Mon histoire ... en gros ...

Revenir à la page principale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfance

Je n’ai pas toujours été gros.

Au contraire, lorsque j’étais gamin j’étais plutôt mince, plutôt maigre même. Vers 9/10 ans j’ai commencé à grandir très rapidement et l’impression de maigreur s’est encore accentuée. Je me suis inscrit dans une salle de sport « pour avoir des muscles ». Avec des copains, nous nous sommes renseignés sur les sports possibles et finalement nous nous sommes inscrits dans un club de lutte de ma ville. Là, les autres se foutaient un peu de ma gueule en me comptant les côtes qui se voyaient sous la peau. C’est pour dire !

Adolescence

J’ai eu d’excellents résultats sportifs au départ parce que je me retrouvais du fait de ma grande taille dans la catégorie de poids la plus élevée pour mon âge puis, par la suite, j’ai acquis de la technique en pratiquant la compétition au niveau régional puis national. J’ai été champion de France pendant 7 ans. Pourquoi je parle de ça ici ? Pas pour me vanter mais parce que je suis convaincu que ça a un rapport avec ma prise de poids. On n’imagine pas la pression qui s’exerce sur des jeunes sportifs à un niveau élevé de compétition. Pour moi, c’étaient 3 séances d’entraînement de 2 heures chacune par semaine, la plupart des week-end pris par des compétitions, pas de sortie avec les amis et encore moins avec d’hypothétiques « petites-amies ». Mais surtout, il fallait rester dans la bonne catégorie de poids . alors régime quelque jours avant la compétition puis grosse bouffe après. Vers 17 ans, je ne pesais que 81 Kgs pour 1m88; ce qui n’est pas énorme. Le bac se profilait à l’horizon, je ne pouvais plus suivre le même rythme d’entrainement et logiquement mes résultats sportifs n’étaient plus à la hauteur, pire encore mes résultats scolaires n’étaient pas terribles non plus. Alors j’ai arrêté le sport... Tout d’un coup; Et j’ai commencé à prendre du poids. Au début, ça me faisait rigoler car j’étais persuadé que je pourrais perdre ces kilos en trop dès que je le voudrais réellement. A 18 ans je pesais 90 Kgs et j’ai repris une toute petite activité sportive mais je continuais à grossir. Avec Josée que je commençais à fréquenter à cette époque nous avons essayer toutes sortes de régimes et de méthodes pour maigrir. C’est là que nous avons commencé le yoyo. Ce phénomène n’a pas arrêté de s’accentuer au fil des années, la fac, le boulot en expatrié dans le désert du Namib en Afrique australe n’ont rien changé, au contraire, j’ai commencé à avoir des douleurs très fortes dans les vertèbres lombaires et à faire de l’hypertension artérielle

Finalement mes vertèbres se sont soudées entre elles en me laissant un peu de répit mais l’hypertension s’est aggravée. Dés mon retour en France j’ai du suivre un traitement pour la maintenir à un niveau acceptable. J’avais renoncé à essayer de perdre du poids avec un régime et je ne pouvais plus faire du sport, j’ai passé le cap des 130 Kgs et mon médecin traitant n’essayait même plus de dire que je devais maigrir mais me faisais faire régulièrement des examens ; prises de sang et autres. A 140 kgs toutes sortes de signaux d’alarmes se sont mis « au rouge » : cholestérol, diabète, tension, palpitations cardiaques, douleurs aux chevilles, aux genoux et au dos.

 Le coup de chance

J’allais tous les 2 mois chez mon médecin traitant. Cette fois-ci s’était en juillet et monsieur était parti en vacances. Je suis donc tombé sur son remplaçant, un jeune étudiant qui finissait son doctorat. Il a lu mon dossier et m’a demandé pourquoi je n’étais pas intéressé par une gastroplastie. Voyant mon air ahuri , il m’a expliqué brièvement le principe de la gastroplastie verticale avec agrafage et puis celui de l’anneau ajustable. Puis m’a raconté qu’il avait fait un stage dans le service d’un des 2 seuls chirurgiens qui pratiquaient cette opération en France. Il m’a donné ses coordonnées avec une recommandation pour obtenir un rendez-vous.

