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CETTE PAGE EST UNE REPRISE D'ELEMENTS EXTRAITS DES PAGES SUIVANTES :
(l'esthétique n'a pas vraiment été prise en compte dans cette reprise, pour des pages plus esthétiquement 'réussies', voir les pages d'origine)

- le concile de Nicée II
- Commentaire détaillé de Zacharie

I) Extrait de Nicée II :

Enfin, cette vision biblique et chrétienne de l'art comme contribution libre et volontaire à l'oeuvre de Dieu ne peut pas ne pas s'appliquer aux livres bibliques eux-mêmes. Ici, nous touchons à un point fondamental, qui différencie radicalement la conception chrétienne et musulmane de l'inspiration.
Selon les musulmans, le Coran fut un livre dicté à Mahomet. Ce dernier n'eut aucune part dans l'élaboration artistique du Coran. Les musulmans vont plus loin, le Coran est vu comme un livre qui préexistait dans le ciel, il fut juste transmis au moment le plus opportun. Rien de tout cela pour la Bible, bien que certaines sectes, tels les témoins de Jéhovah, envisagent l'inspiration biblique en ces termes. D'ailleurs, certains fondamentalistes protestants (évangélistes, etc...) ont une conception très voisine des témoins de Jéhovah. La seule conception juste de l'inspiration des livres bibliques est au contraire celle qui tient compte de la réalité :
St Luc
- d'abord, Dieu, comme nous venons de le voir, respecte notre liberté et notre talent propre, il ne veut et ne peut donc pas nous utiliser comme de vulgaires dictaphones.
- une simple lecture de la Bible nous montre qu'à l'évidence, celle-ci est en fait une collection de livres, reflets en partie de leur époque, de leur culture et du talent de leur auteur.
Ecoutons plutôt le concile Vatican II, dans sa constitution Dei Verbum :
Pour la rédaction des Livres saints, Dieu a choisi des hommes ; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement.
Cela est lourd de conséquence pour notre façon de lire la Bible :
  1. il ne faut pas la prendre au pied de la lettre, ce qui veut dire, entre autres, que l'on ne peut attendre d'elle des vérités, scientifiques notamment, qui étaient ignorées des auteurs qui l'ont rédigée.
  2. il faut se former pour la comprendre en rapport avec le terreau culturel où elle a pris racine, et ce, pour chacun des livres qui la composent. Jésus lui-même ne dit pas autre chose en Matthieu 19, 7-9. Il admet que certains passages de la Bible ont été rédigés en tenant compte de l'état d'esprit des gens de l'époque correspondant à la rédaction de ces passages, ce qui ne veut pas dire que certaines parties de la Bible sont caduques (cf. Matthieu 5, 17-19), mais, elles ont besoin d'être méditées, interprétées et réactualisées, grâce à la prière d'abord et à une formation adéquate ensuite. A ce sujet, je vous conseille de lire cette page du site (conseils pour lire la Bible).
  3. ce qui découle des deux postulats précédents, c'est qu'il faut donc non seulement lire la Bible, mais aussi la méditer, l'interpréter et la prier, nous laissant guider par celui-là même qui a inspiré les auteurs bibliques tout en respectant leur talent et leur liberté artistique : l'Esprit saint (cf. 2 Pierre 1, 20-21). Dieu nous respecte trop pour nous priver de notre intelligence quand il s'agit de lire sa Parole. Là aussi, Dieu attend de nous un effort coopérant à sa grâce. Il s'agit donc, en lisant la Bible, de coopérer à l'action de Dieu dans l'interprétation de tel ou tel passage. Cette coopération est en fait le résultat de l'acquiescement libre de nos intelligences et de nos sensibilités à l'inspiration du Saint Esprit quand nous entrons en contact avec la Parole de Dieu. A une échelle plus grande, cela justifie pleinement l'existence de la Tradition et du Magistère. En effet, le Saint Esprit a également guidé l'Eglise tout entière dans l'interprétation de la Bible. Ce qu'on appelle la Tradition n'est en définitive pas autre chose.
    Enfin, ce dernier point implique le respect d'interprétations différentes de la nôtre dans la mesure où celles-ci se conforment au garde-fou qu'est la Tradition de l'Eglise. La pluralité d'interprétations pour un même passage est en réalité un merveilleux signe du fait que Dieu parle à chacun de nous différemment, selon notre sensibilité propre, nous permettant ainsi de nous enrichir les uns les autres. Mais, au bout du compte, le message final, en dépit d'interprétations différentes, ne reste-t-il pas le même ? En conclusion, remercions Dieu parce qu'il nous aime et nous respecte tant qu'il nous a donné la liberté de créer, jusque dans la rédaction et l'interprétation de sa propre Parole, il en a fait le lieu par excellence de la rencontre de son génie divin et de notre génie artistique humain, reflet de sa gloire, c'est pourquoi la Bible lue selon les règles de la Tradition sera toujours et à jamais une 'lecture-rencontre' entre Dieu et tout ce que nous sommes avec notre vécu et notre sensibilité. Rien ne nous est arbitrairement imposé d'en haut, tout est affaire d'amour et de coopération, tels le Père et le Fils en la Sainte Trinité.

