L'OEUVRE   DE  LA  CONVENTION

Pendant trois ans, la Convention lutta contre vent et marée pour sauver la Révolution, qu'elle jugeait en péril. A l'extérieur, elle tint tête à une coalition formée contre la France et qui menaçait toutes ses frontières. A l'intérieur, elle mata dans le sang les révoltes fédéralistes ou royalistes. Mais elle s'attacha également à réaliser d'importantes réformes dans le domaine social, intellectuel, scientifique. Complétant l'oeuvre de la Constituante, elle travailla à l'égalité des citoyens en abolissant, sans indemnités, tous les droits féodaux, ce qui favorisa la classe paysanne ( 17 juillet 1793). La vente des biens nationaux permit le morcellement de la terre, donc la multiplication des propriétés rurales.

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Un comité de législation entreprit d'autre part un projet de code civil qui ne vit pas le jour mais servit plus tard à l'élaboration du code Napoléon. L'abolition de l'esclavage, que la Constituante n'avait pas osé décider, fut proclamée le 4 février 1794 ( 16 pluviôse an II ). L'ensemble du système décimal et du système métrique ( qui n'entreront vraiment en usage en France qu'au cours du XIXè siècle ) fut rendu légal et obligatoire par la loi du 18 germinal an III ( 7 avril 1795).

Dans le domaine financier, l'institution du grand livre de la dette publique, entreprise par Cambon en août 1793, eut pour but de rétablir la confiance populaire dans les finances de la République, en remplaçant toutes les anciennes créances de l'Etat, sans distinction de date ni d'origine, par une certaine quantité de rentes.

 

Mais un des principaux soucis de la Convention fut l'instruction publique. L'Assemblée avait pensé à établir un enseignement primaire d'Etat, gratuit et obligatoire. Ce projet généreux se heurta aux difficultés financières. La loi Lakanal ( 27 brumaire an III , 17 novembre 1794 ) abandonna l'obligation scolaire tout en déclarant qu'une école devrait exister pour 1 000 habitants. Quant à l'enseignement secondaire, il devrait être donné soit par collèges libres, soit par des écoles centrales de l'Etat, à raison d'au moins une école par département. Un plan d'enseignement proposé par Daunou fut adopté le 25 octobre 1795. Dans le domaine de l'enseignement supérieur, on vit naître l'Ecole centrale de travaux publics, qui devint l'Ecole polytechnique, l'Ecole des mines, le Conservatoire des arts et métiers, l'Ecole des langues orientales, diverses écoles de santé, ainsi que le bureau des longitudes.

L'ancien Jardin du roi  devint le Muséum d'histoire naturelle. Enfin, fut créé un "Institut national des sciences et des arts", destiné à remplacer les académies supprimées et divisé en trois classes: sciences physiques et mathématiques, littérature et beaux-arts, sciences morales et politiques. L'oeuvre était considérable.

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