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| LES
CHAMPIGNONS Toxiques et Comestibles | |
Identifier
avec certitude un champignon est parfois un exercice délicat, surtout pour
un amateur. Il existe en effet des espèces très voisines et les
caractères d'un champignon peuvent varier selon son âge et les conditions
atmosphèriques.
Quelques remarques général constituentdes
indications : saison de récolte, lieu, champignon isolé ou en groupe...
Mais l'identification précise repose sur l'étude des caractères
botaniques du champignon.
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La Forme Générale
Les champignons se présentent sous des formes très différentes, parfois spécifiques à une famille :
-
classique en parapluie (amanite, agaric, lépiote...)
-
massive avec un pied plus ou moins renflé (bolet)
- en entonnoir (lactaire)
-
convexe puis en entonnoir (girolle)
- alvéolée comme une éponge
(morille)
- sphérique (vesse de loup, truffe...)
Le Chapeau
Sa forme évolue
pendant le développement du champignon. Il peut être plan, convexe,
déprimé, conique, mamelonné...
La couleur, quelque
fois particulière, varie avec l'âge et les conditions atmosphériques
(chaleur, humidité).
La cuticule (revêtement du chapeau)
est caractèristique d'une espèce. Elle peut être lisse, visqueuse,
ridée, fibrilleuse,
recouverte de plaques écailleuses ou de
petites verrues...
L'hyménium (dessous du chapeau) peut se présenter
sous forme de tubes (bolets),
d'aiguillons (hydnes, dont le pied-de-mouton)
ou, cas le plus fréquent, de lamelles.
La couleur de celles-ci, leur
forme et leur mode d'insertion sur le pied constituent de précieuses indications.
Le Pied
De forme cylindrique,
massive ou grêle, renflé, torsadé ou coudé, il peut
être centré ou excentré par rapport au chapeau.
Sa surface
est lisse, striée, ponctuée, réticulée...
La présence ou l'absence d'ornements est un élément d'identification important :
- l'anneau, simple ou
double, est remontant ou retombant (on parle alors de collerette), en bourrelet,
coulissant, strié... ;
- la cortine est un fin voile filamenteux, plus
ou moins visible ;
- la volve, membraneuse, ample, circoncise ou engainante...
permet de reconnaître certaines espèces comme les amanites. Elle
est donc nécessaire à l'identification du champignon.
La Chair
Son aspect,
sa couleur variant ou non à l'air lors de la cassure, le suintementéventuel
d'un lait, une odeur plus ou moins
spécifique, ainsi que sa saveur
douce, âcre ou amère sont à examiner avec attention pour faciliter
la reconnaissance
des espèces.
Le
meilleur moment pour ramasser les champignons est le matin. Inutile de vous précipiter
lorsqu'il pleut, attendez
quelques jours que le sol ait séché
un peu au soleil. Dans certains départements, la cueillette intensive est
interdite ou limitée. Renseignez-vous sur la réglementation locale
avant de partir.
Le matériel indispensable
- un panier large et peu profond, qui poura être compartimenté pour séparer les espèces. Les sacs en plastique sont à proscrir car les champignons s'y entassent, se brisent et fermentent.
- un bâton pour écarter broussailles et fougères.
- un couteau. Si le champignon est identifié avec certitude, sectionnez le pied au ras du sol. En cas de doute, déterrez la totalité du champignon en faisant pivoter le pied et en vous assurant que tous les éléments de reconnaissance sont présents.
Les cinq commandements du cueilleur
Ramassez uniquement les espèces connues, en prélevant seulement la quantité nécessaire à vos besoins.
Rebouchez les trous laissés par la cueillette pour protéger le mycélium.
Laissez
sur place les éléments trop jeunes et trop petits, parfois difficilement
identifiables, ainsi que les spécimens
trop vieux ou véreux,
peu intéressants sur le plan culinaire mais qui assurent la dissémination
des spores.
Evitez de détruire
les espèces non comestibles, vénéneuses ou dont vous
ne voulez pas, elles peuvent intéresser
d'autres cueilleurs ou se reproduire.
Respectez la nature, l'environnement, la faune, et la propriété d'autrui.
Les champignons sont généralement consommés le jour de leur récolte, après avoir coupé l'extrémité terreuse du pied.
Cèpes et apparentés
Séparer
le chapeau du pied, éplucher finement avec un petit couteau et essuyer
avec un linge sec.
Eliminer les tubes, lames ou aiguillons vieux ou spongieux.
Girolles, Trompettes-de-la-mort
Passer sous un filet d'eau froide en insistant sur les lamelles pour les débarrasser des débris et brindilles.
Morilles
Plonger
dans une bassine d'eau tiède et laisser tremper 5 à 10 minutes.
Après
nettoyage, les champignons peuvent se conserver jusqu'à 24 heures au réfrigérateur,
en évitant les récipients en aluminium.
Attention ! Les champignons consommés crus sont très souvent toxiques. Il faut donc les cuire au moins 10 à 15 minutes, que ce soit au four, à l'étuvée ou à la poêle.
Congélation
Durée de conservation : 6 mois. Laver les champignons et les couper en tranches fines, les faire éventuellement précuire, puis les emballer par portions dans des sacs plastiques.
