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LES 21 CONCILES
OECUMENIQUES
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LE CONCILE DE CONSTANTINOPLE

mai-juillet 381
(Un bref résumé)

Vue de Constantinople

PLAN DE L'EXPOSE
I) LE CONTEXTE HISTORIQUE
1) Introduction
2) Les raisons du concile
3) Le déroulement du concile

II) LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
(+ l'impact du concile)

III) PISTES DE MEDITATION
1) La divinité du Saint-Esprit
- l'amour personnel de Dieu pour nous
- l'amour ouverture - constructif
2) La primauté d'honneur de Constantinople et Rome
- l'indépendance spirituelle



LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :

(Pour l'époque et les thèmes des conciles, cliquez ici)


I) Concile
de
Nicée






II) Concile
de
Constantinople






III) Concile
d'Ephèse






IV) Concile
de
Chalcédoine






V) Concile
de
Constantinople II






VI) Concile
de
Constantinople III






VII) Concile
de
Nicée II






VIII) Concile
de
Constantinople IV






IX) Concile
de
Constance






X) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence






XI) Concile
de
Latran V






XII) Concile
de
Trente






XIII) Concile
de
Vatican I



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I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :

1) Introduction :
Ce qui frappe avec ce concile, c'est sa continuité par rapport au concile de Nicée. En fait, il n'a de raison d'être que dans la mesure où il clarifie certains points que le concile de Nicée n'avait pas assez développés ; il faut dire que l'entrée en scène de quelques hérésies nouvelles exigeaient cette clarification. Ajoutons également que le contexte historique, comme nous allons le voir, confirme et explique cette impression de continuité.
Damase 1erAssez étrangement, pourtant, ce concile n'a été reconnu comme oecuménique, c'est à dire universel, que par la suite. Cette réticence de l'occident, notamment, à le considérer comme repère universel (i.e. valable pour l'ensemble de l'Eglise) vint probablement du fait que seuls les évêques d'Orient y furent conviés (150 évêques orientaux y assistèrent).
De plus, le pape Damase 1er ne fut même pas averti dans les formes ! Ce qui ne l'empêchera pas d'être en pleine harmonie avec les décisions prises lors de ce concile, excepté une qui devait amener le pape à faire une mise au point.

2) Les raisons du concile :

a) la confusion dans l'Empire
Constantin le GrandLorsque les fils de Constantin se partagèrent l'Empire, la situation provoquée par l'arianisme s'aggrava, et ce, malgré les décisions prises au concile de Nicée. C'est ainsi que les divisions entre ariens et Nicéens (= tenants de l'orthodoxie chrétienne définie au concile de Nicée) s'accentuèrent. Jugez-en plutôt :
Constance IIle fils de Constantin qui hérita de l'Occident était nicéen, alors que celui qui régnait sur l'Orient, Constance II, était arien. Quand ce dernier réunifia l'empire en 351, il St Hilaireimposa la foi arienne à l'Occident ; ceux qui résistèrent, tel le pape Libère à Rome ou saint Hilaire évêque de Poitiers, furent exilés. La confusion ne fit que croître. Selon les empereurs successifs, l'un ou l'autre camp triomphait et les évêques étaient déposés ou rétablis. L'anarchie devint telle qu'on vit un moment cinq évêques rivaux siéger à Antioche et s'excommunier mutuellement !

Le macédonianisme :
Pour couronner le tout, l'arianisme se trouva bientôt doublé d'une autre hérésie : le macédonianisme.
En fait, le développement de cette hérésie n'avait rien de surprenant. Cette déviance théologique n'était que la conséquence logique de l'arianisme. En effet, quoi de plus logique et prévisible que de nier la divinité du Saint-Esprit, après avoir rejeté la divinité du Fils. Cette hérésie, donc, vit le jour dans la mouvance de l'arianisme ; c'est ainsi que les macédonianistes ou macédoniens ou pneumatomaques peuvent, à juste titre, être considérés comme les héritiers de l'arianisme.
Leur plus éminent doctrinaire était Macédonius ou Macédonios, évêque de Constantinople de 342 à 360. Ces hérétiques, comme il vient d'être dit, refusaient de reconnaître la divinité du Saint-Esprit. Pour eux, le Saint-Esprit était une simple créature, tout comme, pour les ariens, le Fils était une créature.
b) la résistance s'organise

St Basil de Césarée
St Basile de Césarée : A la mort d'Athanase, âme de la résistance à l'arianisme dès le concile de Nicée, Basile, évêque de Césarée, prit la relève. C'est lui qui, avec une grande intelligence et soutenu par les évêques Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze (deux autres Pères de l'Eglise originaires comme lui de Cappadoce) trouva la voie pour affirmer à la fois l'unité en Dieu et la distinction du Père, du Fils et du Saint-Esprit : une seule nature ou substance en trois personnes distinctes.
St Grégoire de NazianzeSt Grégoire de Nazianze : Grégoire de Nazianze, lui aussi, organisa la résistance pour empêcher la propagation de l'arianisme et du macédonianisme. Il y fut encouragé par Basile, qui avant sa mort (379), l'avait poussé à accepter la direction de l'Eglise de Constantinople en tant qu'évêque. C'est ainsi qu'il se trouva plongé en plein coeur du conflit arien, bien malgré lui, il faut le dire, lui qui n'aspirait qu'à une vie paisible et contemplative. De plus, la tâche qui l'attendait était immense... La capitale de l'empire d'Orient était en effet tombée aux mains des ariens ! Sans se décourager, Grégoire ouvrit une petite église appelée Anastasis (= Résurrection). Là, il y défendit les positions orthodoxes dans de fameuses homélies (on les retrouve dans ses 'Discours théologiques'). Ces homélies portaient sur Dieu et le mystère de la Trinité. Elles lui valurent le surnom de Grégoire "le Théologien".
St Grégoire de Nysse
St Grégoire de Nysse
: Grégoire de Nysse apporta un soutien sans faille à son frère Basile de Césarée en acceptant, notamment, la direction du nouvel évêché que ce dernier avait créé dans le but de contrecarrer l'influence arienne. Mais, c'est sans aucun doute au concile de Constantinople que sa contribution à l'orthodoxie devait être la plus décisive.
3) Le déroulement du concile :

l'Empereur ThéodoseDans ce contexte politique et théologique troublé, l'empereur Théodose finalement décida de convoquer un concile afin d'obtenir le retour à la paix religieuse et à l'orthodoxie définie par le concile de Nicée en 325. Cette orthodoxie de la foi chrétienne telle qu'elle avait été définie à Nicée rejetait notamment l'arianisme. Or les ariens avaient depuis réussi à s'imposer à Constantinople,
Istanboul by night
Constantinople correspond à l'actuelle Istanboul
où ils s'étaient emparés de toutes les églises. L'évêque lui-même était arien, lorsque Théodose accéda au pouvoir, en 379 ! Pourtant, en 381, ce fut dans une atmosphère de réconciliation que l'empereur pouvait enfin réunir dans son palais impérial de Constantinople ce concile tant attendu, ce sera le concile de Constantinople.

Ouvert en mai 381, le concile rassembla environ 150 évêques orthodoxes (= nicéens) et 36 du parti macédonien (voir plus haut le paragraphe sur 'le macédonianisme'). Tous étaient orientaux.
Le concile fut d'abord présidé par l'évêque d'Antioche Mélèce. Puis, après la mort de celui-ci, le patriarche de Constantinople Grégoire de Nazianze lui-même prit la présidence du concile. Mais, Grégoire, suite aux protestations des évêques d'Egypte et de la Macédoine à l'encontre de sa nomination, préféra démissionner pour le bien de la paix. Ce fut alors Nectaire qui lui succéda à la tête du concile. Grégoire, quant à lui, rentra en Cappadoce où il composa ses poèmes dans la solitude.
Une autre figure marquante du concile de Constantinople fut sans conteste Grégoire de Nysse, qui fut salué, lors de ce concile, comme "colonne de l'orthodoxie".

II) LES DECISIONS IMPORTANTES DU CONCILE :

Icône de la Trinité
  • Le concile rétablit l'orthodoxie. Il confirma ainsi la foi définie à Nicée. C'est donc assez logiquement que les positions de Macédonius furent condamnées.
    Ce concile, comme à Nicée, proclama que le Père et le Fils étaient de même nature. De plus, compte tenu de la crise macédonienne, le concile de Constantinople jugea nécessaire de compléter le symbole de Nicée, ou credo, en y affirmant clairement la divinité du Saint-Esprit (le Saint-Esprit " procède du Père...qui, avec le Père et le Fils, est conjointement adoré et glorifié ").
    Le concile de Nicée avait déclaré solennellement que le Fils était de même nature (consubstantiel) que le Père et donc qu'il était Dieu. Cinquante ans plus tard, le concile de Constantinople déclarait, non moins solennellement, que le Saint-Esprit était de même nature (consubstantiel) que le Père.

  • La deuxième décision prise par ce concile, bien que de moindre portée que la proclamation de la divinité de l'Esprit Saint, n'en reste pas moins importante : le concile reconnaît une primauté d'honneur au patriarche de Constantinople (tout en admettant, certes, la primauté de Rome). Mais, ce troisième canon devait préfigurer le 28ème canon du concile de Chalcédoine qui mit Rome et Constantinople sur le même plan dans le domaine de la juridiction ecclésiale. Le pape Damase ne s'y trompa d'ailleurs pas en réagissant à ce qu'il avait perçu comme un danger pour la primauté de Rome. Le pape insista sur le fondement de sa primauté, qui, selon lui, ne reposait pas sur des raisons politiques, mais bien sur des raisons spirituelles : l'Eglise de Rome, contrairement à Constantinople, était d'origine apostolique, puisqu'elle tirait son origine des deux plus grands apôtres : Pierre et Paul. Toute capitale d'Empire qu'elle était, Constantinople, la nouvelle Rome, ne pouvait donc prétendre égaler Rome, d'autant que l'Eglise de Constantinople n'avait été fondée par aucun apôtre.
L'impact du concile :
  1. Sur le plan de la théologie et de l'arianisme :
    • sur le plan théologique proprement dit, ce concile est indéniablement un succès, il est l'aboutissement de 4 siècles de recherche sur la foi. Ces formulations reflètent parfaitement le travail d'approfondissement de plusieurs générations de chrétiens, à commencer par les apôtres. C'est ainsi que Constantinople, après Nicée, fixe définitivement les axes de réflexion à suivre pour approcher 'le mystère de Dieu', qui, maintenant, porte un nom : la Trinité.
      En résumé, le concile de Constantinople restera dans les mémoires comme le concile de la clarification théologique ultime du mystère de la Trinité. Une crise de 84 ans débouchait sur la formulation de données essentielles de la foi, bien commun depuis lors de l'ensemble des grandes Eglises Chrétiennes.
    • sur un plan plus politique, le succès est plus mitigé et l'impact moins profond. Théodose avait voulu ce concile dans le but de ramener la paix dans un empire déchiré par les querelles théologiques. Ce concile avait certes définitivement levé les ambiguïtés théologiques par des formulations claires et bien définies, telles qu'on peut les trouver dans ce qu'il convient, désormais, d'appeler le Symbole de Nicée-Constantinople. Toutefois, cela ne signifiait en rien le rétablissement de la 'paix théologique', d'autres hérésies allaient surgir. Quant à l'arianisme, malgré le zèle de l'empereur Théodose à confirmer et à mettre en pratique les décisions du concile, il ne disparut que peu à peu de l'Empire. La situation devint même plus dramatique aux frontières de l'Empire, quand les tribus germaniques furent évangélisées par des missionnaires ariens ! Les conséquences de cette évangélisation arienne s'en feront longtemps sentir du fait des invasions barbares. En fait, l'arianisme en tant que tel ne disparaîtra complètement qu'assez tardivement avec la conversion du roi des Wisigoths d'Espagne, Recarède 1er en 589.
  2. Sur les relations Orient-Occident :
    La décision du concile en son troisième canon eut des conséquences fort préjudiciables pour l'unité chrétienne. En effet, le concile légitimait, en quelques sortes, les ambitions de Constantinople par rapport à Rome. Désormais, Constantinople entendait bien jouer un rôle régulateur pour toutes les parties de l'empire qui n'étaient pas du ressort de Rome. Cette volonté de contrecarrer l'influence de l'Eglise de Rome conduisit Constantinople à étendre progressivement sa juridiction sur les contrées d'Asie mineure et de Tharce. Les jalons de la séparation entre l' Eglise d'Occident et l'Eglise d'Orient étaient posés. La politique et les luttes d'influence avaient triomphé, encouragées par le 'feu vert' que le Concile avait donné aux ambitions de l'Eglise de Constantinople.

