Site optimisé pour résolution 800x600, cliquez sur le lien ci-après pour connaître la résolution de votre écran   >>>
La résolution de mon moniteur est de :
Si votre résolution n'est pas de 800x600, il vous est conseillé de cliquer ici pour visualiser une page plus adaptée esthétiquement.

      RETOUR
LES 21 CONCILES
OECUMENIQUES
accueil www.priere.org
  accueil  


LE CONCILE DE BÂLE, FERRARE, FLORENCE, ROME

1431-1445
(Un bref résumé)
PLAN DE L'EXPOSE
I) LE CONTEXTE HISTORIQUE
1) introduction
2) pourquoi ce concile
3) la lutte d'influence entre le Concile et le Pape et ses développements
4) les conséquences de ce Concile pour la papauté

II) LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
1) les théories conciliaires sont réaffirmées
2) réunion des Eglises d'Orient et d'Occident
3) la fête de la Visitation est étendue à toute la chrétienté

III) PISTES DE MEDITATION
1) l'aide discrète et efficace du Christ pour son Eglise
2) vanité d'une unité obtenue par des moyens humains
3) la question du filioque



LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :

(Pour l'époque et les thèmes des conciles, cliquez ici)


I) Concile
de
Nicée






II) Concile
de
Constantinople






III) Concile
d'Ephèse





IV) Concile
de
Chalcédoine






V) Concile
de
Constantinople II






VI) Concile
de
Constantinople III






VII) Concile
de
Nicée II






VIII) Concile
de
Constantinople IV






IX) Concile
de
Constance





X) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence





XI) Concile
de
Latran V






XII) Concile
de
Trente






XIII) Concile
de
Vatican I
I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :
  1. Introduction :
    L'histoire de ce Concile, ou devrait-on dire de ces conciles compte tenu des différents lieux et rebondissements qui se sont passés en rapport avec ce que l'on appelle le Concile de Bâle, Ferrare, Florence, Rome, est extrêmement mouvementée, à l'image du Concile précédent (le Concile de Constance, voir le lien dans la colonne de gauche), on pourrait d'ailleurs dire que par certains côtés l'histoire de ce Concile est encore plus mouvementée.
    En effet, tout comme le Concile de Constance, celui-ci devait aussi se dérouler sur fond de lutte d'influence. Mais, à la différence du Concile de Constance qui eut à souffrir des rivalités entre Pape et antipapes (= faux papes) avant d'y apporter une solution, celui de Bâle, Ferrare, Florence, Rome se caractérisa principalement par une lutte d'influence entre le pouvoir des évêques lorsque ceux-ci sont réunis en concile et le pouvoir du Pape en tant que chef de l'Eglise et successeur de St Pierre.

  2. Pourquoi ce Concile ?
    Ce Concile ne fut pas, contrairement aux autres conciles, convoqué de gaieté de coeur par le Pape Martin V. Il dut se résigner à convoquer ce Concile (à Bâle, dans un premier temps), non pas par besoin de réformes, mais tout simplement, par obligation, suite au Concile de Constance, qui avait édicté le décret frequens (décret qui prévoyait la convocation d'un concile oecuménique à intervalle régulier : 5 ans pour commencer, puis 7 ans, et enfin tous les dix ans). Donc, ce n'est pas sans appréhension que Eugène IVMartin V convoque ce Concile, où il craignait une fois de plus que les théories conciliaires ne l'emportent, ce qui aurait sans aucun doute sapé définitivement l'autorité du Pape. Son successeur, Eugène IV, eut la même appréhension lorsqu'il fut élu pape après le décès de Martin V peu avant la tenu effective du Concile.

  3. La lutte d'influence entre le Concile et le Pape et ses développements:
    Effectivement, le Concile de Bâle réaffirma la supériorité des conciles sur les papes, il se proposait même de limiter le pouvoir des papes en matière de nominations d'évêques, notamment. On approchait du point de rupture entre le Concile et le Pape. Mais, ce dernier trouva une 'parade' en utilisant, intelligemment, une Jean VIII Paléologueproposition de réunification des Eglises d'Orient (= orthodoxes) et d'Occident (= catholiques) que lui avait offerte Jean VIII Paléologue, alors empereur de Byzance. De plus, cette proposition de Jean VIII Paléologue suggérait la tenu d'un concile d'union en Italie, c'était une trop belle occasion pour que Eugène IV la laissât passer, d'autant que l'empereur de Byzance, en voulant le Pape comme interlocuteur privilégié, appuyait l'idée que le Pape était le seul représentant valable de l'Eglise d'occident, lui conférant par là l'autorité que le Pape affirmait avoir. Aussi, le Pape avait-il trouvé un prétexte pour transférer le concile de Bâle à Ferrare en Italie, où il pourrait mieux contrôler les événements. Ce faisant, il jeta la division parmi les participants du Concile de Bâle. Ainsi, la majorité refusa de quitter Bâle, mais une minorité gagna Ferrare (1438), puis Florence. Cela suffisait pour légitimer le transfert et faire des participants qui décidèrent de continuer le Concile à Bâle des 'renégats' (ce concile qui était par conséquent devenu illégitime sans le cautionnement officiel du Pape devait continuer jusqu'en 1449 ! Mais, il avait définitivement perdu toute légitimité et donc tout pouvoir réel).

  4. Les conséquences de ce Concile pour la papauté :St Pierre : 'je te donnerai les clés du Royaume des cieux' Mat 16, 19
    - Le pape sort grandi de sa lutte avec le Concile puisqu'il a pu finalement faire prévaloir son autorité, qui se trouva, en plus, grandement renforcée par le fait que le Pape était parvenu à un accord avec l'Eglise d'orient qui faisait de lui l'unique chef d'une Eglise unie.
    - Cependant, ces luttes intestines, sans oublier le Grand Schisme d'Occident, devaient laisser des traces durables, on les trouvera dans l'opposition croissante au centralisme romain, dans le sentiment de plus en plus répandu que la réforme de l'Eglise ne viendrait pas de Rome, les germes du protestantisme étaient jetés...
    - L'union entre l'Eglise catholique et l'Eglise d'Orient ne fut que de courte durée. En effet, l'Eglise de Byzance était peu disposée à accepter une alliance qui lui était imposée par son empereur pour des raisons politiques (ce dernier avait besoin de l'occident face à la menace grandissante que représentaient les Turcs). En fait, l'opposition au filioque, notamment, (voir plus bas chapitre III) fut telle que Jean VIII, une fois retourné à Byzance, n'osa jamais promulgué le traité d'union.

II) LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE :

  1. Les thèses conciliatrices du Concile de Constance (voir plus haut, chapitre I) sont réaffirmées sur le 'papier', mais, comme on vient de le voir, la réalité fut plus complexe.

  2. L'union entre l'Eglise d'Occident (catholique) et l'Eglise d'Orient (orthodoxe) est signée avec reconnaissance par l'Eglise d'Orient et du filioque (voir chapitre III, ci-dessous) et de la primauté du Pape.

  3. la Visitation : 'Marie entra dans la maison de Zacharie, et salua Elizabeth' St luc 1, 40La fête de la Visitation est étendue à la Chrétienté tout entière.

III) PISTES DE MEDITATION DANS LE CADRE DE L'OFFICE DES COMPLIES :

  • Le Christ malgré les divisions de l'Eglise continue de l'aider ; ainsi, comme au Concile de Constance où la division se situait entre Pape et antipapes, le Christ discrètement, par des moyens qui peuvent nous sembler trop humains tant Son action est discrète et respectueuse des pesanteurs humaines (ici, l'utilisation par Eugène IV de 'ficelles' politiques), accomplit sa promesse et agit en faveur de son Eglise, alors en pleine lutte d'influence entre évêques (= conciles) et Pape. Le résultat sera progressif (il faudra attendre 1512-1517 et le Concile de Latran V pour voir les théories conciliatrices officiellement condamnées), mais, avec ce Concile,la papauté, symbole et signe de l'unité de l'Eglise le Pape prend un avantage certain, premier jalon vers une unité retrouvée et des rôles mieux définis de part et autre à l'intérieur de l'Eglise catholique : le Pape est le chef, mais en communion avec les évêques.
            Dans nos vies, le Christ agit de la même manière, il prend le temps nécessaire pour exaucer nos prières, il ne bouscule pas la liberté de ceux pour qui nous prions. Il ne bouscule pas non plus nos propres libertés, fussent-elles un obstacle, avant de nous exaucer. Dans son amour respectueux, Dieu progressivement fait sauter les verrous de nos peurs et de nos mesquineries, et ce, de façon à toujours respecter nos libertés et nos réticences. C'est certes plus lent, mais c'est plus durable et solide, puisque cela suppose notre adhésion et notre collaboration. Donc pas de soucis, le Christ semble tarder à nous aider, il a des raisons dictées par l'amour, mais, tôt ou tard la victoire arrivera, plus belle encore que nous l'avions imaginée, à la mesure de notre patience et de notre collaboration à son oeuvre.

  • Dans le même ordre d'idée, on peut voir qu'à contrario, une unité, une action forcée, sans l'aide de Dieu, sans le respect de nos interlocuteurs, sans notre adhésion à la patience et au respect que Dieu a des libertés (et parfois des pesanteurs) humaines, ne peut aboutir à rien de bien durable, à l'image de l'union bâclée et sans lendemain qui fut signée au Concile de Ferrare-Florence par le Pape Eugène IV et Jean VIII.
    On ne peut rien imposer de l'extérieur à l'homme, les révolutions, les idéologies, les systèmes en sont un triste exemple. Quand l'homme ne se sert que de ses propres moyens, politiques en particuliers, il ne peut arriver à des réformes durables, alors, la dictature n'est pas loin ou la démagogie. Seule une action dans le coeur de l'homme peut le transformer de l'intérieur, comment y arriver sans l'aide de Dieu, le maître amoureux des coeurs ?

