LE   9  THERMIDOR  ( 27 juillet 1794)

Après le 9 thermidor an II, une page de la Révolution française a été tournée. Depuis la liquidation des "factions" ( mars 1794), Robespierre semblait tout-puissant, mais l'opposition grandissait autour de lui. On l'accusait d'aspirer à la dictature.
S'il pouvait compter sur ses amis Couthon et Saint-Just, il devinait, au Comité de salut public,   l'hostilité de l'honnête Carnot ainsi que deux anciens hébertistes, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne.

Au Comité de sûreté générale, Vadier et Amar, partisans de la déchristianisation, critiquaient âprement le pontife de l'Etre suprême.
A la Convention, chacun trembalit pour sa tête.Le renforcement de la Terreur par la loi du 22 prairial semblait d'autant plus inutile que depuis la victoire de Fleurus ( 26 juin) le danger d'invasion était conjuré.
Robespierre, qui connaissait les intrigues menées contre lui, cessa pendant un temps de paraître à la Convention. Ses ennemis en profitèrent pour mettre au point leur plan d'action : le complt fut ourdi par des hommes tarés, anciens terroristes craignant pour leur propre vie : Barras, Fouché, Tallien, Fréron. Les conjurés s'efforcèrent de gagner à leur cause les députés du centre.
Revenu à l'Assemblée au début de thermidor, Robespierre prononça un discours menaçant contre les "fripons", qu'il refusa du reste de nommer ( 8 thermidor) . Cette faute de tactique permit aux conjurés de rallier les indécis : l'union se fit par la peur. Le 9 thermidor, Saint-Just voulut lire à la Convention un rapport, mais il fut interrompu par Tallien,   qui dénonça la tyrannie de Robespierre. Celui-ci tenta en vain de riposter : Collot d'Herbois et Thuriot, successivement présidents de l'Assemblée, l'empêchèrent de parler. Après une séance tumultueuse, la Convention fit arrêter l'Incorruptible et ses amis.
La Commune de Paris se déclara alors en insurrection : avec l'aide du chef de la garde nationale, Hanriot,  et des sans-culottes, elle fit délivrer les prisonniers. En réponse, la Convention mit hors la loi les robespierristes.
Dans la nuit, les troupes des sections modérées, commandées par Barras, marchèrent sur l'Hôtel de ville où s'étaient réfugiés les proscrits. Robespierre n'essaya pas de se défendre : voyant arriver les soldats, il tenta de se suicider et se fracassa la mâchoire. Transporté aux Tuileries, il demeura jusqu'au matin couché sur une table, essuyant des insultes. On le guillotina dans la soirée avec vingt et un de ses fidèles, parmi lesquels son frère Augustin, Saint-Just et Couthon. Ces exécutions furent accueillies avec joie par la foule : la Terreur était enfin terminée.

 

Retour Révolution