III) PISTES DE MEDITATION DANS LE CADRE DE L'OFFICE DES COMPLIES:

  • La divinité du Saint-Esprit :

    Après nous être intéressés aux raisons pour lesquelles il était important de considérer le Christ comme Dieu (voir exposé sur le concile de Nicée), nous voici tout naturellement amener à nous interroger sur l'importance de la divinité du Saint-Esprit.
    • Le Saint-Esprit est une personne divine :
      Pour aborder cette problématique correctement, il me semble utile de distinguer deux types d'hérésie qui se sont développées par rapport à l'Esprit Saint :
      - il y a d'abord l'hérésie macédonienne, que nous venons de traiter au travers du résumé de ce concile.
      - Ensuite, il y a l'hérésie type 'témoins de Jéhovah', qui va encore plus loin dans la négation de la divinité du Saint-Esprit. Pour cette secte, il ne s'agit pas seulement de nier la divinité du Saint-Esprit, mais, bien plutôt de lui nier tout droit à l'existence en tant que personne. Pour les adeptes de ce mouvement, l'Esprit de Dieu ne serait qu'une force émanant de Dieu, à la manière de l'électricité provenant d'une centrale électrique !
      En quoi ces deux conceptions sont-elles dangereuses pour notre foi ?
           Il convient de noter que, même pour les 'Témoins de Jéhovah', le Saint-Esprit est perçu comme quelque chose qui provient ou procède de Dieu. En effet, quoi de plus logique que d'admettre que l'esprit d'un homme provient de cet homme, il ne lui est donc pas extérieur, il est de lui. De la même façon, l'Esprit de Dieu vient de Dieu, en ce sens il est bien divin, il possède les mêmes caractéristiques que Dieu, il ne lui est pas extérieur (cf. I Corinthiens 2, 10-11).
      Dans la Trinité, l'Esprit est vu comme la pensée profonde de Dieu, comme son trait de caractère fondamental, un peu comme notre pensée qui reflète bien plus exactement et bien plus profondément ce que nous sommes que notre comportement extérieur (gestes, paroles, etc...). Or Dieu est amour, c'est sa caractéristique par excellence, dans cette optique, il n'est pas étonnant que les théologiens aient toujours identifié l'Esprit Saint avec l'amour de Dieu. L'Esprit, c'est le désir de Dieu d'aimer, de donner de l'amour. D'abord, Dieu s'aime, mais l'amour de Dieu n'est pas narcissique, il est communion, réciprocité, par conséquent, en s'aimant, Dieu donne vie à l'autre, il engendre la vie, la liberté, et voici le Fils. L'amour de Dieu étant communion, le Fils aime en retour, et voilà le rôle et la personne de l'Esprit Saint mieux cernés.
      Ainsi, l'Esprit est le fruit de la communion d'amour entre le Père et le Fils. Le mystère ne s'arrête pas là, l'amour de Dieu (et en Dieu) est tellement fort et vivifiant que ce fruit, ce sceau de l'amour entre Dieu et l'autre, entre le Père et le Fils, ne pouvait être qu'une personne. L'amour par définition est libre, l'amour de Dieu pouvait-il alors ne pas être libre comme une personne ? Pour mieux comprendre la personne de l'Esprit Saint, il faut de nouveau se souvenir que nous sommes faits à l'image de Dieu. Quel est pour l'homme et la femme le résultat le plus beau de leur amour si ce n'est un troisième être vivant, libre à leur image, je veux bien sûr parler de l'enfant ? Eh bien, en Dieu nous trouvons ce même mystère de vie. Nier le Saint-Esprit comme personne, c'est nier l'évidence. Peut-on raisonnablement refuser à Dieu la beauté d'aimer au point de 'donner naissance' à la vie, la liberté, la personnalité ? Si nous nions que le Saint-Esprit est une personne, nous faisons de l'amour de Dieu une donnée impersonnelle. Mais, si l'amour de Dieu, c'est quelqu'un, alors tout change, nous sommes aimés d'une manière personnelle. L'amour de Dieu, c'est quelqu'un dans nos vies, ce n'est pas une vague force. Nous mêmes, nous devons nous efforcer d'aimer avec la même ardeur. Si nous 'mettons toute notre personne' dans l'amour que nous donnons, alors, nous donnerons le sentiment aux autres qu'ils sont aimés par quelqu'un. A la manière de Dieu, nous donnerons la vie, comme lui, qui aime avec une telle force que son amour se fait personne libre et la Pentecôteaimante.
      N'oublions pas non plus que dans le Nouveau Testament notamment, l'Esprit Saint est associé à l'Eglise, dans l'Apocalypse, par exemple, l'Eglise et l'Esprit crient à Jésus leur désir de voir arriver son règne (Ap 22). Paul parle de l'Esprit comme nous habitant, comme étant le don de Dieu fait au croyant. Dieu pouvait-il nous donner moins que lui-même ? Si l'on nie et la personne du Saint-Esprit et sa divinité, on dévalorise du même coup l'humanité. Dieu nous aurait-il fait un don au rabais ? Bien au contraire, Dieu se donne tout entier. Quand il s'aime, il engendre le Fils, l'image libre et réciproque de son amour, le Fils se donne totalement dans l'amour qu'il rend et donne au Père, cet amour réciproque total, vivifiant et vivant s'appelle donc l'Esprit Saint, cet Esprit est la preuve vivante de l'amour du Père et du Fils l'un pour l'autre, tout comme l'enfant est la preuve vivante de l'amour d'un homme et d'une femme. Ce qui est incroyable, c'est que Dieu, en nous envoyant son Esprit, ne nous dit pas autre chose que : "Je vous aime totalement comme j'aime mon Fils unique, je me donne pleinement à vous, jusqu'à la Croix. Mon Esprit, mon amour en vous, c'est moi en PERSONNE".
    • Le Saint-Esprit, la 3ème personne de la Trinité :
      Encore une dernière remarque sur l'importance de la présence de l'Esprit-Saint dans la Trinité.
      Le Saint-Esprit, c'est la 3ème personne, en ce sens, il symbolise l'ouverture vers l'extérieur. En Dieu, il n'existe pas de repliement sur un amour nombriliste à deux. L'amour du Père et du Fils l'un pour l'autre débouche nécessairement sur un désir de donner la vie ensemble, de construire ensemble.
      Cet amour fait d'ouverture sur l'autre est tellement fort que la vie procède de lui, c'est bien pourquoi l'Esprit-Saint est une personne vivante, réelle et divine procédant du Père et du Fils. Cette 'personne-amour' en Dieu, qui procède de la volonté aimante d'ouverture du Père et du Fils ne pouvait qu'habiter la création, résultat parfait du désir du Père et du Fils de construire et de créer.
      Ce désir d'ouverture en Dieu est évidemment une leçon pour nous, c'est en fait un appel à nous ouvrir, nous aussi, à l'autre, à l'étranger, au-delà de nos proches. De cette façon, notre amour, à l'image de l'amour de Dieu, se fera universel.

