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La vie de Lhasa ressemble à une légende, on sait pas si on doit la croire, mais même si on n'y croit pas, c'est une si belle légende...
Mademoiselle Lhasa naquit en 1972 à Big Indian, minuscule village perdu dans les montagnes Catskill, dans l'état de New York.
Son père, Alejandro Sela est mexicain, mais a passé la moitié de sa vie aux Etats-Unis.
Sa mère, Alexandra Karam est américaine, mais a passé la moitié de sa vie au Mexique.
Toute la petite famille (Lhasa, ses parents et ses 3 soeurs) vécut dans un bus itinérant entre les Etats-Unis et le Mexique pendant 7 ans. Dans le bus, pas de télé, alors évidemment, on lit beaucoup (d'autant que le père est
professeur d'espagnol, de littérature et écrivain lui-même).
La mère est la tutrice des enfants, et les parents influenceront beaucoup les 4 enfants : Alejandro aime les "oldies américains et mexicains", Alexandra, elle , préfère la musique arabe, latine, tzigane, japonaise etc...
Après avoir passé 8 ans au Mexique, la famille monte à San Francisco, où ils resteront 7 ans.
C'est à San Francisco que Lhasa va commencer, à 13 ans, à chanter. Elle prend des cours avec un chanteur de jazz qui lui enseigna l'interprétation et le respect des textes. A l'époque, elle chante a capella du Billie Holliday et des chansons traditionnelles mexicaines dans un café grec. En même temps, elle commence à peindre et à sculpter.
En 1991, lors d'un séjour à Montréal, elle rencontre le guitariste Yves Desrosiers. A deux, ils jouent d'abord du jazz des années trente avant de retourner aux origines de la chanteuse, en interprétant d'anciennes ballades populaires mexicaines.
Se joint alors au duo le bassiste Mario Légaré, et là commence le travail de composition qui donnera naissance à La Llorona. Tout ça, c'est ce qu'on peut trouver en cherchant sur internet, mais ceux qui ont eu la chance de la voir en concert connaissent certaines anecdotes que je vais vous conter ici...
Entre deux chansons, la demoiselle raconte quelques épisodes de sa vie, ou des blagues.
Elle fait semblant de rien, quand elle nous raconte ça, avec les musiciens qui font mine d'accorder leurs instruments, de jouer quelques notes, mais en fait, tout cela installe une ambiance qui entraîne la chanson suivante ...
Elle nous raconte peut-être des histoires, mais moi j'y crois à ses contes...

Par exemple, avant de chanter El Pajaro, elle nous raconte comment est née cette chanson qui est une de ses plus anciennes : c'était à l'époque où elle avait recu de son père un livre qui lui a fait traverser une crise

existentielle ; ce livre, c'est Del sentimiento tragico de la vida (Le sentiment tragique de la vie). C'était à l'époque où elle ne se levait plus le matin, pas envie, pas le courage. Un jour après s'être levée (l'après-midi, donc), elle descend dans la cour de son immeuble, et là, deux oiseaux viennent se poser sur ses épaules. Et ces oiseaux chantent. Ils chantent de plus en plus fort dans ses oreilles. Lhasa prend peur et retourne en courant se réfugier chez elle. Mais les oiseaux la suivent et rentrent dans l'appartement. Alors elle les chasse, et ferme la porte. Mais les oiseaux rentrent par la fenêtre ! Alors elle les chasse à nouveau et ferme la fenêtre.....Pajarillo, tu me despertaste...
Après elle nous dit que la famille s'était faite expulser, mais où aller ? Chez la grand mère, dans sa si grande maison ! Les enfants tout content d'habiter dans une grande maison se dépêchent pour avoir leur chambre... Bien sûr, comme toutes les grandes maisons, celle de la grand mère est hantée et tous les membres de la famille passent une nuit d'effroi, de terreur, entourés de fantômes, de bruits inquiétants qui viennent d'on ne sait où... Aussi, la nuit suivante, toute la famille se réunit pour dormir ensemble dans la même chambre...
Aussi, elle explique qu'elle est malade... Atteinte d'une maladie que toute sa famille a attrapée... Cette maladie, c'est la vanité. La vanité, c'est se vanter de son malheur. Et
quelle fierté on peut en tirer !
« Par exemple, un matin, Didier nous dit en arrivant qu'il n'a pas dormi de la nuit... "Tu n'as pas dormi cette nuit ? Mais de quoi te plains-tu, moi ça fait trois semaines que je n'ai pas fermé l'oeil ! " Et voilà, j'ai gagné...» Ne serait-ce qu'un jeu ? Imaginez quelqu'un qui aurait cette maladie, et qui vivrait dans un monde dans lequel le malheur, la souffrance, la peur auraient disparu...Desde que no hay maldad...





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