CAUSES POSSIBLES DES DOULEURS APRÈS PROTHÈSES DE HANCHES

    Les prothèses totales de hanches ont bouleversé le traitement de l’arthrose de la hanche et ont permis aux arthrosiques voués à une impotence majeure de mener une vie presque normale. Les malades et les médecins ont l’habitude de résultats brillants mais comme tout traitement chirurgical, des complications sont possibles.
La luxation de hanche (de 1 à 2 % des cas)
    Elle est favorisée par des mouvements inappropriés. Si elle est répétée, il s’agit alors d’un défaut de positionnement de cette prothèse et une réintervention est utile.
L'infection de la prothèse (2% des cas)
    C’est la complication la plus grave ; elle est soit précoce, au décours de l’intervention, soit tardive et favorisée par dune infection (abcès dentaire, infection urinaire sévère…).Elle se manifeste par des douleurs d’abord mécaniques, puis constantes, associées à un syndrome inflammatoire (VS et CRP élevées). Dans la plupart des cas, il faut enlever la prothèse, traiter le malade plusieurs mois par antibiothérapie, dont les six premières semaines par voie veineuse.Le pronostic est meilleur actuellement grâce aux progrès chirurgicaux, à la rééducation précoce et à l’efficacité des nouveaux antibiotiques.
Les ossifications périprothétiques.
    Elles se voient de moins en moins fréquemment grâce à une meilleure technique chirurgicale et la prévention par les AINS ou encore, selon de rares auteurs, à la radiothérapie.

    Elles se voient essentiellement chez les hommes à surpoids, atteints d’une hyperostose vertébrale. Elles entraînent une douleur et une raideur de l’articulation opérée.

Le descellement
    C’est la complication la plus fréquente. Elle est favorisée par l’excès d’utilisation de la prothèse (sport inadapté, activité physique trop importante).

    Il est surtout localisée au cotyle et justifie une réintervention ; une greffe osseuse est souvent nécessaire pour consolider le cotyle.

    Parfois, le descellement est lié à l’existence d’une granulome par réaction aux débris de la prothèse, métalliques ou polystyrène ou ciment. Les pertes de substance sont alors importantes et une nouvelle prothèse doit être posée rapidement.

La bursite du psoas (complication rare)
    Le muscle psoas cravate en avant l’articulation coxo-fémorale ; en cas de débord de la prothèse ou d’excès de ciment, il peut y avoir un conflit entre le muscle et la prothèse, avec une douleur à la flexion-extension.Son traitement est difficile : soit infiltration, soit nécessité de modifier chirurgicalement la position du cotyle
Après trochantérotomie
    Certains chirurgiens utilisent comme voie d’abord dans la hanche une trochantérotomie ; celle-ci nécessite un cerclage métallique et les fils trochantériens peuvent céder précocement et entraîner une pseudarthrose du grand trochanter
    La PTH est une intervention très thrombogène
    La prévention par anticoagulants est indispensable avec un risque d’embolie pulmonaire. Le traitement anticoagulant devrait être poursuivi un mois au minimum associé à des bas de contention. Cette intervention est réalisée sur des sujets âgés avec fréquemment une hypertension artérielle et une insuffisance coronarienne. La décompensation d ces pathologies est fréquente, d’autant plus qu’il s’agit de malades anémiés, malgré les autotransfusions.

    Enfin, il s’agit de malades polymédicamentés ; il faudra se méfier des associations médicamenteuses dans les suites opératoires.

La durée de vie de la prothèse
    Un problème fondamental est la durée de la prothèse qui, classiquement, " dure " environ quinze ans. Cette notion est plutôt théorique et dépend de l’usage que le patient va faire de sa prothèse. Une prothèse totale de la hanche est faite pour avoir une hanche non douloureuse et mener une vie personnelle et sociale normale. Le bon sens conseille d’éviter les activités physiques et sportives non adaptées ou importantes. Bien heureusement, dans plus de 80 % des cas, les résultats sont bons ou excellents.