  • Le 3ème canon, la primauté d'honneur pour Constantinople :

    Comme il a déjà été souligné dans le chapitre consacré à 'l'impact du concile', les conséquences de ce canon furent très malheureuses pour l'unité de l'Eglise. Le concile sur ce point nous donne, il faut bien le dire, un exemple à éviter. A cet égard, la réaction du pape Damase est à saluer. Mais pourquoi donc, me direz-vous ? La raison pour laquelle cette prise de position du concile constitue, à mon sens, un triste exemple est à chercher dans la politique. Rappelons que cette élévation du patriarcat de Constantinople à une primauté d'honneur fut décidée dans le but de conforter la position politique de Constantinople, notamment par rapport à Rome. Cette dernière gardait, certes, une primauté honorifique, mais, son pouvoir décisionnel se voyait sérieusement contesté par cette décision conciliaire. Que penser d'une telle décision motivée en premier lieu par le politique ? Ce mélange de pouvoir temporel et spirituel ne pouvait que causer de grands dommages à l'Eglise. A ce titre, la réaction de Damase est assurément un rappel salutaire : la séparation du spirituel et du temporel n'est pas une option, c'est une nécessité. La direction de l'Eglise ne doit dépendre d'aucun impératif politique. L'Eglise doit être indépendante. Il est bon d'ailleurs que le Vatican soit reconnu comme un pays indépendant. Il faut y voir une volonté de l'Eglise de se démarquer de toute influence politique qui pourrait fausser le 'gouvernement' de l'Eglise, qui doit être d'abord spirituel. Tout bien considéré, l'existence du Vatican comme entité politique indépendante trouve déjà ses racines dans la réaction du pape Damase !
    Pour nous, cela est un appel à un plus grand détachement des valeurs temporels (notre image, notre pouvoir, etc...), en vue d'un recentrage sur l'essentiel : le Christ et son évangile.
    Gardons notre indépendance par rapport aux pressions que peut parfois exercer notre société de consommation, nous sommes dans le monde, mais pas du monde (cf. St Jean 17, 13-18).

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