Les valeurs cycliques

Les valeurs cycliques se caractérisent par leur sensibilité à certains cycles industriels.

Ce sont des actions de sociétés qui ne dominent pas le processus des coûts de revient, parce que ceux-ci dépendent de variables totalement extérieures et souvent imprévisibles. Une entreprise qui affine de l'aluminium ou celle qui fabrique de la pâte à papier voit ses ventes et surtout ses bénéfices totalement liés à la valeur internationale de la matière première qu'elle transforme. De même, si le cours international du baril de pétrole s'effondre, la capacité bénéficiaire d'une société de raffinage s'en trouvera totalement bouleversée. Les prix de vente seront alors ajustés en fonction des nouvelles données du marché, plus ou moins parallèlement aux coûts de revient.

Contrairement par exemple à une société pharmaceutique qui a peu de raisons de se soucier de ses coûts d'achats de matière première, parce que ces derniers sont relativement stables.

La caractéristique des actions cycliques est donc d'être plus sensible aux cours internationaux des matières premières qu'au développement de leurs ventes.

Car ce n'est pas la croissance du chiffre d'affaires qui fait le cours de Bourse, mais bien les bénéfices. Les valeurs cycliques suivent donc des parcours boursiers souvent totalement déconnectés de la tendance générale. Elles peuvent baisser alors que les autres actions progressent fortement, et inversement.

Elles méritent pour cela une analyse particulière.

Les valeurs cycliques doivent être maniées avec précaution: nul ne peut prédire avec exactitude le début ou la fin d'un cycle. Mais ce qui est sure, c'est que le PER - outil de mesure privilégié de la cherté d'une action - doit être analysé avec la plus grande prudence. Car en fin ou en début de cycle, il peut prendre des valeurs qui, dans l'absolu, paraissent aberrantes.

Il n'est pas rare en effet qu'au plus haut d'un cycle de croissance, le PER par exemple des entreprises automobiles atteigne des niveaux très bas, qui ne traduisent pas un signal d'achat, mais une anticipation de baisse de la rentabilité, que le changement de cycle va tôt ou tard induire. Inversement: à la fin de la phase de baisse du cycle, les PER sont anormalement élevés, tout simplement parce que le changement de cycle, favorable, a déjà été intégré dans les cours.

La Bourse gomme et anticipe les cycles dans les cours, ce qui fausse sensiblement les critères d'analyse.



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© A Moreaux

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