QUELQUES CONSEILS POUR LES CHAUSSURES DE SPORT
- La chaussure doit être considérée comme l'habillage, la protection du pied, lui laissant toute sa liberté, sans l'agresser. Ceci est essentiel et lorsque le sportif choisit ses chaussures, il ne doit pas se laisser influencer par des critères commerciaux, à savoir :
- - critères esthétiques (chaussure plus féminine),
- - critères de tenue de route, tout terrain,
- - critères qui sous-entendent une meilleure performance.
- Tout ceci n'étant très souvent que des critères de vente. Chacun sait que les grands coureur ne gagnent pas grâce à leurs chaussures. Il vaut donc mieux une chaussure moyenne qui allie plusieurs qualités et qui s'adapte plus facilement à chaque coureur.
- A l'achat d'une paire de chaussures, le premier critère à considérer est l'aspect subjectif du confort : son poids doit être adapté à celui du coureur (fig. 6). Le pied doit être libre, laissant un doigt d'écart entre le talon et la chaussure pour le "gonflement du pied" lors de la course.
- Au niveau du talon : le talon doit être tenu en "pince", car l'étalement du coussinet graisseux diminue l'amortissement des chocs.
- Trop souvent, des fabricants préconisent la semelle externe débordante afin d'avoir une meilleure tenue de route. Or, la chaussure ne doit pas tenir la route, mais le pied ! Trop d'adhérence au sol implique une perte de vitesse, donc l'obligation d'augmenter la puissance de l'effort, ce qui demande une plus grande dépense d'énergie. De plus, ces semelles débordantes ne font qu'augmenter l'usure et les contraintes, car le point de contact talon-sol sera bien en arrière du point de contact du calcanéum. Il vaut donc mieux une chaussure avec coque talonnière solide, insérée sous la semelle interne, et avec une semelle externe biseautée à l'arrière. Le point de contact de la semelle coïncidera avec l'appui calcanéen.
- La voûte ou arche interne : c'est souvent un critère subjectif de confort, un argument de vente. En réalité elle est sans intérêt, sauf pour les pieds très creux; elle peut aider seulement à la circulation de retour.
- La semelle au niveau de l'avant pied est souvent trop étroite et le 5ème orteil se trouve à l'extérieur de la semelle touchant le sol (fig.7). Il faut donc que la semelle, au niveau de l'avant-pied, soit suffisamment large pour permettre l'étalement complet de la palette métatarsienne lors de l'amorti et de la propulsion. Il serait intéressant de confectionner des morphotypes de semelles de différentes largeurs de l'avant-pied, avec en plus un véritable "jantage" de ce bord externe de roulement, afin de protéger le 5ème orteil.
Enfin, comme nous l'avons vu précédemment, le pied travaille en torsion, la semelle doit donc avoir un axe courbe, laissant ainsi toute sa liberté de mouvement au pied. Dans le cas d'une insuffisance de souplesse de la semelle en torsion, l'entaille de la semelle extérieure dans le sens de la torsion permettra un certain assouplissement.
- La tige, réalisée le plus souvent en polyester avec renforts de cuir doit être légère, solide et confortable, non-agressive. Le coureur doit pouvoir, s'il le désire, utiliser la chaussure sans chaussettes, diminuant ainsi les frottements pied-chaussette. Par contre, les coutures internes ne doivent pas agresser, surtout au niveau de l'ongle du gros orteil et du 5ème orteil.
Les plis de flexion doivent se trouver au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne et non pas en distal, car il y a report de mobilité articulaire vers l'arrière et douleurs (fig.8).
- Le laçage ne doit pas commencer trop bas, afin de ne pas gêner l'étalement de la palette métatarsienne jusqu'au 5ème orteil. Il ne doit pas gêner non plus la mobilité en flexion dorsale des orteils. S'il y a gêne, nous débutons le laçage plus haut, laissant ainsi libre l'avant-pied.
- Certains fabricants proposent actuellement un laçage en deux parties permettant d'une part de régler l'avant-pied, et ensuite le serrage de l'arrière-pied.
- La languette, souvent utilisée uniquement dans un but de support publicitaire, est quelquefois trop courte et peu épaisse, et ne peut assurer pleinement son rôle de "cale" maintenant l'arrière-pied à sa place lors des descentes. Afin de compenser cet inconvénient, il suffit lors de la course, avant la descente, de mettre un petit "rembourrage" au niveau de la languette, entre celle-ci et le pied. Certains fabricants ont pensé à ce problème de maintien du talon vers l'arrière, grâce à un laçage supplémentaire, tendu du talon de la chaussure au-dessus de la tige (fig.9).
- D'autre part, on préfèrera l'utilisation de lacets de coton, épais et accrocheurs plutôt que des lacets plastifiés, rigides et glissants qui se dénouent lors de la course à cause des mouvements constants de rotation dans le médio-tarse.
- La chaussette, bien qu'elle fasse l'objet de nombreuses études d'instituts textiles, elle ne semble pas essentielle hormis les problèmes de mycoses, affections qui touchent de nombreux coureurs. En coton ou en synthétique, elle ne doit pas créer de frictions cutanées. Sa seule vraie indication doit être d'éviter l'introduction de "petits cailloux" dans la chaussure, alors peut-être pouvons-nous préconiser le port de guêtres plutôt que de chaussettes.
- L'étude que nous venons de faire sur le pied et la chaussure de jogging, nous a permis de constater un rapport certain entre la dynamique du pied et l'usure, la déformation de la chaussure, à savoir :
- - une usure plus importante au niveau de la semelle correspondant à l'absorption des chocs et pressions.
- - une usure de la tige correspondant à l'effort de propulsion.
- Il serait souhaitable que les acquisitions portant sur ce thème influencent favorablement les techniciens spécialisés dans la mise au point de ce type de chaussure; car, trop de fabricants à l'affût d'un nouveau "look" fabriquent pour vendre. La chaussure ne doit pas être faite pour les yeux, et le "jogger" ne doit pas se laisser séduire par des innovations, des nouveautés qui, à elles seules ne font pas la bonne chaussure. La chaussure, pour être une bonne alliée, doit rester discrète et se faire oublier.
- Enfin, il est évident que les records des grands marathoniens ne sont pas dûs aux chaussures mais à un entraînement quotidien qui doit être progressif, régulier et persévérant. L'athlète doit aussi savoir courir pieds nus, sur terrain adapté bien sûr, de manière à endurcir son épiderme plantaire et acquérir une certaine expérience sensorielle et proprioceptive.
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