Premier contact avec le chirurgien

Franchement au départ, j’étais assez sceptique mais intéressé quand même parce que ça me semblait une approche totalement différente que toutes les bêtises que j’avais pu essayer auparavant. J’ai donc vu le chirurgien à l’hôpital Boucicault à Paris. J’ai été très favorablement impressionné par sa façon de m’interroger sur mes habitudes alimentaires, d’expliquer les problèmes et de répondre aux questions de ces patients. Il m’a montré un anneau et on calculé mon BMI. : 39,9 et des poussières à l’époque la limite venait de passer de 35 à 40. Il a déclaré que selon lui je rentrais dans les critères du protocoleet que la sécu ne devrait pas poser de problème pour la prise en charge de l’opération. Vu l’état de mes finances c’était un point très important. Il m’a aussi donné une liste d’une vingtaine d’anciens opérés à contacter et questionner et m’a demander de réfléchir pendant 1 mois avant de prendre une décision.

La réflexion

En rentrant chez moi, j’avais le sentiment que ça pouvait marcher ce système d’anneau. Pour moi, il était évident que ce système devait être gardé « à vie » mais ça ne me gênait pas : après tout lorsqu’on a une tendance à l’obèsité, c’est toute la vie qu’il faut faire attention à son poids. Et l’idée de pouvoir revenir en arrière « au cas où » était plutôt rassurante.

Dans les points négatifs, je comptais la crainte de ne plus pouvoir manger (en tout cas pas ce que j’aime), la gravité de l’intervention et les risques opératoires et le fait que je n’avais jamais entendu parler de la gastroplastie à ce jour.

En rentrant du boulot le soir je m’installais devant mon téléphone pour appeler les gens sur ma liste ; première déception pas d’homme dans cette liste. Je commencais donc à me demander si cet anneau était bien compatible avec mon activité professionnelle (informaticien à Paris avec 4 heures de transport en commun tous les jours).

Je m’attendais à des dialogues assez brefs genre question-réponses et j’ai été surpris par l’enthousiasme et la convivialité des gens que je contactais. Ce qui a achevé de me convaincre c’est que chaque fois que je demandais s’elles recommenceraient c’était un "oui" sans ambiguïté, pas la moindre hésitation.

Le choix de la date – deuxième consultation

Lors de mon deuxième entretien avec le chirurgien je lui ai donc confirmer mon accord. Au risque de faire enrager certains j’aurais pu alors me faire opérer très vite mais je voulais partir en vacances et finalement nous avons retenu une date début décembre. En attendant je devais faire toutes sortes d’examens. Tests respiratoires, fibro/gastroscopie et je ne sais plus quoi encore. A cette époque la consultation d’un psy n’était pas encore jugée nécessaire ni celle d'un nutritionniste.

Les examens

Après beaucoup de difficultés pour concilier les disponibilités de tous ces spécialistes et mes activités professionnelles. J’ai finalement choisi de faire la gastroscopie dans un hôpital proche de mon domicile et non à Paris comme les autres examens.

Là après une simple vaporisation (anesthésie locale ?) dans l’arrière-gorge on m’a introduit un tube dans la bouche jusque dans l’estomac. Impression TRES désagréable d’étouffement et surtout de frustration. Bref, moi je recommande d’insister pour avoir une anesthésie totale. Au cours de cet examen, les intervenants se sont comportés avec moi comme je l’ai toujours détesté. En me traitant comme un objet, pas d’information, pas de dialogue, juste le nécessaire pour coopérer au mieux et le plus rapidement possible : « faites-ceci , ne faites pas ça. » Quelquefois une remarque attrapée au vol: « Ah ! Il a un œsophage particulièrement long !», « Tiens c’est bizare ça ! Je vais prendre un échantillon ». Et bien sûr, aucune connaissance de ce qui est important pour une gastroplastie. En avait-il seulement entendu parler?

A la fin on m’a dit qu’on "m’enverrait les résultats". Ce à quoi j’ai répondu qu’il faudrait surtout les envoyer à mon chirurgien qui les attendait.

Mon arrivée à l’hôpital.

