cette chapelle existe un magnifique Christ de plus de deux mètres qui était alors à l'église de Mers-el Kébir.
Malgré le mistral et l'heure de l'accueil, la chapelle était trop petite pour contenir tout le monde, près de deux cents personnes des"zoranais et quelques zoraniens" avaient tenu à venir vénérer la Madone de Santa-Cruz. Une assistance composée de nos aînés. C'était d'ailleurs un moment de joie car la plupart ne viennent plus à Nîmes
A l'issue, (je vais faire de la peine aux copains de St Eugène..) presque tous les jeunes présents à ce rendez-vous (lorsque je dis jeune......ce sont les copains et copines de ma génération (1940/1944) étaient de La Marine. J'ai d'ailleurs vu une copine que je n'avais plus revue depuis 1960. Alors inutile de vous dire que l'anisette a coulé à flots, il y avait une kémia digne des grands moments. Dans cette salle improvisée en salle d'accueil, on entendait parler plus en espagnol (celui d'Oran..) qu'en français.
Aujourd'hui la Vierge continue de voyager puisqu'elle est à Marseille.


à Marseille.


lu dans "La Provence" du 9 décembre:

150 fidèles ont fait le déplacement hier en l'église Ste Rita des trois Lucs (12°) pour se recueillir devant la statue de Notre Dame de Santa Cruz. Originaires de la région d'Oran, ces Pieds Noirs vénèrent la Vierge dont l'intercession aurait débarassé leur ville du choléra en 1849.
Le père Jean-Paul Sorragi a célébré une messe fervente. Il rappelle qu'à l'époque le général Pélissier, commandant la place avait dit au clergé:"Foutez donc une Vierge sur la colline et elle se chargera de jeter le choléra à la mer ! " Démarrée le 21 septembre 1849, l'épidémie s'éteignit le 9 novembre après une procession populaire. Un grand sanctuaire se dévellopa et Notre Dame de Santa Cruz devint le symbole de l'Oranie. Cette représentation de l'Immaculée Conception de Murillo fut rapatriée en 1965 à Nïmes.


à Alicante


Notre Dame de Santa Cruz a quitté Nîmes quelques jours pour se rendre à Alicante, le 15 avril 1968, en présence de l´Abbé Caparros.(texte et photos de Charles Galiana)

La Messe a été célébrée face à la "Esplanada de España". Présence aussi de N. Dame d´Afrique et de nombreux fidèles venus de Nîmes.
La réplique de N.D. de Santa Cruz sera installée dans une église du quartier du "Pla".

Le Pèlerinage d'Octobre

Ce pèlerinage est traditionnellement celui des anciens de la "Joyeuse Union" et de "Dom Bosco". En 2002 il aura permis les retrouvailles d'un vieil oranais avec ses amis de la Marine. En effet grâce à ce site, Stéphanie a pris des contacts avec José Bueno et a permis à M. SILVESTRE de joyeuses retrouvailles.

L'article ci dessous, sous la plume de José, est celui qui paraîtra dans le prochain numéro de l'écho de l'Oranie.

NÎMES

Les anciens de la J.U- D.B en Pèlerinage à Santa-Cruz

Depuis 1983, l'association des anciens de la Joyeuse-Union et Don-Bosco, (J.U.D.B) organise un pèlerinage au Sanctuaire de Notre Dame de Santa-Cruz à Nîmes. Ce dix neuvième rendez-vous a rassemblé la grande famille salésienne d'Oran des quartiers de la Marine de l'église Saint-Louis (en majorité), mais aussi, d'Ekmühl, de Mers-el-Kébir et de Bouisseville.
Ce rassemblement a vu le jour, grâce à l'initiative de M.Joseph Schianno di Cala, alors président de la section de la J.U-DB de Perpignan. Le pèlerinage cette année,(2002) était organisé pour la partie religieuse par les niçois chers au président Claude Ledent.L'accueil logistique étant assuré par "l'association des amis de N.D de Santa-cruz" présidée par Pierre Castex.
Ce pèlerinage demeure le plus important rendez-vous, au Sanctuaire (très visité par ailleurs), après celui de l'Ascension, d'ailleurs près de deux mille fidèles sont venus se recueillir, vénérer et prier la Saint Madone.

Émotion et témoignages
Le matin, l'office religieux a débuté par la grande messe suivie avec une grande ferveur, célébrée conjointement par le recteur du Sanctuaire Mgr Dalverny, ainsi que les pères Mauro, Anton ( un oranais), et Julien . Le moment fort de cette journée reste la procession au début de l'après-midi, accompagnée par des chants à la gloire de la Vierge, Patronne de l'Oranie depuis 1849.
Après l'office religieux, la joie des retrouvailles. Celle-ci s'explique car si les participants se connaissaient pour la plus part. Chaque année de nouveaux pèlerins, plus disponibles à présent viennent pour la première fois participer à ce rendez-vous, entraînant des scènes d'émotion celles de retrouver des amis perdus de vue depuis maintenant quarante ans passés. Beaucoup de jeunes accompagnaient leurs parents, pour partager cette ambiance maintes fois racontée. " c'est très émouvant, c'est la première fois que mon père vient et retrouve ses amis d'enfance, je n'imaginais pas qu'il existait une telle ferveur pour la vierge de Santa-cruz " confie Stéphanie venue de la Sarthe. Gisèle de Beausoleil (var)renchérit "quelle joie, quelle amitié on dirait qu'ils se sont quittés hier, j'ai rarement vu mon père aussi heureux, il retrouve ses racines ici c'est toute sa jeunesse qui défile devant lui". Pour Jean François venu de Meyzieu (Rhône)" c'est un mélange de nostalgie et de bonheur, c'est tout de même remarquable d'arriver à se rassembler après tant d'années autour d'un lien sacré et d'amitié". Des sentiments que beaucoup de jeunes partageaient. Une présence remarquée celle de la doyenne des participants Madame Maria-Luisa Garcia née en 1905 qui habitait la Place Pologne à la Marine.
"C'est une grande journée de ferveur de la famille salésienne dédiée à Notre Dame de Santa-Cruz, nous connaissons une meilleure affluence depuis quelques années, les pèlerins sont plus disponibles car la plus part sont à l'âge de la retraite et ils préfèrent venir à cette date car c'est bien plus calme que le jour de la fête de l'ascension pour vénérer la Vierge" explique Henri Mongrenier président national de l'association de la J.U-D.B. Une journée pleine de souvenirs où se mêlent la foi et l'émotion des retrouvailles. Les anciens refont le dernier match de bascket des "Spartiates contre la J.U.S", reparlent des exploits des nageurs et hand-balleurs de la G.M.O, certains évoquent l'ascension de la montagne à l'aube pour participer à la première messe à Santa-cruz le premier samedi du mois, d'autres enfin parmi tant d'autres se souviennent tout simplement de la vie là-bas. Nostalgie certes mais l'ambiance a vite fait de reprendre le dessus le plus souvent dans le parler oranais claro! surtout par ceux des bas quartiers de la Marine.

José Bueno



et deux photos inhabituelles et étonnantes envoyées par Farid SOLTANA: