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IV) LES PERES DE l'EGLISE



PLAN DE LA PAGE
  1. Quelle différence entre un Père de l'Eglise et un Docteur de l'Eglise
  2. Pourquoi lire les Pères
  3. Qu'est-ce qu'un Père / Que sont patrologie et patristique
  4. 10 "commandements" pour lire les Pères
  5. Biographies des principaux Pères (avec éventuellement certaines

    de leurs oeuvres disponibles sur Internet)



1. Quelle différence entre un Père de l'Eglise et un Docteur de l'Eglise ?

On appelle Pères de l'Eglise les auteurs chrétiens des premiers siècles. Tous ne sont pas forcément reconnus Docteurs de l'Eglise. Certains n'ont même pas été canonisés (ex : Origène). De même, tous les Docteurs ne sont pas Pères de l'Eglise, puisque certains docteurs ont vécu bien après les premiers siècles du christianisme (ex: Ste Thérèse de Lisieux, 19èmesiècle).
Bien que ceux des Pères de l'Eglise qui ne sont pas Docteurs n'aient pas le même 'poids spirituel' qu'un Docteur de l'Eglise, leur lecture est tout de même considérée comme très instructive pour les fidèles, tant sur le plan spirituel, que sur le plan historique (voir plus bas).

2. Pourquoi lire les Pères ?

Une citation pour commencer :

Quiconque donc veut devenir un habile théologien et un solide interprète (des Écritures), qu’il lise et relise les Pères. S’il trouve dans les modernes quelquefois plus de minuties, il trouvera très souvent dans un seul livre des Pères plus de cette première sève du christianisme, que dans beaucoup de volumes des interprètes nouveaux, et la substance qu’il y sucera des anciennes traditions le récompensera très abondamment de tout le temps qu’il aura donné à cette lecture. BOSSUET

Des Pères de l'Eglise

(adapté de 'Leur intérêt et leur actualité' de Jean-Marc Daumas)

Quelles raisons peuvent nous pousser à lire les Pères de l'Eglise? Quels fruits peut-il retirer de leurs textes?
En fait aucun homme ne peut se couper totalement de son passé sous peine de renier son identité. Dans cette perspective, le passé n'est pas mort, sa sève nous nourrit encore; bien sûr, il faut distinguer l'essentiel de l'accessoire, rejeter la paille et engranger le blé.
A) Les Pères sont nourris de l'Ecriture
Ils nous aident à lire l'Ecriture et à pénétrer les richesses de la Révélation. Ils ont une étonnante connaissance de l'Ancien Testament. Les Pères font leur le mot de Jérôme: "Ignorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ."

Qu'il s'agisse des catéchèses - l'enseignement très simple pour la formation des catéchumènes -, des homélies ou des commentaires, des traités comportant des élaborations d'ordre philosophique ou théologique, des écrits apologétiques en vue de contrecarrer, de réfuter les hérétiques, ces élaborations s'appuient toujours, avant tout, sur l'Ecriture. Le remarquable, c'est que cet enseignement des Pères, tout en se situant en continuité avec l'Ecriture abondamment citée, dépasse la seule lettre grâce à cette intelligence que donne l'Esprit saint dans l'Eglise. C'est particulièrement lumineux chez un homme comme Irénée de Lyon. Il se méfie de la spéculation, car il en constate les excès dans la pseudo-gnose. C'est pourquoi il est habité du souci de se rattacher à la tradition - transmission des apôtres. Mais s'appuyant sur l'Ecriture, il en a une pénétration lui permettant de choisir des axes de lecture, de faire jaillir du texte son sens profond.
Non seulement les Pères nous stimulent par leur exemple à lire et à méditer la Bible, mais ils nous aident par leurs écrits à approfondir l'enseignement de l'Ecriture.
Pour ne donner que quelques exemples, il est certain que quand on relit la première épître de Jean par-dessus l'épaule d'Augustin, grâce à son commentaire, on y perçoit toutes sortes de richesses (on pourrait dire la même chose de ses commentaires des Psaumes qui sont absolument magnifiques).
Notre saisie du sens de l'Ecriture se trouve enrichie grâce à la fréquentation des Pères. Qu'il s'agisse du sens littéral, auquel notre sensibilité moderne est accoutumée1, ou qu'il s'agisse du sens allégorique qui n'est pas forcément à dédaigner, quand on a lu un peu Origène ou Grégoire de Nysse dans leurs commentaires des livres de l'Exode ou des Nombres, avec tout ce qu'ils évoquent du cheminement spirituel de l'âme, les textes reçoivent une profondeur incomparable. Dans ce domaine, c'est une question d'expérience à faire.