Muni de tous mes papiers y compris du compte rendu de cette gastroscopie arrivée 2 jours avant par la poste, Josée m’accompagne pour faire l’admission à l’hôpital. Je donne tous les papiers à l’infirmière qui m’explique gentiment comment les choses vont se passer. Tant que Josée est là, j’avais une petite appréhension pour l’opération mais rien de terrible. Finalement, elle repart à Nemours en voiture (un peu plus d’une heure de route). Bon là les choses avaient l’air de se préciser sérieusement et en même temps je commencais à me demander malgré toute la belle assurance que j’avais montré auparavant si je n’étais pas en train de faire une belle connerie. On est venu m’expliquer comment il fallait faire sa toilette à la bétadine, me raser les poils du ventre, etc …

Le coup de théatre

On devait venir me chercher pour partir au bloc… et je vois arriver mon chirurgien avec les résultats de mes examens à la main. Il m’explique que ceux-ci ont détectés des lycobacter ou hélicobacter (ou un truc comme ça) et qu’il ne peut pas m’opérer.

Ca m’a énervé un peu. J’étais prêt. Ils n’auraient pas pu le voir avant ! Et puis je me suis calmé quand j’ai vu que le chirurgien avait l’air encore plus contrarié que moi et bien sûr « ils » ne pouvaient pas savoir avant d’avoir vu le résultat de mes examens. Le chirurgien m’a expliqué que la présence de ces petites bactéries favorisait les ulcères et constituait un risque important de détérioration de la paroi de l’estomac après la pose de l'anneau; qu’il y avait un traitement simple et efficace mais qu’il fallait impérativement le faire pendant 2 ou 3 semaines AVANT la pose de l’anneau .

Et voilà je n’avais plus qu’à rentrer chez moi ou plutôt à téléphoner à Josée qu’elle pouvait revenir me chercher. Elle a été ravie !

Deuxième arrivée à l’ hôpital

Donc après avoir suivi le petit traitement en question je suis retourné à Boucicault. C’était fin décembre, il y avait un sapin de Noël dans le couloir. C’était sympa parce que les infirmières me connaissaient déjà . Je les ai toutes trouvées très compétentes et avec le même souci de la personne humaine que j’avais apprécié chez le chirurgien. Bizarrement mon angoisse de la première fois avait (presque) disparue . J’avais hâte d’en finir et j’étais déjà passé par là alors…

Une infirmière est venue m’apporter un comprimé « pour me calmer si j’avais trop d’appréhension » mais il est resté sur la table de chevet.

Un brancardier est venu pour m‘emmener au bloc:

- Bonjour Mr l’anesthésiste c’est quoi ce truc ? Ah bon c’est pour me faire dormir. Est-ce que ce sera long ? Et …

……………………… 

-Monsieur... Réveillez-vous... L’opération est terminée.

Bon je suis sur le brancard, je vois des visages qui passent rapidement. Un mec avec une drôle de bouille avec son masque et ses lunettes que je reconnais quand même être mon chirurgien…

 

Je sens que le brancard roule et ……………………..

 

La salle de réveil

(Pour moi ça aurait aussi bien pu s’appeler la salle de sommeil !)

En gros ça a fait ça :

-Ah vous êtes réveillé ? L’opération s’est bien passée tout va bien ne vous inquiétez pas.

……………………………………………………….

Monsieur. Votre femme a appelé pour prendre de vos nouvelles. Elle viendra demain …………………………………………………….

Je ne sais pas combien de temps ça a duré ces phases d’éveil de quelques minutes suivies d’une plongée dans un sommeil profond. Petit à petit, j’ai pris conscience d’un tas de trucs auxquels j’étais attaché et dont certains faisaient un potin pas possible.

Ce machin qui me serrait le bras sans arrêt pour mesure ma tension commencait à m’agacer sérieusement aussi.

Lorsque j’étais un peu plus réveillé j’ai fait aussi l’inventaire des pansements que j’avais. Ca allait! Lee chirurgien avait pu opéré par coelio et je n’avais pas de grosse incision. La perf, je m’y attendais mais je n’aimais pas du tout le drain abdominal (une espèce de tuyau qui entre dans l’abdomen) et ce qui en sortait pour aller dans un petit réservoir. Personne ne m’avait dit que j’aurais ce machin. Ca n’aurait rien changé bien sûr mais bon.

Le séjour

Toujours aussi sympa les infirmières! Les équipes de jour succédant à celles de nuit. J'ai aussi reçu des visites de Josée bien sûr mais aussi de toute la famille.

