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Hyboclypus gibberulus (Agassiz, 1839).
Localisation du type.
Holotype : des marnes à Ostrea acuminata de la région de Soleure (Suisse) et de la collection du Musée de Carlsruhe, moule M57 .
Description.
En vue supérieure gibberulus présente une forme générale variable, certains individus sont ronds et d'autre allongés, avec toutes les formes intermédiaires, le rapport largeur/longueur varie entre 0,88 et 1.
La face inférieure est pulvinée, elle est déprimée à la fois par les cinq ambulacres et le péristome. Celui-ci est de petite taille, ne présente pas de scissures buccales et il se trouve en position nettement antérieure.
La face supérieure est tout à fait particulière. L'ambulacre impair est proéminent et forme une sorte de carène, plus ou moins marquée suivant les individus. L'apex se trouve en position légèrement antérieure, il est allongé et les ocellaires II et IV séparent les génitales 1-2 et 3-4. les plaques apicales sont parfois conservées, et nous avons figuré une série d’apex. On note la présence d'un ou plusieurs plaques complémentaires. et nous avons observé la présence de la cinquième génitale sur V3316.
Le périprocte se trouve au fond d'un sillon anal bien marqué.
Les cinq aires interambulacraires, mesurées à l'ambitus, ne sont pas égales entre elles, l'impaire est la plus large et les paires antérieures les plus étroites. Les faces supérieures et ambitales portent un tapis uniforme de tubercules crénelés et percés. Les tubercules de la face inférieures sont hétérogènes.
On n'observe pas la formation d'un plastron dans l'interambulacre impair.
Les cinq aires ambulacraires, mesurées à l'ambitus, sont inégales, les paires postérieurs sont plus larges. La zone porifère ambitale est minuscule, et presque tout l'ambulacre est occupé par la zone interporifère, qui porte des tubercules crénelés et percés.
La structure ambulacraire est la suivante : en région sus-ambitale et ambitale les plaques sont larges et basses et portent plusieurs tubercules, puis à la face inférieures elles s'allongent et ne portent bientôt plus qu'un seul tubercule. Enfin en région adorale les pores se disposent sur trois rangs et on observe la présence de plaques occluses: formation d'un petit phyllode.
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Espèces voisines.
Une seule espèce
Répartition et Milieux de dépôt.
En France, gibberulus est rencontré du Bajocien à l'Oxfordien du bassins parisien. On le trouve aussi en Suisse Allemagne et en Angleterre.
Mode de Vie.
La Tuberculation.
Les tubercules de la face inférieure sont hétérogènes. Les tubercules qui reposent sur les parties saillantes de la face inférieure sont petits, serrés l'un contre l'autre, mais tous ovales avec un mamelon excentré. Les tubercules des parties déprimées de la face inférieure sont nettement plus gros, plus éloignés les uns des autres et ovales avec un mamelon excentré. Le mamelon est complètement crénelé.
Nous avons vu plus haut que le radiole associé à un tel tubercule fonctionne plus efficacement du côté ou le scrobicule est le plus large, ce que nous pouvons matérialiser par une petite flèche qui indique la direction de travail la plus efficace.

En portant un échantillon de "flèches-tubercules" sur la face inférieure d'un gibberulus, on voit que tous les radioles de la face inférieure repoussaient le sédiment vers l'arrière, sauf ceux de-et autour de l'ambulacre impair qui poussaient le sédiment vers la bouche, gibberulus avançait donc en poussant un peu de sédiment vers sa bouche.
Autour du péristome on trouve une ou deux rangées de petits tubercules à mamelon centré.
Les tubercules couvrent presque uniformément la face supérieure (sillon anal compris) et l'ambitus, leur taille varie entre 0,2 et 0,3 mm de diamètre, quelque soit la taille. Ils sont enfoncés dans le test et serrés les uns contres les autres. La distance entre deux radioles chez l'oursin vivant ne devait guère excéder 0,5 mm, ce qui permettait à gibberulus de vivre dans un sable coquillier fin. Ces tubercules sont soit ronds et à mamelon centré, soit ovales et à mamelon excentré. Les radioles associés aux tubercules à mamelon excentré repoussaient préférentiellement le sédiment vers le sommet de l'oursin, ce qui devait avoir pour effet d'enfoncer légèrement gibberulus dans le sédiment.
Si nous additionnons tout les effets des radioles de gibberulus, ceux du dessus repoussant le sédiment vers le haut, ceux dessous vers l'arrière, gibberulus devait s'enfouir dans le sédiment, un sable fin.
Les podions
A la face supérieure et à l'ambitus gibberulus possède des pores de type P1 avec une aire d'insertion musculaire minuscule et à peine visible, à la face inférieure nous trouvons des pores de type P2, inclinés par rapport l'axe de l'ambulacre. gibberulus avait des podions à fonction uniquement respiratoire à la face supérieure. Ces podions sont dépourvus de ventouse, gibberulus ne pouvait se cacher en tenant des particules au bout de ses podions.
La Forme
gibberulus est aussi large que long, ce qui indique à priori qu'il n'avait pas de direction préférentielle de déplacement, toutefois nous venons de voir que la forme de ses tubercules indique qu'il en avait une. La surface inférieure est déprimée au niveau des ambulacres et surtout de l'ambulacre impair, ce qui facilite la circulation du sédiment à cet endroit.
Les petits gibberulus sont de hauteur moyenne, mais les grands sont plus plats. Ce changement de forme indique une adaptation aux courants ou à l'enfouissement.
Le Péristome et le Périprocte
gibberulus possède un petit péristome sans scissures buccales, s'il avait une lanterne celle-ci était de petit taille et gibberulus ne pouvait la sortir du péristome. gibberulus ne pouvait donc prendre sa nourriture avec sa lanterne, il la prenait avec ses podions péri-buccaux, et avalait donc de petites parcelles. gibberulus possède un petit périprocte, dont la taille relative ne varie pas avec la taille de l'oursin, ce qui correspond à la petite taille du péristome.
Que pouvons nous en tirer comme conclusions ?
gibberulus maintenait une densité constante de radioles à la face supérieure, la protection de son épithélium était un problème capital, ce qui est normal pour un oursin dont la forme des tubercules montre qu'il était capable de s'enfouir et de creuser activement dans un sable dont les grains mesurent plus d'un quart de mm2.
gibberulus devait vivre juste sous la surface du sédiment car ses podions respiratoires sont peu larges.
Dépourvu d'une grande lanterne et d'un anus de grande taille gibberulus consommait des particules alimentaires qu'il amenait à sa bouche avec les radioles antérieurs et ses podions péri-buccaux.

Bibliographie.
Consulter : Vadet A. (1997) - Echinides du Callovien de la Sarthe et de l'Orne, II-A : les échinides irréguliers: Analyse et évolution . Mem. Soc. Acad. Boul. Tome 18. p. 1-140 , 293 fig. in texte.

Vadet A. Nicolleau P. & Pineau J.P. (1998) - Echinides du Callovien de la Sarthe et de l'Orne, II-B : les échinides irréguliers: Description . Mem. Soc. Acad. Boul. Tome 19. p. 1-128 , 200 fig. in texte, pl. 1-39.

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