    XVème siècle

    L'ICONE DES ICONES : LA SAINTE TRINITE DE RUBLEV
  • L'importance que l'Eglise a donné au filioque dans le Concile de Bâle, Ferrare, Florence, Rome ne peut être ignorée.
    Le filioque est une expression latine qui veut dire 'et du fils'. On la retrouve dans le Credo ou Symbole dit de Nicée-Constantinople : je crois en l'Esprit Saint qui procède (= vient) du Père et du Fils. Or il se trouve que l'expression 'et du Fils' fut rajoutée unilatéralement par les occidentaux vers le VIème siècle et généralisée dans tout l'occident vers le IXème. Cet ajout à l'énoncé commun de la foi, élaborée au Concile de Nicée-Constinople, fut considérée par les orientaux comme une trahison, voire même une hérésie. A partir de ce moment là le filioque devait devenir une pomme de discorde entre les catholiques et les orthodoxes jusqu'à ce jour.
    Mais alors, pourquoi l'Eglise dans sa sagesse, a-t-elle décidé de s'attacher à cette formulation, malgré les risques de rupture qu'elle représentait ?
    La raison est évidemment que cette formulation est fondamentale. En effet, dire comme les orthodoxes que l'Esprit ne procède que du Père, c'est finalement mettre une certaine limite à la réciprocité qu'il existe dans l'amour entre le Père et le Fils (l'Esprit est, dans la théologie trinitaire, toujours considéré comme l'amour émanant de la divinité. Pour plus de renseignements sur la théologie trinitaire, allez sur le plan du site, au lien 'Une approche du Mystère de la Trinité'). Si Jésus est pleinement Dieu, il n'y a pas de raisons pour qu'il n'aime pas le Père en retour.
    Ceci est important pour nous, parce qu'avec le filioque introduit dans le Credo, définition de notre foi, la réciprocité de l'amour entre deux personnes est affirmée. Cela rejoint ce qui a été dit plus haut avec le respect de la liberté d'autrui. Respecter sa liberté, c'est aussi respecter l'autre en tant que personne différente de nous-mêmes. L'amour ce n'est pas imposer sa façon d'être, c'est donner à l'autre et recevoir de lui, c'est donc influencer et se laisser influencer par l'autre. Alors, il y a partage et donc réciprocité. Cette réciprocité montre qu'il y a égalité entre les personnes qui s'aiment. En effet, si je n'accepte pas cette réciprocité, je ne considère pas l'autre capable et digne de m'apporter quelque chose de valable, je refuse de me rendre influençable et vulnérable à l'autre. Ce n'est donc plus de l'amour (l'amour ne comprend-il pas une part de risque quand on se rend vulnérable à l'autre par amour ? Vulnérable, c'est aussi accepter de se laisser toucher par les soucis de l'autre, de se sentir concerné, c'est tout le contraire de l'indifférence).
    autre représentation de la TrinitéPar conséquent, dire que l'Esprit procède également du Fils, c'est non seulement reconnaître pleinement la divinité de Jésus, mais c'est aussi affirmer la grandeur de l'amour du Père, qui aime réellement son Fils en se laissant aimer par lui, en vivant de sa communion avec lui, tout comme le Christ vit de sa communion avec le Père.

    En quelque sorte, le Père en vivant d'un amour réciproque avec le Fils (l'autre) s'est rendu vulnérable à l'autre. On peut même aller jusqu'à dire qu'en faisant de son Fils la tête de l'Eglise, le rédempteur de l'humanité, l'Homme par excellence, le Père accepte cette réciprocité de l'amour avec l'homme (avec nous), il accepte de nous considérer comme ses partenaires, ses égaux dans la mesure où le Il désire notre amour (les Pères de l'Eglise ne disent-ils pas que Jésus s'est fait homme pour faire de nous des dieux ?). Oui, vraiment béni soit ce Dieu Père, Fils et Esprit !

    En conclusion, le Père est un Dieu de communion et donc d'amour, ce n'est pas ce Dieu lointain impersonnel, qui aurait créé le monde pour le laisser livré à lui-même, l'Esprit Saint, fruit de la communion du Père et du Fils en est le garant.
    Refuser le filioque c'est refuser toutes les implications d'un amour véritable fait de partage et de don total, ancré dans la réciprocité et le respect d'autrui.
    Voici maintenant quelques fondements scripturaires :

    • L'Esprit procède du Père :
      1. St Luc 11, 13
      2. St Jean 15, 26, etc...
    • L'Esprit procède du Fils :
      1. St Jean 16, 15
      2. St Jean 20, 22
      3. l'Esprit est appelé 'Esprit du Christ' : Romains 8, 9, etc...

        Pour savoir comment chercher un passage dans la Bible → cliquez ici

    Remarque finale sur le filioque:
    il semblerait qu'aujourd'hui on s'accorde entre catholiques et orthodoxes sur la formule suivante : l'Esprit procède du Père par le Fils. Le dialogue reste donc ouvert.


Si vous voulez un résumé beaucoup plus complet du Concile de Ferrare, notamment pour ce qui est de ses décisions, de ses décrets et de son déroulement cliquez ici.

Si vous voulez un résumé beaucoup plus complet du Concile de Florence, notamment pour ce qui est de ses décisions, de ses décrets et de son déroulement cliquez ici.


RETOUR VERS LE HAUT


(si vous avez netscape et internet explorer, visualisez cette page, ainsi que les autres pages du site, avec internet explorer pour une présentation optimale)