LA NOBLESSE |
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| " Noblesse, fortune, un
rang, des places, tout cela vous rend fier ! Qu' avez-vous fait pour tant de biens ? Vous
vous êtes donné la peine de naître !" Par la bouche de Figaro, Beaumarchais fustigeait ainsi les aristocrates, dont il jugeait les privilèges immérités, la morgue inadmissible. Second ordre de la nation, la noblesse ( qui comptait à peine 1% de la population totale) n'était pourtant pas toujours riche et heureuse. Cette caste était très diversifiée. L'ancienneté comptait plus que le titre, sauf celui de duc.On distinguait en théorie la noblesse d'épée (dite féodale, chevaleresque ou d'extraction suivant la date de filiation prouvée) et les familles anoblies. La noblesse d'extraction comprenait les familles en possession d'état noble à un moment donné dont on ne retrouvait pas de principe d'origine connu, noblesse que le souverain avait "maintenue" à un certain moment (par exemple quand Louis XIV fit dresser, en 1666, le catalogue des nobles du royaume). |
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| A côté, il y avait les familles anoblies
par un acte formel du roi, par lettres patentes, et les anoblis par charge et fonction,
noblesse de robe, par exemple, acquise par achat de titres ou exercice de certains offices
( en particulier la magistrature). Les différences étaient grandes entre la haute noblesse admise à la cour - où gravitaient les princes du sang, les grandes familles, les maisons militaires et civiles, une nuée de courtisans pour lesquels le train de vie de Versailles était dispendieux - et l'aristocratie provinciale. Celle-ci, composée de propriétaires fonciers, de membres des parlements ou de simples gentilshommes, vivaient à moindre frais, tout en tenant le haut du pavé dans les villes. Enfin, quantité de hobereaux, souvent très pauvres et proches du paysan, se contentaient des revenus souvent médiocres de leurs terres. Les aînés arrivaient à joindre les deux bouts, mais les cadets gémissaient sur leur condition misérable. Depuis les temps féodaux, la noblesse payait théoriquement "l'impôt du sang" en risquant sa vie pour le roi sur les champs de bataille. En revanche, elle était exemptée de la taille, de la corvée, du logement des gens de guerre, et ne payait qu'une quote-part réduite des impôts de capitation et du vingtième. Elle conservait, enfin, de vieux droits féodaux: droits de justice, de chasse, cens, corvées, banalités, redevances diverses. En cette fin de l'Ancien Régime, les gentilshommes tenaient à conserver leurs privilèges, mais l'immense majorité de la nation aspirait à l'égalité sociale. |
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