LES CLUBS |
| A la fin de l'Ancien Régime, on
avait vu apparaître en France quantité de sociétés de lecture, d'académies et autres
cénacles dans lesquels les assistants discutaient des problèmes de l'heure et en
particulier des réformes à apporter dans le royaume. Ces groupements, auxquels on donna
le nom de "clubs", se multiplièrent à partir de 1789. Les clubs d'inspiration
monarchique ne subsistèrent pas longtemps, mais les autres jouèrent un rôle
considérable dans la marche en avant de la Révolution. Le plus important fut le club des Jacobins. Dès la réunion des états généraux, certains députés de Bretagne avaient fondé un "club breton", où ils accueillirent des amis venus d'autres régions. Quand l'Assemblée gagna Paris, le club breton, ou "Société des amis de la Constitution", alla siéger rue Saint-Honoré, au couvent des jacobins, et devint alors le "club des Jacobins". Les orateurs les plus en vue étaient alors ceux qu'on appelait le "triumvirat" ( Lameth, Barnave, Duport), mais après l' "Affaire de Varennes" , les partisans de la monarchie constitutionnelle quittèrent leurs collègues, aux idées trop avancées, pour fonder le club des "Feuillants" ( qui disparut après le 10 août). Aux Jacobins, l'influence passa à Brissot, Pétion, Sieyès, Grégoire et surtout à Robespierre. A la fin de 1792, les Girondins furent pratiquement exclus du club, qui devint entièrement montagnard et comptait de nombreuses filiales en province. |
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Brissot |
A côté des Jacobins, le club des Cordeliers , ainsi appelé car il
siégeait dans un couvent désaffecté des cordeliers ( son vrai nom était "
Société des amis des droits de l'homme et du citoyen") , s'était ouvert en 1790.
On y affichait des idées plus avancées qu'au club de la rue Saint-Honoré. Parmi les
plus illustres de ses membres figuraient Danton, Marat, Desmoulins, Hébert.
Le club fut à l'origine des grandes journées révolutionnaires. Ses membres
travaillaient à abattre la Gironde, puis se divisèrent entre "enragés" et
"indulgents". Les "factions" abattues, les survivants fusionnèrent
avec les Jacobins.
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Sieyès |
| Après Thermidor, l'influence des Jacobins diminua brusquement et la Convention ferma la salle des séances. Sous le Directoire, d'autres sociétés se créèrent. Le Club du Panthéon, composé d'abord de Jacobins modérés, évolua vers la gauche et disparut en février 1796. Le club de Clichy comprenait un bon nombre de monarchistes et fut dissous lors du coup d'Etat de Fructidor. Les Cercles constitutionnels, de tendance républicaine , s'opposaient aux visées des royalistes comme aux excès des Jacobins. Tous les clubs disparurent sous le Consulat. |