UN PEU D 'HISTOIRE . . .

 

En 1862, la découverte du papyrus de Smith apporta la preuve de ce que l'on soupçonnait depuis longtemps: les Egyptiens maîtrisaient déjà il y a 4000 ans certaines techniques chirurgicales. L'emploi d'aiguilles à chas en os, de fil de lin et même de bandelettes adhésives était assez répandu et la conservation des momies en est un fameux exemple.

Les Indes aussi utilisaient, 2000 ans avant notre ère, de multiples types d'aiguilles (rondes, triangulaires...) et même des narcotiques.

C'est à Hippocrate (460-370), au cours de la période gréco-romaine, que l'on doit la notion de suture par première intention et Galien (131-201) utilisait de fines cordes pour les sutures. Il faut noter que le nettoyage des plaies constituait déjà une priorité. C'est également vers cette période que les agrafes pour fermeture cutanée trouvent leur origine. En effet, les Egyptiens utilisaient de grandes fourmis qu'ils appliquaient à cheval sur les berges de la plaie, de telle façon que leurs pattes accrochent chaque berge. Puis ils leur coupaient la tête, ce qui entrainait une contraction réflexe des pattes et rapprochait les lèvres de cette plaie tout en maintenant la fourmi accrochée.

Les Arabes apportèrent aussi leur tribut en recommandant l'emploi de la corde de violon pour la chirurgie viscérale et celui des crins de chevaux pour les plans cutanés.

De nombreux matériaux furent donc utilisés au fil des années : boyaux séchés , tendons séchés , bandes de peau d'animaux, crins de chevaux, cheveux de femmes, fibres de bouleau, lin, chanvre, herbes diverses ...

Mais avant l'introduction de l'asepsie, la pose des points de suture posait de grands problèmes puisqu'elle était inévitablement associée à une infection . C'est au XIIème siècle que les notions de propreté furent largement propagées par l'Ecole de Bologne en Italie qui insistait sur la nécessité d'avoir des plaies propres, nettes et sèches pour cicatriser et également sur la nécessité d'utiliser des éponges imbibées d'opium pour atténuer la douleur du patient.

L'époque de la Renaissance marqua une grande étape dans l'histoire de la chirurgie, notamment grâce à Ambroise PARE (1510-1590) qui rédigea de nombreux traités sur le sujet. Il utilisait diverses techniques afin de rapprocher les berges d'une plaie pour en faciliter la cicatrisation et en voici deux exemples :

-"La suture entortillée": une aiguille droite pénétrait les 2 berges de la plaie et le matériel de suture était entortillé en forme de huit autour des extrémités de l'aiguille . Cette technique était employée avant l'apparition de l'anesthésie au XIXè siècle et notamment au niveau des lèvres .

-"La suture agglutinée": deux pièces multipointes trouées à l'extrémité de chaque pointe était collées à la surface de la peau symétriquement par rapport aux berges de la plaie . Les fils passait au travers des trous et permettait le rapprochement des berges .

Au XVIème siècle également, André VESALE (1514-1564) publia son "De Humanis Corporis Fabrica", ouvrage de référence en anatomie mais dans lequel les points de suture classique étaient décrits avec soin.

Il faut attendre le XIXème siècle afin que de réels progrès soit faits en matère d'aseptie. L'Autrichien Ignace SEMMELWEIS (1818-1965) démontra par ses travaux la nécessité absolue du lavage des mains. Bien sûr, Louis PASTEUR (1822-1895) donna le coup d'envoi de la microbiologie et le 29 avril 1878, sa "théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie", présentée devant l'académie des sciences, insista sur la propreté parfaite des instruments et le nettoyage scrupuleux des mains du chirurgien.

LISTER (1827-1912), admirateur des travaux de PASTEUR, les mit en pratique: tout, du malade au sol de la salle d'opération était traité au Phénol et les ligatures étaient plongées dans l'huile d'olive phénique.C'est aussi LISTER qui mit au point en 1881 le catgut chromé. CLAUDIUS (1902) inventa la stérilisation du matériel par iodure de potassium .

C'est en 1874 qu'une infirmière inventa la première aiguille sertie: l'aiguille Eurêka.

Jusque 1930 , les fils les plus utilisés étaient le catgut et la soie (+/- le lin et le coton). Les fibres synthétiques non-résorbables sont apparues à partir de la seconde guerre mondiale (nylon dès 1940) .

Le premier fil synthétique résorbable est, lui, apparu en 1970 : l'acide polyglycolique (PGA) : DEXON® pour les laboratoires Davis et Geck Corporation , ERCEDEX® pour les laboratoires français Robert et Carrère Lederle .

Depuis de nombreux fils ont fait leur apparition sur le marché , traduisant l'impossibilité de fabriquer le fil idéal pour toutes les situations. Ceci provoque le grand engouement des chercheurs à la découverte d'un fil "révolutionnaire", aidés par l'avancée des technologies de fabrication de matériaux synthétiques et poussés par le profit financier potentiel .

                 

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