Conserves
Nettoyer et laver les champignons, les faire cuire à l'étouffée 15 à 20 minutes en assaisonnant légèrement. Placer dans des bocaux avec le jus et stériliser.
Dessication
Certaines
espèces s'y prêtent bien : bolets, morilles, chanterelles, trompettes-de-la-mort,
lépiotes...
Nettoyer les champignons, sans les laver, et les couper
en lamelles. Etaler ces lamelles sur un torchon ou les enfiler sur un fil, et
placer dans un endroit sec, ventilé et à l'abri de la lumière,
ou sécher au four, porte entrouverte, à 40°C pendant quelques
heures. Avant utilisation, faire tremper une vingtaine de minutes dans l'eau tiède.
Riches en eau, pauvres en lipides et protéines, les champignons apportent des vitamines B1, B2, PP, ainsi que des éléments minéraux : sodium, potassium, magnésium. Leur faible valeur calorique (25 à 40 kcal pour 100g) en fait un aliment idéal, mais leur mode de cuisson ou les plats qui les accompagnent les rendent parfois très riches et difficiles à digérer !...
Pratiquement toutes les familles et tous les genres de champignons présentent des espèces vénéneuses. Ces toxines résistent à la chaleur de la cuisson et sont rapidement absorbées par l'intestin. La plupart des intoxications débutent par des troubles digestifs (nausées, vomissements, crampes abdominales, diarrhées). LE délai écoulé entre le repas et la survenue des premiers malaises constitue une indication importante.
Intoxications précoces : moins de 6 heures après ingestion
Elles sont généralement bégnines, bien qu'accompagnées de symptômes parfois spectaculaires. LEs troubles varient selon le type de champignon et la quantité ingérée.
Intoxications tardives : plus de 6 heures après ingestion
Elles sont plus graves et parfois mortelles. Les toxines lèsent les cellules d'organes essentiels, en particulier le foie et les reins.
-
Cueillir et consommer uniquement des champignons parfaitement identifiés.
-
Savoir reconnaître les amanites mortelles.
- Dès les premiers symptômes, appeler le centre antipoison le plus proche ou composer le 15 ou 18
Centre
Anti-poison | |
Angers | 02
41 48 21 21 |
Bordeaux | 05
56 96 40 80 |
Lille | 03
20 44 44 44 |
Lyon | 04
72 11 69 11 |
Marseille | 04
91 75 25 25 |
Nancy | 03
83 32 36 36 |
Paris
| 01
40 05 48 48 |
Reims | 03
26 86 26 86 |
Rennes | 02
99 59 22 22 |
Rouen | 02
35 88 44 00 |
Strasbourg | 03
88 37 37 37 |
Toulouse | 05
61 49 33 33 |
-
Suivre exactement les instructions du médecin régulateur.
- Allonger
le malade sur le côté, le couvrir et le rassurer.
- Demander l'heure
du dernier repas de champignons
- En l'absence d'instructions formelles, ne
rien faire avaler et ne rien donner à boire (ni eau, ni lait, ni boissons
alcoolisées).
- Récupérer si possible les restes du repas,
les épluchures ou, à défaut, prélever un peu de vomissure,
afin de permettre l'identification des champignons et la mise en oeuvre d'un traitement
efficace.
Sachez reconnaître les champignons mortels.
Les Amanites mortelles
Elles
possèdent trois caractéristiques : des lamelles et des spores blanches
sous le chapeau, un anneau (plus ou moins visible) au tiers supérieur du
pied et une volve membraneuse en forme de sac au bas du pied.
Du fait de la
couleur vert olive ou vert jaunâtre de son chapeau, l'amanite phalloïde
peut être confondue avec l'amanite citrine, comestible (très médiocre,
à éviter). Les amanites vireuse et printanière peuvent se
confondre avec des agarics comestibles à chapeau blanc, mais ces derniers
ont toujours des lamelles roses et sont dépourvus de volve.
La Lépiote brunâtre
Poussant
sur des terres riches (prés, jardins, bois), elle possède un petit
chapeau de 2 à 6 cm de diamètre, de couleur brun ocré avec
de petites écailles. Les lamelles sont blanches, le pied rose pâle,
la chair blanche rosée.
D'une manière générale,
toutes les petites lépiotes toxiques ont en commun une coloration rose,
orangée ou fauve dans tout ou partie du champignon.
Par mesure de prudence,
ne consommer que les lépiotes dont le pied est élevé et dont
le chapeau mesure au moins 10 cm.
Les Cortinaires mortels
Petits, ils se rencontrent dans les forêts de conifères en altitude. Plusieurs espèces sont considérées comme mortelles : cortinaire couleur de rocou, cortinaire resplendissant, cortinaire pourpre... Devant la diversité de ce groupe et les nombreuses confusions possibles, il est plus prudent de rejeter tout cortinaire présentant la moindre trace de rouge ou d'orangé sur le pied ou le chapeau.
Le Gyromitre
Parfois confondu avec la morille, le gyromitre s'en distingue cependant par un chapeau aux circonvolutions cérébriformes (rappelant le cerveau), de couleur marron à roux. Il pousse essentiellement sur des souches en décomposition, dans les pinèdes et les landes à bruyères.