B) Les Pères ont une vision unifiée du mystère chrétien
Chez eux, tout consonne et converge. La pensée des Pères est vraiment centrée sur le cœur même du message chrétien, à savoir le mystère trinitaire, l'incarnation du Sauveur, l'Eglise - communion dans l'Esprit saint.
Avec les Pères, nous sommes d'emblée confrontés avec les grandes perspectives théologiques (trialogiques, diraient les orthodoxes), à savoir la théologie trinitaire, christologique, pneumatologique, ecclésiologique et eschatologique. Bref, toutes ces grandes perspectives qui sont proclamées dans les grands symboles de foi: celui dit des apôtres et, surtout, celui de Nicée-Constantinople. Ces grands thèmes que l'on retrouve célébrés dans les anaphores - la prière eucharistique dans l'Eglise d'Orient, par exemple dans le rite byzantin, l'anaphore de Jean Chrysostome - de l'Eglise d'Orient.
Les Pères ont une vision unifiée, parce qu'elle vient avant les développements qui ont parfois morcelé la présentation du mystère chrétien. Ainsi, lorsqu'ils parlent de justice sociale ou d'assistance aux pauvres, Basile ou Jean Chrysostome ont le souci de rattacher leurs enseignements aux commandements d'amour du Seigneur, bien sûr, mais également à la dignité de l'homme comme image de Dieu. Et ces liens ne sont pas artificiels ou plaqués; il s'agit vraiment de l'enseignement social reçu comme une conséquence même du mystère chrétien. On pourrait prendre d'autre exemples encore; je pense à Maxime le confesseur dans son Discours ascétique: l'ascèse est vraiment resituée dans l'économie du salut, elle prend une dimension tout autre parce qu'elle s'inscrit dans le cadre de la restauration de l'image de Dieu en l'homme.
C'est là une chose que nous avons à goûter chez les Pères: cette manière d'aborder le mystère chrétien sous ses différents aspects, mais d'une manière profondément unifiée. Nous avons à les rejoindre.
C) Chez les Pères, il n'y a pas de séparation entre doctrine et spiritualité
Ils nous apprennent à maintenir l'unité entre les deux. Pour ne parler que de l'Eglise latine, l'Occident médiéval a connu, tardivement, une sorbonisation de la théologie qui a abouti à une certaine séparation entre doctrine et spiritualité. La scolastique latine a introduit dans la théologie l'usage de la dialectique. Il suffit de prendre connaissance des débats entre Abélard et Bernard pour mesurer combien cette entreprise risquée a été, au XIIe siècle, très controversée. La scolastique a, certes, porté des fruits admirables. Qu'on pense à Thomas d'Aquin ou à Bonaventure! Pourquoi? Parce qu'il y a chez eux un sens du mystère et un génie qui leur ont permis de se servir de la dialectique comme d'un instrument, sans se laisser asservir par elle. C'est important de pouvoir maîtriser l'instrument dont on se sert. Il s'en est suivi un authentique progrès de la réflexion théologique. Mais aux XIVe et XVe siècles, cette introduction de la dialectique a abouti à des résultats déplorables. Il existe un adage scolastique qui dit corruptio optimi pessima : la corruption de ce qui est le meilleur engendre le pire! Avec cette période de la fin du Moyen Age occidental, on assiste à une certaine séparation entre la théologie et la spiritualité. Je dis bien "séparation". Je ne critique pas la distinction entre les deux; elle est légitime. C'est la séparation qui est néfaste.
Quel a été le résultat? La théologie, d'une part, s'est développée comme une sorte d'en-soi devenant une construction intellectuelle, rationnelle, extrêmement spéculative, plutôt desséchée et, d'autre part, la spiritualité coupée de ses bases doctrinales a souvent viré dans ce qu'on a appelé la devotio moderna, dans une dévotion intimiste, dans un quiétisme sentimental.
Chez les Pères, il n'y a pas ce divorce. Pour les Pères, le mystère trinitaire n'est pas seulement objet de foi proposé à notre intelligence croyante, il est vraiment le mystère d'une communion de personnes divines, dans laquelle nous devons entrer et vivre.
C'est le dogme vécu au point que la vie chrétienne est trinitaire ou elle n'est pas. Il suffit de penser à Grégoire le théologien, Grégoire de Nazianze, qui est non seulement le théologien de la Trinité mais le chantre de la Trinité! Il va jusqu'à dire: "ma Trinité".
Un autre exemple pris, cette fois, en Occident: Augustin dans son Traité sur la Trinité. Il faut voir comment son effort intellectuel est sous-tendu par une sorte de quête spirituelle qui se développe tout au long du traité. La fin du livre 15 est absolument magnifique. Il en arrive à constater que toutes les analogies qu'il a pu découvrir restent bien en-deçà du mystère trinitaire. Et il attend la vision bienheureuse pour pouvoir enfin connaître ce mystère. Il y a vraiment un lien entre théologie et spiritualité, théologie et prière. Il y a une intégration de la vie spirituelle dans la réflexion théologique.
