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Première période : Entre l'opération  et le premier serrage

Aujourd'hui, le séjour à l'hôpital est considérablement raccourci. L'opération n'est quand même pas benigne, faiblesses, courbatures et parfois quelques douleurs sont donc monnaie courante comme avec toutes opérations du même ordre.

La première confrontation avec la nourriture a normalement lieu à l'hôpital. La perfusion suppléait jusque là les besoins alimentaires immédiats et psychologiquement c'est une épreuve attendue par le patient. Il est d'ailleurs surprenant de constater à quel point l'ensemble du personnel médical semble négliger l'importance de cette étape cruciale du point de vue du patient. Il n'est pas rare que celui-ci soit complètement livré à lui-même ou aux mains de personnel non informé. Bon! d'accord! A l'hôpital public pas la peine de s'attendre à voir arriver une choucroute garnie le lendemain de l'opération...

Chacun réagit à sa manière bien entendu mais il est clair que beaucoup attendent sans y croire de "voir" si l'anneau va les empêcher de manger  ce premier repas ou à l'inverse ils ont peur de plus rien pouvoir manger du tout. Bref c'est attendu comme un moment de vérité.

Quelquesoit le résultat bien sûr ça n'a pas grande signification, l'ensemble du système digestif a été tellement stressé pendant l'opération, irritation, oedême ou autres réactions, que l'appétit et la satiété ne veulent plus rien dire.

Il est fréquent de voir les patients confondrent cet état à celui qu'ils devraient avoir dans les mois suivants. C'est naturel mais complètement erroné. Malheureusement le personnel médical n'informe  qu'exceptionnellement les patients sur ce point. Si on se pèse à ce stade on a généralement perdu quelques kilos et on se retient pour ne pas crier victoire. Mais de retour à la maison, on se retrouve  dans un cadre familier, en arrêt de travail , loin des yeux du chirurgien et des infirmières et les jours passant l'oedême se résorbe, les inflammations se calment et les vieux démons ressurgissent. Après un court instant de  résistance générée par les bonnes résolutions prises avant l'opération, le patient constate avec horreur : 1 qu'il a faim, 2  qu'il ne perd plus de poids ou pire qu'il reprend les malheureux kilos perdus à l'hôpital.

C'est la panique, le doute chez des personnes qui sont bien souvent naturellement portées à l'incertitude et aux crises de dépressions. Même si le chirurgien a bien expliqué ce qui va se passer après l'opération  (ce qui n'est que très rarement le cas) la réaction psychologique irrationnelle est renforcée par le contre-coup du choc opératoire et le calme routinier qui suit l'excitation associée à l'intervention. "Ca ne marche pas", "Je fais partie du petit pourcentage d'échec d'anneau", " J'ai eu tort d'y croire; j'aurais du savoir que rien ne marche avec moi". Bref le doute absolu et la grosse déprime.

Devant l'indifférence très "professionnelle" du personnel de santé sensé assurer le suivi des patients je conseille fortement aux patients de prendre contact à ce stade avec d'anciens opérés. Soit par le biais d'internet, soit par téléphone par le biais d'associations de gastroplastiés qui existent maintenant dans toutes les régions de France.

L'anneau gastrique ajustable ne montre son efficacité qu'une fois AJUSTE. Et bien entendu un ajustement REUSSI est nécessaire. Si le premier ajustement est insuffisant l'efficacité devra attendre l'ajustement suivant.

Mais pourquoi l'anneau ne fonctionne-t-il pas dès le début ?

Simplement que pour 90 % au moins des patients l'anneau est posé avec un remplissage correspondant à un diamètre de rétrécissement de 15  à 20 mm ce qui ne gêne pratiquement pas un estomac normal (non stressé par une intervention chirurgicale). Bien sur un excès brutal de nourriture sera gêné mais ce n'est pas suffisant pour avoir une véritable efficacité sur la perte de poids. L'explication est bien sûr qu'il faut impérativement que l'anneau soit ajusté pour que l'efficacité apparaisse.

Entendons-nous bien: au début , l'anneau (ou plutôt l'ensemble anneau-tuyau-boitier) NE PEUT EN AUCUN CAS être vide, de fait au moment de l'intervention le circuit est rempli de liquide (sérum physio ou liquide spécial suivant le fabricant) car il ne doit pas contenir d'air. Mais c'est un simple remplissage, c'est le resserrage qui va provoquer une surpression et l'inflation du ballonnet de l'anneau et ainsi fermer le diamètre du passage.

On a coutume de qualifier le serrage par le nombre de centimètres-cube injecté en plus dans le circuit mais ceci est trompeur.

Pour un anneau, un boîtier et une certaine longueur de tuyau donnés 1cc injecté impliquera une certaine dimminution du diamètre, pour un ensemble différent (même un seul des composants de l'ensemble) ce même cc aura un effet différent. De plus , chacun de nous est naturellement différent: tant par les dimensions de l'oesophage ou de l'estomac que leur élasticité. Sans même parler de différences subtiles dans le positionnement de l'anneau autour de l'estomac il est clair qu'on peut difficilement comparer les ajustements d'anneaux d'un opéré à l'autre.

Voilà l'opéré equipé avec un anneau gastrique correctement ajusté qui sort du cabinet de radiologie. Pour lui va commencer une nouvelle période qui comporte aussi ses propres pièges et la remise en cause de certitudes acquises plus ou moins récemment. C'est la deuxième étape du parcours post-opératoire.

  Période 2

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