II) Extrait du commentaire détaillé de Zacharie :

Prier avant de lire la BiblePlus concrètement, n'utilisons pas d'excuses du style : la Bible, c'est trop compliqué, ce n'est pas pour moi. Dieu est là prêt à nous expliquer le sens de ce que nous lisons. N'hésitons pas à le prier de nous guider dans la lecture de tel ou tel passage et acceptons de ne comprendre que ce que nous pouvons comprendre. Dieu nous révèle son message à la mesure de notre avancement et de notre sensibilité, il ne faut donc pas essayer de 'forcer' l'interprétation d'un passage qui nous semble difficile. 'Forcer' l'interprétation, c'est faire, par exemple, plus appel au raisonnement intellectuel qu'à la prière. Que faites-vous ou feriez-vous devant un passage de la Bible qui vous paraît obscur : essayeriez-vous de redoubler de prière ou de vous acharner à comprendre par le raisonnement ? En dernier lieu, n'oublions pas que Dieu n'a pas la même notion du temps que nous (cf. 2 Pi 3, 8), il ne se presse pas en nous faisant violence. Dieu prend le temps de respecter nos libertés et nos limites, ce qui veut dire qu'il faut parfois accepter de ne pas comprendre tout tout de suite. La prière devant la Parole de Dieu peut quelques fois nous conduire à la sagesse de nous rendre compte qu'il est nécessaire de laisser du temps à la Parole de Dieu pour faire son chemin. Il arrive en effet que certains passages s'éclairent progressivement sur des années. Ainsi, un passage qui nous paraissait obscur peut nous paraître limpide des années plus tard, l'Esprit ayant travaillé dans l'intervalle. Comme je l'ai déjà souligné plus haut au sujet de l'intercession, notamment, Dieu prend le temps d'agir en respectant ce que nous sommes, il ne veut pas nous imposer une explication que nous ne sommes pas encore en état de comprendre, ou pour revenir à l'intercession, Dieu ne veut pas non plus imposer sa présence à qui que ce soit, alors, il prend le temps de travailler avec le temps pour que tout mûrisse et que par là notre adhésion, ou celle de ceux pour qui nous prions, soit rendue possible. Pour en revenir à l'interprétation de la Bible, remercions le Seigneur, dont la patience ne vise qu'une seule chose : que nous puissions comprendre avec notre coeur, notre intelligence et notre raison ce qu'il a à nous dire. Que ce Dieu est grand, lui qui ne brusque personne. Sa puissance est justement dans sa patience ( cf. 2 Pi 3, 9). Soyons-en sûrs, notre humilité sera récompensée quand, après avoir eu la sagesse de prier et d'attendre, nous comprendrons certains passages que nous jugions difficiles, voire révoltants, et ce, peu importe le temps que cela prendra. Il vaut mieux comprendre que de se laisser imposer une interprétation, qui ne pourra pas pénétrer en profondeur notre coeur. Dieu nous respecte trop pour nous parachuter sa parole, il veut notre adhésion en profondeur, ce qui explique pourquoi il ne veut pas faire l'économie du temps. Jésus ne dit pas autre chose en Jean 16, 12-13 :
J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité [...]
Pour nous aider à encore mieux saisir, souvenons-nous de la fierté légitime que nous avons quand nous avons accompli quelque chose par nous-mêmes - même si nous avons dû nous faire aider. Aurions-nous cette fierté si tout avait été fait à notre place ? La vue n'est-elle pas plus belle quand l'ascension s'est faite avec un minimum d'effort, plutôt qu'avec un téléphérique ? Dieu veut la coopération de notre personnalité - coeur et raison - quand il veut nous faire contempler sa Parole, son Message et sa Vision pour nous et pour l'humanité, quel que soit le temps nécessaire. Cet amour respectueux de Dieu peut d'ailleurs nous expliquer pourquoi les auteurs bibliques ne sont pas considérés comme des marionnettes auxquelles Dieu aurait dicté son message sans effort de leur part. Les auteurs bibliques ont conservé leurs talents artistiques et leurs limites scientifiques au moment d'écrire le message que Dieu leur confiait. La Bible est le résultat de la coopération entre Dieu et l'homme et non l'imposition par Dieu d'un message parachuté sans trace d'humanité. Les conséquences en sont lourdes : la Bible ne peut pas être prise au pied de la lettre, elle nécessite un effort d'interprétation, effort qui se veut d'abord humble et priant, comme nous venons de le dire. La Bible n'est pas de l'écriture automatique, ce n'est pas du 'fast food' spirituel ou un livre de recettes pré-mâchées, comme certains fondamentalistes voudraient nous le faire croire. Nous ne pouvons attendre de la Bible des vérités scientifiques, puisque Dieu a tenu compte de la maturité intellectuelle des auteurs bibliques avec qui il coopérait. Nous devons également avoir présent à l'esprit le milieu culturel dans lequel baignaient les auteurs humains de la Bible, leurs légendes, leurs visions parfois guerrières des choses, etc...
En conclusion, écoutons le concile Vatican II, dans sa constitution Dei Verbum :
Pour la rédaction des Livres saints, Dieu a choisi des hommes ; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement.
Le Coran descend du ciel et s'impose à l'homme
Soit dit en passant, cela pose un sérieux problème pour le Coran, dont la conception est aux antipodes de ce que nous venons de dire pour la Bible. Le Coran est vu, tout particulièrement par les salafistes, comme un livre parachuté du ciel, qui ne donne pas lieu à interprétation, tout est à prendre littéralement, les passages violents comme le reste...
Si l'on veut résumer les différences de conception entre la Bible et la Coran, voici ce que l'on peut dire :
La Bible est un livre dont le message fut inspiré aux auteurs,
le Coran serait un livre dicté à un homme.
St Marc écrivant son évangile
La Bible est le fruit de l'inspiration divine utilisant les talents des hommes
APPENDICE :

tiré de la rubrique de présentation littéraire du quotidien La Croix

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