On pourrait citer, ici, le mot d'Evagre le Pontique - un homme devenu moine durant la deuxième moitié du IVe siècle: "Est théologien celui qui prie vraiment". Avec la réciproque: celui qui prie vraiment est théologien.
Il y a vraiment continuité vitale, profonde, entre le mystère cru et révéré par la foi, le mystère proclamé et célébré dans la liturgie et le mystère intériorisé dans la vie spirituelle de chacun.
D) Les Pères nous ouvrent, par leur diversité, à la catholicité de l'Eglise
Une catholicité faite d'unité et de diversité, d'unité profonde au sein d'une réelle diversité. Il y a vraiment une diversité au niveau des mentalités et des cultures, d'où la pluralité des expressions de la foi au niveau des théologies, des liturgies, des spiritualités, des disciplines. Les Pères d'Occident ne sont pas les Pères d'Orient. Et l'Orient lui-même est diversifié : Antioche n'est pas Alexandrie et n'est pas Byzance. Et l'Occident lui-même est également diversifié. La Gaule et l'Espagne ne sont pas l'Italie ou l'Afrique. Il y a un très beau texte d'Irénée de Lyon, au livre I de l'Adversus Haereses, contre les hérésies, dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, où il considère l'Eglise et la diversité des peuples qui en font partie. Il parle de la Germanie des Celtes (c'est nous), des Ibères; il envisage l'Orient, l'Egypte, la Libye et puis le milieu du monde, c'est-à-dire l'Italie et la Grèce. Et Irénée de s'émerveiller parce que c'est bien une même foi qui unit ces peuples si divers :
Car si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les Eglises établies en Germanie n'ont d'autre foi ou d'autre tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l'Orient, de l'Egypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au centre du monde; mais, de même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qu'est la prédication de la vérité brille et illumine tous les hommes qui veulent parvenir à la connaissance de la vérité. Et ni le plus puissant en discours parmi les chefs des Eglises ne dira autre chose que cela - car personne n'est au-dessus du maître -, ni celui qui est faible en paroles n'amoindrira cette tradition: car, la foi étant une et identique, ni celui qui peut en disserter abondamment n'a plus, ni celui qui n'en parle que peu n'a moins.
Il faut être sensible à la fois à la diversité des Pères et à l'unité profonde. Le contact avec les Pères d'Orient et d'Occident apprend à ne pas identifier la foi avec un certain langage qui reste toujours partiel et limité. On le voit en Orient au Ve siècle; entre Antioche et Alexandrie, il y a de grandes difficultés d'entente. Evidemment, entre Occidentaux et Orientaux, il y a également de grandes difficultés à s'entendre sur des questions de terminologie trinitaire.
C'est Grégoire de Nazianze qui notait: "Il est inconvenant de se quereller comme si notre piété se trouvait dans les mots et non dans les réalités." Il est extrêmement profond de savoir que, parfois, nous n'utilisons pas les mêmes mots, mais que nous désignons les mêmes réalités; ou que, parfois, nous utilisons certes les mêmes mots, mais pour désigner des réalités différentes. Avec les Pères, nous apprenons à ne pas identifier la foi avec une tradition particulière, marquée par une culture.
On assiste, dès l'époque des Pères, à une certaine séparation entre l'Occident latin et l'Orient grec byzantin. Et l'on voit combien ces questions de culture et d'histoire peuvent conditionner les théologies. L'étude des Pères apprend à percevoir l'unité qui peut exister à l'intérieur de formulations différentes. Ils nous donnent une certaine ouverture d'esprit, un sens de ce qui est essentiel.
E) La pensée des Pères présente un grand intérêt du point de vue de l'oecuménisme
Il est évident que la pensée des Pères présente un grand intérêt dans le dialogue avec l'orthodoxie. Il est important, pour nous, de connaître les Pères grecs.
La connaissance des Pères latins et grecs constitue une bonne base pour le dialogue à l'intérieur de la tradition occidentale. Le catholicisme des Pères est plus acceptable pour le protestant que le catholicisme médiéval ou post-tridentin. Les protestants retrouvent chez les Pères des valeurs catholiques 'non durcies' par la période médiévale (la théologie scolastique) ou par la contre-Réforme.
Les anglicans peuvent trouver chez les Pères une via melia entre les excès du catholicisme romain et du protestantisme continental.
F) Les Pères sont des témoins privilégiés de la tradition de l'Eglise
Le père Congar aime à dire que les Pères sont des organes (ou des témoins) privilégiés de la tradition de l'Eglise. Pourquoi sont-ils des témoins privilégiés de la tradition de l'Eglise? Parce qu'ils ont vécu à une période capitale, une période unique de la tradition de l'Eglise. Si l'on prend la comparaison avec un bouton de fleur, on peut dire que la période des Pères de l'Eglise représente la période de l'éclosion: tout est déjà donné, instauré par la venue du Christ, par son œuvre salvifique prolongée par la mission des apôtres et par l'édification de l'Eglise.

