LES   DÉPARTEMENTS

Sous l'Ancien Régime, le royaume était composé de diverses provinces mais ces divisions n'avaient pas de valeur sur le plan administratif : seules comptaient les intendances (ou généralités) , subdivisées en bailliages ( ou élections) dont les limites étaient parfois bizarrement tracées. L'ensemble était peu cohérent et les cahiers de doléances demandèrent des réformes. La Constituante étudia différents projets et le 15 février 1790, il fut décidé que le pays serait divisé en 83 départements, eux-mêmes subdivisés en districts ( 6 à 9 par département) , les districts en cantons , les cantons en communes.

L'ancien cadre provincial fut respecté dans la mesure du possible. Les départements reçurent des noms de rivières, de montagnes, de mers proches. Il fallut résoudre bien des difficultés : les futurs départements se disputaient des parcelles de territoire, plusieurs villes réclamaient le titre de chef-lieu. A la tête du département fut placé un conseil de 36 membres élus, dont 8 composaient le "directoire exécutif" ; un procureur syndic, élu, représentait le roi. D'autres conseils existaient dans les districts et les communes.

Le nombre des départements s'accrut avec les conquêtes. Au début du Directoire, la France comprenait 89 départements métropolitains - avec l'apport du Vaucluse, du Mont-Blanc ( Savoie) , des Alpes-Maritimes, du Mont-Terrible - ( Porrentruy) - et 11 départements coloniaux ( la rive gauche du Rhin et la Belgique ne faisaient pas encore officiellement partie de la République). Ces départements étaient gérés par une administration de cinq membres élus. Les districts avaient disparu. Lors du coup d'Etat de Brumaire, on comptait 98 départements (dont 9 pour la Belgique et le Luxembourg, 1 pour Genève) . Plus tard, furent ajoutés les quatre de la rive gauche du Rhin, puis, en 1802, les 6 piémontais ( réduits à 5 en 1805).

Sous l'Empire, les annexions se multiplièrent. On vit naître, en 1805, les 3 départements de la région génoise, en 1808 les 3 départements de Toscane, et celui de Parme, en 1810 les 2 départements des Etats pontificaux. Enfin, l'annexion de la Hollande et de certains territoires allemands donna un total de 130 départements. Lorsque naquit le roi de Rome, l'Empire s'étendait des Bouches-de-l'Elbe, chef-lieu Hambourg, au Tibre, chef-lieu Rome. Chaque département était divisé en arrondissements, cantons et communes. A sa tête se trouvait un préfet nommé par le gouvernement et assisté d'un conseil. L'arrondissement était pourvu d'un sous-préfet, la commune d'un maire. Le nombre des départements, ramené à 86 en 1815, remonta à 89 en 1860 ( avec Nice, la Savoie et la Haute-Savoie) pour revenir à 86 en 1871, après la perte de l'Alsace-Lorraine.

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