Pas la moindre envie d’avaler quoique ce soit. Normal me diriez-vous! Avec ce qu’il mettent dans la perfusion.

De douleurs vous avez-dit ?

Ben non rien du tout. Même pas mal !

Bon d’accord c’était pas la grande forme et ça me tirait un peu mais je n’ai pas eu mal. Même que les infirmières m’ont dit qu’elles n’avaient jamais vu ça. Certaines voulaient absolument me faire avaler des comprimés anti-douleurs et j’avais toutes les peines du monde … à leur faire comprendre que je n’en avais pas besoin.

Le premier repas

Grosse appréhension et sans avoir faim une sorte d’impatience de découvrir ce premier face à face avec la nourriture. J’avais été prévenu que j’aurais un repas liquide mais le spectacle du bouillon clair qu’ils mon servi était plutôt déprimant. Tout en procédant avec extrème prudence je me suis dit qu’ils ne me connaissaient pas … un tout petit bol de bouillon ... pour moi ?

Lorsque j’ai vu que je ne suis pas arrivé à vider mon petit bol de bouillon j’ai trouvé ça amusant et j’ai commencé à y croire réellement.

Le retour à la maison

Muni de mon petit livret-guide du parfait petit gastroplastié et avec tout le programme des prochains mois en menus gentiment composés par la diététicienne je suis rentré chez moi après 3 jours passés à l'hôpital et avec 2 semaines d’arrêt de travail.

J’ai suivi les instructions à la lettre ne voulant pas prendre aucun risque. On avait acheté une petite moulinette électrique pour préparer les repas de bébé. Josée me surveillait pendant les repas ça la faisait rigoler de me voir caler sur 3 cuillères à soupe de bouffe moulinées.

 Premier blocage

Forcement, plus le temps passe plus on s’enhardit. On essaie un peu plus, pour voir jusqu’où on peut aller et puis un jour …on voit ! ...

Donc direction les toilettes et tout ce qui était en trop est ressorti. Le fait de régurgiter ainsi ne me gênait pas. Mon inquiétude c’était ce que ça pouvait avoir comme conséquences sur le placement de l’anneau.

Premier serrage

Là j’ai un trou de mémoire c’était un mois ou deux après l’opération. Je commencais à manger presque de tout. On m’avait prévenu que je risquais de devoir revenir au mouliné après le serrage. Donc visite à la radiologie de Boucicault avec un radiologue qui étudiait minutieusement chaque geste de mon chirurgien pour s’informer sur la technique. Donc sous rayons X on m’a fait boire le machin infâme opaque aux X .Pour moi ça avait un arrière-goût anisé mais je sais qu’il en faisait aussi à la vanille et au chocolat. Le chirurgien a appuyé comme un sourd au niveau du boîtier avant d’injecter le liquide physiologique mais je n’ai ressenti aucune douleur. J’ai bu à nouveau du machin à l’anis et le chirurgien a eu l’air satisfait de ce qu’il a vu à la radio.

 La phase d’amaigrissement

Là je vais devoir résumer sérieusement car c’est une période qui s’étale sur 18 mois environ.

Mais bon, j’ai perdu progressivement sans faire de palier un peu plus rapidement au-début bien sûr mais assez régulièrement en général. J’ai ré-introduit progressivement une alimentation « normale » en essayant de varier les menus et de faire en sorte de ne manquer de rien.

En reprenant mon boulot. Je répondais aux questions posées mais je me suis refusé à devancer l’information sauf à mes plus proches collègues avec qui je devais déjeuner. Au bout de quelques temps, j’ai été forcé de constater que malgré tout ce que j’ai pu leur dire ils continuaient à manger en dix minutes en discutant et en s’énervant à propos du boulot. Après m’être rendu malade inutilement  à plusieurs reprises: J’en avais un peu marre d’expliquer encore et toujours que  « non je ne finirais pas ce que j’ai sur mon plateau repas » et que « oui  ça allait même si je ne parlais pas tout le temps mais que j’avais besoin de calme et de temps». Finalement j’ai laissé tombé les repas avec les collègues et je me contentais de petites collations que j’emmenais de la maison (c’est d’ailleurs ce que je fais encore actuellement).

Revenir à la page principale