Tout est déjà donné, mais il y a éclosion

Les Pères qui ont vécu à cette époque ont été les instruments de cette éclosion.
[...]
Les Pères de l'Eglise apparaissent comme un patrimoine de l'Eglise indivise, une base pour un dialogue théologique. Il ne faut pas trop "presser" ce terme de l'Eglise indivise. Dès les IVe et Ve siècles, il y a des divisions. Par exemple, l'Eglise de Perse au IVe siècle, ceux qui, au Ve siècle, refuseront les décisions du concile de Chalcédoine. Mais, malgré tout, les Pères ont vécu à une période où l'Eglise était fondamentalement unifiée. Ainsi, nous avons tous, en commun, les Pères.

Il existe un rôle de paternité spirituelle des Pères de l'Eglise. Ce n'est pas pour rien qu'on les appelle "Pères de l'Eglise". Ils sont sources d'une véritable fratrie, fraternité. Le père Congar définissait brièvement la paternité spirituelle comme le fait d'engendrer des frères dans la vie spirituelle, dans la vie de foi. Les Pères jouent ce rôle, aujourd'hui encore, à notre égard. A leur contact, on peut vraiment puiser un sens de l'Eglise, de la foi de l'Eglise, de la tradition

3. Qu’est-ce qu’un Père de l’Église ?

L’usage veut aujourd’hui que l’on identifie un Père de l’Église à quatre caractéristiques :
  L’antiquité : il doit appartenir aux premiers siècles chrétiens. C’est Jean Damascène († vers 750) qui pour l’Orient clôt la liste des Pères de l’Église. En Occident, l’on considère Isidore de Séville († 636) comme le dernier des Pères latins. - La sainteté de vie : on ne parle pas ici d’une canonisation en bonne et due forme, mais d’une vie habitée par le Christ et qui, à ce titre, est exemplaire.
  L’orthodoxie de l’enseignement : leur prédication se doit, dans ses grands traits, d’être conforme à l’enseignement de l’Église.
  L’approbation de l’Église : elle se vérifie par l’utilisation des écrits d’un auteur comme référence dans un texte officiel.

Nous venons de faire nôtre la définition traditionnelle des Pères de l’Église. À cette définition, il faut rajouter que les Pères sont des lecteurs assidus des Écritures dont ils ont mémorisé de nombreux passages. C’est dans la méditation de la Parole de Dieu qu’ils approfondissent leur connaissance du Christ et qu’ils risquent une parole inédite au sujet du mystère de la piété, parole tout à la fois fidèle à la tradition et novatrice, cherchant, avec retenue et modestie, à exprimer de manière toujours plus précise la foi apostolique. Cette parole est dite pour le bien des communautés chrétiennes dont ils ont la charge. Les Pères sont des pasteurs qui prennent très au sérieux la mission à laquelle ils ont été ordonnés. Ce souci du peuple de Dieu, et notamment de ses membres les plus faibles, traverse toute la littérature patristique.

3. (bis) Qu’est-ce que la patrologie

La patrologie est une discipline historique qui aboutit à une interprétation actuelle des textes qu’elle étudie. Elle analyse les textes et la vie des écrivains réputés orthodoxes ou hérétiques de l’Antiquité chrétienne. Elle s’efforce, à partir des données archéologiques, historiques, philologiques, politiques, théologiques, etc... dont elle dispose, de retrouver, d’identifier et de reconstituer autant que possible le texte exact de productions littéraires dont nous ne possédons jamais le texte original.

3. (ter) Qu’est-ce que la patristique

La patristique est une discipline théologique. Elle présuppose la confession de foi en la seigneurie du Christ. Sa vocation est de contribuer aux tâches présentes de la théologie chrétienne en étudiant la réception de la Révélation divine par l’Église durant les premiers siècles de son histoire. Cette étude suppose l’explicitation des débats ecclésiaux à partir des écrits des Pères et de leurs contradicteurs. Elle utilise à cette fin les résultats auxquels est parvenue sa discipline soeur, la patrologie.

4. Dix commandements pour connaître les Pères

Pour apprendre à connaître les Pères de l’Église et en faire bon usage, il importe :

  1. de lire leurs œuvres, mieux encore de lire des oeuvres complètes. Il n’est pas nécessaire de lire énormément mais de lire à fond afin d’entrer sérieusement dans la pensée d’un auteur. Il existe de bonnes traductions des œuvres essentielles. Celles et ceux qui ont accès au texte original n’hésiteront jamais à s’y référer.
  2. de ne pas faire violence aux textes. L’anachronisme menace sans cesse le lecteur toujours empêtré dans des histoires et des problématiques qui sont les siennes et non pas celles de l’auteur. La bienveillance à l’égard de l’auteur et le consentement au dépaysement sont des gardes-fou très efficaces.
  3. de prendre acte que les Pères n’ont pas réponse à tout. Ils sont précieux non pas d’abord par ce qu’ils savent, mais parce qu’ils témoignent d’une manière conforme à l’Évangile d’aborder la vie et ses questions.
  4. de ne pas gommer les différences, voire les contradictions, qui se manifestent dans leurs positions doctrinales. Il n’existe pas une théologie mais de multiples théologies chez les Pères.
  5. d’éclairer les textes par les lumières que peuvent apporter les sciences humaines et historiques, la patrologie.
  6. de ne jamais oublier que la confession de foi en Jésus ressuscité est le ferment de toute la littérature patristique. L’on ne peut, sous peine d’incompréhension ou de compréhension fausse, faire abstraction de cette foi lorsque l’on étudie les Pères.
  7. de garder à l’esprit, que les Pères ne cherchent pas d’abord à élaborer de brillantes constructions théologiques, mais à retransmettre la foi que les générations chrétiennes successives ont reçue des apôtres. Ils ne cherchent pas à imposer leurs opinions personnelles mais à expliciter la foi de l’Église.
  8. de ne pas instrumentaliser les Pères. Ils ne nous ont pas légué un arsenal théologique, mais une foi, une manière de faire de la théologie, qu’il nous faut solliciter comme une instance critique dans l’élaboration de notre propre réflexion théologique et qui peut nous aider à mettre à jour des présupposés dont nous n’avons pas nécessairement conscience.
  9. de lire et de relire sans cesse l’Écriture que les Pères ont lue et relue à la lumière de la résurrection du Jésus. C’est en elle qu’ils ont rencontré et contemplé le Christ.
  10. de se souvenir de ce que les Pères de l’Église sont des pasteurs très attentifs à leur peuple.

Les Pères ne sont pas des théoriciens de la foi, des penseurs qui cherchent à échafauder un système théologique. Ce sont des théologiens qui cherchent à rendre compte du salut qui les affecte en Jésus-Christ. Leur parole est nourrie de cette expérience de libération. Ils cherchent à retraduire cette dernière à partir des Écritures et de la réalité culturelle qui est la leur. À la suite des Apôtres, ils écrivent les premières lignes du grand livre de la théologie chrétienne. Ils ont toute latitude pour forger les mots qui rediront le mystère de la foi. Rien ne les contraints, si ce n’est la réalité du salut en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour que les hommes aient la vie en abondance. Ils sont les premiers à traiter de questions proprement chrétiennes : le Fils et le Père sont-ils deux dieux ? Qu’est-ce à dire que le Père est plus grand que le Fils ? Comment préserver la majesté de Dieu ? Comment le Fils peut-il être à la fois Dieu et Homme ? L’Esprit Saint est-il Dieu ? Etc... Ces questions sont encore les nôtres. Peut-être les Pères nous aideront-ils à forger nos propres réponses, des réponses conforment à l’Évangile.

5. Biographies des principaux Pères (avec éventuellement certaines de leurs oeuvres disponibles sur Internet)

adaptée de ces pages (sauf les biographies, cf. n°5) :

- http://www.patristique.org/article.php3?id_article=17
- http://www.patristique.org/article.php3?id_article=7


TABLE DES LIENS